24 novembre 2009
Tentative d'épuisement...

Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec.
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Ce lieu : la place Saint Sulpice, bien connue des chalands du "Marché de la Poésie", et donc du petit groupe fondateur de la Micronésie Poétique, qui s'y sont retrouvés en... en... laissez, je vais retrouver la date, et même des photos.
Perec y est venu trois jours de suite en se donnant pour consigne de noter tout ce qu'il voyait . TOUT. Tentative d'épuisement. Perec est un maître de cette figure , la liste, l'énumération, l'accumulation. L'invité du Louvre, ces jours-ci, Umberto Eco, qui a choisi ce thème, ne l'a pas oublié.
Voici le début :
> Tentative d'épuisement de Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec.
> ____________ _________ _________ __
>
> Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d'autobus , un tailleur, un hôtel , unefontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
> Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages .
> >
> >
> 1
> >La date :18 octobre 1974
> >L'heure 10 h. 30
> >Le lieu Tabac Saint-Sulpice
> Le temps : Froid sec. Ciel gris. Quelques éclaircies.
> >
> Esquisse d'un inventaire de quelques-unes des choses strictement visibles :
> >- Des lettres de l'alphabet, des mots « KLM » (sur la pochette d'un promeneur), un « P » majuscule qui signifie « parking » « Hôtel Récamier », « St-Raphaël », « l'épargne à la dérive », « Taxis tête de station », « Rue du Vieux-Colombier », «Brasserie-bar La Fontaine Saint-Sulpice », « P ELF », «Parc SaintSulpice ».
> >- Des symboles conventionnels : des flèches , sous le « P » des parkings, l'une légèrement pointée vers le sol, l'autre orientée en direction de la rue Bonaparte (côté Luxembourg ), au moins quatre panneaux de sens interdit (un cinquième en reflet dans une des glaces du café).
> >- Des chiffres : 86 (au sommet d'un autobus de la ligne no 86, surmontant l'indication du lieu où il se rend : S aint-Germain- desPrés ) , 1 (plaque du no 1 de la rue du Vieux-Colombier ), 6 (sur la place indiquant que nous nous trouvons dans le 6e arrondissement de Paris).
> >- Des slogans fugitifs : « De l' autobus , je regarde Paris »
> >- De la terre : du gravier tassé et du sable.
> >- De la pierre : la bordure des
Lire le texte intégral :http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/auteurs/perec/saint-sulpice.html
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23 novembre 2009
Umberto nous étonne toujours...
Umberto Eco a la passion des listes.
Le bric-à-brac d'Eco
Alors qu'il sera le mois prochain le grand invité du Louvre, l'auteur du «Nom de la rose» publie un bouquet d'énumérations richement illustré qui donne le tournis
C'est le degré zéro de l'écriture : la liste. «La forme d'écrit la plus naturelle à l'homme», a noté Charles Dantzig avant d'en dresser l'inventaire sur 800 pages dans son « Encyclopédie capricieuse du tout et du rien ». Liste de mariage ou catalogue de bibliothèque, rien n'est plus plat. C'est un amas de choses qui n'ont même pas toujours grand rapport entre elles : pain, nouilles, beurre salé, dentifrice, cigarettes ; de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand... Rien de plus bête, et pourtant Umberto Eco n'a «pas hésité une seconde» quand le Louvre l'a invité à coorganiser un vaste cycle « de conférences, expositions, lectures publiques, concerts et autres projections » (1) : il a choisi « l'énumération, c'est-à-dire la liste ».
L'essai richement illustré qu'il publie à cette occasion est un stupéfiant cabinet de curiosités, un capharnaüm qui tient de l'étude théorique, du beau-livre et de l'anthologie des textes les plus embouteillés de la littérature occidentale. Car Eco en a collectionné, des morceaux de bravoure : les 350 capitaines de la flotte grecque cités par Homère ; la litanie des saints qui figure dans votre missel ; une ode au mot «couillon» dans «le Tiers Livre» ; la «Tentative d'épuisement d'un lieu parisien» réalisée par Perec le 18 octobre 1974 à 10h30 au Tabac Saint-Sulpice ; des poèmes de Prévert, Villon ou Rimbaud bourrés d'anaphores et d'asyndètes.
Lire la suite : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091015/15290/le-bric-a-brac-deco
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17 novembre 2009
Ton ombre est notre lumière...

- Livre: Enquête sur Edgar Allan Poe
- Auteur: Georges Walter
- Editeur: Phébus
Dans l'ombre d'Edgar Poe
Par Tristan Savin (Lire), publié le 01/07/2009
2009 marque le bicentenaire de la naissance de l'auteur des Histoires extraordinaires, salué par plusieurs publications. Une biographie et un essai permettent de redécouvrir le poète célébré par Baudelaire et Mallarmé. Et deux romans, en forme d'hommage, démontrent que le génie foudroyé continue de faire des émules.
