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16 novembre 2010

Réalisme poétique

 

Culture - le 16 Novembre 2010

photographie

André Kertész, le maître

Le Jeu de paume consacre une magnifique rétrospective au photographe hongrois qu’ Henri Cartier-Bresson vénérait.

Allez voir la formidable rétrospective André Kertész à l’ouverture, lorsque la lumière est belle sur les Tuileries et la Concorde, et surtout lorsque la foule n’a pas encore envahi le lieu et, que muni d’une loupe, vous aurez l’impression de 
communier avec le Hongrois, via ses contacts miniatures intenses, comme sortis de son album photo perso. Car grâce au bouche-à-oreille, tout le monde sait que cette exposition est « Le » joyau de ce Mois de la photo.

Mettez-vous dans la peau de Michel Frizot et Annie-Laure Wanaverbecq, les curateurs, car, tels des détectives, ils ont mis cinq ans à remonter les pistes de la longue vie de Kertész (1894-1985) parti, comme Capa ou Brassaï, de Budapest pour la France, quittée onze ans plus tard pour les États-Unis, mais à laquelle il restera attaché au point de lui léguer ses archives et ses négatifs, ce qui lui valait bien, enfin, pareille exposition !

Ce qui est fascinant, c’est cette propension à transformer en merveilleux des petits riens sans importance. « Quand le sujet est touchant pour moi, explique-t-il, je peux faire quelque chose, mais je veux faire, seul, exactement ce que je ressens. » À travers 300 vintages, souvent inédits, dénichés chez des particuliers et des musées, on sent la guerre, la complicité avec un frère, une fiancée, on voit le très moderne nageur sous l’eau, les lumières de Paris, les artistes des avant-gardes dans leurs ateliers, le jeu des distorsions dans un Luna Park, puis on sent la mélancolie s’installer dans un New York de gratte-ciel et cheminées. Chacune de ses images, souvent recadrée, est unique, inventive, « pensive », disait Roland Barthes.

 

Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris 8e, jusqu’au 6 février 2011. Catalogue signé Michel Frizot et Annie-Laure Wanaverbecq, Éditions Hazan, 360 pages, 49 euros.

M. J.

 
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17:52 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

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