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31 mars 2010

Salut l'ami !



Siné Hebdo, c'est fini ! Victime des duretés financières ( c'est toujours par le porte-monnaie  qu'il nous tord le cou, ce syndicat de boutiquiers dans lequel nous vivons...) Siné rend son tablier et cesse sa publication. Salut l'ami, on t'aime !

Siné, 60 ans et toutes ses griffes

Par Cavanna (Écrivain)

Il a toujours été pour les chats, le jazz, l'humour, et contre l'armée, les flics, les religions. Un album rassemble «60 ans de dessins» de Siné, et le fête

sine5.jpg
Baltel/Sipa
Siné

Increvable Siné ! Comme ses chats bien-aimés, il retombe toujours sur ses pattes. Le coup en vache qui devait le jeter à bas, il en fait un triomphe. Ce gros bouquin est le trophée de sa victoire.

Comme tout le monde, c'est par les chats que j'eus tout d'abord connaissance de Siné. Vers les années 1950, on vit soudain des chats partout, surgis va savoir d'où. Des chats-cals-(en-bourre) - Siné, tu permets ? - qui vous fixaient de leur bonne bouille ronde, calembourdesques à faire pâlir le calembour, étirant d'une oreille à l'autre un sourire fait d'une demi-circonférence qu'il suffisait de retourner pour obtenir une grimace tout aussi éloquente, mais en sens inverse.

sine3.jpg
Siné

Comment ce gars, qui prenait le départ d'une brillante carrière d'humoriste genre intello d'avant-garde apprécié par un lectorat plutôt snob, est-il devenu cet enragé, ce semeur de merde qui allait foutre le feu aux quatre coins de la presse française ? C'est que les gens qu'il fallait -Leonor Fini, Jean-Jacques Pauvert... - ont su déceler le tempérament de Siné et son principal, pour ne pas dire son unique centre d'intérêt. Tempérament de bagarreur, intérêt puissant pour la chose politique.

 

Lire la suite :

http://bibliobs.nouvelobs.com/20091008/15140/sine-60-ans-...



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30 mars 2010

Alice for ever...


Alice à Burtonland

Par François Forestier

« Alice au pays des merveilles » est un succès universel depuis sa parution en 1865. Sans cesse retraduite et trahie, l'oeuvre de Lewis Carroll est adaptée au cinéma par Tim Burton, qui est infidèle au texte, mais fidèle à sa poésie et à son humour.

Alice_1.jpg
Kobal/Picture Desk/AFP

Elle est agaçante, n'est-elle pas ? Mais aussi raisonneuse, coquette, brave et toute cette sorte de choses. Alice, depuis un siècle et demi, traverse le pays des merveilles, provoque l'admiration des Oulipiens et des sociétaires de la Société des Amis des Lapins blancs, et fait des incursions sur les écrans, grâce au cinématographe, en répétant sans cesse : « De plus en plus curieux ! »


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http://bibliobs.nouvelobs.com/20100322/18348/alice-a-burt...

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20:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

Curiosité poétique : Pantoum et faux pantoum...

 

Voici un pantoum ( les experts le qualifient "faux pantoum")de Baudelaire :

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

 

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

 

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

 

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !



pour en savoir plus sur cette forme exotique présentée par Hugo dans une note des "Orientales" :

http://fr.wikipedia .org/wiki/ Pantoum

http://poezibao. typepad.com/ poezibao/ 2005/04/le_ pantoum.html

et surtout, le "pantoum négligé", de Verlaine, pétillant d'humour et de fraicheur :
http://www.mag4. net/Verlaine/ poemes/pantoum. html

Celui de Baudelaire pèse une tonne à côté, vous ne trouvez pas ? O.


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    29 mars 2010

    Le Mozart du roman ?



    Charles-Antoine, 11 ans, trois livres publiés et plein de projets

    Charles-Antoine, 11 ans, trois livres publiés et plein de projets

    A 11 ans, Charles-Antoine Cros a déjà trois livres publiés à son actif, un quatrième en cours et plein de projets dans sa petite tête brune.


    A 11 ans, Charles-Antoine Cros a déjà trois livres publiés à son actif, un quatrième en cours et plein de projets dans sa petite tête brune.

    "J'en suis à mon troisième Salon du livre à Paris et à mon troisième livre", explique à l'AFP, avec simplicité et tout sourire, ce petit prodige coiffé pour l'occasion d'un chapeau de pirate.

    Sur le stand des Editions du Lys Noir, qu'il a lui-même largement décoré, le jeune collégien, déjà en classe de 5e, confie être en train de préparer un quatrième livre "sur les rapports père-fils", lui qui a deux grandes soeurs, l'une comptable, l'autre qui rêve d'être styliste. Leur mère, Anna Cros, écrit elle aussi, des contes et des romans policiers pour enfants et adolescents et a fondé les éditions du Lys Noir.

    "Il n'y a que deux auteurs dans le catalogue pour l'instant, moi et ma mère", plaisante Charles-Antoine qui a commencé à écrire son premier petit livre "La fiancée du pirate" à 5 ans.

