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22 mars 2014

Lettres d'Aragon à André Breton

 

  Aragon et le communisme... une histoire compliquée. Et des rapports orageux entre les intellectuels et le communisme... Alors, quelques mots.
  Beaucoup d'écrivains, de poètes, de savants et d'artistes se sont intéressés à l'URSS dès la révolution d'octobre 1917, dans laquelle on voyait un grand espoir pour la libération des peuples. Et dés le début aussi, ils se sont éloignés de façon plus ou moins fracassante. Gide par exemple a fait beaucoup de bruit avec son "Retour d'URSS" dans lequel il clamait ses critiques et  sa déception. Aragon, lui, est resté jusqu'à la fin. A sa mort, il était toujours membre du Comité Central, un peu tenu à l'écart, certes, mais tout de même...Comment s'expliquer cette ...longévité?
  Il n'y a pas d'explication simple; d'autant plus que tout le monde n'a pas tout dit, à commencer par Aragon lui-même, mais tentons quelques éclaircissements.
  D'abord, il a pu penser que le communisme était fondamentalement bon, libérateur , juste, mais qu'il avait été détourné de ses vrais buts par des dirigeants mauvais. Et puis, Aragon plaçait au plus haut une vertu, la fidélité - au dire de Breton lui-même. Deux points qui suffisent peut-être pour comprendre cet attachement sans faille. Mais il y a plus. Le régime soviétique a commis bien des crimes, , mais le camp d'en face, qui aime bien se donner en modèle de démocratie et de droits de l'homme, n'est pas en reste : Hiroshima, Guantanamo, Rwanda, régimes fantoches et sanglants mis en place en Amérique Latine, en Asie par les Etats Unis, en Afrique par la France... Il est vrai qu'on fait souvent faire le sale boulot par les autres... Bref, les crimes du régime soviétique n'étaient pas une raison suffisante pour abandonner le communisme, considéré comme la seule voie pour briser les chaînes...Ajoutons qu'Elsa Triolet était là , avec son regard d'acier, et qu'elle n'allait certainement pas laisser son Louis prendre le large.
  Et pour terminer, une chose que je devinais mais qui s'est précisée : Aragon, doté d'une forte personnalité, impérieux, colérique, exigeant, avait pourtant besoin d'une autorité, d'un leader à suivre - pas toujours aveuglément,  car il aimait à s'affirmer. Par exemple, son amitié passionnée,et même amoureuse, avec Breton, a été parsemée de conflits, de brouilles, de désaccords. Eh bien, le communisme a été son second gourou, après Breton. Et cet attachement a été également orageux, on se souvient du portrait de Staline par Picasso publié à la mort du "petit père des peuples" dans "les Lettres françaises", dirigées par Aragon, et qui n'avait pas eu l'heur de plaire au Comité Central... Aragon maintint son point de vue en prenant la défense de Picasso.


  Voilà,la page est tournée. A bientôt pour d'autres lectures.O.

PS : Vu le nombre de fois que j'écris le mot "communisme" dans ce texte, nul doute que Google et la NSA vont le scruter à la loupe ...

chaque jour

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Sur Lyrikline
un poète chinois
extrême simplicité des moyens
impression forte !
On est sans doute dans un rêve, un cauchemar en vérité. Un disciple de Freud serait le bienvenu, ici...
La traduction me semble très approximative, mais si j'essayais, ce serait bien pire...
Bonne lecture.O.
 
 

乌鸦 / Wuya

有一天,在小学课堂,
我学会了这个名词。
那天晚上我看见它的黑色翅膀
从天空分离,像一个降落伞
带着飞翔的感觉落下,
罩住妹妹和我的身体。
唉,妹妹从院子里的核桃树下
迟疑地走进她的卧房,
走进一只巨大乌鸦的嘴里。
后来在异乡,在旧建筑的废墟
在我心脏的墙壁我看见鸦群
蓦然起飞如同死亡的预感
如同乌云一团,就想起妹妹。
她和一个男人结了婚,
在乡场惟一一条短街,
一个杂货铺里。
                                               
(1997.1.19)
© Xiao Kaiyu
Extrait de: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Publié: 2000, Gongren
Production audio: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin
 

LE CORBEAU

Un jour , dans une classe de l'école primaire ,
j'appris ce nom commun .
Le soir même je vis ses ailes couleur noir
se détacher du ciel , semblable à un parachute
qui descendait donnant l'impression de tournoyer dans les airs ,
recouvrant mon corps et celui de ma petite soeur .
Hélas , ma petite soeur alla du noyer de la cour
En hésitant jusqu'à sa chambre à coucher ,
jusque dans le bec d'un corbeau géant .
Plus tard dans un pays étranger , dans les ruines de vieux édifices
sur les parois de mon coeur je vis une nuée de corbeaux
qui soudain s'élevait comme un pressentiment de mort
comme une masse de nuages sombres , je me mis à penser à ma soeur .
Elle s'était marié à un garçon ,
dans l'unique petite rue du village natal ,
dans une boutique d'articles divers .
( 19 . 1 . 1997 )
 

le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/

03 mars 2014

Chaque jour

 
A la Gare de Lyon quelque chose dans la foule
dans le bruissement de chaque univers
un instant d’énergie plus dense ou que sais-je
traversait les voyageurs s’épuisait au ras des semelles
un souffle souillé de poussière une annonce
rôdeuse pétrie de minuscule humanité.
Venait-elle de l’horloge dressée dehors
ou d’une autre plus incertaine ?
Pareils aux oiseaux qui volent sous la verrière
les départs s’élançaient
et donc il y avait cela au milieu des voyageurs
qui ne semblaient pas voir
dans le métal des chariots et des trains
une chose issue de la foule
et la pénétrant d’un peu de lumière

Annie Salager
( sur son site)

Annie Salager vit à Lyon. Poezibao rend compte de la sortie de son dernier livre,

 http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/02/anthologie-permanente-annie-salager.html