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27 août 2012

Amélie fait de l'humour...

Figaro.fr

  • Amélie Nothomb : hygiène de l'écrivain

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    Par Valérie Lejeune Mis à jour le 24/08/2012 à 18:34 | publié le 24/08/2012 à 18:11 Réagir
    Amélie Nothomb.
    Amélie Nothomb. Crédits photo : Pablo Zamora/S Moda/Editions Conelpa.Stylisme:Francesca Rinciari

    Vingt ans d'écriture, vingt romans, peu d'embarras, du chocolat, des bulles. La frêle Amélie Nothomb est un poids lourd de la plume. Parfois décriée, jamais égalée, elle signe, en cette rentrée, Barbe bleue (Albin Michel), un conte qui se dévore avec un appétit d'ogre.

    Dans le dernier livre de cette Belge prolifique - elle travaille à son 75e roman -, Barbe-Bleue habite, à Paris, un hôtel particulier de la rive gauche et recrute par petites annonces les colocataires qu'il tuera. Charles Perrault à la sauce Nothomb a un parfum délicieux de soufre, d'érudition et d'humour. Avec Saturnine Puissant, son héroïne, l'auteur partage sa passion du champagne (au point d'avoir dédié un réfrigérateur entier au pétillant breuvage), et aussi l'amour des mots. Si les marchés aux puces ne l'ont jamais passionnée, à part une collection de parapluies déglingués, Amélie chine les vocables avec délices. «C'est pratique, on les trouve partout! Le dernier en date? “Infrangible”. Ça veut dire solide.» Comme elle…

    Avec qui partageriez-vous un appartement en colocation?

    Pourquoi pas Woody Allen? Avec un peu de chance, il me jouerait de la clarinette…

    Vous êtes traduite dans quarante-six langues. Laquelle vous manque?

    L'écriture en hiéroglyphes, mais c'est en cours.

    Quels sont vos outils d'écriture?

    Un bête Bic et un cahier ordinaire. Il y a moins de risques à se lancer sur un cahier Clairefontaine avec un stylo à bille que de prendre un vélin et son Montblanc…

    On dit que vous travaillez énormément. Est-ce vrai?

    Oui, j'écris entre trois et quatre romans par an. Mais je n'en publie jamais qu'un seul.

    Que faites-vous des autres?

    Je les garde. Ce sont mes enfants aussi. Je les mets dans des boîtes à chaussures. Deux fois, j'ai été cambriolée, mais les voleurs n'ont pas touché aux boîtes. Vous savez ce qu'ils ont pris? Du maquillage!!!

    Vous avez défendu toute publication posthume. Que deviendront vos petits?

    J'ai pris mes dispositions pour qu'ils soient inaccessibles mais protégés. L'espace étant peu sûr, j'ai renoncé à les faire mettre sur orbite. Il me semble également difficile de demander au Vatican de me servir d'archiviste. Alors on les coulera quelque part, enfermés dans un bloc de résine. Notez, si le Vatican veut le bloc de résine…

    Que feriez-vous si vous n'écriviez pas?

    Ça irait très très mal. Ça me rendrait si méchante que je serais obligée de devenir bonne sœur.

    S'il ne restait qu'un livre?

    Don Quichotte, de Cervantès.

    Un musicien?

    Schubert.

    Un film?

    Vertigo.

     

    Une chanson?

    Le Tourbillon, chanté par Jeanne Moreau.

     

    Un vocable?

    Le mot «pneu» pour sa sonorité. Je m'efforce de le placer dans chacun de mes livres.

    Une œuvre d'art?

    Le Jardin des délices, de Jérôme Bosch.

    Une couleur?

    Le jaune, même si ça me va comme un coup de poing dans l'œil.

    Un aliment?

    Le chocolat, sans aucun doute, et massivement. Ma préférence va au Côte d'Or lait-noisettes entières, surtout quand il fait chaud. Ça le rend un peu mou. Je le digère comme une fleur!

    Une boisson?

    Le champagne, et plus particulièrement le Dom Pérignon 1976. Mais un Roederer ou un Laurent-Perrier Cuvée Grand Siècle font aussi l'affaire.

    Savez-vous faire la cuisine?

    Comme un pied! C'est toujours une tragédie. Il y a dix ans, j'ai essayé de faire cuire un poulet. Ça a cassé le four!

    Pleurez-vous?

    J'ai incontestablement la larme facile. Au cinéma, je suis une fontaine, mais je peux aussi pleurer de joie lorsque ma sœur invente un trop bon gâteau.

    De quoi avez-vous peur?

    Des rats.

    Dans quelle boutique feriez-vous des folies?

    Chez Caron, avenue Montaigne. On m'y remplit mon flacon de Farnesiana lorsqu'il est vide.

    À quelle époque auriez-vous aimé vivre?

    La préhistoire, pour voir le passage du borborygme au langage articulé.

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