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13 mai 2010

Chapeau , c'est une grande dame

Jeu 13 mai 2010, 6h 37min 48s

Culture

Publié le 12/05/2010 à 19:12 Le Point.fr

JOURNALISME

Colette à la Une

Par Julie Malaure

Colette à la Une

Colette, au delà d'être une romancière, était une excellente journaliste. ©AFP


"Colette était une grande journaliste égarée dans le roman", écrivait Jean Paulhan. On pourra discuter l'égarement, pas le talent de journaliste dans ses chroniques et reportages exhumés par le Seuil. Exit l'"auteur pour dames", Colette est là où on ne l'attend pas : reportages sur le terrain ou procès d'un tueur en série. Première traversée du mythique paquebot "Normandie", "coup de foudre" pour New York... Colette charme par la savante écriture des petites choses. Ici, l'étirement du chat ou la transformation d'un coquelicot en danseuse. Là, le souvenir des "châtaignes bouillies, glissées toutes bouillantes dans les poches" à la rentrée d'automne. Plus loin, le retour annuel du marron glacé. Un régal.

Colette journaliste. Chroniques et reportages, 1893-1945 (Seuil, 370 p., 18 euros).
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11 mai 2010

La polémique du jour...

Mar 11 mai 2010, 6h 11min 19s

"Pour briser la statue, le nietzschéen normand a sorti son marteau. Mais son marteau est freudien ! Onfray reproche à Freud et ses thuriféraires de forcer sur l'interprétation au mépris du réel. Le problème c'est qu'il s'abandonne avec délectation au même vice. Si bien qu'on finit par s'amuser de voir Michel Onfreud, le fils préféré de son père, « analyser » Sigmund Fray qui, lui aimait beaucoup trop sa maman."

Lire tout :
http://bibliobs.nouvelobs.com/20100331/18557/onfray-denon...
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10 mai 2010

Retour sur la honte et les larmes.

Lun 10 mai 2010, 8h 10min 19s

Qu'est-ce qui compte vraiment, que Gunter Grass, à 17 ans - il était mineur ! - a combattu sur le front russe dans les rangs de la Waffen SS, ou que Heidegger, mandarin philosophique bardé d'honneurs, a pris sa carte au parti nazi, et ne l'a jamais déchirée? O.
NB : le traducteur de l'Agfa Box est Jean-Pierre Lefebvre, le même qui présente et traduit "Renverse du souffle", de Celan.
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Culture

Publié le 09/05/2010 à 12:18 Le Point.fr

AUTOBIOGRAPHIE

En filigrane de "L'Agfa Box", le mea culpa de Günter Grass

Par Jacques-Pierre Amette

En filigrane de

Günter Grass livre le deuxième volet de son autobiographie dans "L'Agfa Box" (Seuil) . ©JOERG FOKUHL/LAIF REA


Prix Nobel de littérature en 1999, Günter Grass fut longtemps l'auteur symbole de la littérature d'Allemagne occidentale, avec son prodigieux roman rabelaisien Le Tambour (1959). Il tomba de son piédestal en août 2006 en révélant dans son autobiographie, Pelures d'oignon ( lire notre critique ), qu'il avait combattu, à 17 ans, en 1944, dans les rangs de la Waffen-SS, sur le front russe. Cette tardive confession rédigée choqua l'opinion allemande.

Aujourd'hui, Grass nous donne un deuxième volet de son autobiographie. L'idée du livre est originale : il imagine un appareil photo qui a enregistré le quotidien de Günter Grass et de ses huit enfants. Comme toujours chez cet auteur, il y a un élément de conte fantastique, car l'appareil en question enregistre aussi bien des scènes de la vie familiale réelle que des scènes fantasmées. Ce qui est vrai, c'est que beaucoup furent prises par une femme, Maria Rama, amie de l'écrivain, qui exista vraiment. Elle ne cessa de "mitrailler" la tribu Grass. Les photographies font l'objet de commentaires plus ou moins goguenards des huit enfants. Nous sautons de Berlin-Est à une plage bretonne, de chemins forestiers en dîners d'anniversaire. Cette Maria photographiait aussi des chaussures, poissons, escargots, anguilles, goulaschs... qui devaient servir à inspirer le peintre et graveur qu'est également Grass. Soyons honnêtes : le livre reste confus, haché, voire effiloché. Le meilleur est dans le récit de l'épisode du pavillon de Berlin coupé en deux après une rupture avec une des épouses, les enfants remarquant que non seulement Berlin était coupé en deux, mais que la maison était, elle aussi, en pleine guerre froide conjugale, strictement divisée par l'escalier central. Le plus émouvant réside dans l'effort d'élucidation du vieux Grass sur son propre rôle familial en essayant de ne pas se donner le beau rôle et, sans doute, une ultime tentative de repentir, car un mea culpa, à demi-mot, traverse pas mal de lignes.

L'Agfa Box , de Günter Grass. Traduit de l'allemand par Jean-Pierre Lefebvre (Seuil, 230 pages, 19.50 euros).

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01 mai 2010

Philou contre la "baise moisie", un à zéro


...



Vous savez que Philippe Sollers est un de mes écrivains préférés, même si je lui reconnais plus d'un tic agaçant. Il accorde au journal l'Humanité un entretien que je vous invite à lire intégralement ,

http://www.humanite.fr/2010-04-29_Cultures_Philippe-Sollers-Pour-vivre-caches-vivons-heureux

mais en attendant voici quelques savoureux extraits. Sacré Philou ! N'hésitez surtout pas à y aller de vos commentaires.O.
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Les manuscrits s’envolent, attention. Celui de Casanova était récemment au ministère de la Culture à côté d’un chèque de 7,5 millions d’euros. Les journalistes présents s’intéressaient davantage à l’argent qu’au manuscrit, écrit en français, juste à côté. Je préférais, moi, imaginer l’auteur en train de l’écrire… dans le temps.

un livre que vous n’entendez pas, vous ne le lisez pas vraiment. C’est pour ça que la poésie prend une place centrale dans ma démonstration. Si vous n’entendez rien, vous ne lisez rien. Les gens ne m’ont pas « lu » ils m’ont « oublu  », du verbe « oublire » que j’ai inventé.


