20 novembre 2009

On n'arrête pas de l'embaumer...

Sarkozy: Albert Camus au Panthéon, un

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi à Bruxelles que "ce serait un symbole extraordinaire" de "faire entrer Albert Camus au Panthéon", un demi-siècle après la mort accidentelle du prix Nobel de littérature.

 

http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-19/sarkozy-albert-c...

 

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Culture ou cuisine pré-électorale ? Quand les sondages sont au plus bas, on cherche quoi se mettre comme coussin sous le derrière .... Un écrivain politiquement correct, ça ne mange pas de pain...O.


 
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17 novembre 2009

Lautréamont bouge encore !

Lautréamont best-seller !

publié le 16/112009 à 14:41 - mis à jour le 17/112009 à 09:44

 

Réunissant ses oeuvres complètes, le recueil posthume est un succès commercial.

Sorti il y a un mois et demi, le volume de la Pléiade consacré à l'auteur des Chants de Maldoror a fait un tabac : 7 000 exemplaires imprimés, 5 000 vendus. Un score inhabituel pour de la poésie, surtout si l'on songe que Lautréamont n'avait pas vendu un seul livre de son vivant.

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  Et si on rappelle que la Bien-Pensance patentée et décorée l'a réduit au silence pendant un demi-siècle ( ce sont les surréalistes qui l'ont ramené au jour...) il y a de quoi doublement fêter ça...

  A propos, qu'en pense aujourd'hui la Bien-Pensance? Et qui sont les Lautréamont d'aujourd'hui ? ( ne demandez pas la réponse à Philippe Sollers, ce papiste ...) O.


 

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20 mai 2009

Maldoror

La lecture des "Chants de Maldoror", une planète encore peu explorée, continue sur PROSES. Quelques morceaux choisis du chant cinquième, cinquième strophe :

 

1. "O pédérastes incompréhensibles, ce n´est pas moi qui lancerai des injures à
votre grande dégradation ; ce n´est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur
votre anus infundibuliforme."

Maldoror invoque les "pédérastes" , ce qui était à l'époque ( et encore dans les
romans de JP Sartre) l'appellation générique des homosexuels et des pédophiles.
Il se proclame tolérant, refusant de les accabler de son mépris, mais tout le
texte reflète la réprobation sociale. "Infundibuliforme" : qui a la forme d'un
entonnoir. Sacré Isidore !


2. "Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment
et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je
ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos coeurs"

Naturellement, les proies du pédophile nourrissent un fort ressentiment. Ce
qu'a dû éprouver le jeune Ducasse à l'égard du professeur Hinstin - mais ses
sentiments étaient confus et contradictoires. Rappelons que les "Chants" sont
dédiés, entre autres (notamment des condisciples) au professeur Hinstin, qui
avait certainement une position de notable et un prestige d'érudit.

3. "Vous la faites rougir de ses fils par votre conduite (que, moi, je vénère !)
"
L'ambivalence des sentiments de Maldoror

4. "Il a fallu que j´entr'ouvrisse vos jambes pour vous connaître et que ma
bouche se suspendît aux insignes de votre pudeur."
Qu'en termes poétiques cela est dit ! On est en droit de penser que les jeunes
élèves d'Hinstin pratiquaient cette action, sur ses directives sans doute.

5." Oh ! si au lieu d´être un enfer, l´univers n´avait été qu´un céleste anus
immense, regardez le geste que je fais du côté de mon bas-ventre : oui, j´aurais
enfoncé ma verge, à travers son sphyncter sanglant, fracassant, par mes
mouvements impétueux, les propres parois de son bassin ! "

Image surréaliste : Maldoror sodomisant l'univers ! L'acte de vengeance semble
incontestable.

6." En attendant, que celui qui brûle de l´ardeur de partager mon lit vienne me
trouver ; mais, je mets une condition rigoureuse à mon hospitalité : il faut
qu´il n´ait pas plus de quinze ans."

Subrepticement, Maldoror est devenu le "pédéraste"

7." l´opacité, remarquable à plus d´un titre, de cette feuille de papier, est un
empêchement des plus considérables à l´opération de notre complète jonction.
Moi, j´ai toujours éprouvé un caprice infâme pour la pâle jeunesse des colléges,
et les enfants étiolés des manufactures !"

