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28 mai 2014

Dialogue (5)

sur sitaudis

 

La danse d'Echo. par Oscarine Bosquet

Narcisse t'a laissé une voix pour que résonne
chacun de ses mots
fait ton corps
écho
le rythme
de ses tendres ordures articule
les os de ton squelette
décale aux hanches tes pas
tu boîtes
sans comprendre
les mots que tes os
dansent pour lui.


Escandille
C'est là ou on se sépare de son image..le corps est en dissonance avec le mental?
La composition du poème est bien structurée,avec un rythme dynamique comme une boucle parfaite. Le poème est plein d'allégresse pour "une danse" des os qui n'est pas" macabre".



Orlando
Oui, l'idée du corps est centrale, mais je n'y vois pas une dissonance, plutôt une relation de communication : le texte nous dit que les os sont chargés de traduire en mots  la parole de Narcisse. Mais cet effort ne va pas sans... dissonance, puisque "tu boîtes", puisque cette "voix"  "décale aux hanches tes pas" . Chez Bernard Noël on trouve cette même relation très marquée du poème au corps, et surtout aus os .
  Noter aussi que le poème est un rapport du Moi à lui-même (Narcisse) , ce qui pourrait faire une bonne définition de la poésie lyrique.

 

 

 

E.

Voici en écho le poème de Juan Gelman dont on avait parlé il y a quelque temps:

Verdad es
 
Cada día
me acerco más a mi esqueleto.
Se está asomando con razón.
Lo metí en buenas y en feas sin preguntarle nada,
él siempre preguntándome, sin ver
cómo era la dicha o la desdicha,
sin quejarse, sin
distancias efímeras de mí.
Ahora que otea casi
el aire alrededor,
qué pensará la clavícula rota,
joya espléndida, rodillas
que arrastré sobre piedras
entre perdones falsos, etcétera.
Esqueleto saqueado, pronto
no estorbará tu vista ninguna veleidad.
Aguantarás el universo desnudo.
 
Juan Gelman


O.
Je tente une traduction - sans dico- comptant sur Escandilla pour guider mes pas hésitants :
 

 



C'est vrai

Chaque jour davantage
J'approche de mon squelette
il se montre avec raison
je l'ai mis dans les bonnes et dans les moches sans jamais rien lui demander
et lui toujours en train de me questionner sans voir
comment était la chance ou la malchance
sans se plaindre, sans
distances éphémères de moi.
Maintenant qu'il ôte presque
l'air tout autour,
que pensera la clavicule cassée,
bijou splendide, genoux
que j'ai déchirés sur des pierres
entre de faux pardons, etcetera.
Squelette sorti, rapidement
aucune velléité ne troublera ta vue.
Tu saisiras l'univers nu.


( quelques erreurs, sans doute. Mais c'est magnifique ! )

 

le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

Commentaires

très beau poème, merci,
Ch.

Écrit par : chantal | 30 mai 2014

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