03 janvier 2010

Les trois qu'on aime, et qui étaient quatre...


INTERVIEW

Enquête sur "Les Trois Mousquetaires"

Propos recueillis par Violaine de Montclos

Enquête sur

L'historienne Simone Bertière vient de publier un livre sur Alexandre Dumas, "Dumas et les mousquetaires. Histoire d'un chef-d'oeuvre" (Éditions de Fallois). ©BALTEL/SIPA .


Dans son livre Dumas et les mousquetaires , l'historienne Simone Bertière revient sur l'itinéraire qui a mené Alexandre Dumas à son chef-d'oeuvre.

Le Point : Le succès des Trois Mousquetaires est-il vraiment un cas à part dans l'histoire de la littérature ?

Simone Bertière : Songez que les petits héros du film Slumdog Millionaire , des gamins illettrés d'un taudis de Bombay, se surnomment entre eux les Trois Mousquetaires... En 2008, et en Inde, les mousquetaires de Dumas sont donc encore vivants ! Voilà le destin incroyable de cette histoire écrite dans la France du milieu du XIXe : cent soixante-cinq ans de succès planétaire et ininterrompu. D'ailleurs, dès l'année suivant sa parution, le roman fut traduit dans une dizaine de langues, une exception à l'époque.

Le comble est que son auteur rêvait de tout sauf d'être romancier...

Il le devient par nécessité, mais le roman est un genre que Dumas méprise, comme tous ses contemporains. Jeune provincial débarqué à Paris et bien décidé à vivre de sa plume, il s'essaie à la poésie, et le résultat est catastrophique. Mais en tant que dramaturge, il a très vite un succès fou. On les a maintenant complètement oubliées, mais ses pièces sont à l'époque plus aimées encore que celles de Hugo. Son Henri III et sa cour , premier drame romantique monté sur la scène du Français, est un véritable triomphe. C'est un pactole qui lui tombe dessus ! Or Dumas est un ancien pauvre, et il prend immédiatement de mauvaises habitudes : il mène grand train, entretient femmes, maîtresses, enfants légitimes et naturels et distribue son argent à tous vents, car il est généreux. Mais le goût pour le drame romantique ne dure pas, et les revenus de Dumas s'épuisent. Pour maintenir ce train de vie luxueux, il faut donc trouver autre chose. C'est à ce moment-là qu'Eugène Sue remporte un succès et un argent considérables avec ses Mystères de Paris , qui paraissent en feuilleton dans la presse... Alors, Dumas se lance dans ce genre méprisable, pour de simples raisons alimentaires.

 

Lire la suite : http://www.lepoint.fr/culture/2010-01-01/interview-enquet...

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01 janvier 2010

Des nouvelles de notre géniâââlll Kollabo...

lf-celine_1190847904.1262086151.jpgIl serait temps de s’aviser qu’un écrivain est un bloc. Rien à jeter. Ses lettres font œuvre comme le reste. Céline n’y échappe pas. L’épistolier en lui n’est pas seulement abondant : il est nombreux, multiple. Il suffit d’observer les signatures au bas des milliers de mots reproduits dans le fort volume (2080 pages, 59 euros, Gallimard) de cette Pléiade timbrée : « Louis », « Destouches », « Louis Destouches », « L d T », « L. Destouches », « L.D. », « L. des Touches », « Louis Des Touches », « Louis F. Destouches (Céline), « Destouches-Céline »,« L.F. Céline », « Louis F.C. », « LFD », « Ferdinand », « Ton pote Ferd », « Dr Destouches », « Louis Ferdinand », « Dest ». Important, la signature. Elle ne fait qu’augmenter le mystère profond de ces hommes réunis en un. Le cas Céline, Henri Godard, minutieux éditeur avec Jean-Paul Louis de Lettres (2 080 pages, 59 euros), cette Pléiade épistolière, le résume remarquablement dès l’incipit de sa préface : « De quel désastre obscur faut-il que son œuvre nous parvienne, pour contenir, à côté de tant de pages qui répondent à l’idée que nous nous celine_1_louis-ferdinand-celine-gen-paul-pierre-labric-1942.1262086243.jpgfaisons d’une littérature pour notre temps, tant d’autres qui sont la négation même du lien que la création littéraire cherche à établir entre les hommes ? » On ne saurait mieux dire le double mouvement dialectique d’attraction/répulsion que provoque son œuvre complète.