     

    Lire la suite :

    http://www.lepoint.fr/culture/2010-03-28/charles-antoine-...

     

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    04:31 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

    27 mars 2010

    Allez, un ptit poème en prose...


    Tendresse et arrachement

    Tu tiens ce galet dans ta main. Sa forme harmonieuse, son grain doux et fin invitent à la caresse, ses veines rêveuses au voyage...Ce voyage ! depuis la pierre tourmentée, aux arêtes tranchantes, brutalisée par le torrent de l'Alpe , jusqu'à l'objet simple et pur qu'un courant majestueux a déposé sur cette plage,combien de chocs, de frottements et d'éclats, luttes et sacrifices, concessions et victoires avec d'autres pierres, avec et contre , dos à dos, épaule contre épaule.Et maintenant ces millions de galets de la rive, scandant avec un bel ensemble : Liberté ! Egalité ! Fraternité !

    O.270310

    Et n'hésitez pas à envoyer vos textes !


    10:37 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (1)

    TXT, etx, Action writing,4

    En ce moment, sur Poésie Libre Echange, lecture et discussion de textes contemporains ( on n'ose presque plus dire "de poésie  contemporaine"). TXT était une revue d'avant garde ( Christian Prigent) qui paraissait dans les années 70. "Action writing "est le titre (calqué sur "Action painting" de Jackson Pollock) d'un ouvrage de Sylvain Courtoux, dont nous lisons des extraits. Ci-dessous, le quatrième. Lecture rude et déconcertante, mais riche d'enseignements. Rendez-vous sur Poésie Libre Echange pour participer...O.

     

    Quatrième extrait. Commentaire en bas de page.
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    {justice is lost justice is raped justice is gone pulling your strings justice is done seeking no truth winning is all find it so grim so true so real (©Metallica)} la révolution à force d’être représentée a fini par devenir une espèce d’alibi esthétique généralisée dit-elle — la révolution ne désigne plus la révolution que pour mieux la dissimuler conséquence un signe de + un mot de + une absence de + d’abord occuper les corps à massacrer j’aimerais bien récupérer un godemiché Che guevara dit-elle le sexe est la machine de guerre du texte (et toujours le même problème d’expression) — maintenant il faut noircir tu dis pas que noircir la page mais noircir le tableau pour ainsi dire noircir comme il faut exorciser un peu planter le mal au coeur même de la langue "je me rappelle avoir sucé sa bite de me l’être mise tout au fond de la glotte sa toute petite bite je me rappelle l’avoir aussi croqué comme une petite saucisse dit-elle je me rappelle aussi avoir jouit du sperme se mélangeant avec le sang et la chair broyée et de n’avoir pensé qu’au sale qu’au saccage qu’à son dernier râle dit-elle [planter la merde au coeur même de la langue] — le je(u) jute souvent plus ju(s)te que le plus souvent juste + jusque dans l’ass’& j’peux l’enlacée la lacérée la pute maman juste sous la p(l)âte pâtée placé des mots secs anses séquences de phrases merdiques tout au plus à peine plus souvent que des platitudes du genre [te souv(i)ens-( tu) en-corps du sexe de maman?] quelle belle d(ep)’ans(e) cruelle! (elle en veut pour ainsi dire plus) elle en veut pour ainsi dire pour son argent (elle en veut pour ainsi dire toujours plus pour son argent) drop the bomb now "sur les jambes écartés la vulve entrouverte légèrement pralinée cyprineuse voire visqueuse (mais pas trop) à jamais marqué dans mon texte à jamais marqué dans mon sexe mon texte n’a jamais marqué dans son sexe (merci Gianni!) " sa jolie vulve (qui dérégl’)lé(gère)ment mon sens le tout gerbant pour moi c’est perfect écartant (déjà) cette vulve donnée ce joli sexe s’offrant comme volupté l’horri(ble)-fixité du monde (l’orifice fécond de l’immonde) in-femme même de cette réclusion (toujours-en tag-surfusion) à perpétuité à profusion à laquelle ce pouvoir sexuel & social généralisé nous a (trop) souvent forcément condamnés il doit certainement se passer quelque chose pour que les occidentaux n’arrivent plus à baiser ensemble

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    Avec la mise en forme mais  l'original

    -http://www.sitec. fr/users/ akenatondocks/ DOCKS-datas_ f/collect_ f/auteurs_ f/C_f/COURTOUX_ F/TEXTES_ f/Action- Writing.htm-

    est sur fond noir. ce qui a un sens : désespoir, néant, vide...
    Comme ont un sens les variations graphiques et les lignes biffées. On ne peut pas toujours en dire autant des jeux de mots parfois vaseux, comme
    "placé des mots secs anses séquences de phrases merdiques"

    mais  justement c'est le côté vaseux ( "merdique") qui appuis le trait, fait sens.