Le 3 octobre 1849, on trouvait un homme inanimé sur un trottoir de Baltimore, Maryland. Détail étrange, il portait des vêtements trop grands pour lui. Transporté à l'hôpital, il y succombait quatre jours plus tard, d'un mal inexpliqué.
On identifia la victime: le journaliste Edgar Poe, né à Boston en 1809, orphelin adopté par un riche esclavagiste de Virginie, John Allan, qui l'abandonna à son sort dès sa majorité. Ainsi, toute sa vie, l'infortuné Edgar «Allan» Poe fut en butte à un destin semblant s'acharner contre lui. Sa mort ne lui apporta pas plus de paix. Quatre personnes seulement assistèrent à ses funérailles, expédiées, sous la pluie. A peine enterré, il se trouva couvert d'opprobre par la presse nationale. On lui reprochait ses moeurs dissolues, son mauvais caractère et des textes trop noirs. On n'évoquait jamais un grand écrivain mais un être dépravé, alcoolique et drogué. «On décida de lui dédier un cénotaphe de granit et de marbre, mais ce ne fut que vingt-six ans plus tard», précise Georges Walter, auteur d'une Enquête sur Edgar Allan Poe, poète américain, rééditée à point nommé pour le bicentenaire du génie. Cette biographie, exemplaire, s'ouvre sur une carte du ciel à la naissance d'Edgar Poe, «prédisposition» zodiacale ainsi légendée: «presque toutes les planètes se trouvent sous l'horizon».
Ainsi naissait le prototype du poète maudit, auquel ses livres rapportèrent à peine trois cents dollars. «Frère spirituel» de Baudelaire, «ingénieur des lettres» pour Valéry, «cas littéraire absolu» selon Mallarmé, l'auteur du Corbeau devint, au regard de l'histoire des lettres, le grand maître du fantastique, l'inventeur du récit policier, le précurseur du roman scientifique, le rénovateur du conte, l'annonciateur de la psychanalyse. Pas moins. D'abord auteur de poèmes «cosmiques» inspirés des romantiques anglais, Poe a 18 ans quand paraît son premier recueil. Son seul roman, Les aventures d'Arthur Gordon Pym, sort en 1838, amputé du dernier chapitre par l'éditeur, et se solde par un échec. A 30 ans, il accouche d'un nouveau chef-d'oeuvre, La chute de la maison Usher. En 1841, devenu rédacteur en chef, enfin libre de publier ses propres textes, il connaît la période la plus faste de sa vie et livre quantité de contes et de nouvelles. Parmi eux, Double assassinat dans la rue Morgue marque la naissance d'un genre: l'enquête policière, reprise avec un succès retentissant par ses disciples d'outre-Atlantique, Gaston Leroux, Conan Doyle et Agatha Christie.
Indigent, il inonde les journaux de ses histoires courtes
Dans son essai Avec Poe jusqu'au bout de la prose, Henri Justin nous éclaire sur l'oeuvre à travers une minutieuse analyse des textes - hélas peu didactique pour le néophyte. Ce spécialiste, déjà auteur de Poe dans le champ du vertige (1991), apporte également des précisions sur la vie de l'artiste maudit. Selon lui, «Poe se voulut poète». Il écrivait lui-même que «Edgar A. Poe» aurait dû s'écrire «Edgar, a Poet». Mais il manquait une lettre... Empêtré dans un lyrisme souvent morbide, il passe au conte, «persuadé que le poétique veille au coeur de toute littérature». Toujours en mal d'argent, il inonde les journaux de ses histoires courtes et aborde de nouveaux genres: comique, satirique, dramatique, merveilleux scientifique. Traumatisé par la disparition de sa jeune épouse, il vit dans l'indigence. Jusqu'à sa fin tragique, à seulement quarante ans. Georges Walter nous en apprend plus sur les circonstances de sa mort: «Aucune plainte ne fut déposée qui provoquât une enquête policière.» Pourtant, tout laisse penser qu'il fut dévalisé, sinon enivré et drogué, «voire l'un et l'autre», poursuit le biographe. Quand Poe arriva à Baltimore, une campagne électorale battait son plein. Or, la technique des agents électoraux de l'époque «consistait à neutraliser leurs proies avec un mélange de whisky et de narcotique pour les traîner de bureau de vote en bureau de vote». Selon un journaliste présent, cette méthode avait «dépassé la mesure» cette année-là... Mais dans la bonne société conservatrice du Maryland, «le crime, aux yeux de plus d'un, prit figure de juste châtiment». Pourtant, selon Henri Justin, «Poe ne prit jamais d'opium» (contrairement à une idée répandue) et, probablement diabétique, ne supportait pas l'alcool. Qu'importe la vérité: sa réputation fut salie par une génération de gens de lettres haineux, jaloux de son talent et il fallut un demi-siècle pour démasquer les mensonges. Walter avance une raison: «Il fallait expliquer la bizarrerie de l'oeuvre par l'immoralité de l'auteur.»
