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19 février 2011

Une phrase de Proust

 

Le style de Proust est connu pour ses longues phrases. Hier soir, j'ouvre au hasard "Du côté de chez Swann" et voici ce que je trouve :

  Et sous tous les souvenirs les plus doux de Swann, sous les paroles les plus simples que lui avait dites autrefois Odette, qu'il avait crues comme paroles d'évangile, sous les actions quotidiennes qu'elle lui avait racontées, sous les lieux les plus accoutumés, la maison de sa couturière, l'avenue du Bois,l'Hippodrome, il sentait (dissimulée à la faveur de cet excédent de temps qui dans les journées les plus détaillées laisse encore du jeu, de la place, et peut servir de cachette à certaines actions) il sentait s'insinuer la présence possible et souterraine de mensonges qui lui rendaient ignoble tout ce qui lui était resté le plus cher, ses meilleurs soirs, le rue La Pérouse elle-même, qu'Odette avait toujours dû quitter à d'autres heures que celles qu'elle lui avait dites, faisant circuler partout un peu de la ténébreuse horreur qu'il avait ressentie en entendant l'aveu relatif à la Maison Dorée,et, comme les bêtes immondes dans la Désolation de Ninive,ébranlant pierre à pierre tout son passé.

Du côté de chez Swann, GF Flammarion , août 2009, p 514

  Pas mal, vous ne trouvez pas ? J'avoue que pour saisir le sens général de la phrase, j'ai dû la lire plusieurs fois, par petits segments répétés...Si vous n'avez pas de familiarité avec les personnages et le milieu social dépeints par Proust, allez voir un peu sur le Net, cela aide...O.

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03:32 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

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