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05 février 2015

Philippe Jaffeux : ALPHABET (2)

 



  


    
      
      
      
         PROJECTION
 
 
 Il est une forêt - ou une montagne, ou un lac... où se cache l'entrée 
du monde  des Idées, ou des Images, ou des Esprits. Rien ne signale ce 
lieu, le chemin en est perdu, et tous les poètes le cherchent.
 
 
 Ce livre, pavé bleu au format 21x29,7 , est peut-être le premier petit 
caillou blanc sur la piste du Tout. Mais sa lecture requiert un abandon 
des habitudes apprises, des automatismes et rituels, au profit d'une 
invention : il s'agit de créer une technique de lecture spécifique, 
nouvelle, totale. En picorant, ou par blocs plus ou moins massifs, en 
humant, soupesant, mesurant, ou encore en contemplant, observant, 
analysant, écrivant...
 
 
 Car ce livre a quelque chose des grimoires magiques, de Stonehenge, du 
"Coup de Dés jamais...", du Yi King, de la Chaussée des Géants, du 
Catalogue de la Manufacture d'Armes et Cycles de Saint-Etienne, de la 
cathédrale de Chartres, du Taj Mahal, des confitures de ma grand mère, 
de la Kabbale, de la danse des Derviches Tourneurs, de l'Indicateur des 
Chemins de fer, des Mantras, du Parthénon, du Land Art, des comptines de
 notre enfance.
 
 
 Car, on l'aura deviné, Philippe Jaffeux est un chercheur d'Absolu, 
comme le personnage de Balzac dans le conte de ce titre, mais un 
chercheur d'Absolu d'un genre un peu spécial, alors que l'Absolu s'est 
lézardé, effrité, effondré,  et qu'il est tombé en poussière. Puisqu'il 
n'y a plus d'Absolu, il l'a créé de toutes pièces.
 
 
 A partir du RIEN, les lettres de l'Alphabet, qui ne veulent rien dire 
(il aime jouer avec le Néant, le Vide, le Silence), il tente de 
retrouver le TOUT, ou de le créer,puisque les lettres de l'Alphabet - et
 les chiffres, n'oublions pas les chiffres - sont à l'origine de toutes 
les bibliothèques ,Nationale, Vaticane, d'Alexandrie, présentes, passées
 et à venir. et que la connaissance de l'Univers - celle à laquelle nous
 pouvons accéder- est censée se trouver là, en acte ou en puissance. On 
comprend pourquoi Alphabet, comme la Connaissance, est un ouvrage en 
devenir, toujours en devenir.
 
 
 Mais là se pose un problème : comment, sous l'apparente impassibilité (
 impossibilité) d'un texte dit aléatoire, issu d'un  chaos assez 
semblable à la soupe primordiale du Big Bang, chemine en secret  un 
mince filet lyrique, éclaté, déconstruit, en lambeaux...du sens, enfin !
 Car le lecteur, incorrigible Coeur, veut du sens ! Dans le désert le 
plus calciné, il veut trouver la source ...

à suivre
 
le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

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