Plus j’agace, plus j’énerve, plus les adversaires réagissent, plus ils me donnent de l’énergie pour travailler. Que ce soit en tant qu’auteur, éditeur, dans les médias. Nous vivons le temps des séparations. On ne doit pas faire tout à la fois. Les Français ont besoin d’étiqueter. J’agace parce que je donne l’impression de toucher à tout, comme on le reprochait à Cocteau. J’appelle ça le « catéchisme Flaubert » : il faudrait souffrir pour écrire… Moi, j’écris dans la joie.




Engagé, ça veut dire action… À sa manière, Michel Houellebecq est un écrivain engagé, lorsqu’il décrit le monde de l’entreprise ou la misère sexuelle. C’est un nihiliste. Il préfère Schopenhauer à Nietzsche : c’est évident qu’il se trompe mais ce n’est pas grave. Il se trompe davantage quand il veut faire du cinéma… La baise moisie a trouvé son poète. Il est dans l’embarras sexuel, c’est évident. Ma lecture des contemporains dure en général cinq minutes, outre ceux que je publie.

Le milieu littéraire a toujours été un milieu où les gens ne peuvent pas se supporter. Chez Gallimard, les auteurs s’évitaient. Aragon entrait par une porte, Céline sortait par une autre, Sartre passait…

Si l’on compare les années Mitterrand et Sarkozy…

PHILIPPE SOLLERS. …ça devient grandiose  ! Mais ne nous leurrons pas. Mitterrand était ignorant. Il aimait surtout Chardonne et prenait Jean- Edern Hallier pour un grand écrivain ! C’est dire… Il préférait Drieu la Rochelle à André Malraux. Mais bon, les Français ont élu Sarkozy démocratiquement, n’est-ce pas ?

Prenez Onfray, par exemple. Ce « géant » réduit le « nain » Freud à un charlatan, un imposteur, cocaïnomane dormant pendant ses séances : le match est inégal ! Ce géant qui explique Nietzsche à des gens du troisième âge dans son université populaire… C’est cocasse. Onfray est fait pour la prêtrise. Nous vivons l’époque de l’esprit de vengeance.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GUILLAUME CHÉREL AVEC FRANCK-OLIVIER LAFERRÈRE
pour le journal "l'Humanité"



Visible sur : http://www.dailymotion.com/video/ xd33ub_entretien-ph-sollers-partie-i_creation Discours parfait, Gallimard, 2010, 918 pages, 29,90 euros.



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29 avril 2010

Quelques pages de Raymond Federman

Jeu 29 avril 2010, 15 h 06 min 54 s
Quelques pages de Raymond Federman
...
De :
Orlando Erre <jotapil@yahoo.fr>
...
Voir le contact
À : PROSES@yahoogroupes.fr

P. 55-56 : " Mais avant de continuer il faut quand même que je précise quelque chose : je vais le faire entre parenthèses augmentantes et diminuantes pour mieux préciser : (tout ce que je raconte bien sûr est vrai) ((naturellement c'est un peu déformé de la réalité)) (((mais en général ça suit les grandes lignes de la vie))) ((((évidemment il se peut qu'il y ait quand même des erreurs et des grossissements là-dedans)))) (((((des réflexions fausses et des mensonges des déformations chronologiques des exagérations du remplissage quoi))))) ((((((enfin des tas de trucs qui normalement ne devraient pas se trouver dans un récit comme celui-ci)))))) (((((((toute fiction il me semble est une digression))))))) ((((((un jour quand j'écrirai l'histoire de ma vie en Amérique plutôt que de la raconter au petit hasard)))))) (((((je veux dire bien écrite comme de la littérature))))) ((((l'histoire de ma vie du début jusqu'à la fin en passant par le milieu)))) ((( mon AUTO-BIO-GRAPHIE)))) ((((comme le font ces jours-ci les petits cons de fils à papa structuralisant)))) ((((la vérité quoi)))) "

P. 71 : " Eh bien non ! NON !Je refuse, je refuse d'être maîtrisé, capitalisé et littératurisé. Je refuse. Je refuse de. Je refuse de me. De me. Moi je suis sorti du trou. j'ai construit ma vie tout seul. Je me suis fait avec de la volonté et dans le jeu. Oui dans le JEU. "

P. 92 : " Ah vous aussi vous aimez le jazz ! C'est bien, ça, jeune homme. Oui, mais moi j'ai vécu ça de l'intérieur à Détroit avec toute la bande de musiciens noirs qui étaient en train de révolutionner le jazz en 1947, 48, 49. Je les ai tous connus. On se fréquentait. Non je blague pas. Oui c'était à Détroit. Et à Harlem aussi quand j'ai déménagé à New York City. "

P. 95 : " Vous les gars du 16e, avez-vous jamais passé une nuit, une nuit entière, avec Charlie Parker, saoul comme une bourrique, drogué comme un chameau, épuisé comme un taureau qui vient de s'envoyer tout un troupeau de vaches, mais BLOWING HIS BRAINS OUT [intraduisible] tout une nuit dans un petit club de jazz dégueulasse de Détroit à la fin des années quarante, quand Parker était LE ROI DU JAZZ ? "

 

Retour au fumier


http://www.lmda.net/din2/n_aut.php?Ad=6742

"Retour au fumier" est le titre du livre de Raymond Federman d'où sont extraites ces lignes.


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28 avril 2010

Alain Badiou, un fanatique ?





