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24 juin 2015

ALPHABET de Philippe Jaffeux : faisons le point

Voici une récapitulation des articles sur Philippe Jaffeux et ses écrits parus sur Poèmik. Ce travail en cours est susceptible d'être  modifié. Bonne lecture.

 

 

 

 

29 avril 2014

Lectures contemporaines : Philippe Beck (5.15)

Un nouveau poème. C'est extrait d' une réédition d'un livre aujourd'hui introuvable. Toujours sur Poezibao

XXI. Job fume d’impatience fleurie.
 
 
Le sans faute ; le sans reproche ; le peureux, d’autres hommes, « également partagés d’ombre et d’immensité » (Faulkner), mais peureux. Voilà une liste d’hommes différents de Job. Job est un château en Espagne aux bords de falaise. (En l’air du rebord.). Il est bourrelé d’un remords incompréhensible. 
 
Un tas de rose fume. 
Un tas d’érable pilé fume. 
Un tas de fumées en éprouvante 
écarte des cinq cents paires de bovins, 
sept mille ovins, trois mille chameaux, 
cinq cents ânesses. 
Et une domesticité fort nombreuse. 
Et une solidité nombreuse,  
une limpidité solide, 
un appétit nullement fantasque. 
Et un fort à fumet de rose. 
Un frémissement gratuit ? 
La gratuité à vie de prier, de ne pas craindre l’écart ? 
La gratuité ? L’amour gratuit à bouche d’épée ? 
Je parlais de l’humilité déraisonnable 
à vouloir engloutir le fadeur de la rose gratuitement. 
Mais elle doit jeter de la poussière sur la rose 
entassée, mais plus brisée en verre, en émotion limpide 
et discontinue. 
Les paupières de l’aube, les paupières 
de l’aspiration à mieux que des arbres et des derricks.  
 
(L’ardeur met à mort le niais, Job, 5,2. L’ami n’est, donc, ni ardent, ni faible.) 
 
Philippe Beck, extrait de Chambre à roman fusible (1997) in Poésies Premières, 1997-2000, Flammarion, 2011, p. 37

23 septembre 2009

Collage, cut up, kezaco ?

Thé au Riz, T'es que nique...
Mercredi, 23 Septembre 2009, 15h11mn 01s
De :
Orlando Erre <jotapil@yahoo.fr>
Afficher les détails de ce contact
À : PLE4 <PoesieLibreE4@yahoogroupes.fr>; ToujoursLaPoesie3@yahoogroupes.fr

Adeline voudrait quelques indications sur le cut up. Voici quelques notes très brèves, qui pourront être développées sur demande.
 
Je dirai que l'ancêtre du cut up ( mot utilisé par Burroughs et les poètes de la Beat Generation dans les années 50 du siècle dernier) est le collage, utilisé en poésie par les surréalistes et en peinture par les cubistes. Et l'inventeur  du collage est certainement Lautréamont, dans les "Chants de Maldoror". Brève ( et peut-être un peu approximative) chronologie :
 
vers 1870 : Lautréamont inaugure la technique dans les "Chants de Maldoror" en insérant , dans son texte épico-lyrico-narratif, des extraits d'ouvrages scientifiques, par exemple d'un traité de zoologie. L'un des plus célèbres collages est celui du vol des grues. Les critiques à courte vue parlent de plagiat, alors qu'il s'agit d'un procédé révolutionnaire de contestation- renouvellement de l'art et de la littérature.
 
  Avant la première guerre mondiale, les cubistes intègrent dans leurs tableaux des éléments extérieurs collés : fragments de journaux, de tapisserie, de tissus, de broderies, de bois...Avec une visée différente : il ne s'agit pas de provoquer un choc de l'insolite - encore que... - mais d'intégrer le "réel" dans l'image ; le fragment de journal représente vraiment un journal posé sur la table... Comparez avec la citation de Lautréamont ci-dessous !
 
  Les poètes de cette époque , Apollinaire, Cendrars, expérimentent des techniques du même genre.
 
vers 1920, André Breton porte en triomphe les "Chants...", qui avaient été complètement étouffés. Il donne les "beau comme" de Lautréamont comme exemples de l'image surréaliste, et notamment " beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie. " . Or il se trouve que ces expressions maldororiennes sont aussi des collages. Ici un peu de théorie est indispensable :
 
Qu'est-ce qu'un collage ? En visuel, c'est la technique consistant à juxtaposer des images ne présentant aucun lien entre elles .Claude Pélieu, le poète, qui a introduit la poésie de la beat generation en France, était aussi plasticien et a fait des expositions de ses collages. Prévert a également utilisé la technique.
  En littérature, cela consiste à juxtaposer également des fragments sans liens entre eux. On voit tout de suite que l'image maldororienne en est un parfait exemple. Le "cadavre exquis" des surréalistes joue lui aussi sur l' "effet collage".
 
Un deuxième point théorique , c'est que le collage, et plus tard le cut up, comporte deux valeurs fondamentales, la volonté contestataire, dynamique, bouleversante d'une part, et d'autre part la dimension esthétique, soft, consensuelle. Les images de Lautréamont sont vivement chargées de la première valeur, exprimant une contestation de l'hypocrisie sociale,politique, esthétique, du ronron académique. Le tort de Breton est sans doute de las avoir édulcorées, de leur avoir rogné les griffes et de les avoir assagies en beaux objets poétiques inoffensifs.
 
 
 Après la deuxième guerre mondiale, le vent de la nouveauté semble venir d'outre-atlantique ! Burroughs, l'un des chefs de file de la Beat Generation, "invente" le cut-up et en fait un usage intensif.
 
  Aujourd'hui, l'effet "cut up" , ou "effet collage" , est devenu un lieu commun de la littérature et de l'art, voire même du désign, de l'architecture , de la publicité. On peut dire qu'il est parfaitement digéré et fait partie de l'expression contemporaine, débarrassé en grande partie de ses vertus corrosives, contestataires, révolutionnaires.
 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

21 septembre 2009

Les papys ont la frite...

 

samedi, 19 septembre 2009

Julien Blaine

blaine-nuenmouvement.jpgJulien Blaine (Christian Poitevin pour l’état-civil) né le 19 septembre 1942 à Rognac dans les Bouches-du-Rhône, vit à Ventabren, non loin de Marseille, et nomadise le plus possible.  La clinique où il est né est devenue une bibliothèque ce qui n’est évidemment pas pour lui déplaire.
Créateur des revues les Carnets de l’Octéor, Appproches, Robho, Gérarnonymo, Gang, Doc(k)s, il organise festivals, rencontres, expositions (Gogolin, Allauch, Tarascon, Marseille, Ventabren, Lodève) et crée en 1989 le Centre international de poésie Marseille (cipM).
Poète, performer, artiste graphique, il explore inlassablement, toutes les formes que la poésie prend (langue, forme…). Son œuvre généreuse, quel qu’en soit le support, démontre cette infinie curiosité.
Il abandonne la performance en 2005, lors d’une grande tournée “Bye-bye la perf”  qui l’entraîne de Marseille à Bordeaux, de Paris à l’île de la Réunion, de Nantes à Toulouse, de Lyon à Périgueux… Aujourd’hui il présente son travail dans des “déclaractions”.
Actuellement un choix de son travail est présenté au [mac] (Musée d’art contemporain de la ville de Marseille), 69, avenue d’Haïfa  — 04 91 25 01 07.
Parmi ses innombrables livres, il ne faut pas manquer :
13427 poëmes métaphysiques, édit. Évidant, 1986, Bimot,  édit. Évidant, 1990, Calmar, Spectres Familiers, 1993, Du Sorcier de V. au Magicien de M., Roger Pailhas, 1997, L’Arc c’est la Lyre, Al Dante, 1998, Pagure, Al Dante, 1999, La fin de la chasse, Al Dante/Safaribooks, 1999, Se constituer vrai/ment Grand Père, le bleu du ciel, 2003, Bye-bye la perf, livre + CD audio, Al Dante, 2007, Poëmes Vulgos, Al Dante, 2008, les Cahiers de la 5ème feuille, 1 à 8, Al Dante, 2001-2009…

Pour en savoir plus on se reportera avec profit au considérable catalogue qui a paru à l’occasion de l’exposition au [mac], Blaine au Mac un Tri, Al Dante, 21x28 ; 288 p. ; ill. ; 39 € ou au petit livre d’entretiens avec Agnès Olive, Julien Blaine, aux éditions la Belle bleue, 12x20 ; 96 p. ; 14,90 €. On peut l’entendre sur : http://www.ubu.com/sound/blaine.html

* * *


ecritureori-perf1-1.jpg« Trop marché dans la montagne ?
Trop bu de café ?
La côte, bien que courte,
trop raide pour mes vieux mollets sur le pédalier du jeune vélo ?

