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01 mai 2010

Philou contre la "baise moisie", un à zéro


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Vous savez que Philippe Sollers est un de mes écrivains préférés, même si je lui reconnais plus d'un tic agaçant. Il accorde au journal l'Humanité un entretien que je vous invite à lire intégralement ,

http://www.humanite.fr/2010-04-29_Cultures_Philippe-Sollers-Pour-vivre-caches-vivons-heureux

mais en attendant voici quelques savoureux extraits. Sacré Philou ! N'hésitez surtout pas à y aller de vos commentaires.O.
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Les manuscrits s’envolent, attention. Celui de Casanova était récemment au ministère de la Culture à côté d’un chèque de 7,5 millions d’euros. Les journalistes présents s’intéressaient davantage à l’argent qu’au manuscrit, écrit en français, juste à côté. Je préférais, moi, imaginer l’auteur en train de l’écrire… dans le temps.

un livre que vous n’entendez pas, vous ne le lisez pas vraiment. C’est pour ça que la poésie prend une place centrale dans ma démonstration. Si vous n’entendez rien, vous ne lisez rien. Les gens ne m’ont pas « lu » ils m’ont « oublu  », du verbe « oublire » que j’ai inventé.


Plus j’agace, plus j’énerve, plus les adversaires réagissent, plus ils me donnent de l’énergie pour travailler. Que ce soit en tant qu’auteur, éditeur, dans les médias. Nous vivons le temps des séparations. On ne doit pas faire tout à la fois. Les Français ont besoin d’étiqueter. J’agace parce que je donne l’impression de toucher à tout, comme on le reprochait à Cocteau. J’appelle ça le « catéchisme Flaubert » : il faudrait souffrir pour écrire… Moi, j’écris dans la joie.




Engagé, ça veut dire action… À sa manière, Michel Houellebecq est un écrivain engagé, lorsqu’il décrit le monde de l’entreprise ou la misère sexuelle. C’est un nihiliste. Il préfère Schopenhauer à Nietzsche : c’est évident qu’il se trompe mais ce n’est pas grave. Il se trompe davantage quand il veut faire du cinéma… La baise moisie a trouvé son poète. Il est dans l’embarras sexuel, c’est évident. Ma lecture des contemporains dure en général cinq minutes, outre ceux que je publie.

Le milieu littéraire a toujours été un milieu où les gens ne peuvent pas se supporter. Chez Gallimard, les auteurs s’évitaient. Aragon entrait par une porte, Céline sortait par une autre, Sartre passait…

Si l’on compare les années Mitterrand et Sarkozy…

PHILIPPE SOLLERS. …ça devient grandiose  ! Mais ne nous leurrons pas. Mitterrand était ignorant. Il aimait surtout Chardonne et prenait Jean- Edern Hallier pour un grand écrivain ! C’est dire… Il préférait Drieu la Rochelle à André Malraux. Mais bon, les Français ont élu Sarkozy démocratiquement, n’est-ce pas ?

Prenez Onfray, par exemple. Ce « géant » réduit le « nain » Freud à un charlatan, un imposteur, cocaïnomane dormant pendant ses séances : le match est inégal ! Ce géant qui explique Nietzsche à des gens du troisième âge dans son université populaire… C’est cocasse. Onfray est fait pour la prêtrise. Nous vivons l’époque de l’esprit de vengeance.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GUILLAUME CHÉREL AVEC FRANCK-OLIVIER LAFERRÈRE
pour le journal "l'Humanité"



Visible sur : http://www.dailymotion.com/video/ xd33ub_entretien-ph-sollers-partie-i_creation Discours parfait, Gallimard, 2010, 918 pages, 29,90 euros.



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