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07 décembre 2009

Si on se faisait une toile ?

On pourrait aller voir un chef d'oeuvre : le Ruban blanc, de Michael Haneke, palme d'or au festival de Cannes. En voilà un qui ne l'a pas volée...Une remontée à la source du crime : pourquoi dans les années trente tout un peuple a-t-il emboîté le pas à un petit caporal inculte et brutal, qui l'a entraîné dans une tragédie mondiale, nous faisant frôler l'apocalypse ? Tentative de réponse dans l'examen  social, psychologique, humain de ce petit village allemand à la veille de la première guerre mondiale. Une série de crimes et d'attentats s'y commettent, sans qu'on sache jamais qui en est responsable... Le spectateur dispose de quelques indices, qui lui permettent d'avoir son idée... Mais on sait qui, historiquement, sera rendu responsable de tous les malheurs, et envoyé pour sa punition dans les camps d'extermination. Regard rétrospectif qui peut nous amener à un questionnement actuel : qui est responsable des troubles aujourd'hui ? La burqa et les minarets, c'est clair !
Haneke filme avec force, mais aussi avec une retenue, une pudeur extrêmes : la violence est indiquée, mais la caméra ne s'y vautre pas.Le spectateur est bouleversé, mais reste lucide et distant : il sait qu'il n'est pas impliqué dans ce tourbillon infernal, et en même temps qu'il n'est pas à l'abri, que les forces du mal peuvent à nouveau se déchaîner et l'atteindre, lui et ceux qu'il aime... C'est ce qu'on appelle la distanciation, un concept esthétique formulé par le grand Brecht. On est loin du bouleversement émotionnel et compassionnel que provoque constamment le mélodrame contemporain, pour lequel des foules qui pleurent ne réfléchissent pas, et ne contestent pas le pouvoir . Un film à voir absolument .O.


Une scène du film autrichien de Michael Haneke, "Le Ruban blanc" ("Das Weisse Band"), présenté en compétition au 62e Festival de Cannes.
LES FILMS DU LOSANGE
Une scène du film autrichien de Michael Haneke, "Le Ruban blanc" ("Das Weisse Band"), présenté en compétition au 62e Festival de Cannes.

Un village de l'Allemagne du Nord protestante, à la veille de la première guerre mondiale. D'étranges événements y surviennent, à propos desquels "bien des questions restent sans réponse", nous dit le narrateur, un ex-instituteur devenu vieux. Il ne faut pas compter sur le cinéaste (et auteur du scénario original) pour dissiper ces énigmes. Les épilogues en décryptage pédagogique à la Hercule Poirot n'ont pas droit de cité dans les films de Michael Haneke, qui tient à ce que le spectateur fasse sa propre lecture, qu'aucune interprétation ne lui soit dictée.

 

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07:17 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)

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Le site officiel du film :
http://www.lerubanblanc.com/

Écrit par : orlando | 07 décembre 2009

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