L'écrivain américain Matthew Pearl, déjà remarqué pour son formidable Cercle de Dante (Robert Laffont, 2004), a eu l'heureuse idée de poursuivre l'enquête, de manière romanesque. Il se base sur les nombreux mystères entourant la fin misérable du poète: pourquoi passe-t-il la soirée à Baltimore alors qu'il se rendait pour affaires à New York? Pour quelle raison la maison où il s'est rendu ce jour-là a-t-elle brûlé? Et qui est ce Reynolds dont le nom revient sans cesse au cours des délires de l'écrivain à l'hôpital?
Le héros de Pearl, jeune avocat admirateur de l'oeuvre de Poe, assiste par hasard à l'enterrement. Peu de temps avant, le poète l'avait chargé de prendre sa défense contre les calomniateurs. Décidé à réhabiliter la mémoire du «Sauveur de la littérature américaine», Quentin Hobson Clark entreprend des recherches, malgré les menaces d'un inconnu aux airs de fantôme et les sages conseils de son entourage bourgeois. La folie dont on accuse son écrivain modèle s'avère contagieuse. Il délaisse sa future épouse, abandonne la clientèle de son cabinet. Et n'hésite pas à se rendre à Paris pour retrouver le chevalier Dupin. Seul le plus célèbre détective de l'époque - héros de plusieurs histoires de Poe - peut l'aider à résoudre l'énigme.
Utiliser un personnage imaginaire pour enquêter sur la disparition de son créateur - par ailleurs père du roman policier -, il fallait oser! Le talentueux Pearl tient sa promesse. Diablement mené, ensorcelant dès les premières lignes, L'ombre d'Edgar Poe baigne dans une brume inquiétante, digne des Histoires extraordinaires.
Fabrice Bourland a eu une idée similaire. Avec La dernière enquête du chevalier Dupin, court roman historique écrit dans le style de l'époque, on retrouve l'ancêtre de Sherlock Holmes, chargé d'un cas tout aussi mystérieux: celui d'un autre poète, retrouvé pendu dans une ruelle: Gérard de Nerval. Les écrivains maudits n'ont pas fini de hanter leurs lecteurs.
http://www.lexpress.fr/culture/livre/dans-l-ombre-d-edgar...
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09:38 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 novembre 2009
Albert Camus
Albert Camus, portrait total

Les mille facettes d'Albert Camus,dont les succès déchaînèrent souvent la haine de ses pairs. Crédits photo : ©Rue des Archives/Tal
Le récit «Les derniers jours de la vie d'Albert Camus» et un dictionnaire révèlent comment l'écrivain était considéré de son vivant.
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Ce devait être une bonne nouvelle, ce prix Nobel de littérature attribué en 1957 à Albert Camus. Ce fut l'apogée de la plupart de ses problèmes : jalousé, détesté, moqué, l'auteur de L'Étranger mourra moins de trois années plus tard, le 4 janvier 1960, dans un accident de voiture.
On se souvient du mot de Sartre quand il apprit que Camus avait été récompensé : «C'est bien fait !» Et ce n'était pas le pire des commentaires. Dans la revue Arts, le ton fut plus cruel : «En décernant son prix à Camus, le Nobel couronne une œuvre terminée.» Rappelons que Camus avait alors quarante-quatre ans, et qu'il fut, et qu'il est toujours, le plus jeune lauréat français du prix Nobel de littérature. D'autres avaient écrit, et qui plus est dans son ancien journal Combat, que «les petits pays admirent les parfaits petits penseurs polis ». Ce ne sont là que quelques exemples d'une revue de presse édifiante que l'on peut découvrir dans la postface de l'ouvrage de José Lenzini. Il a déjà écrit trois livres sur Albert Camus, mais cette fois, il consacre son récit aux derniers jours de son auteur fétiche : c'est un angle très instructif qui nous rappelle que, contrairement à ce que l'on peut imaginer aujourd'hui, son existence était loin d'être un long fleuve tranquille. Décidément, il est toujours intéressant de voir comment un écrivain entré dans la postérité était considéré par ses pairs de son vivant.
