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23 juin 2010

fille et père...

Mer 23 juin 2010, 0h 51min 25s

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Un cri

Par Jérôme Garcin

Géographe d'exception, il enseigna à la Sorbonne et dans le monde entier. Spécialiste de l'URSS, il adhéra au Parti communiste. Membre de l'Institut, il mourut en 2006, à 97 ans, chargé de gloire et de titres, dans une maison délabrée et sans électricité. Ceux qui l'ont admiré le reconnaîtront. Les autres s'accommoderont du pseudonyme que, par pudeur, Nicole Lombard lui donne dans son récit autobiographique : Didier Charles.

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Nicole Lombard est sa fille, née d'un premier mariage, ou plutôt d'un premier divorce. Une fille non grata que le grand homme souhaitait biffer de sa vie, oublier. Il préférait se flatter d'avoir, d'une autre femme, plus jeune, deux fils (dont l'un est le brillant auteur d'« A la rencontre des disparus »). Jamais il ne s'inquiéta du sort de sa fille, jamais non plus il ne déboursa un centime pour sa subsistance ou son éducation. La première fois que, à sa demande, Nicole, alors étudiante, rencontra son père, ce fut sur un pont de Lyon, en coup de vent. Ils se revirent parfois, comme des étrangers qui ne parlent pas la même langue.

Nicole Lombard, qui campe aujourd'hui sur l'Aubrac où elle recueille des animaux abandonnés, veut comprendre pourquoi elle a été effacée à la manière dont les Soviétiques faisaient disparaître sur les photos des personnages compromettants. Elle a beau écrire avec une exquise délicatesse, son livre est un cri. D'enfant.

J.G.

« Un père que j'avais », par Nicole Lombard,
Editions du Bon Albert, 178 p., 15 euros

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01:17 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

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