30 septembre 2009

Art Contemporain à Lyon : Salut les gones !

Jusqu'au 3 janvier 2010, la Biennale d'Art Contemporain de Lyon ouvre ses portes au public ! Notre MicPo y dépêche deux envoyés spéciaux, Orlando et Escandille , qui  enverront des aperçus et impressions régulièrement, sur ArtsPoésieMouvement. En attendant, si vous voulez vous faire une idée par vous-même, c'est ici :
 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

29 septembre 2009

chez nos amis d'outre-Quiévrain...

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"Cabaret des Fêtes de Wallonie 2009"


un relooking de Ciné Massacre pour les cinquante ans de la disparition

de Boris Vian.


Il avait écrit : Étant donné trois planches, quatre chiffons et six bonshommes, en faire voir au spectateur dix fois plus qu’il n’en verra jamais place de l’Opéra.

Avec un tel programme, la scène du plus petit café-théâtre peut devenir le plus grand plateau de cinéma du monde, sans que les acteurs ne doivent quitter le zinc auquel ils sont accrochés. Ils y puiseront aussi la force d’interpréter les chansons les plus connues de l’auteur – sans oublier les spectateurs, qui auront le privilège d’être servis par les interprètes !


Un cabaret renouvelé de l’Atelier poétique de Wallonie, sous la direction de Francis Dony (mise en scène). 

Avec : Laetitia Avenière, Nicolas Bruno, Christine Durant, Sophie Evrard, Annie Godessart, Catherine Haupert, Jean-Marie Rau et Laurence Renoir.

Musique : Boris Vian … et Gilles Boonen.

Affiche : Boris Dambly.

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À 16 h les 19, 20, 27 septembre et 4 octobre ;
À 19 h le samedi 19 septembre ; 
À 20h30 les 18, 21, 24, 25, 26 septembre et les 1er, 2, 3 octobre.

Tarif plein : 10€
Tarifs réduits (seniors et groupes à partir de 12) : 7€
Juniors, étudiants : 5€
Article 27
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Avec l'aide de

pour les décors



vendredi dimanche
18 au 04
septembre octobre

Heure :


Lieu:
Maison de la Poésie
28 rue Fumal
5000 Namur


Information:
0473 38 48 94

Réservation :
0473 38 48 94

27 septembre 2009

Lève l'ancre pour une exotique nature ! (Mallarmé)

Les matins sont des voiliers prêts à appareiller, cap sur de nouveaux mondes ! Voici une artiste dont j'apprécie les oeuvres , dont j'ai déjà parlé ici :
 

S.Boudet
Peintures originales sur toile - Provence

ENTREZ dans le site http://sylvieboudet.free.fr

http://sylvieboudet.free.fr
SYLVIE BOUDET Peinture en Provence - France
-
Création originale de tableaux,
art contemporain

A la frontière de l'art figuratif et de la peinture abstraite, le peintre trouve son chemin dans l'agencement recherché des vibrations de couleurs. Entre elles les couleurs vibrent, s'effacent ou s'opposent pour trouver leur place.Dans l'espace d'un rêve, c'est la découverte, le cheminement vers la recherche de l'équilibre et de l'harmonie. Le tableau se révèle dans une ambiance de lumière de provence. Laisser une fenêtre ouverte à l'instant privilégié de l'imaginaire, dont le langage ne s'exprime pas avec des mots.

 

Expositions de peintures dans le Sud de la France PROVENCE :
Uzès, Castillon-du-Gard, Avignon et autres villages de vaucluse, Saint-Remy-de-Provence, Marseille, Lyon, Paris, Valence, Cluny
Expositions à l'étranger Belgique, Grand duché, Suisse


Paintings from Provence SYLVIE BOUDET / original paintings, contemporary art on www.sylvieboudet.com - the south of france color

In the space of a dream my painting is standing between representative and abstract art, trying to find the balance between shapes and colours, in the space of the movement. The main subject, of colours and textures is made with oil painting technology combined with intense and various elements of pigments. Mixed media on paper or cardboard. Palet knives, brushes, different implements to model and transform the original matter, between engraved elements or sweetness areas of breathing. The Time of painting, successively, layer by layer, the canavas is emerging, little by little, creation is emerging, painting's living. What kind of alchemy is leading us throw the life ?

Reproduction et utilisation des images interdites, tous droits réservés.


 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

26 septembre 2009

Du nouveau sur la MicPo !