Encore une image capable de combler d'aise les surréalistes : la rencontre , et
l'opposition, du monde réel ( les corps) et du monde de la fiction ( la feuille
de papier). Le jugement moral revient au galop ( un caprice "infâme")

8. "Malheureusement que de siècles ne faudra-t-il pas encore, avant que la race
humaine périsse entièrement par mon piége perfide !"

Et toujours la pulsion de destruction de l'humanité !

04 février 2005

Ecrire...

Je viens de lire sur le Blog à Léah ce passage de Barthes... Je me demandais si ça ne serait pas amusant d'en trouver d'autres, d'auteurs reconnus ou bien nos propres réflexions sur l'acte d'écrire ? Dans le forum, j'avais déjà cité Emaz, mais d'autres ont écrit dans ce sens ! Je pense à Reverdy à Simeon entre autres...

Écrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.

Roland Barthes, Sur Racine Seuil 1963

(posté par Cécile)

22 janvier 2005

Petite bibliographie

Sur Bagarres Littéraires, les membres nous donnent leur petite bibliographie pour apprendre ou relire la poésie.

Vous trouverez les listes de chevet dans les fichiers du groupe.

Pour commencer voici celle D'Orlando. Il viendra la compléter au fil de ses lectures.

Débuter, comme c'est charmant!Une page toute neuve sur laquelle va
s'écrire une histoire poétique personnelle...Voici une petite
bibliographie très succincte, pour commencer:

J'ai sur mon bureau, en permanence ,un excellent
petit "Dictionnaire de Poétique",de Michèle Aquien, Le Livre de
poche,1993,n°30/8073/6 -j'espère pour vous qu'il ne sera pas
épuisé. Tout sur les mots techniques de la poésie.

Puis, un petit "dictionnaire de la poésie française contemporaine",
de Jean Rousselot ,Larousse,1968 (âïe aïe aïe c'est pas tout jeune!!!
est-ce qu'il aura été réédité?On doit trouver en librairie des
équivalents. En tout cas ça vous montre depuis combien de temps je
rame sur cette galère!)

Ensuite, plusieurs anthologies. Mon anthologie de référence
perpétuelle, l'excellent "Livre d'Or de la Poésie Française " de
Pierre Seghers, Marabout Université n° 61/41,sans date, mais ça doit
tourner aussi autour de 1968.

Puis , du même Pierre Seghers, chez Marabout Université
également, Le Livre d'Or de la Poésie française contemporaine, en deux
volumes,1977,n° 0099/27 et 0099/28.Excellent aussi.

Toute récente, l'Anthologie de la poésie française du XXème
siècle, deux volumes, le premier de Michel Décaudin, préface de Claude
Roy;le deuxième de Jean-Baptiste Para, préface de Jorge
Semprun, Poésie/Gallimard, février 2000.

Enfin, un ouvrage d'histoire de la poésie dressant un tableau de
la naissance de la poésie moderne:"De Rimbaud au Surréalisme",de
Georges -Emmanuel Clancier, Seghers éditeur,1974.

Et puis quand on débute ya pas de honte à retourner à
l'école, alors je vous signale une excellente collection scolaire
dans laquelle je ne dédaigne pas d'aller puiser, Folio Junior
Poésie, avec deux séries, la série thématique et la série "un
poète".Extrait (bref) du catalogue:La Liberté en poésie, La mer
en ",le rire en ",l'arbre en ",l'amour et l'amitié en ",etc...Arthur
Rimbaud un poète, Jacques Prévert un ",Claude Roy un ",Jean Tardieu
un ",Raymond Queneau un "...etc...

Pour terminer, si vous avez la chance d'avoir une librairie
universitaire non loin de chez vous ,courez-y ,vous trouverez
certainement de bons petits ouvrages d'initiation sur la
technique. J'ai beaucoup utilisé "les Vers français" de Frédéric
Deloffre, un petit bouquin très bien fait mais dont j'ai oublié
l'éditeur.

