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11 mai 2010

L'Art et le Mal

Mar 11 mai 2010, 6h 15min 27s

"Oui, il m'est arrivé de penser, comme Rousseau, en versant des larmes devant un film, à la lecture d'un livre, que cette sensiblerie me donnait bonne opinion de mon humanité et m'évitait d'avoir à l'exercer. La création est une volonté de pouvoir, un désir de tout annexer, de faire bénéfice de tout, y compris la douleur des autres, pour un profit narcissique. Le créateur fait le malin, il multiplie les simagrées. Qu'est-ce qui peut bien justifier cela ? A mon sens, rien. L'artiste devrait avoir honte.
Lettre-d-Alembert.jpg

Mais, à force de creuser son matériau, (le langage, la forme, la couleur) l'art peut éventuellement surpasser le mal qu'il instaure. L'artiste devient autre dans son travail. La réussite formelle (esthétique) d'une œuvre devient un accomplissement éthique, dans la mesure où elle instaure une autre réalité, au sein de laquelle le mal ne cesse pas d'exister pour autant, mais n'est plus dominant, se positionne dans une dynamique différente du devenir. Cela n'implique pas que l'art est bon et justifié en soi. La démarche artistique comporte toujours le risque d'échec. Cet échec est celui de l'art qui fait semblant, c'est-à-dire qui, par un insuffisant sacrifice de l'artiste dans sa confrontation au mal qui lui est inhérent, au cœur de la forme, en reste à la représentation, aux simagrées. Dans cette mesure, une œuvre ratée reste engluée dans le mal, c'est-à-dire dans le mensonge.

Je ne suis pas tout à fait sûr que cette idée soit juste. Elle travaille."

 

Lire tout :

http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20100211...
le blog de la Micronésie poétique
http://micronesiepoetique.hautetfort.com/
et son forum:
http://85945.aceboard.fr/index.php?login=85945


06:17 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

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