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18 juin 2010

18 juin ; désobéissons, comme de Gaulle !


Je regardais il y a cinq minutes l'excellente émission "Ce soir ou jamais ", avec des invités de marque : Claude Hagège, Mathieu Kassowitz, Catherine Pancol, Daniel Cohen... et Cynthia Fleury : jolie femme, Cynthia. Et philosophe avec ça. Et je n'arrêtais pas de me demander où j'avais bien pu déjà voir son nom. Mais c'est bien sûr ! dans l'Humanité, où elle tient une chronique, philosophique , évidemment ! Voici la dernière que j'ai lue , et dont elle parlait justement :

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Article paru
le 2 juin 2010

La chronique philo de Cynthia Fleury

Les désobéisseurs

C’est à Londres que le chef de l’État fêtera le 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 par le général de Gaulle. Visite du siège historique de la BBC 
et du Royal Hospital Chelsea (hospice pour les anciens combattants du Royaume-Uni). Recueillement près de la statue de Churchill. Entretien avec ceux qui sont partis les premiers, les fameux combattants de l’île de Sein. Beaucoup n’avaient pas entendu l’appel du Général mais celui de Pétain à cesser le combat. Et ils sont partis rejoindre celui qui allait incarner les Forces françaises libres (FFL). Quelles étaient leurs motivations  ? Le patriotisme, les frères morts au combat, la volonté de lutter contre l’idéologie dominante, l’influence des camarades, un brin de hasard, le goût de l’aventure, 
la soif d’une espérance. La plupart avaient moins 
de 30 ans, et près de 20 % moins de 20 ans.

Aujourd’hui, la France libre continue son combat, même si le contexte a changé. Ils ne sont plus pêcheurs sénans, mais enseignants, conseillers à Pôle emploi, postiers, personnels hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats,etc. Tous résistent à la « destruction du socle social », à l’écrasement des valeurs fondamentales défendues par le Conseil national de la Résistance. Jadis, s’opposer à la légalité vichyste, c’était entrer en résistance. Aujourd’hui, s’opposer à la légalité délétère, c’est entrer en désobéissance éthique.

Élisabeth Weissman (1) dresse savamment et avec panache leurs portraits. Nommons-les un instant, ces anonymes de la liberté et du courage, du simple courage de refuser un ordre des choses inique et absurde  : Alain Refalo, premier enseignant à avoir refusé d’évaluer ses élèves dans le fichier base-élèves, pour éviter que ladite évaluation se retourne contre eux, leurs parents et les enseignants eux-mêmes. Bastien Cazals, Guillaume Subra, Anne Loconte, Richard Abauzit, Erwan Redon, Isabelle Huchard, Jean-Yves Le Gall. Tous ont été sanctionnés dans leur carrière ou démis de leurs fonctions. Tous ont payé pour avoir résisté à la transformation de l’enceinte républicaine scolaire en une machine de discrimination plus redoutable encore.

Mais aussi, pour ne citer qu’eux, Michel Guyader, Alain Mercuel, Guy Dana, Hervé Bokobza, psychiatres, Mathieu Bellahsen, interne en psychiatrie, luttant tous contre les procédures sécuritaires qui ensauvagent encore davantage les placés en hospitalisation d’office, soit la chambre d’isolement, une cellule avec au sol un matelas, un sceau pour les besoins, une sonnette, et le plus souvent des entraves mécaniques  : bras maintenus contre le corps et parfois plus encore, le ventre, les jambes attachées. Plus encore que la vision accablante de ces pratiques, c’est le manque de questionnement sur elles de la part des collègues qui est déstabilisant. Mettre les patients en contention ne leur apparaît pas être de la maltraitance. « Ils abdiquent toute autonomie de jugement et de discernement. »

Et le syndicalisme dans tout ça  ? À lire la journaliste, il serait tombé dans une dérive managériale. « Malgré sa diversité interne, n’est-il pas en train de s’engager sur la voie d’une politique de pactes sociaux, soit d’échanges ritualisés et canalisés entre le pouvoir et des représentants professionnalisés du monde du travail  ? » Contre le zèle de l’obéissance et la domination gestionnaire, Élisabeth Weissman redonne la parole à tous ceux qui refusent ce formatage de l’esprit, usurpant le sens des mots, et niant chaque jour la Déclaration de Philadelphie, concernant les buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail (1944).

(1) La Désobéissance éthique, Stock, 2010.




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