Puis le sommeil m’a capturé
jusqu’à 3 h 50,
m’a ressaisi jusqu’à 7 h 05
et, à 7 h 50, j’ai commencé à écrire ça
sur mon iBook,
le livre de « je ».

À cet âge :
le bonheur de les voir
s’accompagne
de la douleur d’être.

Lassé de la route,
je regarde mes mains sur le volant :
ce sont des mains de grand-père,
les mains de mon grand-père…

Heureusement pour s’amuser
l’aïeule m’a verni l’ongle du petit doigt de la main gauche
en or.
Ainsi mes mains,
surtout la gauche se distinguent.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
ses pieds :
tant de peau morte sur les talons
tant de peau morte à l’angle extérieur et inférieur des orteils.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
ses veines vert-clair et serpents bleus sous la peau.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
les îles roses, mauves et violettes, dessins de ses veinules et de ses artérioles,
qui éclatent sous la peau.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
les minuscules  fissures interdigitales, les ondulations originales de certains ongles

On reconnaît un grand-père à ses petitzenfants
& à la faune et la flore microscopique qui essaie de l’envahir
pour creuser des rides fragiles

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à »


Se constituer vrai/ment grand-père, le bleu du ciel, 2003

 

blaine.jpg

Photos : Faire la bombe, 2007, photographie Joan Casellas
La Pythie claustrophobe 1998, Villa Waldberta-Feldafing, Allemagne, Photographie D.R.

 

http://www.unnecessairemalentendu.com/

08 juillet 2009

Le slam en Rhône-Alpes

 

Tout ou presque sur le SLAM :

 

Les dix mots 2010

Les 10 mots 2010 sur le thème "Dits moi 10 mots dans tous les sens" sont :
- balladeur, crescendo, escagasser, cheval de troie, galère, mentor, mobile, remue-méninges, variante, zapper
Vous avez jusqu'à mi février pour écrire un ou plusieurs textes comprennant au moins un de ces dix mots.

Pour plus de renseignements : cliquez ici


 

Au coeur du slam : Grand Corps Malade

Grand Corps Malade est devenu, en quelques années, le représentant du slam français.
Plus qu'une mode, un véritable mouvement où les mots retrouvent un sens et un attrait pour le public. Désireuse de " raconter le " slam de l'intérieur" l'auteur est partie à la recherche de Grand Corps Malade, avec pour ambition de comprendre ce phénomène fédérateur qui unit les êtres, et nous offre ici chaque moment de cette immersion. L'authenticité de son témoignage n'a d'égal que sa soif de rencontre et de compréhension des slameurs les plus incontournables, tels que Souleymane Diamanka, John Pucc' Chocolat, Rouda ou Ami Karim et, bien entendu, Grand Corps Malade, qui se sont trouvés sur son chemin d'écrivain.
Cet ouvrage évoque donc le slam et son représentant le plus emblématique avec une sincérité bouleversante, sans aucune concession et avec un souci permanent de comprendre et ne jamais trahir les acteurs de ce premier " récit slam ".


 

Nouvelle scène slam sur Valence (26)


Suite à la "première" qui s'était déroulée le 24 avril 2009, la nouvelle scène slam à valence, animée par Kriss et le collectif "Mots et chants jet" sera dorénavant régulière, tous les derniers lundi du mois à partir de 20h. Il est à noter qu'elle aura également lieu en juillet et en aout.
"Ô Génie Association" (bar à chicha associatif) 11 rue sabaterie 26000 Valence
Entrée libre, adhésion gratuite à l'association obligatoire
Un texte dit un verre offert
musique intimiste acceptée
Renseignements : KRISS 06.80.45.01.73

Posté le 11 juin 2009


 

SLAM D'OC

Pour Tactikollectif, soutenir la scène SLAM à Toulouse, c’est soutenir des lieux de vie, et d’expressions populaires, riches et diverses. Le style théâtral peut y côtoyer le « flow » du rap, la revendication politique succéder à une parole individuelle. Carrefour de rencontres entre différents univers sociaux et culturels, il n’est pas étonnant qu’on les retrouve dans les bars, les festivals, les écoles, les quartiers...Les slameurs déclament leurs mots et se font les relais des préoccupations de toutes et tous, ils chroniquent la société et nous informent de son état. Mais les slameurs sont bien sur des poêtes, affranchis, libres de faire rimer ou pas, libre de dire. Celle d’hier l’est pour raconter l’histoire, le slam est une oralité d’aujourd’hui pour raconter le présent. Nous en avons besoin. C’est pourquoi Tactikollectif, avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées, a réuni les principaux slammeurs toulousains sur l’album Slam d’Oc. L'album n'étant pas mis à la vente, nous vous invitons à le découvrir à travers le site www.tactikollectif.org sur lequel des titres sont à l'écoute....


 

Arte innove et lance le Webslam sur Internet.

La chaine franco-allemande propose aux fans et adeptes de la poésie orale d’enregistrer leur performance slam sur vidéo et de l’envoyer jusqu’au 15 septembre 2008. Les internautes choisiront ensuite le meilleur slameur qui recevra en guise de prix le T-shirt « ARTE WebSlam » et pourra être sélectionné par le jury de l'Internationale SLAM!Revue pour participer au concours de Berlin en octobre 2008.

Afin de faire connaître ce concours au plus grand nombre Arte vous propose de vous faire parvenir des flyers.  Si cela vous intéresse, merci de bien vouloir leur faire parvenir vos coordonnées ainsi que la quantité souhaitée.


Ce WebSlam aura lieu tous les trois mois.  Toutes les conditions de participation sur :
www.arte.tv/webslam.

Posté le 5 juillet 2008



Protéger ses textes :

Dans le cadre des réflexions portées sur les droits d’auteur au sein des slameurs, vous trouverez ici plusieurs éléments pouvant vous aidez à y voir plus clair et à choisir le système qui vous semble le plus adéquat pour vous assurer la reconnaissance de vos textes.
La formule la plus connue pour règlementer la propriété intellectuelle et ainsi l’usage et la diffusion des créations est le « Copy Right - © ». Ce dernier, mal mené, trouve ses limites face à son détournement et, au final, est peu profitable à la circulation et à la production.
De ce constat, il a été envisagé un autre système légal régissant les droits d’auteur : le « Creative Common - (cc) ». « Creative Commons propose gratuitement des contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser vos créations. Inspirées par les licences libres et le mouvement pour l'accès ouvert, ces contrats facilitent la diffusion, la réutilisation et la modification d’œuvres (textes, photos, musique, vidéos, sites web…). Les contrats Creative Commons permettent d’autoriser à l’avance le public à effectuer certaines utilisations selon les conditions exprimées par l’auteur. »

La suite ci-après : http://fr.creativecommons.org/
Mis à part ce système, il existe deux autres moyens de protéger ses œuvres : Le dépôt par lettre recommandée : il s’agit de s’envoyer par courrier sous enveloppe cachetée les textes. L’intérêt est de conserver l’antériorité de ces derniers.
Le dépôt au Syndicat National des Auteurs Compositeurs (SNAC) : le dépôt se fait auprès de cet organisme. Il vous pe
rmet de conserver vos droits pendant 5 ans pour la somme de 34€. http://www.snac.fr/accueilsnac.htm