    On notera l'auto-dévaluation. Ailleurs, dans un titre , Sylvain Courtoux se présente comme "poète de merde" - ce qui ne doit pas faire illusion, l'auto-dénigrement va souvent ( toujours?) avec l'hypertrophie narcissique.

    Noter au début la citation de Metallica
    ( Metallica est un groupe de trash metal heavy metal américain fondé en 1981
    -Wikipedia)
    connotant jeune, branché, révolté. Sylvain Courtoux travaille, dit-il à un "opéra crotte-rock" O.

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      26 mars 2010

      ça va déménager?...



      Publié le 25/03/2010 à 18:16 Le Point.fr

      ROCK

      Les petits frères d'AC/DC

      Par Sacha Reins

      Les petits frères d'AC/DC

      Le groupe Airbourne, le nouveau Hard-rock australien. ©DR


      Evidemment, quand on est australien et qu'on a monté un groupe de hard-rock avec son frère, tout le monde établit une comparaison avec AC/DC. Joel et Ryan O'Keeffe, respectivement guitariste/chanteur et batteur du groupe Airbourne, en ont l'habitude et s'en formalisent d'autant moins qu'Angus Young et son gang étaient leurs héros quand ils commencèrent la musique, il y a une dizaine d'années. Ils ont aujourd'hui environ 25 ans et ont appris leur métier à la dure, en sillonnant les interminables autoroutes
      australiennes pour jouer dans les pubs où le public est loin d'être facile. On roule le jour et on joue la nuit. "Après dix ans de ce régime, dit Joel O'Keeffe, soit on est complètement lessivé et bon à jeter à la poubelle, soit on est devenu un putain de bon groupe qui ne craint personne." Airbourne ne craint plus personne. Pas même les Stones, dont ils assurèrent les premières parties lors de leur dernière tournée australienne.

      Les revues spécialisées (Rock & Folk en tête) consacrent leur une à ce nouveau phénomène et leur second album qui vient juste de sortir part à 1 000 exemplaires par jour. Les successeurs tant attendus des grands groupes hard vieillissants sont enfin là. Il était temps?!


      *"No Guts. No Glory?" (Roadrunner). En concert le 26 au Zénith de Paris.

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      00:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

      Secrets qui tuent...


      Affaire de moeurs ou affaire d'Etat ?

      Qui a vraiment tué Pasolini?

      Par Marcelle Padovani

      Plus de trente ans après l'assassinat du cinéaste de «Salo», son meurtrier revient sur ses aveux, et donne des noms. Notre correspondante à Rome, Marcelle Padovani, l'a rencontré

      Il arrive au rendez-vous de son pas dansant de «ragazzo di vita» vaguement démodé. Avec le sourire roublard des jeunes prolos romains. A 51 ans, Pino Pelosi, dit «Pino la Rana», Pino la Grenouille, à cause de son sourire, justement, est apparemment rangé : l'assassin de Pier Paolo Pasolini exerce le métier de jardinier à 820 euros par mois dans une coopérative de la capitale. Et arbore son uniforme de travail, pantalon orange et tee-shirt assorti.

      pino pelosi leemage.JPG
      DR
      Pino Pelosi

      Cela fait maintenant trente-quatre ans que Pino tient en haleine l'intelligentsia italienne avec ses révélations à épisodes. Qui se contredisent sans vraiment s'éliminer. Mais la dernière a tellement mis en émoi les Amis de Pasolini que, le 28 avril, l'avocat Stefano Maccioni a demandé au parquet de Rome la réouverture de l'enquête sur ce meurtre atroce qui remonte au 2 novembre 1975.

      A l'époque, le procès s'était achevé avec une condamnation à neuf ans et sept mois de prison pour Pino Pelosi, alors âgé de 17 ans. Le mobile ? Un crime typiquement homo, une bagarre sanglante pour une histoire de prestation sexuelle.

      Lire la suite :
      http://bibliobs.nouvelobs.com/20090717/13805/qui-a-vraime...

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      00:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

      24 mars 2010

      Ciel ! ce romancier était un poète?

      Herman Melville. Trente ans de poésies oubliées

      Un important travail de traduction permettra-t-il de sortir Melville du purgatoire ?

      DERNIERS POÈMES, de Herman Melville., Édition bilingue d’Agnès Derail et Bruno Montfort. Préface de Philippe Jaworski.
Éditions rue d’Ulm. 224 pages, 15 euros.

