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29 avril 2014

Lectures contemporaines : Philippe Beck (5.17)

Quelques commentaires :





XXI. Job fume d’impatience fleurie.

  le sans reproche ;
« également partagés d’ombre et d’immensité » (Faulkner) //

Le titre est un bel exemple de déconstruction; en même temps que de syncrétisme : des éléments venus d'isotopies diverses se recombinent, pour former une image apparemment dépourvue de signification mais non de charme.Le "sans reproche"  pourrait faire signe au "chevalier sans peur et sans reproche", mais Job n'est pas dispensé de la peur, et on ne voit pas ce que Bayard vient faire dans ce tableau biblique.Belle citation de Faulkner , participant à un décor d'images somptueuses (comme
Job est un château en Espagne aux bords de falaise. (En l’air du rebord.)
ou
La gratuité ? L’amour gratuit à bouche d’épée ? )
Noter l'interrogation, figure très souvent mise en oeuvre dans ces poèmes, comme pour nous signifier qu'il faut chercher, que l'auteur n'en sait pas plus que nous.


Un tas de rose fume. 
Un tas d’érable pilé fume. 
Un tas de fumées en éprouvante

déconstruction : les tas matériels ( de rose, d'érable...) deviennent "tas de fumées"
syncrétisme lexical : le mot-valise



écarte des cinq cents paires de bovins, 
sept mille ovins, trois mille chameaux, 
cinq cents ânesses. 
Et une domesticité fort nombreuse.


Job était très riche, puis il a tout perdu, y compris sa famille, se retrouvant pauvre et abandonné


Et une domesticité fort nombreuse. 
Et une solidité nombreuse,  
une limpidité solide,


Le suffixe "ité" semble faire le lien.
Glissement déconstructif : on passe d'un assemblage plausible ( domesticité nombreuse) à d'autres parfaitement improbables.



Et un fort à fumet de rose. 
Un frémissement gratuit ? 
La gratuité à vie de prier, de ne pas craindre l’écart ? 
La gratuité ? L’amour gratuit à bouche d’épée ? 
Je parlais de l’humilité déraisonnable 
à vouloir engloutir le fadeur de la rose gratuitement. 
Mais elle doit jeter de la poussière sur la rose


Ici c'est la gratuité qui fait le lien. Interrogations. Image fulgurante.

Les paupières de l’aube, les paupières 
de l’aspiration à mieux que des arbres et des derricks. 

Encore une très belle image. Chez Homère, c'est "l'aurore aux doigts de rose".  Choc du mot technique  et de la chronologie : avec "derrick", on fait un bond des temps bibliques à ceux des barils de brut ! Les arbres sont peut être ceux que les monarchies pétrolières font pousser à grands frais dans le désert. C'est peut-être là que tombe en ruines le rêve biblique.


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