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16 novembre 2009

Albert Camus

Albert Camus, portrait total  

Mohammed Aïssaoui
12/11/2009 | Mise à jour : 12:10
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Les mille facettes d'Albert Camus,dont les succès déchaînèrent souvent la haine de ses pairs.
Les mille facettes d'Albert Camus,dont les succès déchaînèrent souvent la haine de ses pairs. Crédits photo : ©Rue des Archives/Tal

Le récit «Les derniers jours de la vie d'Albert Camus» et un dictionnaire révèlent comment l'écrivain était considéré de son vivant.

Ce devait être une bonne nouvelle, ce prix Nobel de littérature attribué en 1957 à Albert Camus. Ce fut l'apogée de la plupart de ses problèmes : jalousé, détesté, moqué, l'auteur de L'Étranger mourra moins de trois années plus tard, le 4 janvier 1960, dans un accident de voiture.

On se souvient du mot de Sartre quand il apprit que Camus avait été récompensé : «C'est bien fait !» Et ce n'était pas le pire des commentaires. Dans la revue Arts, le ton fut plus cruel : «En décernant son prix à Camus, le Nobel couronne une œuvre terminée.» Rappelons que Camus avait alors quarante-quatre ans, et qu'il fut, et qu'il est toujours, le plus jeune lauréat français du prix Nobel de littérature. D'autres avaient écrit, et qui plus est dans son ancien journal Combat, que «les petits pays admirent les parfaits petits penseurs polis ». Ce ne sont là que quelques exemples d'une revue de presse édifiante que l'on peut découvrir dans la postface de l'ouvrage de José Lenzini. Il a déjà écrit trois livres sur Albert Camus, mais cette fois, il consacre son récit aux derniers jours de son auteur fétiche : c'est un angle très instructif qui nous rappelle que, contrairement à ce que l'on peut imaginer aujourd'hui, son existence était loin d'être un long fleuve tranquille. Décidément, il est toujours intéressant de voir comment un écrivain entré dans la postérité était considéré par ses pairs de son vivant.

 

L'âme du spectacle

Dans Les Derniers Jours de la vie d'Albert Camus, José Lenzini mêle un peu de fiction aux indications historiques et à des propos tenus ou écrits par l'écrivain et dramaturge. Sa trame principale est le silence de la mère de l'auteur du Mythe du Sisyphe - une taiseuse, légèrement malentendante et illettrée. On se demande si toutes ces blessures, ces vexations subies par Camus à Paris - surtout à Paris - ne lui avaient pas donné envie de retrouver le silence. Ne disait-il pas : « J'appris tout de suite qu'une balle ne vous arrivait jamais du côté où l'on croyait. Ça m'a servi dans l'existence et surtout dans la métropole où l'on n'est pas franc du collier… » Sa position sur l'Algérie, son dernier livre, L'Homme révolté, son opposition à la peine de mort ne lui avaient pas fait que des amis. C'est tout cela que montre en une centaine de pages, mais de manière forte et précise, José Lenzini. Impossible de ne pas être ému quand on lit que l'écrivain aurait pu éviter l'accident mortel s'il avait pris le train comme il était prévu. On y découvre également un Camus tenté par une carrière d'acteur.

«Acteur», c'est justement l'un des premiers mots définis dans le Dictionnaire Albert Camus établi sous la direction de Jeanyves Guérin, avec le soutien d'une soixantaine de professeurs, d'historiens et d'écrivains. À la question : à qui devez-vous votre plus grande satisfaction, l'auteur de Caligula avait répondu : «Aux acteurs. À l'acteur, qui est le principal, le principe, l'âme incarnée du spectacle.» Ce dictionnaire se révèle être un outil précieux. C'est un travail considérable où tout est passé en revue, aussi bien les œuvres (y compris celles moins connues comme ces Silences de Paris, une pièce radiophonique datée de 1948 et diffusée le 30 avril 1949) que les hommes ou les auteurs ayant un lien avec l'auteur de La Peste. C'est rare de voir en un seul ouvrage les mille facettes de Camus : l'écrivain, le dramaturge, le penseur, le journaliste, le citoyen et, surtout, l'homme. Un portrait total.

«Les derniers jours de la vie d'Albert Camus» de José Lenzini, Actes Sud, 143p., 16,50 €.

«Dictionnaire Albert Camus» sous la direction de Jeanyves Guérin, Robert Laffont/ Bouquins, 976p., 30€.

 

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/11/12/03005-20091112ARTFIG00478-albert-camus-portrait-total-.php

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