  La Micronésie Poétique a, depuis l'origine, le projet d'être un magazine électronique de poésie, littérature, arts, constitué de groupes de discussion (wanadoo au début, yahoo en ce moment...) , et dont les lecteurs seraient en même temps les auteurs.
  Nous avons traversé récemment des turbulences, au cours desquelles nous avons perdu une petite partie de nos activités. Nous allons donc les recréer, avec du nouveau si possible.
  Ainsi, nous redonnerons vie au "Par Coeur" et au "Coup de Coeur", ainsi qu'au haïku, dans une nouvelle rubrique intitulée "Formes brèves". D'autre part, nous attendons avec impatience que Cécile rouvre "Voix du Monde", la dimension mondiale de la voix poétique étant un souci permanent de la Micronésie Poétique : il ne faut pas la laisser s'éteindre.
  Enfin, une idée qui nous tient à coeur depuis longtemps et que nous allons essayer de mettre en mouvement : la poésie conçue comme une gymnastique ! une activité bonne pour la santé, qu'on peut muscler, grandir, tonifier ! Une série d'exercices poétiques -écriture et lecture, de tous niveaux, à investissement variable - de quelques minutes à plusieurs heures, jours, mois... Puisqu'il faut nommer pour s'y retrouver, cette rubrique sera le "Mouvement de Gymnastique Poétique", fermez le ban !
 
  Pour ce qui est de l'organisation des groupes, on ne touchera pas à ce qui marche . Poésie Libre Echange garde la poésie contemporaine ( mais avec les troubadours, ça fait un peu beaucoup , et un peu disparate : on songe à déménager  nos poètes médiévaux sur un nouveau groupe, d'Histoire Poétique...), Toujours La Poésie garde l'Ouvroir, qui a toujours beaucoup de succès, PROSES le prose, Voix Du Monde les poètes du monde entier. Les Formes Brèves ( et la "Balade en Vers Pensés" est une forme brève...) ainsi que le Par Coeur, le Coup de Coeur et le Mouvement de Gymnastique Poétique trouveront place sur Arts,Poésie,Mouvement, groupe qui se veut dynamique et pétant la forme, mais qui se trouve plutôt somnolent depuis sa création. Je vous invite à le rejoindre !
  Ce pauvre ArtsPoésieMouvement va se trouver surchargé de rubriques, lui qui est si léger en effectifs ! Il faut donc recruter, et songer à mieux répartir les activités en créant un ou des groupes nouveaux. Je songe en particulier à Histoire Poétique, et à un Agir Poétique où se retrouveraient le Mouvement et les ateliers d'écriture et/ou de lecture... mais pour cela, ON DEMANDE WEBMASTERS ! Personnes intéressées, dynamiques, disponibles... si vous en connaissez, ne manquez pas de nous les adresser !
  A bientôt toutes et tous .O.
 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

25 septembre 2009

MH est-il un clone triste, ou un clown raelien?

Houellebecq est-il...
Vendredi, 25 Septembre 2009, 12h38mn 00s
De :
Orlando Erre <jotapil@yahoo.fr>
Afficher les détails de ce contact
À : PROSES@yahoogroupes.fr

... un clone raelien , ou un clown mine de rien ? Lire l'article ci-dessous, extrait du blog de Sollers

 

Houellebecq dans "une vie divine"

Daniel-Michel

Sous le prénom de Daniel, Sollers brosse un portrait au vitriol de Michel Houellebecq dans "Une vie divine". Cryptage transparent : même finale du prénom, la secte de Raël favorable au clonage devient l’EVU (Eglise de la Vie Universelle), idées pour lesquelles Daniel-Michel a quelque sympathie.

 

