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26 mai 2014

Lectures contemporaines : Patrick Beurard-Valdoye.(1.34)

Suite du commentaire
(un bilan provisoire : Nombreux effets poétiques, mais la trame narrative est trop forte pour que le discours puisse être tenu pour autre chose que du récit , du roman - poétique, à la rigueur... )



à l'abri des
tempêtes du monde sa prescience lui indique qu'il portraiture
Helma pour la dernière fois une tension silencieuse les unit
autant qu'elle s'acharne à les éloigner un silence du même
ordre que le mutisme de la nuit dissimulant un secret toute île
est mystère épié espionné par d'étranges vaisseaux d'invisibles
sous-marins sur quoi il vaut mieux fermer les yeux (PBV s'efforce de créer une atmosphère mystérieuse et menaçante... Je trouve ses efforts un peu laborieux, mais c'est peut-être seulement mon sentiment...)

le tablier d'Helma par-dessus le damier du chemisier mains jointes
posées sur les genoux que fixe-t-elle absente regarde-t-elle
la cahute ? rien n'est plus proche que le monde intérieur
noué débordant d'indicible à l'orée de la mélancolie Helma
miroir du dedans tout le reste hormis la cahute empli du
mutisme cette colère du hors d'eux assourdie par
la pluie le soleil est bien de leur côté l'île-du-cœur (la métaphore de l'île s'enrichit d'un élément : le coeur) demeure un soleil
tant qu'Helma reste ici rien n'arrivera tant qu'il peint son aura
au bord de la fenêtre tant que le cœur tient d'ailleurs
bon signe le chat est encore monté sur ses genoux ce matin
à cette même place quand on songe que l'auguste et
dégénéré W s'est assis là et qu'à présent c'est le peintre-princier
qu'on traite de dégénéré là-bas Schwitters trempe le pinceau dans
un peu de rouge pour signer en bas à droite KS 39 ( nous voilà renseignés sur l'année : 1939 )


bon bain bon repas à l'hôtel Alexandra le dimanche le tout
troqué en tableaux mais d'abord la correspondance en attente
les bavardages avec Rasmussen bons contacts avec
touristes copie de poèmes sur papier à entête et le soir
rendant visite à ses amis Schwitters s'y rase et mange les
harengs marinés au vinaigre de madame Falkenthal dont il
raffole (tableau intimiste : un exil qui ressemble à des vacances...) le voilà hors de lui affolé rumeurs : serait un espion
allemand Falkenthal l'a entendu dire [Schwitters] Tu me crois
espion ? [madame Falkenthal] Si tu l'étais ça ne se verrait
pas sur ton visage c'est vrai un espion ne ressemble
jamais à un espion mais s'il s'agit de Schwitters ne pas se
faire de bile plutôt voir avec le chef de la police comment
couper court à ce bruit
la police l'avait déjà soupçonné mais Falkenthal Hoel H¯yer-Finn
et d'autres avaient témoigné - une expérience
enrichissante - Nous jouons nous jouons le gros lot est un
élégant lion (???) ou une convocation au poste(Comment peut-on qualifier "une convocation au poste" de "gros lot" ? ) Nous jouons
jusqu'à ce que la mort nous emporte

Résultat : A mon avis, le bilan provisoire se confirme : nous sommes dans un roman ( ou une biographie, une biographie romancée... ) teinté de notes poétiques. O.



 

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