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04 juin 2014

Lectures contemporaines : Patrick Beurard-Valdoye (1.35)


Réflexion faite, il faut laisser à chaque texte le domaine qu'il s'est choisi. "Lyre dure" , c'est vraiment, comme dit le jargon informaticien, du hardware, du travail technique de poétique pure et dure, alors que l'extrait que nous venons de lire du "Narré des îles Schwitters", c'est plutôt un métissage, et un tissage, de romanesque, de poétique, de biographique. Un genre hybride que les contemporains adorent... Mais attendons l'extrait suivant, trouvé sur Poezibao, nous pourrions avoir des surprises ! Le voici :




1
 
CENDANT allègres en avant arpentant portant pas lourd
    plaquant pente laissant la kirke (l’église trad.) empruntant Moldeli
    etikett rang de jaune forsythia les cerisiers au point de fleurir
    grimpant rue Langmyr jusqu’au pont à main gauche bonbons ifa
    enfilant la lente sente en blancs bouleaux remontant
    la Molde virulente
 
la longe crescente début ultimes maisons sur la butte pakett
    de sigarette prince rain primes violette sous émondes
    avant-bois abords tout droits avant que s’effiloche le milieu du temps
    noisetiers à gauche du sentier halte pour une bronde fraîche
    un bon bâton de marche pointu – année de noisettes
    année de fillettes – c’est parti voilà l’autre monde plume de
    geai (stries du geai noir blanc bleu ourlé de blanc) l’ombre
    respirée sous bouleaux et sapins l’eau en contrepoint
    entendue bien entendu au fond à main droite anémones
    en fleurs massifs à brimbelles de part et d’autre en avant
en avant un chablis barre le chemin ensuite un caus brisé rachié
    « une cathédrale » dans la cathédrale tout un arbre momie une
    âme d’arbre « une cathédrale » – non disdon une domkirke –
    blanc de bouleau croisée de grapillons les chemins se
    bifurquent sous Damefallet (la cascad des dames trad.)
    forêt réitérée le raidillon se dilate graniteux racineux
    d’ossements de monts arrêt cœur battant qui bat qui bat en
    arrière rien encore à venir là-devant Høyer-Finn ressemblant
    au héron – Héron-Fin – imitant la scie Schwitters si taillant
    sa baguette de noisetier la cernant ziuu ennze ziuu ennze
    (prouesse) plus haut le flanc dégarni reprise des deux jøtuls
    de plus belle Schwitters chancelant sa proue de semelle
    gauche décollée sous cuir rouge cette fois pas de liant à collage
    (eau + farine huile sucre café ne se conservent pas l’hiver)
les bruyères (Erika, trad.) substituées aux brimbelles les bouleaux
    au fur plus malingres – brohons – blocs de pierre
    heurtant les pieds les écoules obligeant aux écarts le cœur
    qui va qui va vitesse grand V doublevant essoufflement
    émouvement – c’est quoi un paysage émouvant ? – les
    dégoulines assoiffent la montagne transpire blouse de boue
    bleue du gris granite filets layons d’eau chuinteuse qui
    sourdent de trous d e vie renouveau vigueur du printemps humilité
    issue de l’humus eau touchant terre et touchant air à son tour
    sans contour la Molde oubliée revient en force bien entendue
    (à la rigueur) le chemin s’en rapproche grave
    traversée pierre par pierre elle rhée avec fermeté le flanc
    s’est dénudé le ru roule en spirale les r de roches (accent hanovrien)
    e relief reparaît asséché Schwitters en arrêt
    etourné tout retourné contemplant son île –/ i /reflet du je
    au Romsdal – le galbe à son aile droite d’un iota cachée
    par l’arête au premier plan
[…]
 
Patrick Beurard-Valdoye, Le Narré des îles Schwitters, Al Dante, 2007, p. 39


 
le blog de la Micronésie poétique
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Commentaires

"doublevant, essouffement, émouvement"...marche haletante, saturée. Tissage, métissage, c'est vrai qui correspond à une recherche contemporaine. je suis allée voir sur Poezibao ce qu'en dit F. Trocmé, très admirative.

Écrit par : chantal | 12 juin 2014

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