06 juillet 2009

Philippe Becq met le doigt où ça fait mal

Entretien avec Philippe Becq

(extrait ; lire tout l'entretien : http://www.doublechange.com/issue3/beckint-fr.htm )



P.B. : Cela, peut-être qu’il faudrait regarder un poème en particulier pour répondre. Il y a un poème qui me semble dire ces choses, les dire aussi discrètement que nettement, les deux à la fois, netteté et discrétion en même temps. Ce poème, c’est le poème XXIX de Chambre à roman fusible, il a pour titre David Olère. David Olère est un dessinateur, quelqu’un qui a dessiné des scènes vues dans la salle où on tirait des corps vers les fours ; il a dessiné ces scènes insupportables. Voilà. Je peux vous lire le poème, mais je me demande s’il n’y a pas erreur à préciser d’emblée de quoi il s’agit, alors que le poème dit ce qu’il dit :

Le dessin d’emportés,
de petits emportés par des intermédiaires majeurs ;
de grands emportés par des aussi grands ;
le dessin des anciens petits et grands
dessin pleuré, sans regret,
puisqu’il n’y a pas de regret dans ce dessin
de respiration ancienne
et de cuisson future.

Ce poème dit aussi l’avenir de toute cuisson, il est lui-même cuit. Bon. Si, aux premiers vers de ce poème, j’avais dit : «le dessin de déportés / de petits déportés par des intermédiaires majeurs…», des nazis, par exemple, la netteté aurait dominé et la discrétion disparu. Donc, le défi, c’est la netteté et la discrétion, en même temps. Bon. Il me semble que le poème se comprend, si on n’a pas des figues fraîches sur les yeux, à la lecture, à la simple lecture s’entend. Il me semble. Il doit jeter les bases d’une « barbarie ingénue » (selon l’idée de Baudelaire au chapitre 5 du « Peintre de la vie moderne »).

D.C. : On pourrait peut-être faire le même travail avec le poème XXXIII «Ardeur et fraîcheur», qui est très court : «L’épreuve à travers nos genoux, à travers le par-cœur, cherche ce qui convient. Elle doit, pour nier les pompes soufflantes, pour ne pas brûler, avoir de la fraîcheur fine. L’ardeur liée empêche l’ancien quidam de passer aux morts.»

P.B. : Il faut donc au poème ardeur liée et fraîcheur fine, il faut qu’il y ait de la fraîcheur, du plaisir en poésie, pour que la netteté ne soit pas qu’une fantaisie du poète, pour que le poème soit réellement net, et qu’il dise ce qu’il dit avec une véritable netteté. Le poème doit plaire, être une continuité de plaisir et une continuité de mots exacts, de mots frais. D’où un phrasé, mais le phrasé d’une épreuve, car le poème est à nouveau épreuve, l’épreuve de l’infigurable, « traduction d’une traduction » (Baudelaire). Himmler a assigné l’infigurable à une Allée des Bouleaux inventée de toutes pièces, bâties par des mains. Du poème fait épreuve d’impossibilité nécessaire, et il impose l’épreuve de l’impossible au lecteur qui a du plaisir. L’épreuve de la lecture fait plaisir. L’aptitude à absorber le poème, c’est l’aptitude à en vivre le phrasé – ce qui s’appelle lecture fait plaisir. L’ardeur est le nom du plaisir de la contention. Et jamais poème ne signifie chambre à gaz, antichambre du four.

D.C. : Essentiellement, ça veut dire qu’elle l’est de toute façon, dans la mesure où elle importe.

P.B. : Il ne faut pas, à mon sens, que le rythme disparaisse du poème car la vérité que le poème dit est non seulement une vérité en rythme, mais une vérité essentiellement rythmique. La vérité ne se dit pas, ne vit pas sans rythme. La vérité a un rythme et le poème a le rythme de la vérité, s’il a un rythme. Rythme, tourbillon dans le cours, et plaisir vont ensemble.

D.C. : De même, vous vous permettez des jeux signifiants. Dans le dernier poème : «Les fumées cheminent usées. (Des chemins fument usinés.)».

P.B. : Oui. Mais c’est un jeu sensé, un jeu terrible puisque :

Les fumées cheminent usées. (Des chemins fument usinés.)
Des fatigues s'usent neuves.
Et un cœur n'irrite pas déjà.
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

25 juin 2009

En avant, toute !

lundi 22 juin 2009

LE PRINTEMPS MÛRIT LENTEMENT


Ferruccio Brugnaro est né à Mestre en 1936 et vit à Spinea. Poète autodidacte très engagé socialement, il a gagné sa vie en travaillant comme ouvrier à partir des années cinquantes. Pendant de nombreuses années il a fait partie du Comité d’Entreprise de Montefibre – Montedison et, durant plusieurs décennies il a été un des protagonistes du mouvement ouvrier.
En 1965, il commence à distribuer dans les quartiers, les écoles, parmi les travailleurs en lutte, ses premiers polycopiés de poésie, récits et réflexions. Il est l’un des premiers en Italie à diffuser la poésie sous forme de tracts. Ses œuvres ont été publiées dans de très nombreuses revues.

« L’amour et la poésie ne s’achètent ni ne se vendent dans aucun supermarché. Le marché n’existe pas pour la poésie et l’amour. La femme et l’homme ont encore en mains ces formidables instruments pour combattre chaque forme d’exploitation d’un cercle restreint de personnes sur d’autres, de peuples sur d’autres peuples entiers. Les extraordinairement dures actions de la femme et de l’homme, avec le soutien déterminant de la poésie et de l’amour, abattront toutes les violences et toutes les guerres d’aujourd’hui et de demain. Résistance millénaire de l’amour… Les luttes âpres, acharnées, de l’amour et de la poésie sauveront le monde. Cette nécessité, vivre la vie et construire un futur fait de vie en commun et de fraternité entre tous les êtres humains, grandira. Et entre les êtres humains et la nature, libérées d’atroces insultes, d’aberrantes dégénéréscences. » (In L’Arme de l’écriture, Grenoble, n°26, sept 2000).


Ferruccio Brugnaro a été traduit en anglais, allemand espagnol… Le poète étatsunien Jack Hirschman, a traduit une anthologie (Fist of sun, édition Curbstone, 1998) et un recueil (Portrait of woman, 2005).

Trois livres de Ferruccio Brugnaro ont ce jour été traduits en français :
- LE PRINTEMPS MÜRIT LENTEMENT (Editinter, 2002), préfacé et traduit par Jean-Luc Lamouille. Cet ouvrage regroupe un choix de poèmes issus de différents recueil, une anthologie, en quelque sorte.

- ILS VEULENT NOUS ENTERRER ! (Editinter, 2007) Poésie bilingue, traduit de l'italien par Béatrice Gaudy avec une postface d'Andrea Zanzotto
- Portrait partiel de Maria (Editions Associatives Clapas, 2007) bilingue italien/français, traduit par Béatrice Gaudy et Jean-Luc Lamouille
Source :
 
excellent, ce blog "détourné en revue de poésie". Vous y trouverez, en très bonne compagnie (Rimbaud, Pound, Apollinaire et bien d'autres...) nos amis Didjeko et Marion Lubréac. Allez y voir, si vous ne me croyez pas !

22 juin 2009

Y a-t-il un poète dans le bazar ?

 

Sans titre.

Sans titre. par Michelle Grangaud

Mon admiration pour l’œuvre de Roubaud est
Illimitée, comme peut l’être également
Celle que je ressens envers Emmanuel
Hocquard, l’un des plus grands poètes de ce temps
En français, langue qu’il honore et magnifie.
L’un et l’autre sont mes amis ; d’autres exclus
Le sont aussi ; mon amitié pour eux vient de l’
Estime que j’éprouve pour ce qu’ils écrivent.