L'âme du spectacle
Dans Les Derniers Jours de la vie d'Albert Camus, José Lenzini mêle un peu de fiction aux indications historiques et à des propos tenus ou écrits par l'écrivain et dramaturge. Sa trame principale est le silence de la mère de l'auteur du Mythe du Sisyphe - une taiseuse, légèrement malentendante et illettrée. On se demande si toutes ces blessures, ces vexations subies par Camus à Paris - surtout à Paris - ne lui avaient pas donné envie de retrouver le silence. Ne disait-il pas : « J'appris tout de suite qu'une balle ne vous arrivait jamais du côté où l'on croyait. Ça m'a servi dans l'existence et surtout dans la métropole où l'on n'est pas franc du collier… » Sa position sur l'Algérie, son dernier livre, L'Homme révolté, son opposition à la peine de mort ne lui avaient pas fait que des amis. C'est tout cela que montre en une centaine de pages, mais de manière forte et précise, José Lenzini. Impossible de ne pas être ému quand on lit que l'écrivain aurait pu éviter l'accident mortel s'il avait pris le train comme il était prévu. On y découvre également un Camus tenté par une carrière d'acteur.
«Acteur», c'est justement l'un des premiers mots définis dans le Dictionnaire Albert Camus établi sous la direction de Jeanyves Guérin, avec le soutien d'une soixantaine de professeurs, d'historiens et d'écrivains. À la question : à qui devez-vous votre plus grande satisfaction, l'auteur de Caligula avait répondu : «Aux acteurs. À l'acteur, qui est le principal, le principe, l'âme incarnée du spectacle.» Ce dictionnaire se révèle être un outil précieux. C'est un travail considérable où tout est passé en revue, aussi bien les œuvres (y compris celles moins connues comme ces Silences de Paris, une pièce radiophonique datée de 1948 et diffusée le 30 avril 1949) que les hommes ou les auteurs ayant un lien avec l'auteur de La Peste. C'est rare de voir en un seul ouvrage les mille facettes de Camus : l'écrivain, le dramaturge, le penseur, le journaliste, le citoyen et, surtout, l'homme. Un portrait total.
«Les derniers jours de la vie d'Albert Camus» de José Lenzini, Actes Sud, 143p., 16,50 €.
«Dictionnaire Albert Camus» sous la direction de Jeanyves Guérin, Robert Laffont/ Bouquins, 976p., 30€.
http://www.lefigaro.fr/livres/2009/11/12/03005-20091112ARTFIG00478-albert-camus-portrait-total-.php
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10 novembre 2009
Distribution des prix...
http://www.lepoint.fr/actualites-litterature/2009-11-09/les-laureats-des-prix-litteraires-2009/1038/2/1399/8/#newdiapo
Mon tiercé ;
1. Dany Laferrière
2.Gwennaelle Aubry
3.Jean-Michel Guenassia.
mais...je n'ai pas lu leurs livres, seulement les critiques...
Lauréat du prix Femina, Gwenaëlle Aubry Née en 1971, cet écrivaine plonge son lecteur au coeur d'une écriture poétique. Roman et récit familial, Personne (Mercure de France) est le portrait du père psychotique de la romancière, un homme qui n'a jamais fait bloc avec lui-même. ( Lire notre critique )
Par lepoint.fr © GINIES/SIPA
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09 novembre 2009
Et en plus, elle est canon !
Pas de surprise chez Drouant. La victoire du jour
Le Goncourt 2009 pour Marie NDiaye (et le Renaudot pour F. Beigbeder)
12h45 chez Drouant, et pas de surprise: Didier Decoin vient d'annoncer que le Goncourt 2009 allait à Marie NDiaye, récompensée pour «Trois femmes puissantes» (Gallimard), tandis que le Renaudot allait à Frédéric Beigbeder, le Renaudot essai à Daniel Cordier, et le Renaudot poche à Hubert Haddad pour «Palestine» (le Livre de poche).
Une nette victoire pour l'auteur de «Trois femmes puissantes», puisque le prix lui a été décerné au premier tour de scrutin, par cinq voix contre deux à Jean-Philippe Toussaint, et une à Delphine de Vigan. Dommage pour eux, dommage pour Laurent Mauvignier, qui aurait lui aussi fait un beau lauréat avec «Des hommes» (Minuit). Mais il fallait bien que quelqu'un sorte gagnant, et Gallimard sait y faire pour décrocher des prix Goncourt. Marie NDiaye n'a cependant rien usurpé, elle dont le roman, qui s'est déjà discrètement vendu à 140.000 exemplaires, dresse avec pudeur, intelligence et sensibilité, le portrait de trois femmes humiliées.