      La poésie de Melville est-elle sortie du purgatoire ? À son époque, ses vers furent jugés médiocres, et souvent regardés comme une curiosité indigne de l’auteur de Moby Dick ou de Bartleby. Pourtant, dans les trente dernières années de sa vie, Melville n’a pratiquement écrit que de la poésie. Même Billy Budd, son chef-d’œuvre tardif, émane de la ballade en vingt vers citée vers la fin du roman. Après la période des Contes de la véranda, en 1856, il semble entrer dans le silence. Ses proses se font rares. En fait, et malgré les astreintes dues à son nouveau poste d’inspecteur des douanes de New York, il compose de la poésie. En 1876, Clarel, un long poème de dix-huit mille vers sur la Terre sainte, est fraîchement accueilli. Les Derniers Poèmes réunis ici appartiennent à John Marr et autres marins, publié en 1888, fruit de ses rencontres avec les pensionnaires d’un foyer de gens de mer, et à Timoléon, ultime recueil composé quelques mois avant sa mort, en 1891. S’y exprime un auteur en continuation de la tradition poétique de langue anglaise, qu’il a longuement et systématiquement étudiée. Il y transporte complexités et demi-teintes, et pas seulement dans les thèmes abordés. La forme poétique est pour lui le moyen d’imposer une déstructuration de la langue qu’il recherchait dans ses proses, et qui butait sur les exigences de morale et de réalisme du moment. L’initiative éditoriale à qui nous devons ces textes permet de comprendre pourquoi certains placent ce grand romancier au niveau de Walt Whitman et Emily Dickinson, parmi les poètes américains qui comptent.

      Alain Nicolas


      http://www.humanite.fr/2010-03-18_Cultures_Herman-Melville-Trente-ans-de-poesies-oubliees


      Commentaire d'Orlando : Au niveau de Walt Whitman, d'Emily Dickinson ? Il faut voir, alors !



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      23 mars 2010

      Antoine Emaz


       

      Antoine Emaz , un poète vrai, frayant son chemin dans la simplicité des jours . Alain Freixe lui consacrait un billet  lors de la parution d'un de ses ouvrages , "Lichen, lichen" . Un extrait :

      "Lichen, j’aime le mot. Il dit ce qui pousse lentement. Sûrement. De manière ajustée au peu de la pierre et du ciel. Métaphore du poème, il dit son peu de reconnaissance sociale et sa ténacité pourtant à durer, à passer. Avec. Contre. Insensiblement. Irrésistiblement. Dans la patience. Hors de toute crainte urgente.

      Lichen, lichen. J’aime cette répétition. Elle dit l’obstination et l’intensité, celles de qui travaille la langue à partir du point d’impact de la réalité sur lui."


      ... et la conclusion de l'article :

      "C’est la vie qui entre dans ce livre d’Antoine Emaz, la vie dans toute sa diversité : impressions de nature, ébauches de poèmes, pensées quotidiennes, notations critiques, propos décalés à propos du monde comme il va. Nous sommes dans les forêts profondes du poèmes. Un homme avance. Il a les bras chargés de petit bois. Indispensable pour allumer les plus grands feux ! Lichen, lichen est ce ramas-là."

      Lire tout :
      http://www.humanite .fr/2004- 02-05_Cultures_ Lichen-lichen- l-essentiel- pour-la-poesie- est-de-durer

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        22 mars 2010

        Printemps des poètes

        Printemps des poètes - La chronique de Jean-Claude Pirotte

        actes de présence

        Par Jean-Claude Pirotte (Lire), publié le 19/03/2010 à 11:16 - mis à jour le 19/03/2010 à 13:45

        Lorsque le pauvre Lélian fredonnait "Le ciel est, par-dessus le toit,/Si bleu, si calme !", il s'évadait de la cellule de la prison de Mons où l'avaient conduit ses mésaventures rimbaldiennes. La condition carcérale n'a jamais réussi à étouffer le souffle des poètes, et la privation de liberté semble de nature à donner un sens plus pur aux mots de la cité. Le poème proféré dans la plus noire et la plus brutale des solitudes acquiert soudain la vertu paradoxale d'une levée d'écrou.

        En créant sous le règne néfaste d'Hassan II la revue Souffles peut-être Abdellatif Laâbi pressentait-il qu'il aurait un jour, muselé dans la geôle de Kénitra, le sinistre privilège d'intituler une part de son oeuvre Sous le bâillon le poème, rejoignant ainsi, dans le ciel étoilé de la littérature indémodable, la pléiade de poètes incarcérés, torturés, écrasés mais victorieux. C'est au coeur même de l'exil et de l'absence que l'acte poétique découvre et impose sa plus radicale expression. Jamais absents n'auront acquis une telle autorité, une telle force de présence :

        Bonjour soleil de mon pays

        qu'il fait bon vivre aujourd'hui

        que de lumière

        que de lumière autour de moi

        Bonjour terrain vague de ma promenade

        tu m'es devenu familier

        je t'arpente vivement

        et tu me vas comme un soulier élégant

        Le cinglant démenti que la pratique obstinée de la poésie oppose aux tortionnaires de tout poil, aux suppôts du pouvoir absolu, aux élucubrateurs de la censure et de l'identique (le contraire de la libre, multiple, souveraine et imprescriptible identité), ce démenti, nous nous devons de le nourrir en nous comme le seul garant de l'avenir de l'espèce :