Jean-Pierre Martin enquête sur les "apostats"

Par Jean-Paul Enthoven

Jean-Pierre Martin enquête sur les

De gauche à droite : Émile Ajar, illustre métamorphose de Roman Gary, Scott Fitzgerald, maître ès démolitions, et André Gide, apostat désinvolte. © Jacques Cuinières/Roger-Viollet, Henri Martine/Roger-Viollet, AP/Sipa.


Certains hommes ont besoin de se renier, de trahir, de se réinventer. Enquête sur les "apostats".

C'est le romancier Henry James qui l'affirmait : il n'existe que deux sortes d'individus. D'abord, ceux qui se veulent à jamais les mêmes, qui se glorifient de n'être nés qu'une fois, qui psalmodient leurs identités, leurs croyances, leurs façons de vivre, de sentir, de penser ; et, en face, ceux qui, soudain confrontés à une idée ou à une situation, se transforment, se retournent, deviennent autres, trahissent ce qu'ils ont adoré comme s'ils étaient, dans une même existence, impatients de se réinventer.

 

Tout lire :

http://www.lepoint.fr/culture/2010-04-27/litterature-jean...

 

Lire tout permet d'apprendre qu'Alain Badiou "demeure" un fanatique...

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18 mars 2010

Le mot de la fin...


Intéressant billet de François Taillandier. La chute est particulièrement réjouissante! O.
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La France sarkozienne

VRAIS FAUX PHILOSOPHES

Par François Taillandier

Comme tout le monde, j’ai commencé par rire de la mésaventure survenue à Bernard-Henri Lévy, citant avec gravité dans son dernier livre le philosophe Jean-Baptiste Botul, dont la vie et l’œuvre sont un canular imaginé par Frédéric Pagès. Après quoi, d’autres aspects de cet épisode me sont apparus, dont on se débarrasse sans doute un peu trop vite en rigolant. D’abord, l’espèce de jubilation médiatique provoquée par cette affaire. On a quand même l’impression que la meute a choisi le moment où le lion était blessé pour s’autoriser à le mordre. À chaque fois que BHL publie un livre, d’innombrables médias lui déroulent le tapis rouge, après quoi ils le décrètent «  médiatique  » avec une discrète ironie. J’ai naguère entendu tel rédac chef le traiter en privé de fumiste et de truqueur, avant de lui consacrer la une du magazine le mois suivant. C’est que BHL passe pour influent, et que beaucoup de gens jugent inutile de se le mettre à dos. Tout le monde n’a pas eu le courage d’un Philippe Cohen, décrivant dans un ouvrage documenté ce qu’il nommait le système BHL.

Deuxième remarque. Si BHL a eu la naïveté de croire en l’existence de Botul, comment se fait-il que dans l’auguste maison Grasset, il ne se soit trouvé personne pour relever l’erreur  ? Moi, chez mon éditeur, j’ai remarqué qu’on lit mes livres avant publication. Et si j’ai confondu le cimetière Montparnasse avec le cimetière Montmartre, comme ça m’est arrivé une fois, ou que les yeux d’un personnage aient changé de couleur entre la page 35 et la page 48 (ça m’est arrivé aussi), eh bien on me le dit, charitablement. Doit-on conclure que chez Grasset, on ne relit pas les livres  ? Ou que tout le monde ignorait tout et de Botul et de Pagès  ? En ce cas, cela veut dire que l’erreur béhachélienne était partagée par beaucoup de gens, y compris dans les médias, où de nombreux articles étaient déjà parus avant qu’Aude Lancelin ne la signale (ça en fait au moins une qui lit).

Et puis qu’est-ce que cela fait que Botul n’existe pas, si les idées exposées sous son nom ont de l’intérêt  ? Paul Valéry était d’avis qu’on pourrait écrire une histoire universelle de la pensée sans citer le nom d’aucun auteur. Qui sait  ? Bernard-Henri Lévy est peut-être un philosophe de pure fantaisie, inventé de toutes pièces par le nommé Bernard-Henri Lévy avec beaucoup d’ingéniosité : ça fait bien une trentaine d’années, après tout, que tout le monde a l’air d’y croire.

 

http://www.humanite.fr/2010-02-18_Cultures_VRAIS-FAUX-PHI...

 

 



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15 mars 2010

Lis, lisons, lisez...


Le texte est instructif (la citation de Goncourt, sa vision de la femme du peuple, de la prostituée...), la photo documentaire : l'érotisme visuel à la fin du XIX ème siècle...O.


Lectures

samedi 13 mars 2010
L’histoire de la littérature laisse souvent de côté un corolaire pourtant capital, primordial, passionnant, tout aussi rocambolesque, qui est l’histoire de la lecture. L’une ne va pourtant pas sans l’autre. Philippe Sollers dit souvent que pour savoir écrire, il faut savoir lire, et que pour savoir lire, il faut savoir vivre. Petit florilège paresseux, au fil de mes lectures récentes, de la saveur de lire, du goût d’écrire et de l’amour du livre.

Alberto Manguel décrit précisément ce plaisir solitaire sans nul autre pareil (Une histoire de la lecture, Actes Sud) : « Moi aussi je lis au lit. Dans la longue succession des lits où j'ai passé les nuits de mon enfance, dans des chambres d'hôtel inconnues où les phares des voitures balayaient en passant le plafond de lumières étranges, dans des maisons dont les odeurs et les bruits ne m'étaient pas familiers, dans des villas de vacances poisseuses d'écume marine ou dans des chalets où l'air des montagnes était si sec qu'on plaçait à côté de mon lit un bassin fumant de vapeur d'eucalyptus afin de m'aider à respirer, la combinaison du lit et du livre me procurait une sorte de foyer où je savais pouvoir revenir, soir après soir, sous n'importe quels cieux. Personne ne m'appellerait pour me prier de faire ceci ou cela ; immobile sous les draps, mon corps ne demandait rien. Ce qui se passait se passait dans le livre, et c'était moi qui racontais l'histoire. La vie se déroulait parce que je tournais les pages. Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d'arriver aux quelques dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps. »
Plus encore : « La lecture est l'apothéose de l'écriture. »

