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29 avril 2014

Lectures contemporaines : Philippe Beck (5.15)

Un nouveau poème. C'est extrait d' une réédition d'un livre aujourd'hui introuvable. Toujours sur Poezibao

XXI. Job fume d’impatience fleurie.
 
 
Le sans faute ; le sans reproche ; le peureux, d’autres hommes, « également partagés d’ombre et d’immensité » (Faulkner), mais peureux. Voilà une liste d’hommes différents de Job. Job est un château en Espagne aux bords de falaise. (En l’air du rebord.). Il est bourrelé d’un remords incompréhensible. 
 
Un tas de rose fume. 
Un tas d’érable pilé fume. 
Un tas de fumées en éprouvante 
écarte des cinq cents paires de bovins, 
sept mille ovins, trois mille chameaux, 
cinq cents ânesses. 
Et une domesticité fort nombreuse. 
Et une solidité nombreuse,  
une limpidité solide, 
un appétit nullement fantasque. 
Et un fort à fumet de rose. 
Un frémissement gratuit ? 
La gratuité à vie de prier, de ne pas craindre l’écart ? 
La gratuité ? L’amour gratuit à bouche d’épée ? 
Je parlais de l’humilité déraisonnable 
à vouloir engloutir le fadeur de la rose gratuitement. 
Mais elle doit jeter de la poussière sur la rose 
entassée, mais plus brisée en verre, en émotion limpide 
et discontinue. 
Les paupières de l’aube, les paupières 
de l’aspiration à mieux que des arbres et des derricks.  
 
(L’ardeur met à mort le niais, Job, 5,2. L’ami n’est, donc, ni ardent, ni faible.) 
 
Philippe Beck, extrait de Chambre à roman fusible (1997) in Poésies Premières, 1997-2000, Flammarion, 2011, p. 37

Commentaires

L'impatience fleurie!...merci pour les explications, mais c'est quand même difficile....trop d'obscur, quelques fulgurances, mais....

Écrit par : chantal | 30 avril 2014

Oui, je comprends... La lecture est une longue patience, qui demande ce que Boileau ordonne pour l'écriture ; "vingt fois sur le métier..."Cela dit, malgré les obscurités, de nombreuses et obstinées lectures laissent une marque lumineuse. Incontestablement, cette écriture a une forte présence.

Écrit par : Orlando | 02 mai 2014

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