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28 octobre 2013

Lou Reed, Velvet Underground, Andy Warhol etc...

  Toute une époque... ses espoirs, non, sa désespérance, cachée sous la poésie... Lou Reed est mort
  Un article du "point", avec une vidéo, et des commentaires de lecteurs, souvent intéressants. J'aime bien, en particulier, celui de "sceptique" !
.O.

 

 
Lou Reed, le Godfather of punk, l'Ange noir du rock, est décédé dimanche matin à 11 heures, heure locale, à l'âge de 71 ans. C'est le magazine Rolling Stone qui a annoncé la triste nouvelle quelques heures après. L'agent du chanteur Andrew While a confirmé au Guardian le décès de l'artiste emporté après des complications à l'issue de sa greffe du foie subie au printemps dernier. Quelques heures avant qu'il ne parte, ses comptes officiels Twitter et Facebook avaient publié un dernier message, intitulé "La porte" : une photo d'une affiche le représentant, collée sur l'entrée d'un bâtiment. Lou Reed restera un véritable exploit de longévité si l'on considère que, dans les années 1970, il occupait chaque année avec Keith Richards les premières places du classement des personnalités ayant le plus de chances de mourir dans l'année.
Lewis Alan Reed est né le 2 mars 1942 à Brooklyn, New York, dans une famille d'immigrés juifs. Effarés par les penchants artistiques du jeune garçon qui s'intéresse au rock and roll et au jazz et surtout par ses tendances homosexuelles, ses parents lui font subir à dix-sept ans des séances d'électrochoc. Cela provoqua un traumatisme énorme auquel il fera référence quinze ans plus tard dans la chanson "Kill your Sons" et des colères et une violence qui alimenteront des poèmes provocants au réalisme cru qu'il mettra plus tard en musique avec son groupe le Velvet Underground.

La fièvre glauque du Velvet

Formé en 1965, le Velvet fut découvert et lancé par Andy Warhol, qui l'invitait à jouer dans tous ses happenings. Au début, ce n'était qu'un groupe new-yorkais de plus, ils ne se posaient pas en fines gâchettes du manche, ils jouaient plutôt brouillon, approximatif, les doigts rataient fréquemment les notes, les plantages étaient légion, mais ils étaient propulsés par une fièvre glauque, une énergie sournoise qui balayait tout comme une lame de fond. Elle trouvait sa puissance dans ces poèmes aux images si fortes qui chantaient la rue, la défonce, la perversion, le sexe. Que des sujets tabous, honnis par une Amérique prude qui supportait qu'un Dylan lui dise qu'elle faisait n'importe quoi au Vietnam, mais qui ne voulait surtout pas entendre un homosexuel drogué lui raconter que ses grandes villes sombraient dans la perversion !
Les chansons les plus dures de Lou Reed ne furent guère prisées aux États-Unis, mais eurent une influence énorme sur la nouvelle génération de musiciens britanniques qui émergeait. Et si Lou Reed fut appelé Godfather of punk vers la fin des années 1970, c'est bien parce qu'il fut d'une certaine façon à l'origine de cette révolution brouillonne et désespérée qui se retrouvait bien dans l'univers désespéré et sans futur de Reed. "Heroin", "Waiting for my Man", "Sweet Jane", "Vicious" sont autant de chansons qui créèrent un genre nouveau : le romantisme trash. "Il n'y avait rien de romantique, là-dedans, nous disait Lou Reed. Nous étions sales, défoncés à mort, désespérés quand on n'était pas défoncés, nous mangions mal, étions mal logés et on baisait n'importe comment. Il n'y avait rien de romantique à se les geler au coin d'une rue en pleine nuit en priant que ce connard de dealer se pointe et qu'il veuille bien faire crédit." C'est pourtant cette image, mise en paroles et en musique dans "Waiting for my man" qui bouleversa à l'autre bout du monde les adolescents britanniques.
REGARDEZ - Le Velvet interpréter "Heroin" :
 

Le tube "Walk on the Wild Side"

En concert, Lou Reed, dans une mise en scène violente et grand-guignolesque, mimait chaque soir l'overdose dont il était sûr qu'elle l'emporterait un jour. "Je jouais les personnages de mes chansons, dit-il, mais j'étais également, bien sûr, certains d'entre eux." Lou Reed quitte le groupe en 1970 pour entamer une carrière solo et, en 1972, un tube mondial devenu aujourd'hui un classique, "Walk on the Wild Side" (dont le solo de saxophone est joué par David Bowie), sort son créateur de l'underground new-yorkais où il évoluait jusque-là pour le propulser sur la scène pop internationale. Mais cela crée un quiproquo artistique qui déséquilibrera sa carrière et ses rapports avec le public. Alors que celui-ci attend d'autres titres similaires dans la lignée de ce tube, Lou Reed enregistre Berlin, album lugubre reconnu aujourd'hui comme une des oeuvres majeures du rock, mais qui fut à sa sortie un bide, laminé par la critique et boudé par le public.
Les années 1980 marquèrent la métamorphose de Lou Reed, il laissa tomber les tenues de cuir, le maquillage, les ongles peints en noir, l'alcool et la drogue. Il cessa d'être l'image du rock and roll décadent, l'apôtre de l'autodestruction. Reconnu et fêté par un establishment qui le vomissait autrefois, récompensé régulièrement pour l'ensemble de son oeuvre, Lou Reed ne s'est pas pour autant décontracté. Est-ce avoir frôlé tous les dangers, commis toutes les outrances, flirté avec la mort qui le transforma en homme taciturne, âpre au gain, méfiant et d'abord peu agréable ? Il ne souriait jamais, affichait ouvertement son mépris et sa détestation du monde et continuait sur le plan de la créativité à explorer des chemins toujours sombres et morbides. En 2008, il avait épousé Laurie Anderson, sa compagne depuis le milieu des années 1990. Il s'était produit en 2011 au festival des Vieilles Charrues, où il avait dédié "Femme fatale" à Amy Winehouse, et avait la même année enregistré avec le groupe de hard rock Metallica.
REGARDEZ - Lou Reed interpréter "Wlak on the Wild Side" :