Cette liberté de lire, ce regard bienveillant posé sur celui qui lit, qui s’évade, qui s’édifie, n’alla pas toujours de soi. À certaines époques, pas si éloignées, d’aucuns considéraient que la littérature nuit gravement à la santé du lecteur et à celle de son entourage. Pour preuve, ces quelques lignes au détours d’un roman d’Edmond de Goncourt, La Fille Élisa (1877) et qui se passeraient presque de commentaires :
« Chez la femme du peuple, qui sait tout juste lire, la lecture produit le même ravissement que chez l’enfant. Sur ces cervelles d’ignorance, pour lesquelles l’extraordinaire des livres de cabinet de lecture est une jouissance neuve, sur ces cervelles sans défense, sans émoussement, sans critique, le roman possède une action magique. Il s’empare de la pensée de la liseuse devenue tout de suite, niaisement, la dupe de l’absurde fiction. Il la remplit, l’émotionne, l’enfièvre. Plus l’aventure est grosse, plus le récit est invraisemblable, plus la chose racontée est difficile à accepter, plus l’art et le vrai sont défectueux et moins est réelle l’humanité qui s’agite dans le livre, plus le roman a de prise sur cette femme. Toujours son imagination devient la proie pantelante d’une fabulation planant au-dessus des trivialités de sa vie, et bâtie, fabriquée dans la région supérieure des sentiments surnaturels d’héroïsme, d’abnégation, de sacrifice, de chasteté. De chasteté, ai-je dit, surtout pour la prostituée, la femme chez laquelle la science médicale a signalé la pureté des songes et l’espèce d’aspiration inconsciente de son être souillé vers l’immatérialité de l’amour.
Le roman ! qui en expliquera le miracle ? Le titre nous avertit que nous allons lire un mensonge, et au bout de quelques pages, l’imprimé menteur nous abuse comme si nous lisions un livre "où cela serait arrivé".
Nous donnons notre intérêt, notre émotion, notre attendrissement, une larme parfois à de l’histoire humaine que nous savons ne pas avoir été. Si nous sommes ainsi trompés, nous ! comment l’inculte et candide femme du peuple ne le serait-elle pas ? Comment ne croirait-elle pas à sa lecture avec une foi plus entière, plus naïve, plus abandonnée, plus semblable à la foi de l’enfant qui ne peut lire un livre sans se donner à lui et vivre en lui ?

Lire la suite :
http://vebret.blogspot.com/2010/03/lhistoire-de-la-litter...






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Jorge Semprun, un revenant,un témoin,une conscience...


 

où  on trouvera une vison originale sur le XX ème siècle, sur l'Europe aujourd'hui, et une intervention dans la querelle Lanzmann / Haenel.

 

Lire tout :

http://www.lepoint. fr/culture/ 2010-02-25/ interview- semprun-je- n-aime-pas- trop-le-mot- shoah/249/ 0/427647

 

INTERVIEW

Semprun : "Je n'aime pas trop le mot Shoah"

Propos recueillis par Agathe Fourgnaud

Semprun :

Jorge Semprun, auteur de "L'écriture ou la vie", publie un recueil de conférences sur l'Europe et la mémoire intitulé "Une tombe au creux des nuages" (Climats) ©Franck Perry/AFP


Jorge Semprun publie Une tombe au creux des nuages (Climats), un recueil de conférences sur l'Europe et la mémoire.

Le Point : D'une conférence à l'autre, vous ne cessez de revenir sur le thème de la déportation. L'âge n'apaise donc pas les souvenirs ?

Jorge Semprun : C'est comme une obsession, c'est vrai, mais cela tient pour beaucoup au contexte dans lequel j'ai donné ces conférences : c'était entre 1986 et 2005, et il s'agissait d'un public allemand. Or, ce traumatisme fait partie de la mémoire collective de l'Allemagne. Puis il y a en effet le poids de mes propres souvenirs, mon expérience de déporté à Buchenwald. Et pourtant, je ne suis pas de ceux qui définissent le XXe siècle comme étant celui des exterminations. De mon point de vue, ce siècle restera comme celui des émancipations - émancipation des anciennes colonies, de la femme, de la religion, du travail dans des conditions aliénantes. Mécaniquement, l'âge amortit la mémoire, et donc apaise les souvenirs. Même quand on a comme moi beaucoup de mémoire. Pendant des années, je me suis réveillé en sursaut, croyant entendre la voix du sous-officier SS de garde à la tour de contrôle quand il donnait l'ordre d'éteindre le four crématoire pour que les flammes ne servent pas de signes d'orientation aux escadrilles de bombardiers anglo-américains. Je ne fais plus ce cauchemar.

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    12 mars 2010

    Il était déjà Mao, Benoit 16 et Casanova...


    ... voici maintenant qu'il est l'identité nationale ! Sacré Philou !
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    ublié le 11/03/2010 à 19:12 Le Point.fr

    INTERVIEW

    Sollers : "L'identité nationale, c'est moi !"

    Propos recueillis par Élisabeth Lévy

    Sollers :

    Philippe Sollers a publié récemment "Discours parfait" (Gallimard) ©Sandrine Roudeix/Gamma


    Guerre. Dans son combat contre le nihilisme contemporain, Philippe Sollers ne prend au sérieux que deux choses : le diable et la littérature


    Le Point : Depuis trente ans, vous exercez un pouvoir stratégique dans la république des lettres. Et vous nous expliquez que vous êtes en guerre contre le pouvoir. Vous la jouez agent double, Philippe Sollers ?

