12 octobre 2009

Atelier d'Ecriture poétique

Un nouvel atelier, Bijou d'un Sou...On attend encore quelques participants pour lancer la course !
Voici le programme :  Ecrire un poème en deux versions, en prose puis en vers.
Rappelons qu'il existe des poèmes de Baudelaire (par exemple l'Invitation au Voyage) dans ces deux versions.
Rendez-vous sur Toujours la Poésie, le navire vous attend pour mettre à la voile.

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour


07 octobre 2009

Elle n'arrête pas de bouger !

Encore des définitions !
...
Mer 7 Octobre 2009, 11 h 03 min 40 s
De :
Orlando Erre <jotapil@yahoo.fr>
...
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À : PLE4 <PoesieLibreE4@yahoogroupes.fr>; ToujoursLaPoesie3@yahoogroupes.fr

Est-ce qu'on peut définir la poésie? Est-ce qu'on peut définir le vivant? Oui, si on croit que le vivant est quelque chose de stable, immobile et définitif. Mais comme le vivant bouge sans cesse, dépasse ses limites et se trouve dans un perpétuel devenir, il est  toujours indéfinissable . Et pourtant, on cherche toujours à lze définir. C'est une manie ! Voir ci-dessous la chronique d'Alain Freixe

http://www.humanite.fr/2009-02-05_Cultures_La-poesie-c-es....

Ce sera peut-être aussi l'occasion de retrouver Bernard Noël, qui préface un livre de Georges Bataille.


La poésie, c’est pas ce que tu crois !

La poésie, mais qu’est-ce ? Une inconnue délaissée ?

Il faut dire qu’elle joue perdant. Rebelle à tous

les attributs dont on voudrait l’affubler, on ne peut

la saisir. Les poètes ne se sont pas privés de lui proposer, parfois de manière péremptoire, des définitions. Mais voilà, elle est toujours autre chose !

Oui, Gérard Pister a raison de rappeler le mot de Guillevic : « La poésie, c’est autre chose » et d’en faire le titre

de son anthologie où sont recensées « 1 001 définitions de

la poésie » (1). Bien sûr tout tient dans ce « 1 000 + 1 » qui maintient la voie ouverte vers quelque soleil futur !

C’est ce vacillement que nous donne à lire Gérard Pister.

On feuillettera ce livre comme on tournerait un cristal. Huit facettes, huit approches définitionnelles : Affirmation, Connaissance, Émotion, Licorne, Musique, Objet, Révélation, Vie. Le tout réunissant quelque 650 citations de quelque 250 auteurs d’époques, de langages et de sensibilités très divers. Les passionnés sont toujours passionnants !

Gérard Pister est de ceux-là ! Son livre aidera ceux

qui cherchent sur les routes de poésie repères et balises.

Georges Bataille poète ? On pensait que l’auteur de l’Érotisme, du Bleu du ciel, de l’Histoire de l’oeil, de Madame Edwarda, l’homme du Collège de sociologie et

de la Part maudite, de la Somme athéologique qui regroupe l’Expérience intérieure, le Coupable et Sur Nietzsche, bref l’inclassable, tout à la fois romancier, essayiste, philosophe, sociologue, ethnologue, penseur religieux… qui n’écrivait peut-être que toujours la même chose à propos de champs aux objets spécifiques,

cet homme toujours sulfureux n’avait que dégoût pour

la poésie !

On se souvient de

ses polémiques avec André Breton à propos du surréalisme, de l’accusation d’idéalisme qu’il lui portait alors et de son livre de 1947, Haine de la poésie.

Mais on avait peut-être oublié l’épisode de Carpentras entre mai 1949 et juin 1951, années durant lesquelles Georges Bataille, bibliothécaire à Carpentras, renforcera ses liens avec René Char, liens datant de 1946 alors que dans

la revue IIIe Convoi il dédie à René Char sa suite d’aphorismes, Apprendre ou à laisser.

