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24 janvier 2014

Lettres d'Aragon à André Breton

Depuis décembre 2013, je publie sur PEOSES (yahoo groupe littéraire) quelques notes sur ma lecture du moment, ces lettres d'Aragon. Si j'étais cinéaste, j'en ferais un film tant ces textes sont vivants et riches, pleins d'aperçus nouveaux sur le début du siècle et l'histoire littéraire.. Voici les notes parues sur PROSES.

 

À PROSES@yahoogroupes.fr


 
14 déc. 2013
Vient de paraître (enfin, presque : octobre 2011) chez Gallimard, ces Lettres à André Breton, d'Aragon, éditées avec préface et notes par Lionel Follet. Si vous êtes comme moi admirateur -trice de cette époque, le Surréalisme, et des jeunes poètes, peintres, journalistes, musiciens qui en forment les troupes turbulentes et fécondes, ce livre vous est absolument nécessaire. C'est un important document sur :
-la naissance du Surréalisme , le dernier mouvement littéraire et artistique et le plus important du XX ème  siècle
-la première guerre mondiale. Aragon, jeune médecin militaire, est volontaire pour le front. Il écrit, d'abondance, sur ses genoux, avec un bout de crayon, entre une pluie d'obus et une alerte aux gaz.
-la personnalité de Breton ( qu'on devine en filigrane, on n'a pas ses lettres) et celle d'Aragon surtout, fou de littérature et d'amour. Il est amoureux d'une jeune et riche américaine ( pas encore Nancy Cunard, une autre), mais surtout, on découvre qu'il est amoureux de Breton - bien que le mot ne soit jamais dit.
-ce qu'est un homme de lettres - et Aragon est homme de lettres jusqu'au bout des ongles. Talentueux, habité par la poésie jour et nuit, envieux, dominateur,dominé,colérique, chaleureux, spirituel et bien d'autres choses...

à suivre


Autres guest stars,,les compagnons de route, les parents, grands parents et aïeux littéraires qui apparaissent épisodiquement
-Valéry, en grand père distant et  légèrement dédaigneux devant ces blancs becs. Il leur suggère,ironiquement, le titre "Littérature" pour leur revue et Breton, par défi, l'adopte
-Claudel, qui les méprise lourdement
-Reverdy, qu'Aragon n'apprécie pas vraiment. Il trouve "grise" sa poésie
-Cocteau; trop mondain
-et surtout Apollinaire, dont on se moque mais qu'on admire; auquel on se réfère sans cesse. Rappelons qu'il est l'inventeur du mot "surréalisme", appliqué à sa pièce "les mamelles de Tirésias"

à suivre


  Quand j'étais un petit garçon, je lisais "Les Lettres Françaises", hebdo culturel auquel mon papa, en bon petit intello communiste  était abonné. En effet, le directeur en était Aragon, et Aragon était un fervent communiste. Je vous dis ça, pour vous parler du style. Quand je lisais un article d'Aragon, il m'arrivait de relire cinq ou six fois la même phrase. C'était le style d'Aragon dans les années cinquante. Eh bien, entre 1918 et 1931 c'est déjà le même style, en moins travaillé, plus vif et haché, puisque ce sont des lettres au fil de la plume, alors que pour ses articles Aragon devait élaborer davantage son expression. Un style qui m'éblouissait déjà : plein de paillettes, de fusées, jaillissant en feu continu, mais souvent hermétique pour un écolier .Je le retrouve avec joie dans cette correspondance. Quel bonhomme ! On le sent plein d'enthousiasme, rapide parfois même impatient, la sensibilité à fleur de peau, peut-être cyclothymique, allusif, parfois laissant une phrase en suspens ou la réduisant à un seul mot... Souvent, il faut deviner. On comprend que le poète veut forcer le lecteur à comprendre à demi mot, il a certainement des pudeurs, des retenues, d'autres fois il se laisse aller à un mot fort, une injure, car il s'emporte facilement, il a de fréquentes colères.
  La guerre , la première guerre mondiale, est terminée, Aragon reste quelque temps sous les drapeaux  en Allemagne occupée puis il est démobilisé. Son dévouement et sa bravoure lui ont valu d'être décoré. Sa relation avec André Breton a des hauts et des basIl lui écrit presque chaque jour, parfois deux lettres par jour, et on le sent poussé par un sentiment brûlant pour son correspondant. Presque chaque lettre se termine par la supplication ; écris-moi. Ou par le reproche : pas de nouvelles de toi. Fréquentes sont les phrases du genre "tu es la seule personne qui compte pour moi". Arrive un paroxysme, une lettre qui est  à mots à peine voilés une déclaration d'amour.
  On devine que Breton s'est amusé de cette relation, avec ses jalousies ( tout écrivain ou artiste que Breton dit admirer déclenche des propos ironiques ou désobligeants, Reverdy, parfois Picabia... ), ses manèges de séduction ( littéraire) ses taquineries... Breton déclare seule bonne la poésie d'avant-garde en vers libres, Aragon lui envoie un rondeau qui pourrait venir du quinzième siècle. Breton n'aime pas le genre romanesque, Aragon commence à écrire  "Anicet ou le panorama, roman", dans les tranchées, et envoie des comptes rendus réguliers de sa progression...Bref, on devine qu'Aragon s'impatiente, provoque, Breton ne répondant sans doute pas à ses attentes, puis vient une brouille... Elle ne dure pas longtemps, mais à la sortie Breton est marié, Mme Breton se prénomme Simone,  et maintenant, les lettres , plus littéraires et moins affectives, se terminent par d'affectueuses pensées pour Simone. Mais Aragon a aussi des aventures féminines, dont une avec 
Eyre de Lanux, qu'il chipe à son ami Drieu la Rochelle
 
le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/
et son forum:
http://85945.aceboard.fr/index.php?login=85945

