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04 juillet 2014

Chaque jour

 

Une (un?) interview très intéressante du poète tchèque - mais qui écrit en français ! J'admire... - Peter Kràl.
http://www.lmda.net/mat/MAT02394.html
 
Egalement une présentation dans l'anthologie permanente de Poezibao. Poète du quotidien, de la grisaille, du minuscule... Une bonne démonstration poétique - et éthique - pour qui aurait tendance à penser dans le majestueux et l'héroïque... En voilà un qui ne doit pas suivre la coupe du monde de football ...


 
Sûr, je ne sais pas plus qu’avant 
ce qui se passe, j’ignore toujours les résultats 
comme l’existence même des match, des élections – 
        Ne sais rien, toujours, 
sauf l’éparpillement distrait des miettes et des bouts 
de papier, alentour, l’engourdissement du livre déposé 
        dans la poussière, 
la complicité d’une cendre pour le cendrier qu’en 
tombant elle a évité de peu, la soif de la nappe pour ma 
        goutte de rouge, la fuite de la face 
sous le visage, le crampon de fer au fond du corps 
        incertain, 
l’éclair qui manque, la nuit, dans l’intime échancrure 
        des villes 
entre deux blêmes murets humides ; 
rien, sinon le frémissement d’une vie absente en toute chose 
et le clair ruissellement d’eau dans les brèches.  
 
Peter Král, in Pascal Commère, Petr Král, collection Présence de la poésie, Éditions des Vanneaux, 2014, pp. 244 et 253 

 
 
Petr Král dans Poezibao : 
bio-bibliographie,, extrait 1, présentation de Pour l’Ange, autour de Pour l’ange (Prix des découvreurs), par Bruno Fern
 

le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

Commentaires

Oui, j'avais lu ce texte de Petr kral dans l'anthologie de Poezibao; c'est une écriture qui va au simple, au quotidien, au presque rien, mais d'une humanité profonde...Du coup, je suis allée lire l'interview dans MDA (merci). et j'ai retenu "ancrage de la pratique poétique dans la finitude, en opposition à la volonté d'un ailleurs".
Chantal

Écrit par : chantal | 04 juillet 2014

Oui, je reprends ta citation :
"ancrage de la pratique poétique dans la finitude, en opposition à la volonté d'un ailleurs".

C'est ça, et c'est plus que ça . Si on prend, par exemple, les deux derniers vers ;

rien, sinon le frémissement d’une vie absente en toute chose
et le clair ruissellement d’eau dans les brèches.

Où on trouve, d'abord, une "vie absente" qui "frémit" ( comment fait-elle? ." Vie absente" qui évoque forcément "La vraie vie est absente", sauf qu'ici il n'y a plus de vraie vie ! Et; juxtaposé "le clair ruissellement d'eau dans les brèches". C'est de la vie, ça. Tafraîchissante, claire, mobile. Mais... "dans les brèches". Quelque chose de cassé.
Maintenant, si on replace ces notes dans l"ensemble du poème, on voit une nette progression. Cachée, discrète, mais nette, une affirmation de la "vie" et de la "brèche". Un poète qui me plaît beaucoup !

Écrit par : Orlando | 05 juillet 2014

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