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24 juillet 2010

Jacques Ancet, sur Meschonnic...

 


Jacques Ancet, Henri Meschonnic,deux poètes que nous aimons, le premier, parce que nous avons lu et commenté un de ses ouvrages ici même, et qu'il nous avait accordé un rendez-vous à Annecy (il n'a pas pu venir, snif !), le second, parce que c'est un magistral traducteur de la Bible, un théoricien du rythme et surtout un incomparable introducteur à la poésie française contemporaine : sa "Célébration de la poésie", qui ne lui a pas fait que des amis, dégonfle beaucoup de baudruches et trace clairement la route.Ancet et Meschonnic étaient des compagnons de route poétique, et voici un livre  qui évoque la mémoire du poète disparu en 2009.
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Voir l’invisible du temps – notes sur deux livres de Jacques Ancet

 

La poésie de Jacques Ancet a la force et la beauté de l’évidence, et elle est pourtant tout entière nourrie de références, comme tissée de la parole des autres. C’est là un curieux paradoxe, dont témoignent, chacun à leur manière, deux ouvrages récemment parus. Le premier, Puisqu’il est ce silence / prose pour Henri Meschonnic1 (il faut souligner la préposition), qui joue justement sur la proximité avec le titre Puisque je suis ce buisson du poète disparu en avril 2009, semble emprunter tout à la fois – mais sans emphase et sans effusion – au genre du tombeau, voire du panégyrique (faire l’éloge du défunt, et plus encore bien sûr de l’œuvre qu’il laisse) et à un certain lyrisme (dire le regret, l’absence au creux des jours, le manque que cause celui qui n’est plus). Le deuxième, Les morceaux de l’image2, plus modeste, est un ensemble qui « accompagne l’œuvre de Colette Deblé » (là aussi, soulignons le verbe dans le sous-titre).  

Meschonnic Ce qui importe donc est de faire entendre, dans ces deux livres, dans les poèmes, une certaine altérité : que ce soient les mots du disparu, ou, sous le mode de l’interrogation (« Que dire de cette aura, vie et mort mêlées ? / De cette icône ? »), les lavis de Colette Deblé. A plusieurs reprises en effet, la prose de Puisqu’il est ce silence accueille les vers d’Henri Meschonnic, dont la présence se signale par l’emploi des slashs ; et le seul « je » de ce livre (rare, à côté de l’impersonnel et omniprésent « on ») ne réfère pas à l’auteur-Jacques Ancet ou à l’énonciateur du poème, mais bien au Je-Meschonnic, au Je des poèmes de ce dernier. L’effet est à souligner : c’est comme si le défunt prenait, çà et là, la parole (« C’est sa voix, elle n’a pas cessé. Elle dit : la vie je cours. », p. 32). Cette voix, ainsi, est bien plus qu’un simple renvoi au texte, qu’un jeu de référence ; elle est l’expérience de l’autre dans le poème (et sans doute dans la vie même de celui qui écrit) : à la fois ce qui reste du disparu (« On se dit que c’est dans sa voix plus encore, parce qu’elle est là, toujours, quelque part entre mémoire et jour gris », p. 30) et ce qui permet au vivant de poursuivre le cours des jours (« On voudrait continuer. Parler dans sa parole, rire dans son rire, se taire dans silence. », p. 53). 

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