        Nous voulons simplement

        vivre sans maîtres

        entre hommes égaux quoique dissemblables

        fédérer nos mains

        pour de justes récoltes

        récompensant de justes peines

        Utopie ? Certes. Mais nous agonisons, privés des fondements de l'utopie. Et nous mourons de cette insidieuse maladie qu'Armand Robin dénonçait en traquant la fausse parole, celle des nabots qui jouent aux maîtres du monde en confisquant les mots afin d'en dénaturer le sens et d'asseoir leurs ambitions pathologiques et leurs obscures rancunes sur le camouflage, l'hyperbole et la corruption. Et - cela va de soi - sur le fétide et systémique appareil de la répression, de la censure et du mépris de l'Autre. Sournoise et déclarée, à l'Orient comme à l'Occident, la guerre est là, d'autant plus meurtrière qu'elle est absurde, sauf peut-être selon la logique perverse de ceux qui l'entretiennent. Rien n'a changé depuis la bataille de Pharsale, que relate l'épopée de Lucain, dont nous pouvons lire, dans la dernière livraison de la revue Po&sie et grâce à la belle traduction de Jean-Paul Gillet, des pages fulgurantes :

        Nous chantons des guerres plus que civiles dans

        les plaines d'Emathie,

        Le crime prenant force de loi, un peuple puissant

        Tournant ses bras victorieux contre ses propres

        entrailles,

        Des armées liées par le sang, le pacte de l'empire violé,

        Toutes les forces de l'univers ébranlé luttant

        Pour un crime commun...

        Les "guerres plus que civiles", elles se déroulent aujourd'hui comme jamais, et jamais leur cruauté, leur sadisme ne se sont déployés avec une démesure telle qu'aucun poète épique n'aurait osé l'imaginer. Et nous, mortels abandonnés des dieux, nous poursuivons nos rêves interdits, cherchant dans les livres menacés les voix fraternelles des poètes qui, comme Bernard Noël, ont subi la censure, la tête haute et le regard clair. Souvenons-nous, il n'y a pas si longtemps que des magistrats français condamnaient l'auteur du chef-d'oeuvre qu'est Le château de Cène.

        L'oeuvre de Bernard Noël nous accompagne, et nous la redécouvrons comme neuve grâce au premier volume de ses écrits complets, textes dits "érotiques" bien qu'ils ne le soient pas au sens commun du terme, mais d'un point de vue tout spirituel, idéal en quelque sorte. "Eros n'est pas le dieu que l'on croit, observe Bernard Noël. Eros est le dieu de la fiction."

        Ou du mythe incarné. Ce qui, troublant paradoxe encore, nous restitue les voies et moyens de la vie et de l'usage des jours :

        tu disais jette tes paysages

        mais je n'étais qu'un arbre

        au seuil de ton hiver

        tu disais

        jette ma peau blanche

        et l'invisible

        soudain crevait les yeux

        les feuilles meurent

        les arbres s'en souviennent

        20 mars 2010

        Vivent les femmes !

        les femmes sont au coeur du coeur pour ce "Printemps des Poètes"

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        Andrée Chedid

        Au coeur du coeur

        Par Marine de Tilly

        Au coeur du coeur

        "Au coeur du coeur", d'Andrée Chedid (Librio)©SIPA

        "Disons-le sereinement, en poésie comme dans les autres domaines artistiques, la femme a le plus souvent été cantonnée à un rôle subalterne", a déclaré le président de la 12e édition du Printemps des poètes, qui a lieu jusqu'au 21 mars. Mais qui mieux qu'Andrée Chedid (mère de Louis et grand-mère de Matthieu pour qui elle a écrit les paroles de son succès Je dis aime ), Prix Goncourt de poésie en 2003, pour mettre ce poncif au placard ? Dans Au coeur du coeur , qui rassemble les plus beaux poèmes de son oeuvre, Andrée Chedid reprend tous ses thèmes de prédilection : la mort, la violence et l'exil, et surtout l'espérance et la liberté. Emprunt d'une douce humanité et de la sérénité du sage, ce recueil est un joyau, un hymne à la vie.

        Au coeur du coeur , d'Andrée Chedid (Librio, 94 pages, 3 euros)

        19 mars 2010

        Une grande dame...


        Oui, décidément, j'aime les femmes ! O.

        Image 1 sur 19
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        Simone Veil, une femme d'exception Elle est la sixième femme à faire son entrée à l'Académie française . Elle est devenue immortelle. Une consécration pour cette femme au parcours exceptionnel. Retour sur cette femme au caractère bien trempé et aux multiples combats. P
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        22:48 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

        18 mars 2010

        J'aime les femmes...


        Trois femmes  à la tête de la gauche  ! Voilà une première.
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        Régionales: la "gauche solidaire" veut une "victoire totale"

        Martine Aubry, Cécile Duflot et Marie-George Buffet, qui dirigent les trois principaux partis d'opposition, ont appelé jeudi les Français à adresser une "bonne gauche à la droite" au deuxième tour des régionales. Lire la suite l'article

        Toutes à leur "bonheur" d'avoir rassemblé la gauche, les trois chefs de file ont fait mine d'éluder les questions sur l'avenir de leur alliance électorale, mais la prochaine élection présidentielle de 2012 est déjà dans toutes les têtes à gauche.

