Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23 janvier 2005

Federico Garcia Lorca

Une académicienne sur la tombe d’un poète

Au mois de mai 1960, Marguerite Yourcenar écrit une émouvante lettre à Isabel Garcia-Lorca, sœur du poète. À Viznar (proche de Grenade) elle est partie (sans doute accompagnée de Grâce Frick) à la recherche de l’endroit où Federico a été exécuté. Toutes les personnes à qui elle a parlé de cette démarche les ont, dit-elle, traitées en amies. Deux garçons du village
les y ont guidées. Je laisse parler Marguerite :
…directement en dessous de la plus haute crête de la montagne (la Cruz de Viznar) … nous sommes tous les cinq descendus en contrebas de la route … jusqu’à un endroit où dans ce désert sans arbres poussent vigoureusement cinq ou six jeunes pins. « C’est là » dirent les deux garçons… À les en croire, votre frère est enterré sous ces pins avec cinq autres hommes tombés au même endroit. À les en croire encore, on a tassé la terre et on a transplanté là quelques arbrisseaux. …
… nous avons continué le chemin de montagne jusqu’au moment où il rejoint la route de Murcie, à quinze cent mètres environ de l’endroit que j’ai essayé de décrire. Pendant tout le trajet nous n’avons rencontré ni une voiture ni un homme… ni même un animal… il est clair que les tueurs ont fait un circuit, accompli leur besogne et en ont effacé les traces à l’endroit le plus désert… Mais pourquoi cette espèce de secret à une époque où la violence s’étalait partout au grand jour ? …
… le souvenir du poète reste là-bas intensément vivant, …
… je me suis retournée pour regarder cette montagne nue, ce sol aride, ces quelques jeunes pins poussant avec vigueur dans la solitude, ces grands plissements perpendiculaires du ravin par lequel ont dû s’écouler autrefois les torrents de la préhistoire, la Sierre Nevada déployée à l’horizon dans toute sa majesté … on envie votre frère d’avoir commencé sa mort dans ce paysage d’éternité…. on ne saurait imaginer pour un poète un plus beau tombeau

(Marguerite Yourcenar, Lettres à ses amis et quelques autres, Folio/ 1997)

(envoi de Léah sur le forum)

18 décembre 2004

Alain Borne

Sur le forum, Léah, fidèle à son poste, poursuit la présentation des poètes de la résistance avec Alain Borne. Vous y trouverez une présentation de cet auteur détaillée et des poèmes... en voici un extrait.

LES ORTIES, LA FUMEE

Les orties, la fumée,
Les épines fleuries,
La cendre, l’herbe
dans tant d’absence éparse,
une dépouille humaine,
une rencontre nue,
un écho de plaisir,
une fleur animale,
deux yeux perdus,
un été familier,
une mesure d’ombre,
un soleil limité.
Boire très calme
la foudre inattendue ;
la tige découverte après l’étang de pierre,
et revenir encore à l’incendie parfait,
rêveur sous la paille,
et vénérer la paille où l’incendie se fait,
tenter contre la mort ce simple appareillage
Où ne pendent aux mâts que des voiles de flammes
Quelqu’un au bord du vertige,
une doublure agile,
un miroir de blessures.

(Seghers, 2004)

11 décembre 2004

Aragon et la résistance

Le premier nom qui viendra à l'esprit quand on pense aux poètes de la Résistance est sans doute celui de Louis Aragon. Je vous invite à aller sur ce site, que j'ai trouvé très bien fait, très complet, sur la Résistance et plus particulièrement sur "L'Affiche Rouge" (cliquez sur le lien de la page d'accueil) Vous y verrez la célèbre affiche, lirez la lettre si émouvante de Alain Manouchian à sa jeune épouse Ménitée ; le poème d'Aragon inspiré par cette lettre, et vous l'entendrez chanté par Léo Ferré. Deux autres lettres : Olga Bancic à sa fille et Marcel Rayman à sa mère

http://perso.club-internet.fr/lfeld/index.html

Les yeux d'Elsa (Seghers, 1966, copyright de Louis Aragon 1942 -édition donc limitée et clandestine-)