 

Lire la suite :

http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/12/29/celine-de-quel-desastre-obscur/

31 décembre 2009

On est bons, nous le bon peuple !

Connaissez-vous les "brèves de comptoir" ? Si c'est non, courez vite chez le libraire du coin ! Personnellement, j'en lis toujours deux ou trois pages avant de m'endormir, et je dors très bien. C'est à la fois de l'humour, de la poésie, du bon sens, de la philosophie, de la beauferie et même de la stupidité concentrée, mais jamais rebutante, toujours très réjouuissante ! On s'y reconnaît , c'est dire ! Et c'est toujours authentique, recueilli au coin des bars de quartiers. Bonne lecture ... Même si vous restez seul(e) chez vous, Poèmik et la Micronésie poétique sont avec vous, alors joyeuses fêtes . O.

Par BibliObs.com

Parce qu'un bon réveillon se compose aussi de nourritures spirituelles, les 2000 «Nouvelles Brèves de comptoir» méthodiquement collectées par l'excellent Jean-Marie Gourio sont typiquement le genre de phrases que vous allez entendre ou prononcer vous-même pour réviser votre année 2009, et attaquer 2010 armé d'une logique à toute épreuve. Florilège

Les-Nouvelles-Breves-de-comptoir_Gourio.jpg

Calembours et observations de circonstances

«Chassez le naturel, il revient au goulot !»

«La FAIM justifie les moyens !»

«Le foie gras, pourquoi on le fait pas avec les poumons?»

«Presque aucun fruit de mer peut faire le signe de croix.»

Situation internationale...

«C'est dans les villes bombardées qu'on voit le mieux les papiers peints.»

«Israël, au pôle Nord, la Palestine, au pôle Sud, ça devrait les calmer.»

«Rien que si tu dis le mot "juif", ça fait antisémite.»

«Le milliard de Chinois, si c'était un milliard de Français, je sais pas si tu vois le bordel !»

«Michael Jackson, il est pas noir, Obama, il est pas noir, aux Etats-Unis, tous les Noirs qui réussissent, c'est des Blancs.»

 

... et pour les amis de la poésie :

"«Paul Eluard, pour moi, c'est des gymnases.»"

 

Lire tout : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091231/16767/une-annee-de-breves-de-comptoir

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21 décembre 2009

tout le monde veut célébrer sa grandeur ?

Non, pas moi. Pour moi Camus est un honnête homme, un maître du style, un artiste - comme il le dit lui-même. Mais il n'a pas bouleversé la pensée, ne nous a pas apporté des outils pour comprendre et surtout changer le monde. Ses bonnes pensées ont fait ronronner les classes de terminale,et pendant ce temps les conseils d'Administration et les cabinets ministériels à leur botte ont continué leurs conneries, et voilà où nous en sommes. En gros, je lui reprocherai ceci :

1. Il n'a rien compris à Oran, son petit peuple, sa gouaille hispanique.
2 Il s'est tenu sur la touche pendant la guerre d'Algérie, prudent et confortable.
3.Son propos ne fait pas trembler sur leurs bases les coffres forts.
O.



Camus est-il un philosophe ?

Par Roger-Pol Droit

Camus est-il un philosophe ?

Albert Camus était rejeté, détesté. Aujourd'hui, tout le monde veut célébrer sa grandeur © Sipa

 

Non, pas moi. Pour moi Camus est un honnête homme, un maître du style, un artiste - comme il le dit lui-même. Mais il n'a pas bouleversé la pensée, ne nous a pas apporté des outils pour comprendre et surtout changer le monde.


Le 4 janvier 2010, cela fera 50 ans qu'Albert Camus nous a quittés. Mise au point.

http://www.lepoint.fr/culture/2009-12-15/portrait-camus-est-il-un-philosophe/249/0/405062

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19 décembre 2009

Identité nationale : la Révolution française ou Pétain?

Exclusif. Identité nationale, sarkozysme, Israël...

Finkielkraut-Badiou: le face-à-face

Par Aude Lancelin

Réunis pour la première fois dans la presse, l'auteur d'«Eloge de l'amour» et celui d'«Un coeur intelligent», débattent de l'identité nationale, de la politique sarkozyste et d'Israël. Un affrontement idéologique d'une rare violence, qui a été arbitré au «Nouvel Observateur» par Aude Lancelin, et dont voici le verbatim intégral

 

Badiou-Finkielkraut-5_DR.jpg
©Bruno Coutier pour «le Nouvel Observateur»
Né en 1949 à Paris, Alain Finkielkraut, philosophe et enseignant à Polytechnique, est l'auteur de «la Défaite de la pensée» (Gallimard) et d'«Un cœur intelligent» (Stock/Flammarion). Né en 1937 à Rabat, Alain Badiou, philosophe et professeur à l'ENS de la rue d'Ulm, est l'auteur de «l'Etre et l'Evénement» (Seuil) et «Eloge de l'amour» (Flammarion).