        La gauche, qui présente des listes communes quasiment partout en France pour le second tour, sauf en Bretagne et dans le Limousin, espère dimanche amplifier le message du premier tour, qui a vu l'UMP arriver en deuxième position derrière le PS. La droite pourrait perdre les deux dernières régions qu'elle dirigeait depuis 2004, l'Alsace et la Corse.


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        Le mot de la fin...


        Intéressant billet de François Taillandier. La chute est particulièrement réjouissante! O.
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        La France sarkozienne

        VRAIS FAUX PHILOSOPHES

        Par François Taillandier

        Comme tout le monde, j’ai commencé par rire de la mésaventure survenue à Bernard-Henri Lévy, citant avec gravité dans son dernier livre le philosophe Jean-Baptiste Botul, dont la vie et l’œuvre sont un canular imaginé par Frédéric Pagès. Après quoi, d’autres aspects de cet épisode me sont apparus, dont on se débarrasse sans doute un peu trop vite en rigolant. D’abord, l’espèce de jubilation médiatique provoquée par cette affaire. On a quand même l’impression que la meute a choisi le moment où le lion était blessé pour s’autoriser à le mordre. À chaque fois que BHL publie un livre, d’innombrables médias lui déroulent le tapis rouge, après quoi ils le décrètent «  médiatique  » avec une discrète ironie. J’ai naguère entendu tel rédac chef le traiter en privé de fumiste et de truqueur, avant de lui consacrer la une du magazine le mois suivant. C’est que BHL passe pour influent, et que beaucoup de gens jugent inutile de se le mettre à dos. Tout le monde n’a pas eu le courage d’un Philippe Cohen, décrivant dans un ouvrage documenté ce qu’il nommait le système BHL.

        Deuxième remarque. Si BHL a eu la naïveté de croire en l’existence de Botul, comment se fait-il que dans l’auguste maison Grasset, il ne se soit trouvé personne pour relever l’erreur  ? Moi, chez mon éditeur, j’ai remarqué qu’on lit mes livres avant publication. Et si j’ai confondu le cimetière Montparnasse avec le cimetière Montmartre, comme ça m’est arrivé une fois, ou que les yeux d’un personnage aient changé de couleur entre la page 35 et la page 48 (ça m’est arrivé aussi), eh bien on me le dit, charitablement. Doit-on conclure que chez Grasset, on ne relit pas les livres  ? Ou que tout le monde ignorait tout et de Botul et de Pagès  ? En ce cas, cela veut dire que l’erreur béhachélienne était partagée par beaucoup de gens, y compris dans les médias, où de nombreux articles étaient déjà parus avant qu’Aude Lancelin ne la signale (ça en fait au moins une qui lit).

        Et puis qu’est-ce que cela fait que Botul n’existe pas, si les idées exposées sous son nom ont de l’intérêt  ? Paul Valéry était d’avis qu’on pourrait écrire une histoire universelle de la pensée sans citer le nom d’aucun auteur. Qui sait  ? Bernard-Henri Lévy est peut-être un philosophe de pure fantaisie, inventé de toutes pièces par le nommé Bernard-Henri Lévy avec beaucoup d’ingéniosité : ça fait bien une trentaine d’années, après tout, que tout le monde a l’air d’y croire.

         

        http://www.humanite.fr/2010-02-18_Cultures_VRAIS-FAUX-PHI...

         

         



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        17 mars 2010

        "Le Jeu de la mort"

        Publié le 24/02/2010 à 20:44 - Modifié le 17/03/2010 à 13:04 Le Point.fr

        EXPÉRIENCE SCIENTIFIQUE

        "Le Jeu de la mort" : quand la télé vous manipule

        Par Emmanuel Berretta

        © MEIGNEUX/SIPA


        En 1963, le professeur de psychosociologie Stanley Milgram inventait une expérience démontrant à quel point un individu peut obéir à un ordre contraire à ses valeurs. En l'occurrence, l'individu se voyait demander d'infliger des décharges électriques de plus en plus fortes à un prétendu cobaye. Une expérience popularisée par le film I comme Icare , d'Henri Verneuil. Le cobaye était, en fait, de mèche avec le professeur et ne recevait nullement ladite électrocution. Il était situé dans une pièce voisine et se contentait de gémir en fonction des voltages de plus en plus puissants... Tout cela n'était qu'un subterfuge de manière à examiner le comportement de celui qui, obéissant aux injonctions du professeur Milgram, était capable d'infliger la charge électrique maximale. À l'époque, 62 % des personnes avaient obéi jusqu'au bout en se mettant dans "un état agentique", selon l'expression du professeur... 47 ans plus tard, combien d'entre nous, placés dans des conditions identiques, sont capables d'infliger jusqu'à 460 volts ? C'est ce que France 2 a voulu tester, en s'appuyant sur l'équipe du professeur Jean-Léon Beauvois, chercheur en psychologie sociale, dans un documentaire passionnant, Le Jeu de la mort , réalisé par Christophe Nick, diffusé le 17 mars prochain en prime time.

        lire la suite :
        http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-02-24/documentaire-le-jeu-de-la-mort-ce-soir-sur-france-2/1253/0/427607

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        18:49 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (2)

        C'est parti ? Qu'il revienne !...


