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25 avril 2014

Lectures contemporaines : Philippe Beck (13)

Cette omission des déterminants est remarquable et semble évoquer un langage primitif. de même la logique chaotique de certaines propositions ,( le premier vers par exemple), de même les néologismes,( 'terribilités", par exemple, ou Rhumain, qui rappelle Roubli , vu dans Prologue). Le vers "Bois et fer lugent le bois. " est  frappant : on dirait qu'on recherche l'expression la plus condensée, le plus de contenu dans le moins de mots ! Dès le début, on est dans une vision enfantine, confirmée par le surgissement d'éléments de conte..
 En allant un peu plus loin, on peut se demander ce qui peut bien se cacher sous cette façon d'expression... Une parole divergente, qui cherche autre chose que le parler-tout-le-monde, comme celle  de

-Mallarmé : l'hermétisme, le langage initié
-Denis Roche : la provocation, pour épater le bourgeois , et attirer les projecteurs
-Artaud , avec les "glossolalies : la véhémence accusatrice, d'autres disent la folie

 -Dada : le non sens protestataire, principalement contre l'atrocité de la "grande guerre"
-Michaud : l'invention d'un langage ("le Grand Combat" ), comme pour repartir de zéro.
-Ghérassim Luca : La litanie, l'incantation presque primitive, à la limite du bégaiement.
-Céline : l'anarchisme tous azimuts
-Valérie Rouzeau : le ressourcement dans l'enfance ( dans "Pas revoir" par exemple, après la mort de son père. ) Notre amie Cécile Guivarch a été un peu dans cette veine je crois.


  On voit que, souvent, le parler poétique remet en question le langage usuel, portant atteinte à la syntaxe, et/ou au lexique. Mais pas toujours : le langage d'un Lautréamont, d'un Bonnefoy, d'un Jaccottet, d'un Goffette  est tout ce qu'il y a de plus sage dans sa forme : ce qui ne signifie pas qu'il ne cache pas une révolte !
  Et notre Philippe Beck, dans tout ça ? Eh bien, dans 72.Neige, on perçoit clairement le retour à l'univers de l'enfance; mais, à la différence de Valérie Rouzeau, sans mimétisme du langage enfantin.

 

le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

Commentaires

j'aime beaucoup ce texte même si plein de zones obscures subsistent, mais il me parle vraiment. D'accord avec toi pour langage primitif dans l'absence de déterminants mais aussi cela crée des entités qui correspondent à l'imagerie du conte.Et colle aussi à notre imaginaire. J'adore "terribilité"! Par contre je ne comprends pas:"Durabilité de la neige demande une critique?" Est-ce que là on revient au monde adulte?...

Écrit par : ravel | 25 avril 2014

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