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19 novembre 2010

Saperlotte !

 

 

 
 
Je crois qu'on est sarkozyés jusqu'à l'os ! O.
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culture. La France sarkozyenne

Fnaquons!

Soyons justes : tout ce qui advient dans ce pays n’est pas de la faute du président. Il se produit même des évolutions qui lui échappent complètement. J’y songeais hier en me rendant à la Fnac de la rue de Rennes, à Paris. Je n’ai rien en principe contre cet établissement, dont je suis client de temps à autre. Mais il y a des choses qui sont significatives, et il faut les dire.

La Fnac s’est dotée d’une nouvelle et impétueuse devise : « Fnac it ! » Cela doit venir d’un verbe to fnac, que je ne connaissais pas et qu’on pourrait franciser en fnaquer. Fnaquons donc. Cela commençait à fnaquer dur dès le trottoir, où s’affichait un gigantesque « jeune » aux cheveux descendant jusqu’au nez, et qui tentait de lire un livre à travers cet épais rideau. Il s’agissait du Goncourt des lycéens, qui apporte, paraît-il, « un point de vue forcément différent 
sur la littérature ». Différent de quoi, on ne sait pas, l’important était qu’il le fût « forcément ». Fnac it !

Fnaquer, si j’ai bien compris, se pratique en particulier en un lieu nommé « nouvel espace tendance Fnac ». 
Je manquais de temps, mais je me propose d’y retourner pour voir ce que peut bien être un « espace tendance ». Ce doit être là, je suppose, qu’on peut assister au « showcase de Babet ». 
Le showcase serait-il une des modalités du fnaquage ? Allons donc fnaquer par showcase dans l’espace tendance !
On pouvait aussi, toujours sur le trottoir, « toucher la musique », au moyen 
de la « vitrine audioactive ». 
Quand donc pourrons-nous renifler 
le cinéma et écouter la sculpture ?

Le fnaquage continuait à l’intérieur, où le roman de Michel Houellebecq jouissait d’un présentoir spécial jumelé avec le nouveau volume des aventures de Largo Winch. Non loin de là, un autre présentoir suggérait une « idée cadeau » originale : le livre où Natascha Kampusch relate son calvaire de huit ans dans la cave d’un
M. Priklopil. La malheureuse n’a donc pas tout perdu puisqu’elle a accédé au rang enviable d’idée cadeau. Voilà du fnaquage ou je ne m’y connais pas ! J’en fus bientôt détourné pour m’intéresser au Drone de Parrot, « une nouvelle façon de jouer avec la réalité augmentée », et au KinectTM grâce auquel « la manette, c’est vous ». J’ai tenté de m’imaginer en manette ; 
ça doit permettre de mieux fnaquer. Soyons justes (bis) : j’ai quand même trouvé, au troisième étage, le livre que j’étais venu chercher. Après tout, comme dit le proverbe : qu’importe le fnacon...

François Taillandier

 

http://humanite.fr/17_11_2010-fnaquons-457980

 
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01:12 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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