Michel Houellebecq jeune
Une fois à Paris, j’ai rendez-vous, en fin d’après-midi, au bar du Lutétia, avec mon vieil ami Daniel, cinéaste [1] désormais mondialement célèbre, comme le prouve son dernier grand entretien dans Destroy. Il a l’air à la fois en pleine forme et très déprimé, résultat probable des tranquillisants et des somnifères qu’il absorbe à haute dose. Il boit des alexandras, parle peu, savoure le triomphe de son dernier film, La Vie éternelle (accueil mitigé en Asie, gros succès, en revanche, à Berlin, Madrid, San Francisco et Toulouse). Il glisse, les larmes aux yeux, sur la mort de son chien adoré, Trott, le seul grand amour de sa vie. Daniel est le type même du nihiliste actif et professionnel d’aujourd’hui, pornographe et sentimental. Il reste obsédé par la baise, frémit à la vue de la moindre jeune salope locale, a peur de vieillir, poursuit un rêve d’immortalité génétique, et a même donné son ADN, pour être cloné, à l’Eglise de la Vie Universelle (l’EVU), laquelle est partie à l’assaut des comptes en banque des déprimés du monde entier, tentés par le suicide et la réincarnation corporelle. La vie humaine, on le sait, n’est qu’une vallée de larmes, et la science en a établi la vérité fatale. La chair, pour finir, est triste, les livres sont inutiles, on ne peut fuir nulle part dans un horizon bouché, l’argent permet de vérifier tout cela, et le cinéma, lui-même inutile, l’exprime. Où sont passés Dieu, l’espoir d’une vie éternelle, toute la salade de jadis ? Les religions sont balayées, vous qui entrez laissez toute espérance, faites-vous prélever pour plus tard, mais sans garantie absolue, car il se pourrait bien que le vieux Dieu demi-mort irascible, qui a déjà confondu les langues au moment de la Tour de Babel, reprenne du poil de la bête, et utilise un jour des terroristes pour foutre le bordel dans les laboratoires, mélanger et brouiller les codes sinistres tarés du futur.

 

Daniel souffre, et il lui sera donc beaucoup pardonné socialement (c’est-à-dire fémininement), « à la chrétienne », comme d’habitude. Nous n’allons pas recommencer notre ancienne polémique vaseuse pour savoir s’il faut préférer Schopenhauer (lui) ou Nietzsche (moi). De toute façon, la question est réglée : Schopenhauer a vaincu, Nietzsche est définitivement marginal. Il me demande quand même si je crois à la vie éternelle, et il sait que je vais lui répondre bof, que c’est là encore un fantasme humain, trop humain, que l’éternel retour est tout autre chose, qu’il vaudrait mieux parler d’éternité vécue. Il me jette un drôle de regard, à la fois plombé, apeuré, vide. Je ne suis même pas digne d’être un chien, pense-t-il comme un banal humaniste, non, je ne suis même pas digne d’être un chien, et il n’a pas tort. Allez, encore un alexandra pour lui, un whisky pour moi [2], et basta. On ne parle même pas de l’objet du rendez-vous pris par son agent : une petite évaluation philosophique de son oeuvre, par mes soins, mais sous pseudonyme, dans une revue confidentielle et radicale, douze lecteurs pointus, un record [3]. Il est vrai que la pige aurait été misérable. Il est vrai aussi que je n’en ai pas envie. J’ai été content de revoir Daniel, son courage et sa détestation provocatrice, glauque, drôle et fanatique du genre humain. Mais précisément : humain, trop humain...

 

Une vie divine, Plon, 2006, p. 348-350.

Nota : C’est Saneptia sur le blog être vivant qui a attiré mon attention sur le rapprochement Michel-Daniel. Vous recommande vivement ce blog littéraire qui contient de nombreux autres extraits de "une vie divine", mais pas l’extrait des pages 356-357 qui suivent où l’on retrouve le personnage de Daniel :

Je repense à Daniel, son cas est révélateur. Mauvaise enfance, corps peu désirable, intenses masturbations, premières relations féminines peu enthousiasmantes, découverte tardive de partenaires plus jeunes attirées par sa célébrité et son argent et, à ce moment-là, sentiment de vieillissement, satisfactions combattues par la jalousie et le manque - donc douleur. Dans ces histoires, il faut commencer très tôt, enfance vicieuse, action dualisée vers 13-14 ans avec des professionnelles de 30 ans [4],connaissance approfondie de la chose (putes, partouzes, énamorations, illusions magiques et désillusions), bref être immunisé à 35-40 ans, blindé à 50, dégagé ensuite. On est sur la rive, on regarde les bateaux appareiller [5] , pavoiser, faire la fête, se mélanger, pavoiser, se saborder, couler. Être fasciné par la jeunesse, vouloir la posséder, la poursuivre, est un fantasme de vieux qui a toujours été vieux. On peut mettre ici dans même sac pédophiles, homos, nymphomanes frigides, séniles coureurs, c’est-à-dire un fonds de population indéfiniment renouvelable, obsédé par la jenèse non vécue à temps. Un petit Bédouin affole les uns, la jeune salope en fleur terrasse les autres, le bétail s’agite et se vend, changements d’acteurs et d’actrices, disparition vers la Vallée de Larmes. Heureusement, j’ai mon chien, il comprend tout, il est innocent et fidèle, sa mort me bouleverse davantage que celle d’aucun être humain.

Une vie divine, Plon, 2006, p. 356-357
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

24 septembre 2009

Ces généraux de l'an II qu'a chantés Hugo...

