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25 février 2010

Un Ours et un K niche...

La tendance de Jérôme Garcin

Polanski et Blair : un Ours et un caniche

Par Jérôme Garcin

Troublante coïncidence : le 30 janvier dernier, on apprenait que Roman Polanski allait attendre un an avant d'être entendu par la justice américaine, qui le poursuit, trente-trois ans après les faits, pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure ; et que Tony Blair, auditionné à Londres sur son engagement aux côtés des Etats-Unis lors de la guerre d'Irak, n'éprouvait ni regret ni remords.

Assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, le cinéaste se terre, s'oublie et se tait. Retraité charmeur et florissant, l'ancien locataire du 10 Downing Street se montre, se souvient et s'explique. Il est vrai que ce conférencier à 2.000 euros la minute est un beau parleur. Ce jour-là, les cris des parents des soldats tués – « Meurtrier !», « Menteur !» - et la colère des pacifistes réclamant son procès «pour crimes de guerre » l'ont laissé de marbre.

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Ces cris, on les entendra, le 3 mars, dans le nouveau film de Roman Polanski, « The Ghost Writer », pour lequel le cinéaste vient de recevoir l'Ours d'argent du meilleur réalisateur à Berlin. Il y est en effet question d'un ancien Premier ministre britannique (campé par Pierce Brosnan) qui ressemble fort à celui qu'on a appelé « le caniche de Bush». Poursuivi par le tribunal international de La Haye, il trouve refuge sur une île américaine, où un nègre (Ewan McGregor) est chargé d'achever ses Mémoires, dont aucune mauvaise conscience n'ébranle la vanité.

Sur l'Amérique d'avant Obama, sur ses vassaux serviles, sur la CIA qui a la détente facile, sur les tortures de Guantanamo, le film anglo-saxon de Polanski est sans appel : il ne devrait guère aider à sa réhabilitation outre-Atlantique. On peut voir aussi dans « The Ghost Writer » une réflexion amère sur les prisons dorées où sont enfermés des hommes que le passé finit toujours par rattraper. A ceux enfin qui se demandent ce qu'est devenu le cinéaste du « Pianiste », on répondra que jamais il n'a été plus souverain dans la réalisation, la direction d'acteurs et le sous-entendu. Jamais plus libre, en somme.

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/20100222/17884/polanski-et-blair-un-ours-et-un-caniche

 

 

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01:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

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