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07 octobre 2009

Cultures...

Cultures - Article paru
le 21 février 2008
http://www.humanite.fr/2008-02-21_Cultures_Forum-des-accidents-et-des-cercles

Forum des accidents et des cercles

moisson . Des poètes dans l’immédiat, entre feuilleton et cosmogonies.

Je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé,

de Jean-Jacques Viton.

Éditions POL, 16 euros.

Les Techniciens

du sacré,

de Jerome Rothenberg, version française établie

par Yves di Manno.

Éditions José Corti,

672 pages, 31 euros.

En quelques semaines, ces derniers mois, une moisson de livres pour des écritures de poésie fortes, inventives, diversifiées, généreuses, quelquefois intempestives, souvent marquées par des évolutions internes, du poète à lui-même, d’un livre au suivant, et (ou) par une volonté de renouvellement des formes et des thèmes, des angles d’attaque et des rythmes : Claude Royet-Journoud (Théorie des prépositions, POL), Fabienne Courtade (Table des bouchers, Flammarion), Caroline Sagot-Duvauroux (Aa Journal d’un poème, Corti), Christophe Marchand-Kiss (Aléas, Le Bleu du ciel), Jérôme Game (Flip-Book, avec CD, L’Attente), Frédéric Boyer (Vaches, POL), Jean-Pascal Dubost (Vers à vif, Obsidiane)…

Avec, pour l’actualité immédiate, le livre de Jean-Jacques Viton, qui vient tout juste de sortir, après un passage en feuilleton quotidien (24 épisodes distribués par le site POL, avec des dessins d’Emmelene Landon, chaque matin, un événement), une écriture en mouvement, d’une densité subtile, d’un tragique et d’une actualité politique rares dans les pages contemporaines, sous une distance un peu dandy, une façon exemplaire de poser radicalement la question : habiter le monde ? habiter son propre livre ? Et pour quel monde, dans ce livre ? Même si le privé des notations, de place en place, éloigne la narration d’un simple récit…

Et aussi, pour le domaine étranger, un Coleridge, traduit par Jacques Darras (Marin, et la Ballade du Vieux autres textes, en bilingue, Poésie/Gallimard).

Enfin, chez Corti, une anthologie de Jérome Rothenberg (les Techniciens du sacré, avec un corpus de textes dits « traditionnels », de toutes provenances : chants maoris, altaïques, cérémonies indiennes, épopées et louanges d’Afrique, hymnes d’Egypte, du Pérou, livres sacrés, cosmogonies d’Asie ou du pays Dogon, légendes d’univers distincts, de l’Irlande à la Chine et bien d’autres inscriptions, définitions ou poèmes de prose… ), dans une version française d’Yves di Manno, qui ne se contente pas de « traduire », qui incorpore à l’ensemble initial des textes autres, de sources différentes, proches ou non, ce qui transforme ce livre en une entreprise complexe de lectures communes, de confrontations et de relectures, comme à une seule source, de nos cultures et des relations du monde des hommes avec eux-mêmes ; à quoi s’ajoutent les interventions de Jerome Rothenberg qui mène une sorte d’enquête véritable et passionnante, sur les rapports éventuels, souterrains, masqués ou mis à l’écart, mais en quelque sorte invariants, entre ces types d’écritures et d’oralité et les poèmes de notre modernité.

H. D.

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