Je rajoute(03.01.03) La Versification, de Pierre Guiraud, collection Que Sais-je ? – signalé par Christiane

Allez, bonnes lectures, et n'oubliez pas que la poésie marche sur
deux papattes:lecture et écriture .Sinon, ça boîte. Amitiés à
tous. Orlando.



22 décembre 2004

Le vers est dans le fruit

Une bagarre avait commencée... Orlando continue sa présentation avec le vers libre...

Ainsi, on peut sans trop de risque faire le pari suivant : si on présente en prose n’importe quel poème voulu par son auteur en vers libres, tout lecteur non averti (ne connaissant pas l’original) n’y verra que du feu.

Est-ce à dire que les poèmes en vers libres ne sont que de la prose découpée ? Non, non, la plupart du temps non.

Le lecteur est fondé à penser que le poète vers libriste, arrivant au n.ième mot de sa ligne, à la n.ième syllabe, ressent l’impérieuse nécessité d’aller à la ligne. Il faut espérer qu’il ne prend pas cette décision au hasard, ou seulement pour que son texte ne ressemble pas à de la prose. Le retour ( appelons entrée le début d’un vers libre, et retour le fait d’aller à la ligne pour une raison autre que la fin d’un paragraphe –pour cause de vers libre, et non de prose) , le retour doit avoir une valeur poétique. Soit que le vers ainsi délimité par une entrée et un retour ait précisément le rythme voulu, soit que le dernier mot du vers ou le premier du suivant est affecté d’une valeur expressive , ou mieux encore pour les deux raisons, rythmique et expressive. Si aucune de ces deux valeurs n’est reconnaissable, le retour peut encore représenter un trait stylistique : le style c’est l’homme, n’est-ce pas, et une prédominance d’un certain type de vers, ou une certaine façon de les mêler, peut être caractéristique de certain auteur.

Si le lecteur ne trouve ni rythme ni expressivité dans un ensemble de vers libres, il peut encore espérer y rencontrer un style. Mais si de surcroît le style est lâche, indéfini, alors il ne reste plus qu’à classer ce vers dans le dossier « Prose découpée », ne visant à avoir l’air d’un vers que pour que le texte ait l’air d’un poème. D’où se déduit l’impératif catégorique du vers libriste :

Ton vers doit être l’image de ta personnalité. Et il doit aussi souvent que possible être expressif par son rythme, et par la position stratégique de mots ou expressions choisis.



…à suivre…

09 décembre 2004

Autour de Michel Houellebecq

Et voilà que O et Léah se bagarrent à propos de Houellebecq ! Tout est parti d'un poème de Michel Houellebecq posté par Philippe

Deux hommes nus couchés sur le bord du rivage,
et la vie a tracé de singulières phrases
Sur la peau. Ils sont là, innocents et très sages,
Survivants harassés que la marée arase.

Deux grands requins tout blanc jouent autour de l'épave
Le soleil innocent fait briller les yeux morts
D'un éclat sardonique
Tout cela n'est pas grave
Mais quel affreux décor...
Tournent les goêlands de leur vol concentrique !

(Variation 32 de Michel Houellebecq, extrait de la "poursuite du bonheur" de la collection Librio à 2 euros)


Léah après avoir lu cet extrait, écrit enthousiasmée :

"Oui. Il faut lire Houellebecq attentivement, pour voir les trésors cachés de sa poésie...
Je relève ces belles assonances dans "harassés que la marée arase."
ainsi que cette belle image
Et la vie a tracé de singulières phrases
Sur la peau.
Quant au "Tout cela n'est pas grave" c'est la touche de Houellebecq ; la vie, la mort sont inacceptables, mais "tout cela n'est pas grave""


Mais visiblement Orlando ne partage pas son avis :

"Eh oui... ça me rappelle mes poèmes de lycéen, c'est pas d'hier...avec ses gentilles petites rimes. Mais c'est un sujet pour Bagarres, ça ? Bizz.O."


Ce à quoi répond Léah :

"Tu es d'une mauvaise foi confondante, cher O, dès qu'il s'agit de MH !"


Et voilà, je crois que la bagarre est lancée !

"C'est pas dma fôt, j'aime pas les rimailleurs. Tiens, j'vas poser une tite bombe sur Bagarres.O."