         


        Le Printemps des poètes, c'est parti!

        C'est parti! Le 12e Printemps des poètes commence aujourd'hui, avec pour thématique pour cette «Couleur femme». La manifestation se déroulera du 8 au 21 mars. Elle débute ce soir à 20 h à l'Opéra comique (entrée libre dans la limite des places disponibles) avec Dominique Blanc, Carolyn Carlson, Brigitte Fontaine et trente poètes femmes...

        poetes.jpg

        C'est souple, fin et léger, ça se glisse dans une poche, un sac, ça tient chaud, et ce trésor ne coûte que trois euros. C'est un livre évidemment, un recueil de poèmes plus précisément. Il est intitulé «Au cœur du cœur» et signé Andrée Chedid (Librio) . Pour en donner la saveur et l'appétit, on y prélèvera cette phrase, par exemple :

        «Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui - sans parole aucune - se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à un ami.

        Lire la suite :
        http://bibliobs. nouvelobs. com/20100308/ 17670/le- printemps- des-poetes- cest-parti
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          16 mars 2010

          Le neuf assassine le vieux, toujours...

          Robert Badinter:"Avec la Révolution française, le crime envahit l'art"

          Par Annick Colonna-Césari (L'Express), publié le 16/03/2010 à 07:53

          Selon Robert Badinter : "La transgression de l'interdit obsède les artistes. Une dimension terrible et secrète qui se révèle lors du crime."

          drj.-p. guilloteau/l'express

          Selon Robert Badinter : "La transgression de l'interdit obsède les artistes. Une dimension terrible et secrète qui se révèle lors du crime."

          De Goya à Picasso, les scènes de crime et de châtiment ont hanté l'imaginaire des peintres. Au musée d'Orsay, une exposition explore cette esthétique de la violence. Explications de Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, qui a initié l'événement.

          Vous avez consacré votre vie à la justice, et c'est vous qui avez lancé l'idée d'une exposition sur le sujet. Que peut vous apporter le regard des artistes ?

          Je crois à leur intuition. Après avoir travaillé, réfléchi, écrit durant tant d'années, j'ai eu envie de me tourner vers eux. Je pensais, justement, que leur regard pourrait révéler quelque chose sur ce double mystère de l'homme criminel et de la société punitive. Ce projet, que je poursuis depuis dix ans, me tenait d'autant plus à coeur que c'était une piste inédite. Beaucoup d'écrivains, d'Eschyle à Dostoïevski en passant par Camus, se sont penchés sur le crime. Mais que sait-on de la vision des artistes ? La rencontre avec l'historien d'art Jean Clair [commissaire de l'exposition], dont je connaissais le savoir et le talent, a permis d'organiser cet événement.

           

          Lire tout :

          http://www.lexpress.fr/culture/art/robert-badinter-avec-l...

           

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          J'aime beaucoup Robert Badinter. C'est tout de même lui qui a envoyé la guillotine au rencart ! O.

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          23:22 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

          15 mars 2010

          Lis, lisons, lisez...


          Le texte est instructif (la citation de Goncourt, sa vision de la femme du peuple, de la prostituée...), la photo documentaire : l'érotisme visuel à la fin du XIX ème siècle...O.


          Lectures

          samedi 13 mars 2010
          L’histoire de la littérature laisse souvent de côté un corolaire pourtant capital, primordial, passionnant, tout aussi rocambolesque, qui est l’histoire de la lecture. L’une ne va pourtant pas sans l’autre. Philippe Sollers dit souvent que pour savoir écrire, il faut savoir lire, et que pour savoir lire, il faut savoir vivre. Petit florilège paresseux, au fil de mes lectures récentes, de la saveur de lire, du goût d’écrire et de l’amour du livre.

          Alberto Manguel décrit précisément ce plaisir solitaire sans nul autre pareil (Une histoire de la lecture, Actes Sud) : « Moi aussi je lis au lit. Dans la longue succession des lits où j'ai passé les nuits de mon enfance, dans des chambres d'hôtel inconnues où les phares des voitures balayaient en passant le plafond de lumières étranges, dans des maisons dont les odeurs et les bruits ne m'étaient pas familiers, dans des villas de vacances poisseuses d'écume marine ou dans des chalets où l'air des montagnes était si sec qu'on plaçait à côté de mon lit un bassin fumant de vapeur d'eucalyptus afin de m'aider à respirer, la combinaison du lit et du livre me procurait une sorte de foyer où je savais pouvoir revenir, soir après soir, sous n'importe quels cieux. Personne ne m'appellerait pour me prier de faire ceci ou cela ; immobile sous les draps, mon corps ne demandait rien. Ce qui se passait se passait dans le livre, et c'était moi qui racontais l'histoire. La vie se déroulait parce que je tournais les pages. Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d'arriver aux quelques dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps. »
          Plus encore : « La lecture est l'apothéose de l'écriture. »