    Philippe Sollers : Assez de langage policier ! Et assez aussi de ce cliché " république des lettres " ! En réalité, les choses sont très simples. Pour ménager un espace où je puisse respirer, j'ai été contraint de mener une guerre défensive permanente contre une vision exclusivement sociale du réel. Ce qui suppose d'être suffisamment schizophrène : un travail d'écrivain, d'une part, et sans arrêt, une activité d'édition et d'interventions, de l'autre. En gros, j'ai fait ce que j'ai voulu, en gardant mon indépendance. Voilà ce que les sociomanes me reprochent. Les sociopathes, encore plus.

    lire la suite :
    http://www.lepoint.fr/culture/2010-03-11/interview-soller...

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    08 mars 2010

    L'identité internationale...

    Salut les amies et amis !
    Je ne connais pas Abd Al Malik, mais son propos me paraît juste et pose le doigt là où ça fait mal.
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    Culture

    Publié le 04/03/2010 à 15:29 - Modifié le 04/03/2010 à 16:07 Le Point.fr

    INTERVIEW

    Abd Al Malik : "J'appelle à un regard plus juste"

    Propos reccueillis par Suliane Favennec

    Abd Al Malik :

    L'artiste Abd Al Malik est l'auteur de "La Guerre des banlieues n'aura pas lieu", publié aux éditions Cherche Midi. ©B.F.C


    Rappeur puis slammeur, Abd Al Malik est aussi et surtout un poète. Un talent qu'il met en exergue pour militer pour la paix et le "vivre ensemble". Déjà connu et reconnu dans le monde musical, l'artiste français d'origine congolaise s'est attaqué à la littérature. Après le succès de son ouvrage Qu'Allah bénisse la France (Albin Michel, 2004), il réitère avec La Guerre des banlieues n'aura pas lieu, sorti aux éditions Cherche Midi en février dernier. D'une écriture simple mais vraie, il pointe du doigt les problématiques qui enflamment actuellement la France. Prophétique ou utopique ? Pour le point.fr, l'artiste a bien voulu répondre...

    Lire l'interview :
    http://www.lepoint.fr/culture/2010-03-04/banlieues-abd-al-malik-j-appelle-a-un-regard-plus-juste/249/0/430303

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    26 février 2010

    Camus ne fait pas l'unanimité...

     

    l'Année Camus dérange en Algérie

    En Algérie, «fête camusienne» en demi-teinte

    Par Claire Richard

    En Algérie, les fantômes de la colonisation pèsent sur les célébrations prévues pour l'année Camus.

    Si en France, la polémique n'a concerné que l'opportunité de transférer les cendres d'Albert Camus au Panthéon, les débats algériens sont autrement plus vifs. Dans le monde intellectuel, un texte intitulé « Alerte aux consciences anticolonialistes » circule actuellement auprès des éditeurs, universitaires et journalistes. «La fête camusienne» y est dénoncée comme une «réhabilitation du discours de l'Algérie française», rapportent nos confrères du «Monde».

    camus3_2.jpg
    (c)Lido/Sipa
    Albert Camus

    Les positions de l'écrivain né et élevé en Algérie française sur la domination coloniale française sont toujours sujettes à débat. Certains invoquent l'auteur humaniste de Misère de la Kabylie ou des Chroniques algériennes (recueil de ses textes sur la situation algérienne, notamment d'articles écrits pour Alger républicain). D'autres pointent un écrivain pied-noir, et rappellent qu'il n'a pas pris parti pour l'indépendance.

    En tout état de cause, la « Caravane Camus », projet itinérant parti de France pour arriver en Algérie, s'enlise. Elle devait passer dans sept villes, dont Alger, Tlemcen et Oran. Mais le ministère de la Culture algérien n'a pas encore versé de subventions. Les centres culturels français n'organisent du coup que de discrètes manifestations.

    Pour autant, on aurait tort de voir dans cette affaire une polémique nationale. «C'est une bataille de la génération des plus de 50 ans, les jeunes ne connaissent pas Camus», déclare le sociologue Abdenasser Djabi au « Monde ».

    C.R

    Bien le bonjour d'Isidore...


     

    Jean-Luc Steinmetz, dont nous avons parlé sur PLE ( TXT, etc...) est aussi un universitaire, et il a récemment attiré l'attention en éditant les "Oeuvres complètes de Lautréamont " dans la prestigieuse collection de la Pléiade, ouvrage sur lequel notre Sollers national-médiatique ne tarit pas d'éloges (normal, c'est sa boutique). Mais voici qu'un trublion, Jean-Jacques Lefrère, se livre à un joyeux jeu de massacre sur ce dernier opus de ladite idole éditoriale, et ce Lefrère n'est pas le premier venu : c'est le découvreur du seul portrait connu de Ducasse, recherché depuis plus de cinquante ans par les surréalistes et tous les lecteurs de Maldoror. ( http://www.lexpress .fr/culture/ livre/jean- jacques-lefrere- chercheur- d-or_823240. html )
    Voici l'article ( attention, quatre pages : mais cela vaut le détour !).O.
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    Lautréamont en Pléiade, le rendez-vous manqué

    Par Jean-Jacques Lefrère, publié le 16/02/2010 à 08:00

    L'acantophorus serraticornis, insecte cité dans Les chants de Maldoror

    DR

    L'acantophorus serraticornis, insecte cité dans Les chants de Maldoror

    La Quinzaine littéraire a refusé de publier une critique virulente du récent volume de la Pléiade consacré à Lautréamont, signée Jean-Jacques Lefrère, pourtant collaborateur régulier de cette dernière. Critiquer la prestigieuse collection de Gallimard serait-il tabou? LEXPRESS.fr a décidé de publier l'intégralité de son texte vif et érudit, afin que chacun puisse se faire une idée. Polémique en vue...

