Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 février 2015

Philippe Jaffeux : ALPHABET (9)

 
 
8 ème extrait
 
00:00:00: mi cita con una ultima hora se suspende sobre el origen de los nùmeros y yo mido el adelanto de un alfabeto que precede una computadora con un tiempo sorprendido
(chapitre G)
 
  Surprise, ce passage est en espagnol; du moins, pour sa quasi-totalité, car il comporte deux mots qui ne me semblent pas appartenir à la langue de Cervantes : cita et mido. Nul doute qu'une signification doit se cacher là, mais je ne suis pas suffisamment armé pour affronter cette énigme.
  J'ai eu une certaine chance de tomber par hasard sur cette escapade ibérique, , car cela m'a incité à un rapide contrôle : l'ensemble du chapitre est en français, sauf la page Q, qui est en anglais, en plus de notre page U en espagnol.
  D'autre part, la page E comporte deux lignes en blanc, que l'auteur appelle "heure creuse", et qui surviennent après la phrase :
"minuter ma révolte solaire contre une écriture soumise à la survenue d'une heure creuse "
(le mot "révolte" - et le mot "solaire" sans doute aussi - est à prendre en note. On devra en reparler.)
  La lecture de la note finale ( tous les chapitres se terminent par une note qui donnent des indications sur l'élaboration du chapitre) m'aurait sans doute fait gagner du temps . La voici:
 
-Notes :La lettre G, intitulée "Journal", mesure 26 textes d'une hauteur de 26 centimètres. Les 24 heures, décrites sur deux lignes, composent chacune des 26 pages. L'addition des six nombres (heures, minutes, secondes) est toujours égale à 26. La pagination de gauche reproduit les sept jours de la semaine et celle de droite récite l'alphabet.Une page de G contient 72 deux points et donc 144 points. La dernière page présente 49 lignes au lieu de 48 et se termine et se termine par un trait Yang et un trait Ying qui annoncent la lettre H.
-Précisions : Chaque page contient 48 lignes et 47 interlignes. Quelques irruptions de blancs et de changements d'heure ou ponctuation (entre la 5 me et la 20 me ligne de la page I par exemple) Ecriture en anglais de la 18 me ligne de la page Q à la 19 me ligne de la page R et en espagnol de la 1 ère ligne  à la 48 me ligne de la page U.Les mesures récapitulatives dans la lettre G et à partir de  la lettre A sont des ; kilo-octets, octets,mots, pages, deux points et points,heures, lignes, interlignes et additions de longueurs  de pages.
(dernière page du chapitre G - que l'auteur appelle "la lettre G")
 
  Les treize chapitres d'Alphabet se terminent par une note du même genre.Nous remarquons que l'auteur est très disert sur les aspects formels  mais parfaitement muet sur le contenu ce qui est normal puisque c'est au lecteur qu'il revient de "lire" l'oeuvre. Mais une remarque supplémentaire s'impose ici : Philippe Jaffeux semble lancer un défi un lecteur : "Regardez cette oeuvre, d'une composition extrêmement rigoureuse et complexe, et qui semble ne vouloir rien dire... En êtes-vous sûrs, qu'elle ne veut rien dire? Toute cette construction pour RIEN ?
  Et vous ajoutez : "que nous importe qu'il y ait 47 lignes ou 48, des octets ou des kilo-octets? "
  Eh bien , je parie que cela importe. Comme dans les grands monuments, surtout ceux qui ont une fonction religieuse, et où les exégètes nous ont montré que tout était symbolique, l'orientation: les dimensions, la place des ouvertures, le nombre et la disposition des détails d'architecture et des ornements... Philippe Jaffeux nous donne cette description minutieuse pour attirer notre attention sur un contenu caché.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
9 me extrait
 
-l'avenir d'un oracle enterre une encre obsolète sous un ordinateur futuriste
-l'organisation d'une tribu de lettres mercenaires inspire une page gratuite
(chapitre H)
 
  Amusant ! on dirait que le 9 me extrait répond du tac au tac au commentaire précédent. On pourrait y voir une manifestation du "hasard objectif" cher à André Breton, mais c'est peut-être plus simplement le croisement de la piste que nous suivons et du chemin que trace le  livre en direction de son but. L'oracle (le contenu caché) aura-t-il un avenir ( des lecteurs) ou va-il s'enterrer avec une encre obsolète ( dévaluée par avance) malgré la perfection technique  de la machine ( ordinateur futuriste). L'organisation ( la composition minutieuse du livre ) d'une tribu de lettres mercenaires (eh oui, rien n'est gratuit dans ce monde boutiquier : il faut payer l'abonnement internet.) inspire une page gratuite ( et revoilà la gratuité , à entendre dans les deux sens : qui ne coute rien (mais on sait qu'il s'agit d'une gratuité boutiquière,donc fallacieuse) - et qui ne sert à rien, ou ne veut rien dire (mais on sait qu'ici le non-sens n'est que d'apparence). On voit avec quelle virtuosité l'auteur jongle avec les notions et leurs contraires, les oppositions et retournements, l'unisson et le contrepoint. Le tout avec humour : cette encre obsolète ! cette tribu de lettres mercenaires ! Lautréamont ! entends-tu cette voix qui te répond ?
>

>
à suivre

Les commentaires sont fermés.