09 octobre 2009
On ne badine pas avec l'amour ( de Dieu)
> Thérèse s'adresse aux religeuses des couvents qu'elle a fondés, et particulièrement aux mères supérieures :
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> " Du reste, si vous y prenez garde, vous verrez qu'en somme la plupart des monastères n'ont pas été fondés par les hommes, mais par la puissante main de Dieu. /.../ Et comment, je vous le demande, une petite femme comme moi, soumise à des supérieurs,ne possédant pas un maravedi , dépourvue de toute protection, aurait-elle pu accomplir des choses si difficiles? /.../ Voyez, mes filles, voyez l'action de Dieu. Suis-je, par hasard, de race illustre, et serait-ce à ce titre que l'on m'aurait fait honneur? Evidemment, non. De quelque manière donc que vous l'envisagiez, vous reconnaîtrez que l'oeuvre est de lui. Après cela, n'est-il pas raisonnable que nous la maintenions intacte, dût-il nous en coûter vie, honneur, repos? Et cela d'autant plus que nous trouvons ici tous les biens réunis. Vivre de manière à ne craindre ni la mort, ni les événements de ce monde,, goûter cette allégresse continuelle qui est votre partage à chacune,
> posséder cette prospérité, la plus grande de toutes, qui consiste à ne point redouter l'indigence, à la désirer au contraire : voilà qui s'appelle vivre. Car enfin, y a-t-il rien de comparable à cette paix intérieure et extérieure dont nous jouissons toujours ? Et il ne tient qu'à vous d'y vivre et d'y mourir, comme par le fait vous voyez expirer celles qui meurent parmi nous. Si vous demandez sans cesse à Dieu de vous continuer cette grâce, et si vous vous défiez entièrement de vous-mêmes, il ne vous déniera point sa miséricorde." p 159
> Oeuvres complètes.II. Les Fondations, Fayard, 1963. Traduction des Carmélites de Paris-Clamart
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> Un texte extraordinaire ! et qui appelle de nombreux commentaires...O.
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Commentaires
" Et comment, je vous le demande, une petite femme comme moi, soumise à des supérieurs,ne possédant pas un maravedi , dépourvue de toute protection, aurait-elle pu accomplir des choses si difficiles? " ! elle n'arrête pes de nous étonner ! En réalité, c'est une femme à poigne,une créatrice, une organisatrice, toujours en mouvement, réussissant à se faire entendre du roi lui-même ! Mais la règle de son ordre commande la modestie, l'effacement, l'obéissance, d'où ce discours à toute petite voix, tout plein d'humilité - mais non d'hypocrisie : ce vilain penser existe chez les gens d'église, peut-être plus qu'ailleurs, mais pas chez notre Sainte ! Admirons aussi " Voilà ce qui s'appelle vivre ." Vous avez vu ce qu'elle appelle vivre ? Et sa pleine satisfaction ne fait pas de doute . Et voici quelque chose qui est bien de son époque, et qui aujourd'hui passe très peu :". Si vous demandez sans cesse à Dieu de vous continuer cette grâce, et si vous vous défiez entièrement de vous-mêmes, il ne vous déniera point sa miséricorde." Cette défiance par rapport à soi, ailleurs elle exprime carrément la haine de soi ( pour laisser toute la place à l'amour de Dieu) est une attitude philosophique bien abandonnée, en notre époque d'individualisme et d'hédonisme. Rappelons à cette occasion le "moi haïssable" de Pascal.
Ecrit par : orlando | 09 octobre 2009
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