Grand merci, cher Le Pillouër, qui faites pa
- Rtie des poètes qui par leurs écrits m’inspirent
Aussi une amitié toute — confraternelle ?
— Non, mais disons plutôt sororale, c’est mieux.
Grand merci ; cependant, voyez-vous, je ne peux
Accepter votre aimable hospitalité sans
Un item important, qui doit préciser que
De conflits, j’eus ma claque : en peux plus, n’en veux plus.

Même en poésie, oui, surtout en poésie.
Gravement, et toujours amicalement vôtre.

Le commentaire de sitaudis.fr

Sollicitée pour publier sur le site, Michelle Grangaud répond par un début de oui recevoir.

le commentaire d'Orlando : bof...
Grangaud est assez connue dans la poésie française contemporaine.
Noter la double affectation, 1. De compter douze syllabes et d'aller à la ligne, ce qui fait des dodécasyllabes, dit Mallarmé, non des alexandrins. et 2. De commencer chaque ligne par une majuscule.
Pourquoi ? Pour "faire" poésie ? Ou pour s'en moquer ?
Re bof...

25 mai 2009

André du Bouchet

 

André du Bouchet

 

Une poésie aux aguets de l’immobile

 

bouchet

 

© Anne de Staël du Bouchet

 

                   André du Bouchet reste un poète dont la clarté n’a pas encore traversé toutes nos routes. Antoine Emaz reconnaît sa dette envers lui. Poète exigeant, poète d’une haute conscience morale, il reste pour nous à jamais associé à son ami et maître Paul Celan dont il partagea souvent le souffle et les pensées. D’ailleurs son écriture éclatée, fragmentée en langue française fait bien sûr référence au travail de Paul Celan sur la langue allemande.

Mais alors que Celan réinvente de l’intérieur une nouvelle langue, usant du granit des mots hébraïques pour la concasser avec de nouveaux mots, André du Bouchet, humblement, reprend les mots de la tribu. Les mots obsédants reviennent : froid, souffle, montagne, neige, air, eau,...

"Le nuage - eau en poudre" comme il est dit dans l'ajour. La poésie d'André du Bouchet est aussi un lent cheminement vers la montagne, celle de "L'entretien sur la montagne" de Paul Celan où se fera la révélation de l'identité.
"Séparé de la montagne par l'air que j'ai à respirer, mais la montagne c'est l'air encore. L'air aux lèvres entr'ouvertes, comme accroché. Là, je heurte. "
Lui semblait détester toute biographie, aussi quelques indices sans plus. Naissance à Paris en 1924. Adolescence aux Etats-Unis. Professeur d'anglais. Fondateur de la revue Éphémère en 1967. Écritures, traductions, amitié avec Paul Celan. Il est mort le 19 avril 2001à Truinas dans la Drôme. Il vaut mieux le lire, saisir son souffle arraché au silence. Il aura écrit dans les intervalles, dans la déchirure des mots séparés.

               Sa grande défiance envers les images, "les images arrondies ont disparu", et les grandes trouées de vide, de blanc vertigineux au coeur du texte créent une nouvelle occupation de la page blanche. Très attentif à la mise en page, en la mise en rythme de ses souffles, il fait du néant un tamis pour ses mots. Les rares mots qui ont encore droit de cité sont compacts, soit rapportés sur la page. Ils prennent alors une dimension presque effrayante. Sorte de derniers signes sur les cavernes du temps, d'ultimes graffitis comme mains positives sur la vie qui s'en va.
Poésie, poussière sculptée!

 

Commentaire d'Orlando : André du Bouchet, une des voix les plus claires, les plus fortes, les plus originales de la deuxième moitié du XX ème siècle. Lire la suite de l'article, avec un choix de quelques poèmes, sur http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dubouchet.h...

22 mai 2009

LE SLAM

A / Des origines non conventionnelles

Art collectif, tribune de libre expression, mouvement à forte revendication sociale, le Slam prend racine dans une culture qui emprunte autant à la tradition de la poésie américaine (de Walt Whitman à Allen Ginsberg) qu'à la culture afro-américaine (des dirty dozens au toasting) et au mouvement punk.
Dès la fin des années 70, les lectures de Jerome Salla et Elaine Equi font figures de précurseurs. Vient ensuite la performance de Ted Berrigan et Ann Waldam, qui, vêtus d'un équipement de boxeurs, se livrent à une joute sur le modèle des matchs de boxes, joute qui marquera les esprits.
Des nouveaux gladiateurs du verbe font leur apparition et, en faisant descendre la poésie de sa tour d'ivoire, conquissent un nouveau public.

On s'accorde à situer les origines de la poésie slam remontent au milieu des années 80 quand, Marc Smith, jeune écrivain informel de Chicago, eut l’idée d’organiser une compétition de poésie dans le bar Green Mill.
Smith voulait que le public devienne juge en prenant part à la dialectique poète-public. Il voulait faire descendre la poésie de sa tour d'ivoire pour acquérir un statut semi-populaire et envisageait le poète comme le serviteur du peuple. Aussi, le style slam devait se construire à partir de contributions d'origine démocratique, issues de la communauté et du public. Marc Smith inventa alors le "slamming": la poésie contre les conventions, dans les bars au lieu des salons ou des clubs.
Ce nouveau mouvement fut baptisé ironiquement "le slam-poésie des beaux quartiers (the uptown poetry slam). Ces premiers slams avaient l'aspect de tournois d'exhibition et, bien qu'informels, ils ressemblaient déjà, en beaucoup de points, à ce qu'ils sont aujourd'hui.
Pour le premier slam, Jean Howard et Anna Brown endossèrent des tenues de combat cloutées et portèrent des armes. Marc Smith voulait une bataille. Et les poètes devaient user de leur poésie comme d'une arme. Les arbitres étaient choisis parmi les auditeurs. A l'aide d'un petit carton, ils attribuaient une note (de 1 à 10) à chaque poème lu. A la fin du tournoi, les scores étaient additionnés pour déterminer le vainqueur.
A ce moment là, personne n'avait une claire définition du slam qui s'ébauchait. Il s'agissait de faire comprendre au public que le slam, certes un combat, pouvait permettre aussi de s'exprimer avec subtilité, calmement, dramatiquement, etc...

Dès novembre1987, les rencontres slam ont leur chronique dans le Chicago Magazine et deviennent le grand événement de la ville. Cette fois, tous les ingrédients sont là pour connaître le succès : le public, l'esthétique, la contribution d'artistes, l'esthétique, la participation de personnalités...
Aussi, le phénomène se propage rapidement dans tout le pays et connaît un grand succès.
L'ambiance est celle d'un match de boxe carnavalesque; on vend des hot dogs pendant les tournois; à l'extérieur, un bonimenteur harangue la foule. Le but est de combiner la poésie et le spectacle, le travail théorique et la théâtralisation, le spectacle.
En octobre 90, à San Francisco, Herman Berlandt et Jack Mueller de l'Association Nationale de Poésie, organisèrent un festival national de poésie auquel participèrent pour la première fois les slameurs. Gary Glazner était en charge de l'organisation. Glazner contacta Marc Smith afin de l'éclairer sur les moyens logistiques d'organiser un slam. Le slam se fraya ainsi un chemin jusqu'au département des affaires culturelles de Chicago.

Le slam atteignit son apogée dans la ville de Chicago, permettant à maints écrivains locaux de se faire connaître. Le fossé entre les écrivains académiques et les slameurs se creusa encore plus. Les slameurs de Chicago mettaient en avant la question sociale. Formellement, ils évitent la rime, le système métrique traditionnel, et d'employer comme sujet le "je" usuellement réservé au style narratif. Le slam étant un art oral de spectacle, ils refusent toute publication et édition.
Marc Smith décida d'offrir à San Francisco son concept du slam. L'école slam de Chicago conquit rapidement San Francisco. Il restait à conquérir la côte Est, ce qui fut fait rapidement.
Boston devint la rivale de Chicago. Dès 1992, Boston accueuillait les championnats nationaux du Slam. Le climat politique agressif de Boston en 1992 favorisa l'essor et le succès du Slam en Nouvelle-Angleterre.

