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22 décembre 2010

Un conte de Noël

 

                                C'EST TON TOUR,HECTOR

  Il était comme tout le monde, il aimait la vie, le printemps, les gâteaux,les femmes, les animaux, les bons repas, les films comiques... La mort, c'est quoi ça? il n'y pensait pas. Les philosophes qui disaient gravement que vivre c'est apprendre à mourir le faisaient rire.Mais l'âge venant, les douleurs, les défaillances, les fioles et comprimés, les poudres, les gouttes... les matins n'étaient plus aussi lumineux, les jours ne souriaient plus et les nuits n'arrangeaient plus rien. Hector se mit à penser sérieusement au Grand Saut. Il avait pris du retard par rapport à ceux qui avaient commencé à apprendre dès leur plus jeune âge, mais après tout, ce ne devait pas être si difficile. 
  Et puis, curiosité : qu'est-ce qu'il y avait, de l'Autre Côté? Les gens qu'il connaissait se divisaient en deux camps, les Optimistes, qui pensaient que de l'autre côté il y avait une autre vie, meilleure que celle-ci ; et les Réalistes, qui ne croyaient que ce qu'ils voyaient. Mais il faut noter que les Optimistes ne sont jamais pressés de rejoindre la Vie Meilleure. Il y avait aussi Epicure, qui jouait les fortes têtes : il disait, pas la peine d'avoir peur, quand Elle sera là, tu n'y seras plus ! Oui, mais il oubliait que ce n'est pas quand Elle est là qu'on a peur, mais plutôt quand Elle approche. Et même, beaucoup de bons vivants s'empoisonnent l'existence rien qu'en pensant à Elle !
  Bon, trêve de philosophie. Ce qui est sûr, Hector, c'est que si tu as pris plein de bon temps et qu'il ne te reste plus que les vertiges, les articulations douloureuses et les quintes de toux, tu te mets à penser à Elle comme une délivrance... Et justement, la voici, elle approche, plus rien ne compte, c'est une affaire entre Elle et toi. Elle se penche vers toi, tiens comme c'est amusant, on est le 24 décembre , et hop, voilà, pas plus difficile que ça.
 Te voilà dans les nuages, il n'y a que du blanc et du bleu partout. Au milieu d'un gros nuage, la silhouette d'un bâtiment. Oh ! comme c'est grand ! c'est un hangar, une sorte d'entrepôt. Tu entres, il y a des colis, des caisses, des ballots partout. Des chariots élévateurs passent à toute vitesse, gare-toi bonhomme. Des magasiniers courent partout, oh là là, on dirait qu'il y a urgence. En voilà un , pas comme les autres. Il a une casquette, un gros registre, l'air bourru, il vient droit sur toi.
- Votre nom?
- Hector.
- Ah ! pas trop tôt. Allez, habillez-vous.

  Accrochée à une patère, il te montre une houppelande rouge bordée de fourrure blanche, avec une grande paire de bottes posées devant. Un traineau tiré par un attelage de rennes arrive et s'arrête devant toi.

  - Ooooh nooon ! pas moi, dit Hector.
  - Vous plaignez pas, mon vieux. Ya qu'une nuit de travail par an.

Orlando.22 décembre 2010

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