Un an après le succès d'Atiq Rahimi, ce n'est pas seulement une réponse à ceux qui considèrent qu'un grand débat sur l'identité nationale s'impose d'urgence ; c'est aussi une façon pour les jurés Goncourt de marquer quelques points sur ceux qui préfèrent récompenser d'illustres inconnus en manque de visibilité médiatique.
http://bibliobs.nouvelobs.com/20091102/15645/le-goncourt-2009-pour-marie-ndiaye-et-le-renaudot-pour-f-beigbeder
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06:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 octobre 2009
Nobel de littérature
Le prix Nobel de littérature décerné à Herta Müller
Alors que l’on pensait les américains Joyce Carol Oates et Philip Roth grands favoris de ce prix Nobel 2009, la nomination de l’allemande Herta Müller peut apparaître comme une surprise.
Alors que l’on célèbre les vingt ans à la fois de la chute du mur de Berlin et de la fin du régime de Ceausescu, le sacre de cet écrivain née dans une famille souabe germanophone de Roumanie et aujourd’hui berlinoise semble au contraire particulièrement opportun. Succédant à J.M.G. Le Clézio, Herta Müller est d’abord une romancière de la résistance, dont l’oeuvre a souvent été censuré dans son pays d’origine, refusant de se soustraire et ceci jusqu’à aujourd’hui à la dictature. La Convocation (éd. Métailié), le dernier de ses livres traduits en français, évoque ainsi le parcours d’une ouvrière brimée par la Securitate, milice secrète roumaine, pour avoir envoyé en Italie un appel à l’aide brodé sur un drapeau. Ce prix Nobel est aussi révélateur d’un retournement : Herta Müller vient d’être nommée citoyenne d’honneur de sa commune natale, Nitchidorf, quelques heures à peine après avoir reçu son prix à Stockholm. Elle est aussi une sans-patrie, dont «l’intensité de la poésie et la franchise de la prose » se situent entre deux pays et plusieurs langues, un langage construit dans l’isolement et l’exigence d’un vocabulaire ôté des « concepts violés et souillés de la dictature». L’écrivain fait en cela partie de cette « Weltliterature », littérature monde, un monde dont le coeur s’est excentré, et qui dépasse en cela sans doute les luttes nationales du Prix Nobel. Herta Müller, enfin, est un auteur encore méconnu en France. Seuls trois de ses livres ont été traduits : hormis La Convocation, vous pouvez trouvez au Seuil Le renard était déjà chasseur et L’homme est un grand faisan sur terre, publié chez Gallimard. Cette dernière maison d’édition devrait palier à ce manque en publiant l’an prochain son dernier ouvrage, Atemschaukel, qui s’intitulera en français La balançoire du souffle.
07:40 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 octobre 2009
On ne badine pas avec l'amour ( de Dieu)
> Thérèse s'adresse aux religeuses des couvents qu'elle a fondés, et particulièrement aux mères supérieures :
>
> " Du reste, si vous y prenez garde, vous verrez qu'en somme la plupart des monastères n'ont pas été fondés par les hommes, mais par la puissante main de Dieu. /.../ Et comment, je vous le demande, une petite femme comme moi, soumise à des supérieurs,ne possédant pas un maravedi , dépourvue de toute protection, aurait-elle pu accomplir des choses si difficiles? /.../ Voyez, mes filles, voyez l'action de Dieu. Suis-je, par hasard, de race illustre, et serait-ce à ce titre que l'on m'aurait fait honneur? Evidemment, non. De quelque manière donc que vous l'envisagiez, vous reconnaîtrez que l'oeuvre est de lui. Après cela, n'est-il pas raisonnable que nous la maintenions intacte, dût-il nous en coûter vie, honneur, repos? Et cela d'autant plus que nous trouvons ici tous les biens réunis. Vivre de manière à ne craindre ni la mort, ni les événements de ce monde,, goûter cette allégresse continuelle qui est votre partage à chacune,
> posséder cette prospérité, la plus grande de toutes, qui consiste à ne point redouter l'indigence, à la désirer au contraire : voilà qui s'appelle vivre. Car enfin, y a-t-il rien de comparable à cette paix intérieure et extérieure dont nous jouissons toujours ? Et il ne tient qu'à vous d'y vivre et d'y mourir, comme par le fait vous voyez expirer celles qui meurent parmi nous. Si vous demandez sans cesse à Dieu de vous continuer cette grâce, et si vous vous défiez entièrement de vous-mêmes, il ne vous déniera point sa miséricorde." p 159
> Oeuvres complètes.II. Les Fondations, Fayard, 1963. Traduction des Carmélites de Paris-Clamart
>
> ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
>
> Un texte extraordinaire ! et qui appelle de nombreux commentaires...O.