Très vite, le slam se répandit à travers les USA. Chaque semaine, chaque mois, dans plus de vingt villes américaines, des écrivains se rassemblaient pour faire entendre leur voix par le biais du spectacle, chaque communauté accentuant ses propres spécificités culturelles.
En 1993 se tint le premier Slam dans le métro, sous l'eau (the Underwater Slam) à San Francisco. Les poètes firent un spectacle de 20 minutes dans le métro entre la baie de San Francisco et Berkeley. Lorsqu'ils annoncèrent qu'ils envisageaient de répéter cette opération hebdomadairement, les gens, pris de panique, quittèrent précipitamment leur siège pour se réfugier dans un autre wagon.
Ce festival de San Fransisco en 1993 fut un tournant dans l’évolution de la communauté. De nombreux désaccords parmi les équipes organisatrices firent prendre conscience aux membres de la communauté de l’urgence de structurer les rassemblements. Un comité fut créé (L’ »International Organisation of Performing Poets » ou IOPP) chargé d’organiser les compétitions nationales et d’en mettre aux points les règles du jeu. Il mit aussi en place des rencontres internationales : les InternationalOlympics.

Depuis des compétitions sont régulièrement organisées à échelle nationale dans de nombreux pays autres que les USA (France , Royaume-Uni, Suède , Israël, Danemark, Suisse, Singapour ….) , ce qui atteste de toute la vivacité du mouvement slam.
Ce comité assure cohésion au mouvement et a réussi à créer une vraie communauté qui a ses règles de vie, surtout aux USA.
Souvent, une scène locale oppose divers cafés, première zone d’échange. Interviennent ensuite les compétitions nationales et internationales. Ces rassemblements sont des moments unificateurs pour l’ensemble de la « slam family ». C’est aussi l’occasion de brasser les idées, les poètes lient de nouvelles amitiés et découvrent de nouvelles influences : « the people come to read their poems and to have a good time. Maybe they make new friends. Maybe they win $10. Who knows what could happen?»
Ces rassemblements donnent lieux à de nombreuses critiques de la part des participants où chacun exprime sa conception de la communauté, les enjeux des compétitions… Souvent les votants discutent jusqu’au petit matin des performances. Un réel dialogue existe et soude la communauté, le mot d’ordre est : « Our strength is the diversity of our voices. » Le dialogue entre les nombreux groupes est ensuite entretenu à distance grâce au Slam news service qu propose un site internet « SlamNewsletter ». Il permet de nombreux échanges d’opinions entre slamers: nombreux sont ceux qui critiques les performances, les votes , l’activisme du mouvement ; il est le siège de nombreux débats. Lien unique entre les différentes villes, il est accessible à tous, et assure toute la cohésion de la communauté. Le SlamNews Service distribue aussi à tous ses adhérents les dernières nouvelles officielles: compte-rendus des dernières compétitions, plannings futurs…

Peu de mouvements d’expression ( musicaux ou poétiques) sont aussi cohérents , soudés et ouverts que la « Slam family» des années 90. Celle-ci se distingue par son organisation quasi rigide, qui génère émulation et créativité.

Lire la suite :

http://polysemiques.com/historique.htm
 

19 mai 2009

Fin de l'épopée?

 

j'achève toute épopée

j'achève toute épopée par Charles-Mézence Briseul

j'achève toute épopée 1
je n’ai pas beaucoup d’armées
mais leurs pas résonnent
dans la gloire et les siècles éternels


2
la plaine est sèche, le silence total
nous sommes assis et nous pleurons
ce qui ne reviendra jamais

notre souffrance n’a de sens que si vous
souffrez un jour plus que nous

comment mon visage ne serait-il pas triste quand la ville où sont les tombeaux de mes
pères est en ruine et que ses portes ont été dévorées par le feu ?


aux ennemis nous disons mes frères, aux frères nous disons porcs ! porcs !
mes très chers frères

heureux qui vous revaudra
les maux que vous nous avez valus
heureux qui saisira et brisera
vos petits contre le roc !


gratte la poussière, lamentations et recherche d’un point d’eau
le désert est plus grand que mon salon

nous sommes assis et nous pleurons
ce qui ne vient pas

le marchand de peaux de lapin passe avec sa carriole
les gitans du désert le dépouillent, ohé !
les arbres rabougris, brûlés
les petits fennecs, le cuir des chameaux
des femmes nous montrent leurs seins secs

nous sommes assis et nous pleurons
ce qui s’est enfui

ce qui s’enfuit chaque jour

soyez patients ! soyez minutieux !
au bout du désert vous trouverez le frigo, la télé !
et des bonheurs plus hauts, oui, vous trouverez !

jamais nos larmes ne rassasieront la terre brûlante
sous le soleil si dur, si fort
jamais nos larmes n’étoufferont
le grand disque doré que nous avions tant aimé

nous sommes assis et nous n’avons plus de larmes

réveille un dieu dormant dessous la
pierre la plus vieille




3
on t’a vu comme un enfant
courir après le soleil

le désert ne brûle plus
la femme-soleil est si bandante, l’onde fraîche qui se répand sans compter
la forêt où se cachent les gentils résistants
pfuit ! un songe
mon âme s’agrandit avec la multiplication des écrans
des connexions, des téléchargements
ce soir resto, non, non

FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!
FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!
FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!

courrais-tu dans les bois pour sauter les petites sauterelles blondes
comme avant ?
les cuisses ouvertes, l’eau fine qui en coule
la pierre froide, l’humus qui digère les ancêtres abrutis
les cèpes, les micro-ondes qui ne marchent plus

tout est stocké

nous offrons des roses en holocauste
et chantons doucement les dieux qui ne peuvent venir
nous les plaignons même
les sauterelles jouent avec leurs statuettes

dans la grotte au pied de la cascade
la vérité du corps, sa grande beauté
et Alzheimer, tu te chieras dessus, oui !
l’intensité de l’effort d’exister
la justesse de ta lecture du monde, sa force surtout

je m’avance sur la grand place
la gloire aveugle l’instant
tu m’aimes autant que peut aimer un monde vide
j’achève toute épopée

Le commentaire de sitaudis.com

Extrait de La dernière épopée, sixième chant.

Par son audace et sa violente traversée du Temps, ce "poème narratif "rend risibles toutes les tentatives de résurrection du lyrisme.

éditions IKKO, 2009
Le site de l'éditeur (Dufeu et Manon)
67 p.
13 €

18 mai 2009

Bernard Noël


Bernard Noël

Bernard Noël est né le 19 novembre 1930, à Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans l’Aveyron. Les événements qui l’ont marqué sont ceux qui ont marqué sa génération : explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Viêt-nam, découverte des crimes de Staline, guerre de Corée, guerre d’Algérie... Ces événements portaient à croire qu’il n’y aurait plus d’avenir. D’où un long silence, comme authentifié par un seul livre, Extraits du corps, 1958. Pourquoi je n’écris pas ? est la question sans réponse précise qui équilibre cette autre : Pourquoi j’écris ? devenue son contraire depuis 1969. Cet équilibre exige que la vie, à son tour, demeure silencieuse sous l’écriture, autrement dit que la biographie s’arrête aux actes publics que sont les publications.


Egalement aux éditions P.O.L L'Espace du poème, entretiens avec D. Sampiero.