    Une presse d'une unanimité rare a salué, ces dernières semaines, la mise en librairie de la réédition en Pléiade des oeuvres de Lautréamont, dont l'originale, due au regretté Pierre-Olivier Walzer, remontait à l'année 1970. La lecture de l'oeuvre d'Isidore Ducasse s'est ainsi trouvée recommandée par tous les chroniqueurs, avec des arguments dont la solidité suggérait qu'ils devaient certainement adresser la recommandation à eux-mêmes. La parution du volume a même bénéficié de la solennité du Grand Amphithéâtre du Musée d'Orsay, lequel apparaît désormais comme une sorte de rampe de lancement des titres de cette collection : comme le Rimbaud édité en Pléiade et quelques mois après lui, le Lautréamont concocté par M. Steinmetz s'est trouvé nimbé d'un déluge d'éloges lors d'une présentation ouverte au grand public, lequel a su se montrer courtois et patient sous l'averse. Apparemment, les organisateurs de ces deux manifestations successives avaient dû considérer que les deux annotateurs, pour estimables qu'ils fussent, étaient dotés de personnalités trop falotes, ou insuffisamment charismatiques, pour être autorisés à palabrer seuls devant le micro, car M. Michon avait été commis pour "soutenir" l'annotateur du Rimbaud, tandis qu'à M. Sollers incomba la même mission auprès de M. Steinmetz — une mission remplie en la circonstance avec conscience, et même avec zèle, au point que le malheureux éditeur du Lautréamont s'est vu totalement reléguer au rang de figurant auprès de l'intervenant vedette.

    Lire la suite :
    http://www.lexpress .fr/culture/ livre/peut- on-critiquer- la-pleiade_ 849081.html

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    .

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    22 février 2010

    Nazisme, et autres sucreries...

    Berlin, damné de la terre

    Par Marine de Tilly

    Berlin, damné de la terre

    Philip Kerr a publié "La Trilogie berlinoise", chez le Livre de Poche

    L'Été de cristal , La Pâle figure et Un requiem allemand : trois polars signés Philip Kerr dignes des plus noirs films noirs hollywoodiens, à la différence que leurs personnages principaux se nomment Himmler, Göring, et surtout Bernie Gunther, qui, pour faire court, est un peu à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie des années trente.

    Ex-commissaire de la Kripo reconverti en détective privé, Bernie enquête sur le meurtre de la fille d'un industriel dans le Berlin "nettoyé" des JO de 1936 dans L'Été de cristal ; fait face à l'odieux chantage d'un Heydrich qui veut le contraindre à réintégrer la police dans La Pâle figure ; et, enfin, tente de sauver de la potence un homme accusé du meurtre d'un Américain dans Un requiem allemand , à l'heure où la chute du IIIe Reich a fait de Berlin une ville fantôme en proie à la prostitution, au marché noir et aux exactions de l'Armée rouge. Sélectionnée pour le prix des Lecteurs 2010 (décerné en septembre), cette imposante trilogie offre un portrait glaçant du Berlin ex et post-nazi, qui rappelle l'atmosphère décadente des Damnés de Visconti.

     

    La Trilogie berlinoise , de Philip Kerr (le Livre de Poche, 1.014 p., 9 euros).

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    Et surtout, n'oubliez pas de lire (ou de relire) les Bienveillantes ! O.


    21 février 2010

    Lautréamont, toujours en amont !


    La Révolution Lautréamont

    Philippe Sollers

     

    Lautréamont

     

     

    Vous ouvrez mécaniquement la nouvelle Pléiade consacrée à Lautréamont, vous croyez connaître l'auteur, depuis longtemps archivé parmi les grands classiques du XIXe siècle, vous jetez un coup d'œil sur le début des «Chants de Maldoror», et vous vous apercevez que, croyant les avoir lus autrefois, vous êtes saisi d'un léger vertige : «Plût au ciel que le lecteur enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit...» Ça y est, vous êtes pris, ou repris, vous voulez en savoir davantage, vous vous enhardissez, vous devenez féroce, ce qui vous change de la lourde torpeur agitée de l'actualité. Mais votre surprise augmente en découvrant que ce volume est suivi des principaux textes écrits sur les «Chants» et sur «Poésies» depuis cent quarante ans : Breton, Aragon, Artaud, Gracq, Blanchot et bien d'autres, un fabuleux roman. Court-circuit massif : après deux guerres mondiales, des massacres insensés et des tonnes de littérature, Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, est plus présent, plus vif et plus énigmatique que jamais.

    Lire la suite :
    http://www.philippesollers.net/lautreamont.html

    Juste une remarque : Sollers  donne un petit coup de pouce sympa au "Lautréamont par lui-même" de Marcelin Pleynet (1967) : normal, c'est son pote. Quant à moi, qui l'ai lu au moment où on parlait ici même (sur PROSES) des "Chants de Maldoror", je l'ai trouvé bien daté, superficiel et marqué par la mode de l'époque (un structuralisme superficiel). Passant, de surcroit, à côté de l'essentiel : la révolte du potache oublié, victime d'un prof pédophile, retournant génialement sa détresse et sa haine contre tout ce que la société dresse en monumental et opérant au passage une révolution esthétique.O.
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    On le tient !

    ÉDITION

    Les manuscrits de Casanova : la BNF s'est enfin procuré le précieux trésor

    Avec AFP

    Les manuscrits de Casanova : la BNF s'est enfin procuré le précieux trésor

    Les premières lignes du manuscrit "Histoire de ma vie" de Casanova enfin acquises par la Bibliothèque nationale de France. ©REMY DE LA MAUVINIERE/AP/SIPA


    Émouvants, foisonnants, pleins de vie et écrits en français d'une écriture serrée : des manuscrits exceptionnels de Casanova, dont la légendaire Histoire de ma vie du célèbre Vénitien, ont été acquis par la Bibliothèque nationale de France après des années de chasse au trésor. Le manuscrit des mémoires de Giacomo Girolamo Casanova (1725-1798), Histoire de ma vie , constitue le coeur de ces 3.700 pages non reliées qui représentent "la plus importante acquisition patrimoniale de l'établissement", a expliqué jeudi Bruno Racine, président de la BNF.