On avait peut-être oublié cet Archangélique (2) que Bernard Noël nous avait donné à lire en 1967 au Mercure de France et qu’il reprend aujourd’hui, dans la collection « Poésie » Gallimard) augmenté « d’autres poèmes » et d’une préface, « Le bien du mal », si éclairante à partir de la lumière qui émane des questions qu’il nous offre à méditer, la moindre n’étant pas que « la poésie (soit) le contraire de ce qu’annonce le mot qui la désigne » !

On avait oublié que cette expression si souvent citée aujourd’hui encore, Georges Bataille l’avait très vite trouvée obscure. C’est que c’est moins le poème qu’il entendait contester (poème en lutte contre lui-même, sacrifiant ce qu’il pourrait y avoir de poétique en lui) que cette tentation du lyrisme où il est toujours menacé de se complaire ; aussi il lui substituera, quelques années plus tard, en 1962, le titre l’Impossible, manière de faire signe vers « ce qui restera hors d’atteinte », hors explication, irreprésentable, et qui cependant reste l’Orient de toute littérature et de cette poésie qui est « le contraire de ce qu’annonce le mot qui la désigne ». Révolte dans la langue à partir du désir et de la mort en vue d’une vérité qui serait « représentation de l’excès ».

Or l’excès n’est pas médiatisable. Il ne saurait loger dans les mots. Les articulations du langage les assèchent.

Les poèmes de l’Archangélique sont marche forcée dans l’impossible. Déchaînement, délit, crime : « Le couteau du boucher dans la langue (belle, noble, élevée) », écrit Michel Surya dans son Georges Bataille, la mort à l’oeuvre (Gallimard, 1992). À la voie icarienne surréaliste, à son « signe ascendant », Georges Bataille oppose le creusement de la « vieille taupe » entre pierres, racines, vieux os et vers. Là où ça peut germer !

D’aucuns saluaient en l’animal aveugle la révolution.

C’était hier. Et c’est demain !

(1) Sous la direction de Gérard Pister, La poésie, c ’est autre chose, collection « Les Cahiers d’Arfuyen », Arfuyen, 15 euros.

(2) L’Archangélique et autres poèmes, de Georges Bataille, préface de Bernard Noël, notes de Bernard Noël et Thadée Klossowski. « Poésie » Gallimard n° 419, 6,20 euros.

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour


05 mai 2005

Sonnet en écho à Léah, par Orlando



Temps oublié de la sérénité ouverte
Il pleuvait des sourires entre les moellons
Mer de sargasses    inachevées dans leur mémoire
Quelle Amphitrite t’attendait     en sa grotte alcaline

Ta mémoire s’immerge en ces marges     ô Merlette
Trottinant dans l’album des pensées cavatine
A guibolles de mouche     cigarette sans cravate
Murmurant des lieder pianotant une sonate

Brûle ces feuilles vernissées     hachurées d’orages
Photos de lumière vague sur le sable des plages
Et la mer en sauts périlleux     pirouettes obscures

A bien pu t’enfouir sous la pente des dunes
Veilleur de nuit te reste l’amertume     embuscade.
Mais elle est têtue ta musique et passez muscade


Orlando Jotape Rodriguez, 5 mai 2005




Mer de la sérénité ouverte » (J’ai emprunté ce beau titre à Daniel Biga dans son recueil « Histoire de l’air »)