Chez P.O.L


Chez d'autres éditeurs

- 1958 Extraits du corps, Editions de Minuit, Paris. Réédition dans la Peau et les Mots, « Textes », Flammarion, Paris, 1972 ; dans Extraits du corps, poèmes complets 1954-1970, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1976 ; dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, 1982. Edition définitive : Extraits du corps, Editions Unes, Le Muy, 1988, avec des illustrations de Gilbert Pastor.
- 1967 La Face du silence, Flammarion, Paris. Rééditions dans Extraits du corps, poèmes complets 1954-1970, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1976 et dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, 1982.
- 1969 Le Château de Cène, sous le pseudonyme d’Urbain d’Orlhac, Editions Jérôme Martineau, Paris (la 2e et la 3e édition sont augmentées d’une préface d’Emmanuelle). Réédition corrigée sous le nom de Bernard Noël, chez Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1971 (la 3e édition, 1975, est augmentée de L’Outrage aux mots). Rééditions toujours avec L’Outrage aux mots, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1977, et « Nulle Part », Cahiers des Brisants, Mont-de-Marsan, 1984. Rééditions augmentées de Le Château de Hors, L’Outrage aux mots et La Pornographie, « L’Arpenteur », Gallimard, Paris, 1990 ; Le Grand Livre du Mois, 1991 ; « L’Imaginaire », Gallimard, 1993.
- 1970 Une Messe blanche, Fata Morgana, Montpellier (réédition en 1972, 1977, 1984 et 1996).
- 1971 Dictionnaire de la Commune, Editions Fernand Hazan, Paris. Réédition augmentée de 73 articles, d’un index thématique et d’une préface, 2 vol. « Champs », Flammarion, Paris, 1978. Réédition avec une nouvelle préface chez Mémoire du Livre, Paris 2001.
Le Lieu des signes, Editions Jean-Jacques Pauvert, Paris. Réédition corrigée, Editions Unes, Le Muy, 1989.
Souvenirs du pâle, Fata Morgana, Montpellier. Réédition augmentée de Le Même Nom, Fata Morgana, 1975 et 1981.
- 1972 La Peau et les Mots, « Textes », Flammarion, Paris.
- 1973 Les Premiers Mots, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition, 1990.
Deux Lectures de Maurice Blanchot, comprenant D’une main obscure par Bernard Noël et Une Passion par Roger Laporte, « Le Grand Pal », Fata Morgana, Montpellier, 1973.
Le Livre de Coline, Fata Morgana, Montpellier. Réédition dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, Paris, 1983.
- 1975 Treize cases du je, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition, 1993.
- 1976 Magritte, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris. Réédition, éditions P.O.L, 1998.
- 1977 Le Double Jeu du tu, en collaboration avec Jean Frémon, « Le Grand Pal », Fata Morgana, Montpellier.
- 1979 Le 19 octobre 1977, « Textes », Flammarion, Paris.
Gustave Moreau, Editions Fernand Hazan, Paris. Suite...

 


Le Château de Hors, Fata Morgana, Montpellier.
- 1980 URSS aller retour, Flammarion, Paris.
D’une main obscure, Fata Morgana, Montpellier.
Bruits de langues, Talus d’Approche, Le Roeulx, Belgique.
- 1982 La Moitié du geste, Fata Morgana, Montpellier.
L’Eté langue morte, Fata Morgana, Montpellier.
Jardins et Squares, avec des photographies d’Edouard Boubat, Editions A.C.E., Paris.
- 1983 La Chute des temps, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition suivi de L’Eté langue morte, La Moitié du geste, La Rumeur de l’air, Sur un pli du temps, « Poésie », Gallimard, 1993.
Poèmes 1, « Textes », Flammarion, Paris.
Matisse, Editions Fernand Hazan, Paris. Réédition revue et augmentée, Editions Hazan, 1987.
Peter Klasen, Editions Autrement, Paris.
L’Enfer, dit-on, Editions Herscher, Paris.
- 1984 Olivier Debré, Editions Flammarion, Paris.
- 1985 Le Sens la Sensure, Talus d’Approche, Le Roeulx, Belgique.
Trajet de Jan Voss, André Dimanche, éditeur, Marseille.
Fables pour ne pas, Editions Unes, Le Muy.
- 1986 La Rencontre avec Tatarka, Talus d’Aproche, Le Roeulx, Belgique.
La Rumeur de l’air, Fata Morgana, Fonfroide-le-Haut.
Le Nu, « Photo Poche », Centre National de la Photographie, Paris.
- 1987 A la recherche de François Lunven, Calligrammes, Quimper.
Christian Jaccard : le Roman des noeuds, Editions de la Différence, Paris.
Suite Fenosa, comprend la Statue d’élans de Bernard Noël et Suite Fenosa de Bernard Vargafting, Editions Ryôan-Ji, Marseille.
- 1988 Sur un pli du temps, Les Cahiers des Brisants, Mont-de-Marsan.
Mathias Pérez : le Roman des corps, Editions de la Différence, Paris.
Zao Wou-Ki : les encres, Editions Séguier, Paris. Réédition L'Atelier des Brisants, Mont-de-Marsan, 2001.
- 1989 David, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris.
Bertrand Dorny, Editions Ubacs, Rennes.
- 1990 Olivier Debré : dessins, Editions Adam Biro, Paris.
- 1991Géricault, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris.
Le Dieu des poètes, Paupières de terre, Paris.
- 1992 Genèse de l’arbre, avec des photographies de Boris Lejeune, Editions de la Différence, Paris.
Les Peintres du désir, Editions Belfond, Paris.
- 1993 André Masson : la Chair du regard, « l’art et l’écrivain », Gallimard, Paris.
- 1995 La Maladie de la chair, Petite Bibliothèque Ombres, Toulouse.
- 1996 Le Roman d'Adam et Eve, Editions Stock, Paris.
- 1997 Fred Deux, Editions du Cercle d'Art, Paris.
Site transitoire, Editions du Scorff, Cleguer. Suite...
- 1998 Vers Henri Michaux, Editions Unes, Draguignan.
Correspondances avec Georges Perros, Editions Unes, Draguignan.
- 2000 Ligier Richier, Serge Domini éditeur, Thionville
Portrait d'un regard devant la fin, avec Pierre Ouellet, Trait d'Union, Québec
Euphrate, le pays perdu, photographies de Hugues Fontaine, texte "L'Ombre des temps" de Bernard Noel, Actes Sud, Arles.
Ombres, photographies de Alain Volut, "Le Goût de l'ombre" de Bernard Noel, Editions Electa, Naples
2002 Onze voies de fait - Suivi de Héloise et Abélard, Atelier Des Brisants, Mont-de-Marsan
Un certain accent- Anthologie de poésie contemporaine, Atelier Des Brisants, Mont-de-Marsan
2003 Le roman des postures, Fata Morgana, Montpellier
Artaud et Paule, Lignes-Manifeste, Paris
Le Vide après tout, La Dragonne, Nancy
2004 L'Enfer, dit-on, Lignes-Manifeste, Paris
Le Retour de Sade, Lignes-Manifeste, Paris
2005 Le Sillon des sens, Fata Morgana, Montpellier
La Vie en désordre, L'Amourier, Coaraze
Portrait de l'Aubrac, Presse du Languedoc, Montpellier
2006 Le 19 octobre 1977, collection L'imaginaire, Gallimard
Extraits du corps, collection Poésie/Gallimard

Ouvrages à consulter :
- Du Je au Tu. Bernard Noel et le lvre d'artiste, préfaces de Antoine Verney et Yves Peyré avec un catalogue des livres illustrés de Bernard Noël établi par Elisabeth Peyré et Béatrice Calendrier, Publication du Musée Baron Gérard, Bayeux, 1998
- Patrick Wateau, Bernard Noël ou l'expérience extérieure, Corti, Paris, 2001
- Dossier Bernard Noël dans la revue Fusée, n°5, 2001
- Claire Fourier, Bernard Noel ou Achille immobile à grand pas..., Jean-Paul Rocher, Paris, 2002
- Jacques Ancet, Bernard Noël ou l'Eclaircie, Opales, Bordeaux, 2002
- Bernard Noël Ecrire-Voir, contributions réunies par René Pinies, Centre Joe Bousquet et son temps, Carcassonne, 2002
- Serge Martin, Avec Bernard Noël, toute rencontre est l'énigme: extrait d'un texte de Bernard Noël ( Le retour de Sade), introduction de Serge Martin, textes de Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme, Claude Fintz, Geneviève Jolly, Sophie Loizeau, Tina Magaard, Anne Malaprade, Laurent Mourey, Philippe Païni, Serge Ritman, Muriel Tenne, avec des oeuvres de Colette Deblé, Olivier Debré, André Masson, Bertrand Vivin et Jan Voss. Association Himeros/Editions Rumeur des âges, La Rochelle, 2004

© éditions P.O.L, 1999.