    Après des rebondissements rocambolesques, les précieux manuscrits ont pu être acquis par la BNF grâce à un généreux mécène anonyme qui a déboursé plus de 7 millions d'euros. Selon les experts, il n'existe qu'un seul exemplaire d' Histoire de ma vie . "C'est le paradoxe d'un texte universellement célèbre et dont l'original restait méconnu", a poursuivi M. Racine. Beaucoup de versions, plus ou moins expurgées des passages érotiques, ont en effet circulé, alimentant la légende du libertin diplomate illustrée par le Casanova de Fellini en 1976.

     

    Lire la suite :

    http://www.lepoint.fr/culture/2010-02-18/les-manuscrits-de-casanova-la-bnf-s-est-enfin-procure-le-precieux-tresor/249/0/425623

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    20 février 2010

    Littérature haïtienne

    Lire les écrivains haïtiens, c'est encore une façon d'aider nos frères dans la catastrophe et le dénuement :

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    René Depestre

    Hadriana dans tous mes rêves

    Par Marine de Tilly

    Hadriana dans tous mes rêves

    René Depestre - © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/FRANCOISE TALLIEU


    Né à Haïti en 1926, chassé par l'armée en 1946, exilé en France, à Cuba, au Brésil, aujourd'hui habitant d'un petit village de l'Aude, René Depestre s'est toujours considéré comme un "homme-banian", un "géo-libertin". Pour autant, il ne cessera jamais de rendre hommage à son île, à ses habitants, ses coutumes. Probablement le plus connu et reconnu de ses romans - prix Renaudot 1988 - Hadriana dans tous mes rêves est un magnifique chant d'amour à Jacmel, sa ville natale aujourd'hui en ruine ; et un voyage enchanteur entre réalisme et onirisme au coeur des croyances populaires vaudoues.

    Hadriana dans tous mes rêves , de René Depestre (Folio, 214 p., 5,60 euros)

    Retrouvez la suite de la sélection Poche de la semaine :

    Le Goût des jeunes filles , de Dany Laferrière
    L'Île au bout des rêves , de Louis Philippe Dalembert
    Anacaona , de Jean Metellus

    Ce livre a obtenu le prix Renaudot et le prix de l'académie royale de Belgique. René Depestre est aussi un poète .

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    17 février 2010

    London de ma jeunesse...

    J'ai été un fan, un inconditionnel de Jack London : Croc-Blanc, la Fièvre de l'Or, Contes des Mers du Sud...  Mon papa me disait que c'était un grand écrivain, qui avait dénoncé le capitalisme impitoyable : le Talon de Fer... C'est peut-être pour cela qu'il a été relégué dans l'enfer des auteurs "pour la jeunesse"... Aujourd'hui, on reconnaît enfin que c'est un auteur important. Interview intéressante .O

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    Interview de Noël Mauberret (éditions Phébus)

    Pourquoi retraduire tout Jack London

    Par François Forestier

    Trop longtemps considéré comme un écrivain pour la jeunesse, l'auteur du « Loup des mers » et de « Martin Eden » a fini par s'imposer en France comme un auteur majeur, notamment grâce au formidable travail de Francis Lacassin. Les éditions Phébus ont repris le flambeau, en se lançant dans une réédition intégrale de Jack London. Entretien avec Noël Mauberret, maître d'oeuvre de cet énorme chantier

    Jack-London_Martin-Eden.jpg
    Né en 1876 à San Francisco, Jack London est mort à l’âge de quarante ans dans son ranch de Glen Ellen, en Californie, en 1916. Il laisse derrière lui plus une cinquantaine de livres.

    BibliObs.- Depuis 1999, vous avez entrepris de donner une édition soignée des oeuvres complètes de Jack London. Comment en êtes-vous venu à faire ce travail ?

    Noël Mauberret.- Deux voies m'y ont conduit. Mes lectures d'enfance, d'abord, comme tout le monde. J'ai lu « Croc Blanc » ou « l'Appel de la Forêt » autrefois, et quand j'étais au lycée, j'étais tombé sur « le Loup des Mers », que j'avais adoré. Puis, une partie de ma famille étant en Californie, j'ai été remis en contact avec l'univers de London. Je suis originaire des Hautes-Alpes et il y a une tradition d'émigration vers la Côte Ouest des Etats-Unis. Après Waterloo, cette émigration républicaine a pris le chemin de San Francisco. Du coup, j'ai plein d'ancêtres qui ont vécu dans ce coin-là. Quand les anciens venaient nous visiter, l'été, ils nous parlaient du grand homme de la région, Jack London. Vous imaginez l'effet que ces conversations pouvaient produire sur un gamin de douze ou treize ans, dont le seul horizon était la crête des Alpes.

     

    Lire la suite :

    http://bibliobs.nouvelobs.com/20100217/17769/pourquoi-retraduire-tout-jack-london

     

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    Quand l'âne veut braire, nul ne peut l'en empêcher...

    Je ne pensais pas revenir sur Botul, Kant, BHL et leur étincelant échange. Mais comme BHL s'entête, on peut dire s'enferre, et qu'il essaye de retourner la situation à son avantage, mission impossible, voici une interview du plaisantin qui est à l'origine de l'aventure, et qui est tout de même un respectable agrégé de philo :
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    Une interview exclusive du créateur de Botul

    Frédéric Pagès: «Bernard-Henri Lévy a lu mon livre avec un ventilateur»

    Par NouvelObs.com

    Tandis que Bernard-Henri Lévy et quelques bonnes âmes s'obstinent à présenter « la Vie sexuelle d'Emmanuel Kant » comme un livre « très crédible », le créateur de Jean-Baptiste Botul, Frédéric Pagès, répond à nos questions

    La-Vie-sexuelle-d-Emmanuel-Kant.jpg

    BibliObs.- Comment avez-vous appris que Bernard-Henri Lévy faisait référence à « la Vie sexuelle d'Emmanuel Kant » dans son livre ?

