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07 septembre 2010

La poésie est partout

 

 


 

Henri Nanot, le paysan-poète

On ne compte plus les sobriquets dont le résistant limousin Henri Nanot accable le maréchal Pétain : « vieil hitlérien », « hybride dégénéré », « scélérat de Vichy », « dictateur », « vieux monstre étoilé »...

Il écrit ça dans « Scènes de la vie du maquis » (Lucien Soumy, 18 euros), un roman sorti, dès 1945, de l'imprimerie du « Populaire du Centre » et devenu introuvable. C'est un très bon portrait de groupe, au quotidien, des « hommes des bois » de la Haute-Vienne, ces FTP de Georges Guingouin qui combattirent en même temps les boches, les poux, la faim, le froid, et participèrent, en septembre 1944, à la libération de Limoges. En creux, on y lit l'autoportrait colérique d'un paysan-poète dont je m'étonne qu'il n'ait jamais inspiré un film.

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Né en 1921, Henri Nanot avait rencontré l'infirmier André Breton pendant son service militaire dans l'armée de l'air et était demeuré son ami. Après la guerre, il retrouva sa petite exploitation agricole, s'inventa des pseudonymes provocants, tels Basile de la Bave ou Fiou de la Pantoufle, dévora Zola, Mallarmé, Saint-John Perse, et créa une revue, « Peuple », qu'il vendait sur les marchés. Socialiste et puis communiste, il milita pour l'indépendance de l'Algérie jusqu'au jour de 1957 où une bombe artisanale endommagea la maison de Marcel Champeix, sénateur de Corrèze et secrétaire d'Etat aux Affaires algériennes. Aussitôt soupçonné, Nanot nia et en appela à Breton. En vain. Il fut interné à l'asile et dans plusieurs prisons. Libéré en 1962, il perdit la raison pour de bon et mourut à l'hôpital psychiatrique de Limoges. Il avait 41 ans. Que reste-t-il aujourd'hui d'Henri Nanot ? Un fils, Jean-Jacques, qui continue de travailler à la réhabilitation de son père. Un bel éloge de feu l'éditeur René Rougerie, paru en 1988. Et ces trépidantes « Scènes de la vie du maquis » : elles montrent le grand écrivain libertaire qu'il eût été, si la société ne l'avait pas suicidé.

 

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09:08 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

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