Bernard Noël

Très prochainement, sur Poésie Libre Echange : conclusion de la lecture de Bernard Noël, avec un aspect inattendu, et pourtant très présent : le travail de la forme. Une véritable alchimie du nombre, avec deux ou trois trouvailles, dont les membres de PLE auront la primeur  ( exemple : l'ensemble "Bernard Noël" comporte onze lettres, et justement plusieurs compositions comportent onze poèmes, et plusieurs poèmes sont faits de onze vers ! )O.

11 mai 2009

Christophe Tarkos



Un poète marquant  dans les derniers rebonds de la poésie contemporaine... ses "Ecrits poétiques" ( POL ) ont paru en 2008.
Christophe Tarkos est mort en 2004, âgé de 41 ans.On peut lire un texte de cet auteur sur notre Forum et sue PLE4.


CHRISTOPHE TARKOS

Christophe Tarkos, né à Marseille en 1963 et mort le 30 novembre 2004, est un poète français.

Sa poésie s'inscrit dans le projet général de vivifier et de défendre la langue française : « Je suis un poète qui défend la langue française contre sa dégénérescence, je suis un poète qui sauve sa langue, en la faisant travailler, en la faisant vivre, en la faisant bouger »[1].

Ce travail de la langue repose dans son œuvre sur un passage à la limite, fruit d'un travail de rumination minimaliste. Cette rumination correspond à un travail de subversion poétique où les règles instituées éclatent pour donner naissance à une parole autre, un horizon de possibles inusités. Le poète s'attaque à la langue dans sa matérialité dans la filiation de Gertrude Stein, de Gil J Wolman et de Beckett et la transforme en « pâte-mot ». Refusant la connivence, l'échange propre à l'univers communicationnel capitaliste, C. Tarkos s'est engagé dans un processus critique qui prend la forme d'une « mastication verbale » enfermant volontairement sa langue dans une textualité sans extériorité, sans image.

La poésie de C. Tarkos est acte de déconstruction périlleux qui tente d'aboutir à la libération d'une langue perçue comme aliénée au risque de l'incompréhension et du mutisme. Formidable performer en tant qu'improvisateur génial de sa poésie, il participa au renouvellement de la poésie en France en multipliant les interventions publiques. Il créa avec Katalin Molnàr la revue Poèzie Prolétèr, ainsi qu'avec Charles Pennequin et Vincent Tholomé la revue FACIAL, qui ne comporte qu'un seul numéro mais dont l'influence fut très nette chez certains jeunes poètes[2]. Tarkos a également participé de près à l'élaboration de la revue Quaderno, avec son ami Philippe Beck.

Œuvres [modifier]

* Oui (1996)
* La Bâton (1998)
* Caisses (1998)
* La Valeur Sublime (1998)
* Le Signe = (1999)
* L'Argent (1999)
* Cage (1999)
* PAN (2000)
* Anachronisme (2001)
* Processe (2003)
* Écrits poétiques, POL (2008)

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Tarkos)

05 mai 2009

Lautréamont, poésie actuelle

En ce moment, sur PROSES :
La troisième strophe du cinquième chant de Maldoror, en quelques bribes choisies :
 
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Voilà plus de trente ans que je n´ai pas encore dormi.
 
 Chaque nuit, je force mon oeil livide à fixer les étoiles, à travers les carreaux de ma fenêtre. Pour être plus sûr de moi-même, un éclat de bois sépare mes paupières gonflées.
 
 atome qui se venge en son extrême faiblesse, le libre arbitre ne craint pas d´affirmer, avec une autorité puissante, qu´il ne compte pas l´abrutissement parmi le nombre de ses fils : celui qui dort est moins qu´un animal châtré la veille.
 
jamais la blanche catacombe de mon intelligence n´ouvrira ses sanctuaires aux yeux du Créateur.
 
Impénétrable comme les géants, moi, j´ai vécu sans cesse avec l´envergure des yeux béante.
 
Humiliation ! notre porte est ouverte à la curiosité farouche du Céleste Bandit. Je n´ai pas mérité ce supplice infâme, toi, le hideux espion de ma causalité ! Si j´existe, je ne suis pas un autre. Je n´admets pas en moi cette équivoque pluralité. Je veux résider seul dans mon intime raisonnement. L´autonomie... ou bien qu´on me change en hippopotame.
 
Ma subjectivité et le Créateur, c´est trop pour un cerveau. Quand la nuit obscurcit le cours des heures, quel est celui qui n´a pas combattu contre l´influence du sommeil, dans sa couche mouillée d´une glaciale sueur ? Ce lit, attirant contre son sein les facultés mourantes, n´est qu´un tombeau composé de planches de sapin équarri. La volonté se retire insensiblement, comme en présence d´une force invisible. Une poix visqueuse épaissit le cristallin des yeux. Les paupières se recherchent comme deux amis. Le corps n´est plus qu´un cadavre qui respire. Enfin, quatre énormes pieux clouent sur le matelas la totalité des membres. Et remarquez, je vous prie, qu´en somme les draps ne sont que des linceuls. Voici la cassolette où brûle l´encens des religions. L´éternité mugit, ainsi qu´une mer lointaine, et s´approche à grands pas.
 
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Dans l'avant dernier extrait, cette phrase saisissante : "Si j´existe, je ne suis pas un autre. " A rapprocher du fameux "Je est un autre", de Rimbaud. Lequel s'arrête au constat, alors que Maldoror se révolte." Ou bien qu´on me change en hippopotame." : la distanciation. Comme si Ducasse nous disait en aparte que cette révolte est vaine, qu'on ne peut empêcher l' Autre de parler par notre voix. C'est toute la thématique de Bernard Noël dans " Extraits du Corps" : la quête éperdue de l'identité, la dialectique du dedans et du dehors, la rencontre du vide intérieur...Encore une fois, BN , comme Rimbaud, se heurte à l'altérité quand il cherche l'identité, tandis que Maldoror se révolte, mais sa révolte est marquée du sceau de la chimère...O.

19 avril 2009

Lectures contemporaines

  Sur Poésie Libre Echange, la lecture de poètes contemporains est une activité permanente. Pour chaque auteur, on choisit un ouvrage, parfois deux, et on le lit en le commentant, en recherchant des documents. Voici la liste des auteurs lus :

Poètes dont au moins une œuvre a été présentée :

>   Denis Roche (le 4 janvier 2005, mail n° 2092)
>   Lorand Gaspar
>   Daniel Biga
>   Antoine Emaz, en parallèle avec Charles Juliet
>   Marie-Claire Bancquart
>   Claude Pélieu (Orlando) (septembre- octobre)
>   Andrée Chédid (Léah) (octobre- novembre)
>   Bernard Noel (Cécile) (novembre- décembre) (janvier 2006)
>   Michel Deguy (Orlando) (décembre- janvier) (février 2006)
>   Jacques Ancet (Adeline) (janvier- février) (mars 2006)(avril 2006)
>   Philippe Jaccottet (Léah, Adeline) (mars- avril) (mai 2006)
>  Valérie Rouzeau (Orlando ?) (Février- mars) (avril 2006)(juin 2006)
>  Yves Bonnefoy (Marc, Orlando) janvier 2007
>   Mohammed Khaïr Eddine ( Ali) (juin 2006, septembre
>   2006) (Février 2007)
>   André Du Bouchet (printemps 2007)
>   Jacques Réda (septembre, octobre 2007)
>   Christine Lièvre (novembre 2007)
>   Abdellatif Laâbi ( Ali) (décembre 2007 , janvier 2008)
>   Jean-Pierre Verheggen (Orlando)

Actuellement :

Bernard Noël (Le Château de Cène, Extraits du Corps)
 


Prochainement :

Christian Prigent

 


En projet :

>  


>   Hélène Sanguinetti
> Jacques Roubaud
>   Guy Goffette
>   Rabah Belamri
>   Valère Novarina

28 mai 2005

Marie-Claire Bancquart

Sur Poesielibree4, nous commentons en ce moment l'oeuvre de Marie-Claire Bancquart. Voici l'introduction présentée par Orlando.

