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24 novembre 2009

Tentative d'épuisement...

 Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec. 

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Ce lieu : la place Saint Sulpice, bien connue des chalands du "Marché de la Poésie", et donc du petit groupe fondateur de la Micronésie Poétique, qui s'y sont retrouvés en... en... laissez, je vais retrouver la date, et même des photos.

Perec y est venu trois jours de suite en se donnant pour consigne de noter tout ce qu'il voyait . TOUT. Tentative d'épuisement. Perec est un maître de cette figure , la liste, l'énumération, l'accumulation. L'invité du Louvre, ces jours-ci, Umberto Eco, qui a choisi ce thème, ne l'a pas oublié.

Voici le début :

 

> Tentative d'épuisement de Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec.
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> Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d'autobus , un tailleur, un hôtel , unefontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
> Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages .
> >
> > 
> 1
> >La date :18 octobre 1974
> >L'heure   10 h. 30
> >Le lieu   Tabac Saint-Sulpice
> Le temps : Froid sec.  Ciel gris.  Quelques éclaircies.
> > 
> Esquisse d'un inventaire de quelques-unes des choses strictement visibles :
> >- Des lettres de l'alphabet, des mots « KLM » (sur la pochette d'un promeneur), un « P » majuscule qui signifie « parking » « Hôtel Récamier », « St-Raphaël », « l'épargne à la dérive », « Taxis tête de station », « Rue du Vieux-Colombier », «Brasserie-bar La Fontaine Saint-Sulpice », « P ELF », «Parc SaintSulpice ».
> >- Des symboles conventionnels : des flèches , sous le « P » des parkings, l'une légèrement pointée vers le sol, l'autre orientée en direction de la rue Bonaparte (côté Luxembourg ), au moins quatre panneaux de sens interdit (un cinquième en reflet dans une des glaces du café).
> >- Des chiffres : 86 (au sommet d'un autobus de la ligne no 86, surmontant l'indication du lieu où il se rend : S aint-Germain- desPrés ) , 1 (plaque du no 1 de la rue du Vieux-Colombier ), 6 (sur la place indiquant que nous nous trouvons dans le 6e arrondissement de Paris).
> >- Des slogans fugitifs : « De l' autobus , je regarde Paris »
> >- De la terre : du gravier tassé et du sable.
> >- De la pierre : la bordure des

Lire le texte intégral :http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/auteurs/perec/saint-sulpice.html

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