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27 avril 2014

Lectures contemporaines : Philippe Beck .(5.14) Dialogue

Escandille

"Boeuf médusé"pour commencer et "boeuf Peuplé" pour clore le poème! Avec ce ton déclaratif: "Je veux parler de..." Cela me laisse perplexe.
les procédés sont les mêmes: les entités nommées avec une Majuscules, protagonistes du poème en quête de sens(enfin ça c'est moi plutôt!), "Question", Silhouette", Passé", "Paysan Dominant", Sphère"
Et puis les mots qui ricochent comme nous l'avons déjà soulignés comme un jeu:

"
Silhouette nourrit
les vers à soie de Passé. 
Et Passé éprouve un besoin hérité 
de retourner 
la terre versée en l’absence 
de Paysan Dominant. 
Car absence est ici 
présence concentrée et déléguée."

 et le "racadémique", procédé déjà vu aussi


Variation XIII 
Je veux parler du Bœuf médusé. 
Il est renversé. 
Un mobilier impressionné. 
Il s’appelle un poète ? 
Question. 
Silhouette nourrit 
les vers à soie de Passé. 
Et Passé éprouve un besoin hérité 
de retourner 
la terre versée en l’absence 
de Paysan Dominant. 
Car absence est ici 
présence concentrée et déléguée. 
Terre est posée en tournant  
sur la Sphère. 
Charrue d’époque, racadémique, commande 
le discours du Bœuf Peuplé. 
(…)



Orlando

Perplexe . Oui, moi aussi , un peu. Comme tu l'as bien vu, on retrouve des procédés déjà vus, mais justement un peu trop "procédés", un peu trop "déjà vus". L'humour rattrape un peu la sauce " Boeuf médusé", "il s'appelle un poète?"... mais enfin, c'est un peu maigre.Les phrases déconcertantes ne semblent déboucher sur rien.Disons à la décharge de PB que ces vers datent de 2001, alors que Prologue; qui nouq a bien plu, est de 2009 : peut-on considérer qu'en 8 ans, le poète a amélioré sa technique?
 

Escandille

Je trouve que c'est jargonnant. La fin peut être ouvre sur une idée qui reste à développer..
"Le Non
au pur devoir de diversion
est un problème musical.
De la médecine musique."
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Et la prose
 
Prose :
de la masse absorbante
supposant trop les nerfs
fragiles de l’enfantine poésie ?
De la poésie enfantine d’aujourd’hui ?
Véhicule insouciant
véhiculé.
Ce qui est serré
et qu’aère la poésie,
ou la trame sérieuse
de la vie dont les mailles
sont assouplies ou bien relâchées
par de la poésie oxygénée ?
 
La vertu est prose,
et l’innocence est poésie ?
Hum.
Le monde des corps est prosaïque
et l’espace est poème du commencement,
puis, quand formé, p. de la fin ?
Donc, la santé vraie est prose ?
Et la poésie médicament ?
Mais la santé absolue
est absolument prosaïque,
et il n’y a plus la poésie
si tout est santé
paradisiaque (hypothèse d’alcool),
car les divertissements règnent
là-bas, sans délai.
Là-bas = absolu pays des jouets.
Des poupées.
Le Non
au pur devoir de diversion
est un problème musical.
De la médecine musique.
 
Philippe Beck, Poèmes didactiques, Théâtre typographique, 2001, p. 119.
 
 

Orlando
Jargonnant? Je ne trouve pas... Mais ânonnant, rabâchant, divaguant, oui. Une poésie parlant de la poésie, c'est un serpent qui se mord la queue, une page blanche prise de vertige devant le reflet de son vide. Meschonnic, dans un livre brillant mais très controversé, "Célébration de la Poésie", et aux vues souvent justes, dit ceci (je cite de mémoire) : 
 
"Aujourd'hui le poème meurt d'amour de la poésie".
 
  Quelques bonheurs d'écriture tout de même ; comme 
 
Mais la santé absolue
est absolument prosaïque,
et il n’y a plus la poésie
si tout est santé
 
ou
 
car les divertissements règnent
là-bas, sans délai.
Là-bas = absolu pays des jouets.
Des poupées.
 
  Mais c'est peu !
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le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

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