00:42 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 octobre 2009
De la lecture ...
Cultures - Article paru
le 5 février 2009
La chronique poésie d’Alain Freixe
La poésie, c’est pas ce que tu crois !
La poésie, mais qu’est-ce ? Une inconnue délaissée ?
Il faut dire qu’elle joue perdant. Rebelle à tous
les attributs dont on voudrait l’affubler, on ne peut
la saisir. Les poètes ne se sont pas privés de lui proposer, parfois de manière péremptoire, des définitions. Mais voilà, elle est toujours autre chose !
Oui, Gérard Pister a raison de rappeler le mot de Guillevic : « La poésie, c’est autre chose » et d’en faire le titre
de son anthologie où sont recensées « 1 001 définitions de
la poésie » (1). Bien sûr tout tient dans ce « 1 000 + 1 » qui maintient la voie ouverte vers quelque soleil futur !
C’est ce vacillement que nous donne à lire Gérard Pister.
On feuillettera ce livre comme on tournerait un cristal. Huit facettes, huit approches définitionnelles : Affirmation, Connaissance, Émotion, Licorne, Musique, Objet, Révélation, Vie. Le tout réunissant quelque 650 citations de quelque 250 auteurs d’époques, de langages et de sensibilités très divers. Les passionnés sont toujours passionnants !
Gérard Pister est de ceux-là ! Son livre aidera ceux
qui cherchent sur les routes de poésie repères et balises.
Georges Bataille poète ? On pensait que l’auteur de l’Érotisme, du Bleu du ciel, de l’Histoire de l’oeil, de Madame Edwarda, l’homme du Collège de sociologie et
de la Part maudite, de la Somme athéologique qui regroupe l’Expérience intérieure, le Coupable et Sur Nietzsche, bref l’inclassable, tout à la fois romancier, essayiste, philosophe, sociologue, ethnologue, penseur religieux… qui n’écrivait peut-être que toujours la même chose à propos de champs aux objets spécifiques,
cet homme toujours sulfureux n’avait que dégoût pour
la poésie !
On se souvient de
ses polémiques avec André Breton à propos du surréalisme, de l’accusation d’idéalisme qu’il lui portait alors et de son livre de 1947, Haine de la poésie.
Mais on avait peut-être oublié l’épisode de Carpentras entre mai 1949 et juin 1951, années durant lesquelles Georges Bataille, bibliothécaire à Carpentras, renforcera ses liens avec René Char, liens datant de 1946 alors que dans
la revue IIIe Convoi il dédie à René Char sa suite d’aphorismes, Apprendre ou à laisser.
On avait peut-être oublié cet Archangélique (2) que Bernard Noël nous avait donné à lire en 1967 au Mercure de France et qu’il reprend aujourd’hui, dans la collection « Poésie » Gallimard) augmenté « d’autres poèmes » et d’une préface, « Le bien du mal », si éclairante à partir de la lumière qui émane des questions qu’il nous offre à méditer, la moindre n’étant pas que « la poésie (soit) le contraire de ce qu’annonce le mot qui la désigne » !
On avait oublié que cette expression si souvent citée aujourd’hui encore, Georges Bataille l’avait très vite trouvée obscure. C’est que c’est moins le poème qu’il entendait contester (poème en lutte contre lui-même, sacrifiant ce qu’il pourrait y avoir de poétique en lui) que cette tentation du lyrisme où il est toujours menacé de se complaire ; aussi il lui substituera, quelques années plus tard, en 1962, le titre l’Impossible, manière de faire signe vers « ce qui restera hors d’atteinte », hors explication, irreprésentable, et qui cependant reste l’Orient de toute littérature et de cette poésie qui est « le contraire de ce qu’annonce le mot qui la désigne ». Révolte dans la langue à partir du désir et de la mort en vue d’une vérité qui serait « représentation de l’excès ».
Or l’excès n’est pas médiatisable. Il ne saurait loger dans les mots. Les articulations du langage les assèchent.
Les poèmes de l’Archangélique sont marche forcée dans l’impossible. Déchaînement, délit, crime : « Le couteau du boucher dans la langue (belle, noble, élevée) », écrit Michel Surya dans son Georges Bataille, la mort à l’oeuvre (Gallimard, 1992). À la voie icarienne surréaliste, à son « signe ascendant », Georges Bataille oppose le creusement de la « vieille taupe » entre pierres, racines, vieux os et vers. Là où ça peut germer !
D’aucuns saluaient en l’animal aveugle la révolution.
C’était hier. Et c’est demain !