"C'est précisement l'amour de la liberté qui me dicte de la défendre là où je suis"
Ces mots d'Aragon, écrits en 1942 dans la Préface aux Yeux d'Elsa, sont à double entente. Il prend le prétexte de la liberté de la prosodie dans ses recherches formelles sur l'alexandrin, (divisable ou non, en hexasyllabes par le système des rimes intérieures) pour énoncer cet amour et cette défense de la Liberté, laquelle n'était pas de ce temps-là.
Il le dit un peu plus clairement plus loin :
J'ai cherché, dans les conditions dramatiques de la poésie et du monde moderne, à donner corps à cette voix errante, à incarner la poésie française dans l'immense chair française martyrisée
Pour ce qui est des relations avec le "trover clus" évoquées par Aragon -et dont Orlando nous a déjà dit deux mots-dans cette Préface, ainsi que l'explication du poème central C, allez sur
http://www.lettres.ac-aix-marseille.fr/fran/auteursfr/ara...
Si l'auteur vous interesse vraiment , allez voir
http://khayyami.free.fr/francais/refs/Aragon_ristat.htm

Enfin je ne peux que vous conseiller de lire Les yeux d'Elsa, non seulement pour les poèmes qui comptent parmi les plus musicaux de notre langue (et les plus beaux poèmes d'amour quand il s'adresse à Elsa) mais aussi pour la Préface et les Appendices, dans lesquels Aragon nous donne une magistrale leçon de versification
J'ajouterai -retransmettant ci-dessous le message de Serge Marlot, que le poème "Pour un chant national" dédié à Alain Borne -poète de la Drôme et également résistant- fait allusion à Bertrand de Born, qui était trouvère. ENtre autres cette strophe
Alain Borne un pays sans borne
Ressemble à votre poésie
Où des demoiselles choisies
Comme au beau temsp de l'unicorne
Attendent un Bertrand de Born

Le message de Serge Marlot
Chez nous dans la Drôme, vécurent Aragon et Elsa triolet pendant l'occupation. Dans le village de Saint Donat fut hébergé sous un nom d'emprunt ce couple de résistants illustres dansla maison de Claire bret dont les témoignages sur la vie du couple en clandestinité sont très émouvants. Michel Bret , poète, était également présent.. Romans et Saint Donat gardent en mémoire les hauts faits et les menus détails de cette époque. La société Aragon et Elsa T; que préside Jean Ferrat, notre voisin d'Ardèche a il y a deux ans( j'en étais) organisé un colloque national sur le thème Aragon et la résistance. Nous venons de vivre en milieu novembre 2004, un deuxième colloque plus orienté sur Les liens entre les deux A/T et les autres poètes en résistance qui se trouvaient dans la région Principalement Alain Borne( de montélimard) etc.Trois très belles journées avec la présence du Responsable de l'édition romans d'Aragon Daniel Bougnoux en Pléiade et de Marie Thérèse Eychardchargée avec son époux de prépare la publication en pléiade également des oeuvres poétiques du poète (peu d'inédits mais un appareillage de notes important.. Sorti des deux tomes poésies en même temps ,en 2006. C'est un scoop!
Francesca Solleville et paco Ibanez ont chanté Aragon lors d'une très belle soirée à guichet fermé.
Je signale aussi la sortie d'une anthologievolumineuse intitulée: Pierre Seghers-La résistance et ses poètes (France 1940-1945)/
En deux parties
1-La résistance et ses poètes (édition remaniée,
et
2- Une anthologie de grande tenue avec des textes de tous les grnads et moins grands poètes en résistance.
Editions Seghers. sortie en mars 2004
SM
nota: il me souvient d'avoir (mais où) dans ma bibliothèque. Un épais recueil paru en POESIE 1 sur les poètes et la résistance.
SM

Pour finir, allez lire
http://www.franceweb.fr/poesie/aryeux.htm (Les yeux d'Elsa)
http://tristana07.free.fr/poetearagon.html (Cantique à Elsa, avec d'autres poèmes à Elsa qui ne sont pas dans le recueil des Yeux d'Elsa)
http://lebaiser.free.fr/angela/baiser-131.html (Les belles)
J'essaie de vous trouver d'autres liens vers les poèmes du recueil pour demain ! en attendant, bonnes lectures

Recherche de Léah
avec un message de Serge Marlot