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10 février 2015

Philippe Jaffeux : ALPHABET (3)

CITATIONS (lectures)
 
  Quand je faisais mes seize mois, on parlait dans les chambrées, sans trop y croire, d'un adjudant vicieux qui donnerait des punitions du genre : balayer la cour de la caserne avec une brosse à dents...Je n'irai pas jusqu'à comparer la lecture d'Alphabet à un tel exercice (supplice), mais il faut reconnaître que la tache requiert une bonne dose de patience. Et beaucoup de temps. Pourtant, l'auteur a trouvé l'un et l'autre. Et on ne peut douter qu'il se trouvera un esprit scientifique , aiguillonné par le souci de percer le secret de cet ouvrage, qui le lira de la première ligne à la dernière, crayon en main, notant et relevant les occurrences de tel mot, telle image, telle sonorité, tel chiffre, échafaudant des hypothèses et faisant les observations nécessaires pour les affiner et les consolider. Un travail de longue haleine, à la mesure du temps investi par l'auteur.
  Mais nous avons vu qu'il faut inventer , pour cette écriture radicalement nouvelle, une lecture capable d'en percer le secret, ou plus modestement d'en donner une vue partielle. J'ai donc opté pour un échantillonnage assez bref, accompagné d'un examen très attentif avec toujours deux idées bien présentes à l'esprit :
 
 1. Philippe Jaffeux nous a révélé que depuis quinze ans il ne peut plus écrire à la main, et depuis deux ans li ne peut plus utiliser le ckavier. Il se sert donc d'un système à reconnaissance vocale pour communiquer avec l'ordinateur. 
2.Cette écriture, apparemment aléatoire et froide , ne peut pas être indifférente à cet état. Bien au contraire, là doit se trouver le principal souci de Philippe Jaffeux, dans sa relation au quotidien, à l'existentiel, à l'ontologique, et notre défi de lecteur est d'en déceler la trace.
 
Voici le premier extrait :
 
La cité est l'ermitage
d'un homme renversé
Sous l'universel mirage
son destin a glissé
 
(chapitre A)
 
  Le Destin. Fatum. L'hostilité du sort. L'homme renversé  sous (enterré, peut-être écrasé) l'universel mirage. La VIE. La vie est un songe, oui, mais tous courent après ce songe et en redemandent, ce qu'ils ressentent est bien réalité. C'est la cité, la vie, le songe, et que reste-t-il à l'homme renversé? L'ermitage. Peut-être cellule, peut-être même prison.

  Curieusement, ces vers sonnent comme un quatrain de Nostradamus.

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