    Frédéric Pagès.- Par Aude Lancelin [la journaliste du «Nouvel Observateur» qui a révélé l'erreur de Bernard-Henri Lévy, NDLR].  C'est simple, clair et net. Aude Lancelin m'a montré les épreuves du livre « De la guerre en philosophie » à la mi-janvier. Elles avaient alors suscité une franche rigolade au « Nouvel Observateur ». Cela dément donc les propos de Bernard-Henri Lévy, qui avançait  samedi sur le plateau de Laurent Ruquier qu'Aude Lancelin ne savait pas que Frédéric Pagès était Botul.

    BibliObs.- Pensez-vous que BHL ait lu votre ouvrage ?

    F. Pagès.- Je pense qu'il l'a lu à très grande vitesse, avec un ventilateur. S'il l'avait vraiment lu, il n'aurait pas pu dire que Botul a existé.  Il y a un grand nombre d'indices dans « la Vie sexuelle d'Emmanuel Kant ». L'habillage du livre est surréaliste. Et rien que les réfugiés allemands au Paraguay en 1946, qui sont une référence claire aux nazis... Cela ne l'affole pas. Il n'a même pas vu ça, alors que le lecteur le remarque tout de suite.  De toute façon, Bernard-Henri Lévy est réputé pour son manque d'humour et son absence d'ironie.

     

    lire la suite : http://bibliobs.nouvelobs.com/20100217/17808/frederic-pages-bernard-henri-levy-a-lu-mon-livre-avec-un-ventilateur





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    12 février 2010

    Chessex : ce Suisse a un sexe, c'est sûr...

    Cultures - Article paru
    le 11 février 2010

    La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun

    http://www.humanite.fr/2010-02-11_Cultures_Jacques-Chessex-L-ultime-jet-de-soufre

     

    Jacques Chessex.L’ultime jet de soufre.

    Le dernier crâne de Sade, de Jacques Chessex. Éditions Grasset, 180 pages, 12 euros.

    L’écrivain suisse de langue française, mort 
le 9 octobre dernier, a laissé derrière lui un roman qu’il venait tout juste d’achever, dans lequel son goût du sulfureux et sa soif d’absolu se donnent libre cours comme jamais peut-être auparavant. On pourrait être tenté d’y voir une sorte de testament, si l’on n’avait la certitude que Jacques Chessex n’en avait pas fini encore sur ce chemin d’exigence. Il est certes question de déchéance du corps et de désirs qui ne veulent pas s’éteindre, de textes à rassembler et préserver, 
de l’imminence de la mort. Mais tout autant d’une ardeur 
vitale et d’une acuité intacte de l’esprit critique. Jacques Chessex a entrepris de restituer les six derniers mois 
de la vie de Donatien Alphonse François, marquis 
de Sade, enfermé depuis onze ans dans un asile d’aliénés à Charenton. Même s’il dispose de sa bibliothèque, si sa maîtresse est autorisée à séjourner dans l’établissement et si chaque jour une jeune blanchisseuse vient se prêter à ses demandes. Fortement diminué après trente années de réclusions diverses, Sade n’a cependant renoncé à rien. 
Et sa chambre constitue 
une sorte de forge où 
il pousse tous ses feux. 
Ceux du corps et ceux de l’esprit. Chessex, qui le portraiture magnifiquement, y entend « une parole acérée malgré l’infirmité de la bouche » et y voit « un regard d’azur pur sur les mensonges du monde ». Il montre continûment le Divin Marquis à l’œuvre, dans sa recherche forcenée d’un absolu de la pensée et du plaisir. Dit tout, montre tout, ne s’interdit aucune audace. Dans une fidélité 
sans faille à celui que l’on peut considérer comme l’un de ses maîtres. Plusieurs romans récents montraient d’ailleurs une accentuation du côté sadien de 
son écriture. Le vendredi 2 décembre 1814, le corps tellement sollicité lâche après une courte agonie. Sade est enterré à Charenton, sous une croix, en une tentative d’exorcisme qui fera long feu. Quatre ans plus tard, 
la tombe est relevée et le crâne détaché du tronc. 
Le voici libre de circuler. Chessex imagine alors l’histoire incroyable de cet os semblant transporter encore l’esprit qui l’habitait. Telle une relique. Disparaissant pendant 
de longues périodes et réapparaissant sept fois en 
des lieux divers. Sur son passage, des désordres 
se créent, des plaisirs inédits s’éprouvent. 
Parce que Sade a définitivement bousculé la représentation du corps, l’a sorti du sacré pour le faire entrer dans le vivant. La seconde partie du récit se présente comme une libre illustration de cette pérégrination et de ce rayonnement, jusque dans 
le temps présent. L’écrivain montre ici sa différence 
avec les historiens qui « ignorent les murmures dans 
les parois, les souffles qui hantent les murs, les recoins, 
les resserres ». Lui-même traite de l’impalpable, 
des mouvements de l’ombre, de la diffusion par capillarité des idées neuves. Ce qu’on pourrait tout bonnement désigner comme une subversion qui emprunte les chemins de l’érotisme et de la scatologie. En Suisse, ce dernier roman de Jacques Chessex est aujourd’hui distribué sous cellophane, avec l’avertissement « Réservé aux adultes ». 
Hommage paradoxal à sa liberté d’écriture. Près de 
deux siècles après la mort du Marquis, oser figurer 
le corps au diapason des hardiesses de l’esprit, mais tout autant comme un morceau de chair voué à 
la corruption, provoque visiblement encore l’embarras.

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