 

Le Nouvel Observateur. - Un débat sur «l'identité nationale» a été imposé au pays pour des raisons largement électorales. Maintenant que de façon assez prévisible il dérape, comment y faire face ?

 

Lire le débat : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091217/16522/finkielkraut-badiou-le-face-a-face

14 décembre 2009

le pouvoir, le cul, la poésie et le petit Prince


Publié le 14/12/2009 à 09:38 - Modifié le 14/12/2009 à 09:48 Le Point.fr

ENQUÊTE

Les derniers secrets de Saint-Ex

Par Thomas Mahler

Les derniers secrets de Saint-Ex

Un être en quête d'affection féminine, un brin parano envers les gaullistes, et qui divise encore... © Albert Harlingue /Roger Viollet

Soixante-cinq ans après la disparition d'Antoine de Saint-Exupéry, le journaliste Jean-Claude Perrier fait le point sur les zones d'ombre parsemant l'existence de l'écrivain aviateur. Celle qui continue de fasciner le grand public concerne son dernier vol. Si les débris du P-38 Lightning repêchés au large de Marseille ont été identifiés en 2004, les causes du drame demeurent énigmatiques. Mais cette "enquête littéraire" s'intéresse avant tout au Saint-Ex intime en s'appuyant sur des éléments nouveaux. On découvre un être en perpétuelle quête d'affection féminine, inlassable auteur de missives enflammées et lyriques, mais aussi un amant prosaïque qualifiant les rencontres passagères de "salles d'attente".

Tout aussi complexe est son rapport au politique, à l'image de sa méfiance, à la limite de la paranoïa, envers les gaullistes, coupables à ses yeux de sectarisme. Enfin, Perrier révèle que celui qui a écrit que le plus beau métier consistait à "unir les hommes" aura beaucoup divisé après sa mort. Faute de testament, la succession a été houleuse entre l'épouse Consuelo et la famille. L'adaptation au cinéma du Petit Prince est aujourd'hui bloquée par la Paramount, qui affirme avoir acquis les droits en 1946 auprès de la veuve. Le blondinet à l'écharpe devra peut-être compter sur la justice terrestre pour se faire dessiner un mouton sur grand écran.


* Les mystères de Saint-Exupéry , de Jean-Claude Perrier (Stock, 211 p., 18 euros).

12 décembre 2009

C'est quand même mieux que Mein Kampf...

lire l'article : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091210/16388/de-quoi-les-fesses-sont-elles-le-nom

«Brève histoire des fesses», par Jean-Luc Hennig

De quoi les fesses sont-elles le nom?

Par Jean-Luc Hennig

C’est l’événement télé de la semaine pour les amateurs de cul. Entendons-nous bien : c’est un documentaire tout ce qu’il y a de plus digne, sur Arte à 22h10. Dans « la Face cachée des fesses », Caroline Pochon et Allan Rotschild se proposent de nous montrer l’envers du décor. Ils ne pouvaient pas s’asseoir sur l’expertise de Jean-Luc Hennig, présent dans le film, qui publia « Une brève histoire des fesses » en 1995. Comme ce fut un succès, les éditions Zulma le rééditent (pour Noël?). En voici un extrait, dans lequel on apprend que les fesses ont plus d’un petit nom

***

Noms vulgaires

gombergh-sipa-press.jpg
Gombergh/Sipa Press

Comment nommer le dos quand «il perd son nom avec tant de grâce», selon le mot de Georges Brassens? C'est simple. Il suffit de consulter les dictionnaires du second rayon, érotiques et argotiques. On s'aperçoit que la fesse possède ainsi mille petits noms imagés, qui tournent grosso modo autour de trois idées: le derrière (par sa situation), la lune (par sa forme ronde et rebondie), le pétard (par sa fonction musicale). Mais la fesse est d'abord et avant tout un visage, visage du bas ou visage inversé comme on voudra. Un visage d'ailleurs un peu incohérent et même inquiétant, à la configuration bousculée, anarchique, car il est entièrement rond, fendu en deux dans le sens de la hauteur, avec une bouche-œil assez minuscule et deux faces pleines de part et d'autre. À moins qu'on ne considère, comme Hans Bellmer, que cette figure ait le «sourire aveugle des deux immenses yeux qui sont les hémisphères de la croupe s'ouvrant sur l'anus». Bref, devant une si étrange créature, l'esprit reste songeur.

