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27 novembre 2009

La vérité de l’existence, c’est l’existence, n’est-ce pas ?

Shoshana Rappaport-Jaccottet | La rêverie du voyageur

http://remue.net/spip.php?article3373

Ce texte inédit inaugure Milonga, en cours d’écriture.
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Pour vous plus que Cher

La vérité de l’existence, c’est l’existence, n’est-ce pas ?
(Dans les roses le temps se joue, / Devant le muet de plaisir)

Il nage avec le courant luisant.

Voilà enfin admis l’essai de savoir..., comme la tentative de connaître, comme l’essai vrai (dans le monde), et partant, — attendu porté par son souci d’inachèvement, par ce monde-ci, dès lors spacieusement tourné vers une pensée en mouvement, une certaine, probable qui doute : c’est une pensée résolument ouverte sur le monde, d’emblée.
En effet.
Rien de grave si donc « pas d’autre sol que la pensée dans la langue : l’écriture ».
Et ensuite, en scribe averti, main leste pouvoir simplement une fois ce sol fondé à être, s’élancer sans tristesse, sans remords vers.
Ou faire la roue joyeusement, ou mimer la moue de l’enfant, qu’elle vienne à la chair ronde et rebelle !

À la frontière, nous remplissons encore nos mains de terre.
(Dans une Ombre à libre ceinture / Que le temps est près de saisir.)
Terra incognita
dirais-je sans sourciller, a rare, oui. Vers l’absente, hors d’atteinte, vers le présent accessible, lui.
(On la voyait, auparavant tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin, et comment ne le serait-elle pas ?)

Incertitude sans prétérition. Certes, présente, libre de chérir, désormais chérie au point doré sans périr, rien n’est encore dans tel souffle aérien ni.
Ni ... Alors, cela :
« Meravigliosa creatura », les dieux envient la sagesse de la pierre, celle du sable, on le sait « l’innocence a besoin du sable et des pierres ». Bon. Ténébreuse affaire, loin de la chasse à courre, loin des aguets, loin enfin des murs : qu’est-ce qui peut durer ? (Il arrive que des fleurs poussent sur des rochers, qu’elles s’immiscent lentement, doctement dans tels interstices sibyllins, qu’elles profitent de la tendresse de la roche, de sa densité poreuse, pour s’éployer silencieusement.) Comme si une main créatrice avait introduit dans le chaos qu’on suppose originel la possibilité d’un ordre. Euh, l’ordre passe le temps ? Et cetera ? Et quoi ? Le parfum, un cantique des cantiques que ce parfum aux degrés, pavoisé l’odeur dream on, since you’re gone.
Je vous veux, oui. Vous veux comme vous voudrez. Sans possessif, sans contrainte, sans préceptes aucuns.
Il nage avec le courant luisant. Il s’approche, et tremble.
Loin de Dresde, enivré il éprouve le désir irrésistible, lancinant, premier de se baigner.
Contractuelles adéquations de l’éveil promis, telle demeure émouvante non contractuelle ancrée dans le vif du sujet, et l’aubade à venir.



Copyright Shoshana Rappaport-Jaccottet
Paris, dimanche 20 septembre 2009

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