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29 janvier 2014

chaque jour

Parlons d’autre chose pour ne plus voir 
Sous un ciel gris mauve fendu d’un peu de pluie 
Un tout petit enfant s’appliquant à ranger des pétales de roses le long 
D’une ligne de cendres 
 
Parlons de l’averse de la couleur des marbres 
Des croix des concessions en maisons miniatures 
Tout cela sur quoi l’œil flotte sans parvenir à se poser 
Sans qu’on distingue les visages embués non plus qu’au bord des cils une poudre d’eau grise 
Ni les corolles des parapluies cachant la foule dont on n’aperçoit plus 
En dessous qu’un jardin de jambes dissemblables 
 
Parlons du métro dont l’enseigne clignote sur une place ronde 
En bas de la pente où chacun reconnaît 
Des commerces une boutique de fleurs en pots et deux ou trois cafés 
Prévus pour les familles le temps que met un corps à se consumer 
 
Parlons des terrasses criblées de feux vaguement bleus par les lueurs hauts perchées 
Des réchauds à gaz à destination des fumeurs 
Où si l’on disposait sans doute d’un œil d’aigle on verrait comme ici 
Dans des récipients publicitaires vantant tantôt des bières tantôt de célèbres sodas 
Au bout des braises là-bas tomber aussi des cendres 
 
 
Olivier Barbarant, Élégies étranglées, Champ Vallon, 2013, pp. 31 et 55

 
 
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