Portrait. 220 ans après la révolution française
Lazare Hoche, général républicain
Article paru le 31 août 2009
1768-1797 . Louis Lazare Hoche est le symbole même des généraux de vingt ans placés à la tête des soldats de l’an II. Il incarne l’élan national et républicain des armées victorieuses de la Révolution. Autodidacte, passionné d’art militaire, fort, courageux et réfléchi, bel homme plaisant aux femmes, amant comme tant d’autres de Joséphine de Beauharnais, marié à Adélaïde Dechaux, jolie Thionvilloise qu’il laissera veuve à vingt ans, pacificateur de la Vendée, le vainqueur au Geisberg meurt phtisique en (…)

Lire la suite : http://www.humanite.fr/+-Revolution-francaise-220-ans-apres-+

23 septembre 2009

Collage, cut up, kezaco ?

Thé au Riz, T'es que nique...
Mercredi, 23 Septembre 2009, 15h11mn 01s
De :
Orlando Erre <jotapil@yahoo.fr>
Afficher les détails de ce contact
À : PLE4 <PoesieLibreE4@yahoogroupes.fr>; ToujoursLaPoesie3@yahoogroupes.fr

Adeline voudrait quelques indications sur le cut up. Voici quelques notes très brèves, qui pourront être développées sur demande.
 
Je dirai que l'ancêtre du cut up ( mot utilisé par Burroughs et les poètes de la Beat Generation dans les années 50 du siècle dernier) est le collage, utilisé en poésie par les surréalistes et en peinture par les cubistes. Et l'inventeur  du collage est certainement Lautréamont, dans les "Chants de Maldoror". Brève ( et peut-être un peu approximative) chronologie :
 
vers 1870 : Lautréamont inaugure la technique dans les "Chants de Maldoror" en insérant , dans son texte épico-lyrico-narratif, des extraits d'ouvrages scientifiques, par exemple d'un traité de zoologie. L'un des plus célèbres collages est celui du vol des grues. Les critiques à courte vue parlent de plagiat, alors qu'il s'agit d'un procédé révolutionnaire de contestation- renouvellement de l'art et de la littérature.
 
  Avant la première guerre mondiale, les cubistes intègrent dans leurs tableaux des éléments extérieurs collés : fragments de journaux, de tapisserie, de tissus, de broderies, de bois...Avec une visée différente : il ne s'agit pas de provoquer un choc de l'insolite - encore que... - mais d'intégrer le "réel" dans l'image ; le fragment de journal représente vraiment un journal posé sur la table... Comparez avec la citation de Lautréamont ci-dessous !
 
  Les poètes de cette époque , Apollinaire, Cendrars, expérimentent des techniques du même genre.
 
vers 1920, André Breton porte en triomphe les "Chants...", qui avaient été complètement étouffés. Il donne les "beau comme" de Lautréamont comme exemples de l'image surréaliste, et notamment " beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie. " . Or il se trouve que ces expressions maldororiennes sont aussi des collages. Ici un peu de théorie est indispensable :
 
Qu'est-ce qu'un collage ? En visuel, c'est la technique consistant à juxtaposer des images ne présentant aucun lien entre elles .Claude Pélieu, le poète, qui a introduit la poésie de la beat generation en France, était aussi plasticien et a fait des expositions de ses collages. Prévert a également utilisé la technique.
  En littérature, cela consiste à juxtaposer également des fragments sans liens entre eux. On voit tout de suite que l'image maldororienne en est un parfait exemple. Le "cadavre exquis" des surréalistes joue lui aussi sur l' "effet collage".
 
Un deuxième point théorique , c'est que le collage, et plus tard le cut up, comporte deux valeurs fondamentales, la volonté contestataire, dynamique, bouleversante d'une part, et d'autre part la dimension esthétique, soft, consensuelle. Les images de Lautréamont sont vivement chargées de la première valeur, exprimant une contestation de l'hypocrisie sociale,politique, esthétique, du ronron académique. Le tort de Breton est sans doute de las avoir édulcorées, de leur avoir rogné les griffes et de les avoir assagies en beaux objets poétiques inoffensifs.
 
 
 Après la deuxième guerre mondiale, le vent de la nouveauté semble venir d'outre-atlantique ! Burroughs, l'un des chefs de file de la Beat Generation, "invente" le cut-up et en fait un usage intensif.
 