« Mer de la sérénité ouverte » Mer de la Serre lacère mer qui la serre lacère serre-la, sert-la, mercenaire ou mercière ? Mer fière, mer creuseuse de Sierras, travailleuse mercenaire des millénaires. Millénaire mer mémoire. Marbella, Bella-Mar. Mercedes la mercière des mémoires. Sœurs de la Merci.
Noires mers inachevées dans leur mémoire. Mer Noire, Mers el-Kebir, Mérida ou Mérovée. Mer emmergeante surgissante. Au-dessus au-travers des mémoires. Mémoire immergée dans tes marges. Merlette au merlot. Merleau-Ponty, La mer, l’eau, les ponts… Pont sur Mer Pont-Audemer Pont sur l’eau de mer. Merlu cuit au Merlot. Merlette ayant la berlue. Merlan souhaite épouser merlette sur le pont du Mermoz. Mer, Mozart, sonate ou cavatine. « Cigarette sans cravate » Merveille pour Mermoz ou Mozart. Mer et mots ; mer telle grandes feuilles vernissées hachurées d’orages. Rouges mers, Mer Rouge, Mer Noire. Mémoire émeri des mers noires. Hellespont, Thessalie, Aulide. Mémoire sub-marine. Méry. Mer rare, ré de la gamme à l’alphabet.
Hébétée. Demeurée dans la bêtise. Mer, ruades d’espadons, rondeurs de mérous. Méru, ruelles alignées. Presque sans issues Mersenne, nombres spongieux étagés. Saine mer nourrice d’éponges. Merci Mercedes la mercière au solstice de Seu-la-Vella. Mer sauts périlleux pirouettes obscures. Omerta Amertume Embuscade, veilleuse de nuit Merveille merveilleuse mer. Seule je veille sur les merveilles. Méry si audacieuse maîtresse du Poète. Meryem antienne pour Mermoz Ancienne mer receleuse d’amandes et d’Agrippines Constellée de solstices ocellée de rumeurs Millions de merveilles merveilleuse mer

(Léah)




04 janvier 2005

Un poème de Queneau


Bonjour ! voilà, c'est le retour... Vacances, jeux, fêtes, et pendant ce temps, une catastrophe historique... Ton poème, Cécile, me remet en mémoire celui-ci, de Queneau:

Un poème, c'est bien peu de chose
à peine plus qu'un cyclone aux Antilles
qu'un typhon dans la mer de Chine
un tremblement de terre à Formose

Une inondation du Yang Tse Kiang
ça vous noie cent mille Chinois d'un seul coup
vlan
ça ne fait même pas le sujet d'un poème
Bien peu de chose

On s'amuse bien dans notre petit village
on va bâtir une nouvelle école
on va élire un nouveau maire et changer les jours
de marché
on était au centre du monde on se trouve maintenant
près du fleuve océan qui ronge l'horizon

Un poème c'est bien peu de chose

(L'Instant fatal)

Proposé par Orlando

22 décembre 2004

Hiver ivre de Patrick Packwood

hiver ivre


flegme le froid morsure serrée sur les dents
traces de vapeur au vent les paroles le vent
arbre pomme serpent indistincts des branches nues


pesanteur des nuages surface gelée en étau
au pays blanc des yeux lèvres flocon en écho
le pic à glace ouvre les estafilades convenues


un voile dans la tourmente pudique les tourments
rat d'eau noyer dur bois la méduse sur un radeau
vogue sur les bancs de neige borde chaque avenue



Patrick Packwood

- 16 décembre 2004 -

09 décembre 2004

Attente

Attente

Je t'attends toujours
là où je t'ai vu partir
sous un ciel perdant ses flots
dans l'indifference d'un temps reclus
derrière l'éclat
de ton bleu
l'aura de mes jours

Et dans mon givre à moi
je me suis dis
-pour que je m'y plaise,
qu'un jour un mois un miroir
une année suffisent
pour que ton feuillage
qui pérsiste,vert ,sous mon éternelle attente
tes magiques mamelles de vent
tes sédiments sur la face chaude des monts
embelliront encore les nuits de ma terre

Et je t'attends toujours
sur mes doigts palpitants de voyelles
tout près de la dalle
debout pour te dire dans la mémoire des temples
que tes consonnes me manquent

Tu sais qu'on léchant mes encres
pas loin de ton silence
retraçant les veines
balafrées de mes suds
j'ai cherché sur les visages des passants
toutes les pertes de mon chemin
mais je n'ai trouvé que ton visage

Et je t'attends toujours


(Texte d'Ali Iken)