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20 novembre 2014

Une voix du passé

OMBRE

   Des passants. On ne nous reverra pas sur ces routes,/ pas plus que nous n'avons revu nos morts / ou seulement leur ombre...

                       Philippe Jaccottet
                   A la Lumière d'hiver,
Poésie / Gallimard p 117


  Pas plus que nous n'avons revu nos morts...
  Et pourtant...

  J'ai ouvert un gros cahier. Mon père y a couché ses souvenirs.Son histoire. Ses pensées.
  Il a écrit soigneusement, comme toujours. Son écriture patiente et régulière d'instituteur du vieux temps.
  218 pages. Recopiées avec soin, patiemment, en plusieurs exemplaires. Toujours 218 pages, sauf pour quelques cahiers, sans doute des ébauches, qui en comptent un peu moins.
  J'en ai lu quelques passages.Il a écrit pour nous, ses enfants et petits-enfants.J'ai lu, et il était là. Mon père était là, à côté, ou derrière mon épaule.J'entendais sa voix. La voix d'une ombre, une ombre qui parle.
  Je vais lire les 218 pages.Et puis je vais les distribuer à celles et ceux qui l'ont connu. C'est ce qu'il aurait voulu.

         27 août 2014

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