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30 mai 2009

La Bible, Meschonnic,Sollers

 

 

 

 Le site de Sollers

 

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=857

 

C'est une mine d'or ! Sollers est la grande conscience littéraire de notre temps, et ça fait cinquante ans que ça dure !

Ci-dessous, un superbe portrait de ce génie récemment disparu, Henri Meschonnic, et le début de sa traduction de la Genèse. Quel régal !

 

 

 

 

Henri Meschonnic, chez lui, près de Paris, en septembre 2005

 

Henri Meschonnic, chez lui, près de Paris, en septembre 2005
Il tient à la main un bâton de chefferie à tête biface, insigne de pouvoir et casse-tête (Île de Pâques), début du XXe siècle.
(Photo Pierre-Marc de Biasi)
 

Au commencement

 

 

10:28 Publié dans Traduction | Lien permanent | Commentaires (0)

12 mars 2005

Une traduction de Charles Bukowski par Léah

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say, stay in there, I'm not going
to let anybody see
you.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I pour whiskey on him and inhale
cigarette smoke
and the whores and the bartenders
and the grocery clerks
never know that
he's
in there.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say,
stay down, do you want to mess
me up?
you want to screw up the
works?
you want to blow my book sales in
Europe?

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too clever, I only let him out
at night sometimes
when everybody's asleep.
I say, I know that you're there,
so don't be
sad.

then I put him back,
but he's singing a little
in there, I haven't quite let him
die
and we sleep together like
that
with our
secret pact
and it's nice enough to
make a man
weep, but I don't
weep, do
you?

C. Bukowski





Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop coriace pour lui

Je dis, reste là-dedans, je ne suis pas sur le point

de laisser n’importe qui te

voir



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je déverse du whisky sur lui et j’inhale

de la fumée de cigarette

et les putes et les tenanciers de bars

et les garçons d’épicerie

ne savent jamais qu’

il est

là-dedans



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop coriace pour lui

Je dis,

est-ce que tu veux me

traumatiser ?

tu veux bousiller mes

œuvres ?

tu veux souffler les ventes de mon livre en

Europe ?



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop malin, je le laisse juste sortir

la nuit quelquefois

quand chacun est endormi.
Je dis, je sais que tu es là,

alors ne sois pas

triste.



et puis je le remets à sa place,

mais il chante un petit peu

là-dedans, je ne l’ai pas tout-à-fait laissé

mourir

et nous dormons ensemble comme

ça

avec notre

pacte secret

et c’est assez gentil pour

faire qu’un homme

pleure, mais je ne

pleure pas,

et

vous ?

(traduction de Léah)

04 février 2005

A little child

Voici un poème de l'Afrique de l'ouest traduit par Léah

Un petit enfant

Petit enfant qu'est-ce qui t'afflige
Dans ton petit monde ?
Pourquoi tes douces lèvres sont-elles colère
Pourquoi les perles de tes yeux sont-elles ternies
Et pourquoi les larmes voilent-elles tes cils ?
Ah, tu as sali ton tablier
Ton mignon petit froc
Et défait tes boutons de perle !
Que c'est étrange ! Je te parie
Que ton Papa ne s'en soucie pas
Puisqu'un jour il a été petit
Et a joué dans les forêts sauvages.
Les hommes seront des garçons
Les garçons des hommes
Les filles seront des mères, les mères des filles
Et la vie, d'elle-même, se renouvelle ainsi

A little child

Little child, what ails thee
In a world so tiny ?
What are thy sweet lips cross
Thy pearly eyes so dim,
And why do tears now film
Thy lashes long ?
Ah, thou hast soiled thy smock
Thy nice and pretty frock
And undone thy pearl button !
What odds ! I reason
Thy Daddy does not mind
For he was once a child
And played in forest wild.
Men will be boys, boys men,
Girls mothers, mothers girls,
And life itself thus renews.

R.E.G. Armattoe

18 décembre 2004

Traduction de Gladys Casely-Hayford par Léah

Sur Voixdumonde, Léah nous a présenté et traduit ce beau poème de Gladys Casely-Hayford, poète qui nous vient d'Afrique de l'ouest. Orlando a aidé Léah à améliorer la traduction.

Rejoice


Rejoice and shout with laughter

Throw all your burdens down,

If God has been so gracious

As to make you black or brown.

For you are a great nation,

A people of great birth

For where would spring the flowers

If God took away the earth ?

Rejoice and shout with laughter

Throw all your burdens down

Yours is a glorious heritage

If you are black, or brown


Réjouis-toi et éclate de rire

Laisse tomber ton fardeau

Puisque Dieu a été assez miséricordieux

Pour te faire noir ou basané.

Tu es une grande nation

Un peuple de haute lignée

D’où surgiraient les fleurs

Si Dieu reprenait la terre?

Réjouis-toi éclate de rire

Laisse tomber ton fardeau

C’est un glorieux héritage que le tien

Que tu sois noir ou basané.



Gladys Casely-Hayford. Née en 1904 au Ghana, de parents écrivains. Institutrice, avec sa mère, dans une école de filles à Freetown (Sierra Leone) Ses poèmes reflètent sa vie dans cette ville, spécialement ceux qu’elle écrit en Krio, un langage dérivé de l’anglais et parlé à Freetown. Morte en 1950 de la « fièvre des eaux-noires »


12:46 Publié dans Traduction | Lien permanent | Commentaires (0)

11 décembre 2004

La traduction poétique

je viens de trouver cet article très intéressant sur la traduction poétique

http://www.erudit.org/revue/meta/1998/v43/n2/003295ar.html

Je vous copie ici la conclusion


En conclusion, dans la traduction poétique, il faut commencer par voir la poésie comme la pensée la mieux organisée tant du point de vue linguistique que du point de vue esthétique, ou comme l'expérience sensible la plus hermétique. Cela est nécessaire pour être dès le début conscient du fait que la traduction poétique n'est pas exclusivement une activité faite sur le seul plan linguistique. En tant qu'elle est un acte de voir d'abord et de créer ensuite d'après un modèle qui nous montre à peine sa figure propre, elle devient nécessairement à la fois un art et une technique où interviennent nombre de compétences, qui vont du symbolisme linguistique au symbolisme phonologique. Elle est un art, parce qu'elle implique une originalité marquée par une certaine esthétique. Elle est une technique, parce qu'elle a ses règles et son esprit, conçus à la lumière des connaissances et des techniques acquises empiriquement. Cette caractéristique de la traduction poétique nous conduit forcément à procéder à une analyse juste et claire des problèmes posés par les contraintes susceptibles de provenir soit de l'art poétique proprement dit, soit du caractère descriptif et analytique du langage. Une telle analyse ne nous permet pas seulement de mieux apprécier la juste valeur du contenu connoté dans le texte source, d'aborder le problème dans sa perspective «sémiotico-sémanticiste» (Ladmiral 1979) et sa valeur stylistique, mais aussi de l'étudier plus consciemment et plus nettement sur son plan herméneutique qui se trouve à l'origine de l'analyse poétique. Elle permet, d'autre part, de saisir la nature et la dimension exactes de la création poétique, de mettre en oeuvre une pratique traduisante jugée à tous les niveaux et de voir les choses de l'oeil à la fois d'un théoricien et d'un praticien, chose nécessaire pour une activité de cette ampleur.


Trouvaille de Cécile




20:00 Publié dans Traduction | Lien permanent | Commentaires (0)