(1) Sous la direction de Gérard Pister, La poésie, c ’est autre chose, collection « Les Cahiers d’Arfuyen », Arfuyen, 15 euros.
(2) L’Archangélique et autres poèmes, de Georges Bataille, préface de Bernard Noël, notes de Bernard Noël et Thadée Klossowski. « Poésie » Gallimard n° 419, 6,20 euros.
10:24 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 octobre 2009
Toujours Lautréamont ! Isidore, j'adore...
Nouvelle édition des «Chants de Maldoror» Fou de Lautréamont, par Philippe SollersPar Philippe Sollers Longtemps incompris, l'auteur des «Chants de Maldoror», mort en 1870 à l'âge de 24 ans, est sorti du purgatoire grâce aux surréalistes. Voici une nouvelle édition de son oeuvre brève et fulgurante Vous ouvrez mécaniquement la nouvelle Pléiade consacrée à Lautréamont, vous croyez connaître l'auteur, depuis longtemps archivé parmi les grands classiques du XIXe siècle, vous jetez un coup d'œil sur le début des «Chants de Maldoror», et vous vous apercevez que, croyant les avoir lus autrefois, vous êtes saisi d'un léger vertige : «Plût au ciel que le lecteur enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit...» Ça y est, vous êtes pris, ou repris, vous voulez en savoir davantage, vous vous enhardissez, vous devenez féroce, ce qui vous change de la lourde torpeur agitée de l'actualité. Mais votre surprise augmente en découvrant que ce volume est suivi des principaux textes écrits sur les «Chants» et sur «Poésies» depuis cent quarante ans : Breton, Aragon, Artaud, Gracq, Blanchot et bien d'autres, un fabuleux roman. Court-circuit massif : après deux guerres mondiales, des massacres insensés et des tonnes de littérature, Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, est plus présent, plus vif et plus énigmatique que jamais. DR Isidore Ducasse, alias le comte de Lautréamont, est né à Montevideo en 1846 et mort à paris en 1870. Il est l'auteur des "Chants de Maldoror", dont le "Premier Chant" aprut d'abord anonymement en 1868. Il meurt à 24 ans, quasiment inconnu, en 1870, pendant le siège de Paris. A peine quelques recensions pour les «Chants», rien sur «Poésies». Mais le feu couve sous la cendre, le fluide agit, la stupeur va se faire de plus en plus forte. C'est Léon Bloy d'abord, en 1890, dans une intervention intitulée «le Cabanon de Prométhée» : aucun doute, l'auteur est fou. «C'est un aliéné qui parle, le plus déplorable, le plus déchirant des aliénés.» C'est un génie, soit, mais avorté. Remy de Gourmont, l'année suivante, donne davantage de renseignements dans «le Mercure de France» et va même, le premier, recopier des extraits de «Poésies» à la Bibliothèque nationale (vingt et un ans après leur publication) , ce qui ne semble attirer l'attention de personne. Pour Gourmont aussi, Lautréamont est fou, mais d'une «folie lucide». André Gide, en 1905, note dans son «Journal» qu'il lit le sixième «Chant» à haute voix, visiblement séduit par l'atmosphère hautement pédérastique du livre. Il n'ira guère plus loin et évite, de façon étrange, de parler de l'aspect criminel de Maldoror. Valéry Larbaud, en 1914, reprend Gourmont, en moins bien. Le thème de la «folie» aura la vie dure, comme le prouve encore cette piteuse déclaration d'Albert Thibaudet en 1925 : «Lautréamont n'est assurément pas un de mes auteurs de chevet, et je persiste à penser qu'il y a dans son cas un élément de folie.» On me dit que Thibaudet a tendance à revenir ces jours-ci, comme quoi notre temps est bien celui d'une régression majeure. Enfin surgissent Breton et Aragon. Breton, d'abord, dans «Littérature», en 1919 : «A mon sens, il y va de toute la question du langage.» Et l'année suivante, en plein dans le mille : «Je crois que la littérature tend à devenir pour les modernes une machine puissante qui remplace avantageusement les anciennes manières de penser.» La littérature serait donc là pour penser ? Ce n'est pas ce qu'on nous dit tous les jours en réclamant du cinéma social réaliste, des romans familiaux et naturalistes. Le surréalisme révèle et célèbre Lautréamont et, en même temps, le voile. Breton a certes raison de dire qu'il est «l'expression d'une révélation totale qui semble excéder les possibilités humaines», mais la nouvelle raison qu'il représente avec Rimbaud, une raison qui englobe et dissout la déraison la plus violente, reste pour une part indéchiffrable. En 1947,Julien Gracq voit surtout dans «les Chants» une formidable révolte adolescente due à l'enfermement scolaire (Jarry en est un autre exemple singulier), et Lautréamont devient alors un «dynamiteur archangélique». Pour Artaud, qui le rapproche de Nietzsche, c'est un «poète enragé de vérité», et c'est vrai. Cependant, il faut attendre 1950, et le «Lautréamont et Sade» de Blanchot pour que les choses s'éclairent. Blanchot est en effet le premier à préciser que le personnage principal des «Chants» est le lecteur, le lecteur que devient Lautréamont lui-même en écrivant sa stupéfiante aventure. Il y a une «logique implacable» à l'œuvre dans les ténèbres du Mal comme il y aura bientôt une logique tout aussi implacable dans l'apologie du Bien. L'homme est mauvais, celui qui l'a créé est mauvais, toutes les strophes impeccablement fiévreuses des «Chants» nous le rappellent avec une maîtrise mathématique du délire, servie par un humour terroriste. Est-ce sérieux ? Oui, très. Est-ce comique ? Pas moins. Voilà de quoi désorienter à jamais l'être humain, ce «canard du doute».