          Cette liberté de lire, ce regard bienveillant posé sur celui qui lit, qui s’évade, qui s’édifie, n’alla pas toujours de soi. À certaines époques, pas si éloignées, d’aucuns considéraient que la littérature nuit gravement à la santé du lecteur et à celle de son entourage. Pour preuve, ces quelques lignes au détours d’un roman d’Edmond de Goncourt, La Fille Élisa (1877) et qui se passeraient presque de commentaires :
          « Chez la femme du peuple, qui sait tout juste lire, la lecture produit le même ravissement que chez l’enfant. Sur ces cervelles d’ignorance, pour lesquelles l’extraordinaire des livres de cabinet de lecture est une jouissance neuve, sur ces cervelles sans défense, sans émoussement, sans critique, le roman possède une action magique. Il s’empare de la pensée de la liseuse devenue tout de suite, niaisement, la dupe de l’absurde fiction. Il la remplit, l’émotionne, l’enfièvre. Plus l’aventure est grosse, plus le récit est invraisemblable, plus la chose racontée est difficile à accepter, plus l’art et le vrai sont défectueux et moins est réelle l’humanité qui s’agite dans le livre, plus le roman a de prise sur cette femme. Toujours son imagination devient la proie pantelante d’une fabulation planant au-dessus des trivialités de sa vie, et bâtie, fabriquée dans la région supérieure des sentiments surnaturels d’héroïsme, d’abnégation, de sacrifice, de chasteté. De chasteté, ai-je dit, surtout pour la prostituée, la femme chez laquelle la science médicale a signalé la pureté des songes et l’espèce d’aspiration inconsciente de son être souillé vers l’immatérialité de l’amour.
          Le roman ! qui en expliquera le miracle ? Le titre nous avertit que nous allons lire un mensonge, et au bout de quelques pages, l’imprimé menteur nous abuse comme si nous lisions un livre "où cela serait arrivé".
          Nous donnons notre intérêt, notre émotion, notre attendrissement, une larme parfois à de l’histoire humaine que nous savons ne pas avoir été. Si nous sommes ainsi trompés, nous ! comment l’inculte et candide femme du peuple ne le serait-elle pas ? Comment ne croirait-elle pas à sa lecture avec une foi plus entière, plus naïve, plus abandonnée, plus semblable à la foi de l’enfant qui ne peut lire un livre sans se donner à lui et vivre en lui ?

          Lire la suite :
          http://vebret.blogspot.com/2010/03/lhistoire-de-la-litter...






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          Jorge Semprun, un revenant,un témoin,une conscience...


           

          où  on trouvera une vison originale sur le XX ème siècle, sur l'Europe aujourd'hui, et une intervention dans la querelle Lanzmann / Haenel.

           

          Lire tout :

          http://www.lepoint. fr/culture/ 2010-02-25/ interview- semprun-je- n-aime-pas- trop-le-mot- shoah/249/ 0/427647

           

          INTERVIEW

          Semprun : "Je n'aime pas trop le mot Shoah"

          Propos recueillis par Agathe Fourgnaud

          Semprun :

          Jorge Semprun, auteur de "L'écriture ou la vie", publie un recueil de conférences sur l'Europe et la mémoire intitulé "Une tombe au creux des nuages" (Climats) ©Franck Perry/AFP


          Jorge Semprun publie Une tombe au creux des nuages (Climats), un recueil de conférences sur l'Europe et la mémoire.

          Le Point : D'une conférence à l'autre, vous ne cessez de revenir sur le thème de la déportation. L'âge n'apaise donc pas les souvenirs ?

          Jorge Semprun : C'est comme une obsession, c'est vrai, mais cela tient pour beaucoup au contexte dans lequel j'ai donné ces conférences : c'était entre 1986 et 2005, et il s'agissait d'un public allemand. Or, ce traumatisme fait partie de la mémoire collective de l'Allemagne. Puis il y a en effet le poids de mes propres souvenirs, mon expérience de déporté à Buchenwald. Et pourtant, je ne suis pas de ceux qui définissent le XXe siècle comme étant celui des exterminations. De mon point de vue, ce siècle restera comme celui des émancipations - émancipation des anciennes colonies, de la femme, de la religion, du travail dans des conditions aliénantes. Mécaniquement, l'âge amortit la mémoire, et donc apaise les souvenirs. Même quand on a comme moi beaucoup de mémoire. Pendant des années, je me suis réveillé en sursaut, croyant entendre la voix du sous-officier SS de garde à la tour de contrôle quand il donnait l'ordre d'éteindre le four crématoire pour que les flammes ne servent pas de signes d'orientation aux escadrilles de bombardiers anglo-américains. Je ne fais plus ce cauchemar.

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