Marie-Claire Bancquart est née en 1932. Elle a fait une brillante carrière universitaire, a écrit cinq romans et une bonne vingtaine de livres de poésie. Elle collabore à la revue Europe et à d'autres, est couverte d'honneurs et de distinctions. Et réjouissez-vous, charmantes damoiselles et gentes dames, cette dame est une des voix les plus considérables de cet entre-deux siècles, une voix qui me touche très fort comme elle saura j'espère vous toucher.( La brillante carrière universitaire ne doit pas impressionner: Beaucoup de poètes contemporains sont des universitaires, mais pas tous. Et tous les profs ne sont pas poètes, loin de là. Verlaine n'était qu'un obscur employé aux écritures, Rimbaud un collégien perdu (comme Lautrréamont) puis un aventurier, Eluard n'avait qu'une instruction primaire.)

Elle a réuni des extraits de l'ensemble de son oeuvre poétique dans une anthologie personnelle, Rituel d'emportement, Poèmes 1969-2001,336 pages, Ed. Obsidiane-leTemps qu'il fait, mars 2001. Avec une photo de l'auteur et une fiche bio-bibliographique. C'est ce livre dont j'achève la lecture et dont je vais vous parler.

Ce qui frappe dès les premières pages, c'est la présence du sujet, non par une banale affirmation narcissique du moi, mais par la force de la parole, l'unité de la pensée à travers la diversité des expressions, les réseaux denses d'images qui se reprennent, se répondent et se réfléchissent, la délicatesse de sensibilité.Vous lisez une page de MC B, et vous savez que vous êtes devant un vrai poète.
Après cent ou cent cinquante pages, je commençais à avoir quelques soupçons sur la créativité formelle, ou sur son apparente absence. MC B utilise le vers libre, avec des variations de rythmes assez marquées par l'alternance de vers courts , une à trois ou quatre syllabes, et de vers plus longs, jusqu'à quatorze, quinze syllabes...Les poèmes sont presque tous courts, entre une demi page et une page, presque jamais plus. C'est à peu près tout, pendant les cent premières pages. Par la suite , on voit apparaître le verset, et enfin la prose. Et on voit se présenter des poèmes substantiels, de plusieurs pages. On voit aussi de plus en plus des mélanges prose et vers, comme dans la "Saison en Enfer", et des variations typographiques par les italiques.Les audaces syntaxiques sont présentes du début à la fin, elles ne sont pas trop fréquentes mais se retrouvent régulièrement. On voit donc que , du point de vue formel, on est dans un cadre assez classique : une prosodie qui n'a pas vraiment bougé depuis les surréalistes, une syntaxe presque toujours académique... L'innovation , car il y a innovation, est ailleurs : il y a un renouvellement du matériel imaginaire, à travers une continuité qui assure la cohérence : l'arbre, le corps, les plumes, l'oiseau, l'animal sont présents d'un bout à l'autre. Mais les thèmes évoluent, s'approfondissent, s'amplifient... Toute une période voit revenir la peur obsessionnelle de la mort, avec la menace de la maladie. Puis l'interrogation sur l'identité, le doute existentiel. Puis le vertige métaphysique, avec l'intrusion de l'histoire et des mythes au milieu de l'actualité dans ce qu'elle a de plus brutal. Tout cela, je n'hésite pas à le répéter, à travers une continuité imaginaire qui affirme bien mieux le sujet que toutes les rodomontades narcissiques. Et un ton surprenant, de plus en plus ferme, affirmé. Le poète est maître de son instrument.
A suivre
( Je ferai prochainement un petit état des lieux de l'imaginaire de MC B

04 février 2005

Lorand Gaspar

Sur le groupe PoesielibreE4, nous poursuivons notre étude de la poésie contemporaine. Cette semaine Orlando nous a proposé Lorand Gaspar. Dans ses textes, des thèmes apparaissent comme fondamentaux. Notamment la prière, l'angoisse et le sensualisme.

voici donc un extrait de Patmos et autres poèmes, poésie / Gallimard, mars 2004 proposé par Orlando.


ma langue natale comme tu sais te taire
sur les pierres noires de nuit
la seule lueur est ce battement
dans la gorge dont on ne sait
si c'est angoisse, prière ou accord -
mais où est la ligne de partage
entre ce rien qui coule sans bouger
une feuille et la houle qui emporte
la nuit, la maison, le nageur?

(page 110)

Orlando nous ouvre toujours des portes pour nous permettre une lecture optimale des poèmes proposés... Voici par exemple ici les pistes proposées :
- la ponctuation ( comment ? pourquoi ? )
-les majuscules ( comment ? pourquoi ? )
-les thèmes (notamment ceux déjà vus dans les textes précédents)

Les échanges autour de Lorand Gaspar sur PoesielibreE4 ont encore été une fois très riche. Bientôt, nous parlerons de Daniel Biga, puis d'Antoine Emaz. Le programme s'annonce riche.

23 janvier 2005

Un DVD de poésie française contemporaine

En partenariat avec le Printemps de Poètes,
la première anthologie vidéo de poésie contemporaine :
Rencontres et dialogues avec les poètes francophones,
lecture vidéo et multimédia interactif pour une nouvelle approche
de la poésie.
A partir d'une base de ressources vidéo uniques sur la poésie contemporaine,
nous créons un outil multimédia et donnons à voir et à entendre les images et les mots des poètes.

découvrez cette production :
http://www.unjourunpoete.com/

Votre soutien et vos relais d'informations seront des atouts !
la commande par souscrïption est ouverte à tous en ligne,
ce disque (DVD Vidéo & DVD-ROM) sera disponible à partir de mars 2005.
Lancé en France dans le cadre du Printemps des Poètes (label 2005),
le DVD un jour un poète est inscrit au programme de la semaine de la Francophonie
et nous seront présents au salon du Livre de Paris.

Le site sera prochainement mis à jour, augmenté avec des exemples des contenus du DVD, textes, poèmes, bio, biblio, photos et vidéos, et avec une page de liens également où, avec votre confirmation, nous nous ferons un plaisir de vous faire apparaître en bonne place!

(envoi d'Hélène sur le forum)

22 janvier 2005

Antoine Emaz

Dans les limites du possible, la mer. Mais déjà, par de désir de houle et d’air, comme un mieux, une respiration un peu plus large.

Engluée dans l’été, une ville de province, qu’importe son nom, loin dans les terres immobiles. Et la mer, là-haut, vaste, plein nord, attend.

Un bocal de sable gris : rien d’autre pour retrouver son chemin. Le plus souvent, cela suffit : un bocal de sable et quelques grains grossiers restés au bout des doigts ou sur la table : on rassemble ces miettes en petit tas, et si la mer ne vient pas sur la table, elle n’est pas loin, appelée par le sable – peut-être dans le sable encore un mouvement – il suffit de ne plus voir.

Extraits de : C’est (Deyrolle éditeur)

(page 37)