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15 février 2010

Le président Chirac aime la poésie...

Une interview où il est question de poésie, pour une fois :

http://bibliobs.nouvelobs.com/20100212/17650/la-poesie-est-une-diva

Extrait :

N. O. - Vous considérez que la poésie, en France, est « enfermée dans une boîte à bibelots ». Est-ce vraiment différent ailleurs ?

Ch. Dantzig. - C'est d'autant plus frappant que la France a été un pays de poètes populaires comme Paul Fort, Maurice Carême, Verlaine... On élisait autrefois « le prince des poètes » ; c'était un peu idiot, mais on a élu des gens très bien comme Mallarmé ou Cocteau, qui fut le dernier. Une fois dans l'année, ça donnait l'impression à des gens qui n'en lisent pas que la poésie était dans la vie. Tout cela a disparu. J'ai pensé que c'était à cause de la concurrence de la chanson. Ca n'est pas vrai : elle a enlevé la part la plus facile de la poésie, mais lui laisse ce qu'elle a de plus compliqué, donc de plus attirant pour l'esprit. Et puis la chanson existe dans tous les pays. Or, chez les Anglo-Saxons par exemple, la poésie est plus naturelle. En Irlande, le prix Nobel Seamus Heaney se vend très bien. En Angleterre, elle est présente partout ; peut-être parce qu'on y a gardé l'institution du « poète lauréat » ? Il doit écrire des poèmes ennuyeux sur la naissance des princes et les voyages de la reine, mais il a une importance sociale en tant que poète. En France, on a fait disparaître la poésie socialement.

N. O.- Il existe pourtant des manifestations, comme le Printemps des Poètes...

Ch. Dantzig. - Leur invention me semble surtout le signe que la poésie n'est plus dans la société. L'idéal serait que Sarkozy écrive des vers, comme François Ier !

N. O. - Ou qu'il crée une charge de poète lauréat... Seriez-vous candidat ?

Ch. Dantzig. - Non, ce serait plutôt pour les gens excessivement modernes qu'il a convoqués le soir de son élection, comme Enrico Macias ou Mireille Mathieu. Mais rendez- vous compte, un poète lauréat aurait à trouver des rimes à des mots affreux comme Hadopi.

N. O.- L'époque vous semble-t-elle particulièrement hostile à la poésie ?

Ch. Dantzig. - Notre période de zapping pourrait lui être favorable. Comme le dit cette parole immortelle du président Chirac : « J'adore la poésie parce que c'est facile à lire et c'est bien en avion.»

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