La-face-cachee-des-fesses_Arte_2.JPG

11 décembre 2009

Encore un qu'est pas content...

Par Gérard Mordillat, finaliste du prix du roman d'entreprise

Pourquoi je ne veux pas serrer la main de Xavier Darcos

Par Gérard Mordillat

On vous en touchait deux mots hier : Xavier Darcos remettra le 7 décembre prochain le premier «prix littéraire du roman d'entreprise». Parmi les trois finalistes de la sélection figure Gérard Mordillat, pour «Notre part des ténèbres» (Calmann-Levy). Aimerait-il être lauréat? Il répond pour BibliObs.com

 

 

«Je n'irai pas à la remise du prix, d'une parce que je suis dans les finitions de ma série «Les Vivants et les morts» (8x52' d'après mon roman pour France 2 et Arte) et de deux parce que je ne veux pas être dans l'obligation de serrer la main - même au titre de simple politesse - à un membre d'un gouvernement qui s'enorgueillit d'avoir un ministère du racisme et de la xénophobie, qui stigmatise les chômeurs comme des feignants et les salariés comme des privilégiés, qui taxe les indemnités des accidentés du travail etc, bref qui développe une philosophie facho-libérale que tout en moi réprouve, que tout en moi combat.

Quant au prix, je m'en passerai sans peine
Je suis hors de prix, c'est bien connu !
Vive la Sociale !

Mordillat.»
 

Les-Vivants-et-les-morts.jpg

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06 décembre 2009

Ils sont hauts les gratte-ciels du Havre !

On croirait New york !O.

Lire l'article :http://www.lepoint.fr/culture/2009-12-05/roman-il-s-appelait-encore-france/249/0/401920

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Il s'appelait encore "France"

Par Sabrina Dufourmont

Il s'appelait encore

Le 3 février 1962, le France quitte le port du Havre en direction des États-Unis. Un événement national !

03 décembre 2009

Le Roman Nouveau est arrivé...

Sept propositions sur Alain Robbe-Grillet

Tel Quel N°2, été 1960



1953 : « Paraissait un étrange roman, Les Gommes, d’un auteur inconnu, Alain Robbe-Grillet, dont on disait qu’il était ingénieur agronome, ce qui étonnait. Deux ans plus tard, Le Voyeur allait déclencher un beau scandale. Paulhan, qui entretenait avec la maison d’édition issue de la Résistance, les Editions de Minuit, d’excellents rapports, l’avait soutenu pour le Prix des Critiques. Démissions dans le jury, articles qui prédisaient à l’auteur qui une chambre à Sainte-Anne, qui un procès en correctionnelle. De toute façon c’était un roman illisible ! »
Magazine littéraire n°402 Octobre 2001

Illisible, provocateur, des qualificatifs que l’on appliquera aussi à Philippe Sollers, celui de la « période expérimentale. » La fronde littéraire, la remise en cause des « acquis » : récit linéaire, psychologie et sentiments des personnages abondamment mis en avant jusqu’alors, Nathalie sarraute et Alain Robbe-Grillet avaient ouvert la voie.

1960 : Philippe Sollers qui a fait son entrée en littérature en 1958 vient de créer sa revue littéraire Tel Quel. Dès le numéro 2, il consacre un article en forme d’essai sur cette nouvelle forme d’écriture. Robbe-Grillet ne l’a pas encore théorisée dans son recueil Pour un Nouveau Roman, qui ne paraîtra qu’en 1963 et « agita longtemps le landerneau littéraire » ajoute Le magazine littéraire. Cet essai établit définitivement, pour la postérité, son rôle de chef de file du Nouveau roman, avec son centre de gravité aux Editions de Minuit et des écrivains tels que Nathalie Sarraute, Claude Simon et plus tard, Michel Butor.

 

 


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Un article de Sollers dans "Tel Quel".Lire tout l'article :http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=600

Photo historique : presque tout le "nouveau roman" est ici... Mais personne ne sait dire ce qu'est le nouveau roman. On peut décrire le roman selon Sarraute, selon Robbe-Grillet, selon Butor... Mais pas le "nouveau roman".O.

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