On comprend que Camus, en 1951, dans «l'Homme révolté» ne soit pas d'accord. Pour lui, Lautréamont tombe dans une «tentation nihiliste» et il ne voit dans «Poésies» que des «banalités laborieuses», un «morne anticonformisme» et même un goût de «l'asservissement intellectuel» qui s'épanouit dans les totalitarismes du XXe siècle. Le commandeur Breton réagit immédiatement dans un article cinglant, «Sucre jaune», où il attaque aussi le «Baudelaire» de Sartre : «On ne saurait trop s'indigner que des écrivains jouissant de la faveur publique s'emploient à ravaler ce qui est mille fois plus grand qu'eux.» Le malentendu est total. Camus et Sartre parlent morale, Breton poésie. Mais poésie dans un sens tout autre que celui de «poète», de «poèmes», et c'est là le cœur de la question. Rien n'est plus «moral» que la logique de Lautréamont, mais pour une autre raison profonde et démonstrative qui n'a plus aucun rapport avec le poison de la «moraline» (selon le mot de Nietzsche). Lautréamont poursuit sa route. On le retrouve, en 1956, dans «Mode d'emploi du détournement» de Debord et Wolman, et on sait que toute l'œuvre de Debord est marquée par «Poésies», ce qui se laisse entendre dès «la Société du spectacle». Le «détournement» est une technique de guerre corrosive, de même que l'art, extrêmement difficile, de la citation. Debord a montré là une virtuosité décapante. Le surréalisme, le siruationnisme : comment comprendre le XXe siècle sans ces deux revendications passionnées de liberté ? ![]() En 1967, c'est l'année de la publication d'un livre qui redistribue les cartes, de façon claire et décisive, le «Lautréamont par lui-même», de Marcelin Pleynet. Un pas de plus dans l'établissement du lecteur et dans une absence de contradiction entre les «Chants» (le Mal) et «Poésies» (le Bien), donc relance de la question fondamentale promise à un grand avenir. Du coup Aragon, dans un double article retentissant, s'enflamme. A partir du livre de Pleynet, il revit sa jeunesse, sa rencontre avec Breton à l'âge de 20 ans, au Val-de-Grâce, leurs veilles de médecins auxiliaires au «quatrième fiévreux», chez les fous. Ils sont fous des «Chants de Maldoror», ils se les récitent à tue-tête pendant les bombardements allemands sur Paris. «Parfois, derrière les portes cadenassées, les fous hurlaient, nous insultant, frappant les murs des deux poings. Cela donnait au texte un commentaire obscène et surprenant.» C'est Breton, un peu plus tard, en 1919, qui ira recopier intégralement «Poésies» à la Bibliothèque nationale. Elles paraissent enfin dans la revue «Littérature» : le mouvement est lancé. Et il continue de plus belle, ces temps-ci, avec «Ligne de risque», la revue de Yannick Haenelet François Meyronnis. Comme quoi, Lautréamont avait raison de déclarer : «A l'heure où j'écris, de nouveaux frissons parcourent l'atmosphère intellectuelle ; il ne s'agit que d'avoir le courage de les regarder en face.» Ph. S. "Œuvres complètes", par Lautréamont, édition établie par Jean-Luc Steinmetz, Gallimard, La Pléiade, 848 p., 45 euros (39 euros jusqu'au 31 décembre 2009). ➦ Toutes les critiques de l’Obs ➦➦➦ Revenir à la Une de BibliObs.com Source: "le Nouvel Observateur" du 1er octobre 2009. Si d'ins del cor no mov lo chans Bernard de Ventadour |
22:23 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