11 juillet 2009

Surréalisme

Surréalisme : crimes exquis

Virginie Pouzet-Duzer

Jonathan P. Eburne, Surrealism and the Art of Crime, Ithaca : Cornell University Press, 2008, 344 p. ISBN 978-0-8014-4674-0.

« Voilà ce que tout le monde lit, aujourd’hui, dans le métro, sans protester. Détective remplace l’Intrépide. On nous prépare une belle génération de petits salops. Quelques-uns, en lisant les récits de crime apprendront à tuer, à bien tuer. Détective est un agent provocateur et les meurtres qu’il fera commettre serviront à rendre la police plus riche, plus forte.»i

Publié en 2008 par les Presses Universitaires de Cornell, l’ouvrage de Jonathan P. Eburne annonce dès sa couverture son caractère volontairement sanglant.  En effet, y est reproduite, en arrière plan, une carte du jeu de tarot d’André Breton datant de 1940-41 que l’on doit à Jacqueline Lamba « As de la Révolution ; la roue (et sang) ». Le titre de l’étude ainsi que le nom de son auteur apparaissent alors comme aussi violemment inscrits d’encre que cette solitaire roue qui projette sang et vitesse – et donc  Révolution  – dans les pensées du joueur de Tarot, voire dans celles du lecteur.  Lorsque l’on ouvre ce Surrealism and the Art of Crime  la page de titre, volontairement ponctuée de taches, laisse de nouveau planer le doute. Serait-ce ce sang que suggère le titre, ou quelques gouttes d’encre inhérentes à la rédaction de cette étude comme à celle des textes surréalistes ?  Et c’est sous les auspices de cette hésitation entre la violence de l’encre et la cruauté du sang que s’inscrit le travail critique d’Eburne.       

Les huit chapitres (qu’accompagnent quelques illustrations choisies avec soin)  sont thématiques mais s’accordent également avec la chronologie du surréalisme ; d’où une constante mise en contexte, une mise en situation historique qui permet à Eburne de ne jamais perdre de vue l’évolution du mouvement surréaliste de son début Dada à l’après seconde guerre mondiale, et d’offrir ultimement au lecteur une sorte de panorama. La bibliographie de l’ouvrage est riche, l’index final efficace et utile – on regrette juste, parfois, le système de renvoi des notes à la toute fin de l’ouvrage ainsi que le recours aux citations exclusivement en langue anglaise ; mais telles sont les rigoureuses habitudes de nombre d’ouvrages universitaires outre-Atlantique. 

 

Lire tout l'article :http://www.fabula.org/revue/document5095.php
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

08 juin 2009

Petits enfants de Duchamp


source : http://jdepetris.free.fr/index.html


Uly Paya

Weekend business of a surrealist

 

 

 

 

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11 décembre 2004

Introduction au surréalisme

chateau.jpg


En guise d'introduction au surréalisme, j'ai trouvé ce superbe article sur le site de Silvaine Arabao :
http://membres.lycos.fr/mirra/surral.html

voici quelques extraits :

"En mars 1919, trois jeunes poètes, André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault lancent une nouvelle revue " Littérature " dans laquelle paraît le premier texte surréaliste: " Les Champs magnétiques ".

Ces jeunes gens ont en commun le culte d'Apollinaire et sont pénétrés de " l'esprit nouveau " . Ils ont participé à la rédaction de " Sic " et " Nord-Sud ", revues novatrices par l'originalité de la typographie et l'importance qu'elles accordent aux arts plastiques.

Les valeurs traditionnelles de l'art et de la littérature se trouvent brusquement contestées par ces jeunes artistes en quête d'autre chose... "

"Très vite toutefois ce nihilisme à tous crins ne satisfait pas pleinement les amis d'André Breton qui conduisent une recherche plus constructive. Déjà, en 1919, Breton et Soupault avaient rédigé conjointement " Les Champs magnétiques " suivant le procédé de l'écriture automatique : cette méthode, utilisée par les psychiâtres freudiens pour libérer le contenu de l'inconscient, avait été signalée à l'attention de Breton alors qu'il effectuait ses études de médecine.

On décide d'appliquer cette technique à l'écriture et on constate très vite que le langage issu des profondeurs inconscientes de l'être est d'une richesse métaphorique incomparable. "

"Dans son " Manifeste du Surréalisme ", paru en 1924, Breton définit en ces termes la démarche de son mouvement :

" (...) automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer soit

verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la

pensée ( ... ) Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines

formes d'associations négligées jusqu'à lui..." "


Recherche de Cécile
Tableau de Magritte - Le Chateau - dénichée par Orlando sur http://www.angelfire.com/ar/ernst/index.html