13 Commentaires

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LOLO23 le 28/10/2013 à 07:58  Signaler un contenu abusif

Lou

Je confirme, pas commode lou reed, mais, qui a envie de sourire à tout bout de "chant" ? Le son suffira, apprécié avant sans vidéo, il le sera encore et encore, peut être sourit il enfin ou il se trouve pour toujours. RIP LOU.
Yvan Shadok le 28/10/2013 à 07:52  Signaler un contenu abusif

Pas de nostalgie

Je n'ai aucune nostalgie de cette époque. Lou Reed, paix à son âme à véhiculé, comme beaucoup d'autres disparus, une idéologie suicidaire et mortifère qui se voulait " libertaire " dont pouvons aujourd'hui mesurer les ravages dans les esprits, les corps et les âmes.
Michel800 le 28/10/2013 à 07:44  Signaler un contenu abusif

Lou Reed, décédé à 71 ans... ?

Mon dieu comme le temps passe vite ! Lou Reed, l'Underground de NYC à l'état pur. Les années 70... Mes années de fac, mes années de "carabin" dans l'amphi en pleine révision, avec "Walk on the Wild Side" (et ses chœurs en refrain) et Vicious", je les ai écoutés des millions de fois... Quelle tête magnifique il avait (même défoncée) avec ses Ray ban, (il ressemblait à Eddie Constantine vers la soixantaine, je trouve)... Lou Reed, adieu !.
(merci au Point pour la vidéo... J'ai eu la "chair de poule" en la visionnant).
Aux plus jeunes écoutez "Walk on the Wild Side", vous découvrirez ce qu'est le vrai Rock-Jazz américain et surtout la rythmique... Un pur bonheur !.
Et puis quoi encore le 28/10/2013 à 07:24  Signaler un contenu abusif

Chapeau l'artiste !

C'est debout que j'applaudis son départ, comme il se doit. Heureux car je sais tout ce qu'il reste de lui. Sa musique a bercé mon adolescence et a construit ma culture musicale, avec d'autres... Va y avoir de grosses fêtes décadentes la-haut !
Gravigny le 28/10/2013 à 07:24  Signaler un contenu abusif

So long

Triste certes mais il faut aussi écouter le joyeux "bordel" pour ne pas dire le sympathique foutoir de Sweet Jane et là pas une once de tristesse dans l'interprétation de cette ballade.
pasdebord le 28/10/2013 à 01:02  Signaler un contenu abusif

De la peine...

Lou Reed qui s'en va... C'est aussi un pei de moi qui s'en va... Une époque... Je me dis que je ne suis pas loin de le suivre... Rest in peace...
Janis Fuksas le 27/10/2013 à 23:17  Signaler un contenu abusif

Look the way she walks...

Lou Reed, toujours défoncé mais toujours capable de se présenter pile à l'heure aux répétitions et aux concerts. Juste ce qu'il fallait de trash pour impressionner partout, mais juste assez propre pour être invité partout.

Il attendait son dealer au coin de la rue en espérant qu'il fasse crédit mais fréquentait les soirées huppées d'Andy Warhol ou la drogue coulait à flot et gratuitement.

Une vie toujours proche de la mort romantique mais encore bien vivant à 70 ans, mangeant mal, mal logé mais ayant produit des albums avec une régularité d'athlète hyper préparé.

Un peu comme de nos jours Mylène Farmer, qui ne cesse de parler de suicide et de dépression, mais se présente toujours pimpante à ses méga concerts, et ne profane jamais son bilan comptable.
très sceptique le 27/10/2013 à 20:53  Signaler un contenu abusif

Lorsqu'on lit dans l'article...

... "Il ne souriait jamais, affichait ouvertement son mépris et sa détestation du monde et continuait sur le plan de la créativité à explorer des chemins toujours sombres et morbides. " On ne peut pas lui donner tort, surtout compte tenu de ce qu'est le monde en ce moment. Ce devait être un homme particulièrement lucide. Il y a une vidéo de soutien du mouvement occupy wall street tournée avec Philip Glass et avec ce mouvement à New York. Ce qu'ils y disent est d'une grande justesse et profondeur.
jjacolo le 27/10/2013 à 19:44  Signaler un contenu abusif

SAD SONG

Lou Reed avait reçu une greffe du foie il y a quelques semaines.
Surement que le greffon n'aimait pas la poésie.
And the colored girls said " too tootoo ".
griz68 le 27/10/2013 à 19:31  Signaler un contenu abusif

Oui un artiste libre

C'est evident. "Il ne souriait jamais" ; je confirmes pour l'avoir vu en action dans les backstages d'un grand festival, pas commode le gars... Mais en même temps ca fait du bien parce qu'aujourd'hui tous les artistes se sentent obligé de faire le show, de vendre leur truc à tout prix et de paraître cool etc. , avec l'accointance complète des journalistes ; ohhh vous êtes les plus beaux, les plus intelligents, etc.
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