  Aujourd'hui, l'effet "cut up" , ou "effet collage" , est devenu un lieu commun de la littérature et de l'art, voire même du désign, de l'architecture , de la publicité. On peut dire qu'il est parfaitement digéré et fait partie de l'expression contemporaine, débarrassé en grande partie de ses vertus corrosives, contestataires, révolutionnaires.
 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

21 septembre 2009

Les papys ont la frite...

 

samedi, 19 septembre 2009

Julien Blaine

blaine-nuenmouvement.jpgJulien Blaine (Christian Poitevin pour l’état-civil) né le 19 septembre 1942 à Rognac dans les Bouches-du-Rhône, vit à Ventabren, non loin de Marseille, et nomadise le plus possible.  La clinique où il est né est devenue une bibliothèque ce qui n’est évidemment pas pour lui déplaire.
Créateur des revues les Carnets de l’Octéor, Appproches, Robho, Gérarnonymo, Gang, Doc(k)s, il organise festivals, rencontres, expositions (Gogolin, Allauch, Tarascon, Marseille, Ventabren, Lodève) et crée en 1989 le Centre international de poésie Marseille (cipM).
Poète, performer, artiste graphique, il explore inlassablement, toutes les formes que la poésie prend (langue, forme…). Son œuvre généreuse, quel qu’en soit le support, démontre cette infinie curiosité.
Il abandonne la performance en 2005, lors d’une grande tournée “Bye-bye la perf”  qui l’entraîne de Marseille à Bordeaux, de Paris à l’île de la Réunion, de Nantes à Toulouse, de Lyon à Périgueux… Aujourd’hui il présente son travail dans des “déclaractions”.
Actuellement un choix de son travail est présenté au [mac] (Musée d’art contemporain de la ville de Marseille), 69, avenue d’Haïfa  — 04 91 25 01 07.
Parmi ses innombrables livres, il ne faut pas manquer :
13427 poëmes métaphysiques, édit. Évidant, 1986, Bimot,  édit. Évidant, 1990, Calmar, Spectres Familiers, 1993, Du Sorcier de V. au Magicien de M., Roger Pailhas, 1997, L’Arc c’est la Lyre, Al Dante, 1998, Pagure, Al Dante, 1999, La fin de la chasse, Al Dante/Safaribooks, 1999, Se constituer vrai/ment Grand Père, le bleu du ciel, 2003, Bye-bye la perf, livre + CD audio, Al Dante, 2007, Poëmes Vulgos, Al Dante, 2008, les Cahiers de la 5ème feuille, 1 à 8, Al Dante, 2001-2009…

Pour en savoir plus on se reportera avec profit au considérable catalogue qui a paru à l’occasion de l’exposition au [mac], Blaine au Mac un Tri, Al Dante, 21x28 ; 288 p. ; ill. ; 39 € ou au petit livre d’entretiens avec Agnès Olive, Julien Blaine, aux éditions la Belle bleue, 12x20 ; 96 p. ; 14,90 €. On peut l’entendre sur : http://www.ubu.com/sound/blaine.html

* * *


ecritureori-perf1-1.jpg« Trop marché dans la montagne ?
Trop bu de café ?
La côte, bien que courte,
trop raide pour mes vieux mollets sur le pédalier du jeune vélo ?

Puis le sommeil m’a capturé
jusqu’à 3 h 50,
m’a ressaisi jusqu’à 7 h 05
et, à 7 h 50, j’ai commencé à écrire ça
sur mon iBook,
le livre de « je ».

À cet âge :
le bonheur de les voir
s’accompagne
de la douleur d’être.

Lassé de la route,
je regarde mes mains sur le volant :
ce sont des mains de grand-père,
les mains de mon grand-père…

Heureusement pour s’amuser
l’aïeule m’a verni l’ongle du petit doigt de la main gauche
en or.
Ainsi mes mains,
surtout la gauche se distinguent.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
ses pieds :
tant de peau morte sur les talons
tant de peau morte à l’angle extérieur et inférieur des orteils.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
ses veines vert-clair et serpents bleus sous la peau.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
les îles roses, mauves et violettes, dessins de ses veinules et de ses artérioles,
qui éclatent sous la peau.

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à
les minuscules  fissures interdigitales, les ondulations originales de certains ongles

On reconnaît un grand-père à ses petitzenfants
& à la faune et la flore microscopique qui essaie de l’envahir
pour creuser des rides fragiles

On reconnaît un grand-père à ses petizenfants
& à »


Se constituer vrai/ment grand-père, le bleu du ciel, 2003

 

blaine.jpg

Photos : Faire la bombe, 2007, photographie Joan Casellas
La Pythie claustrophobe 1998, Villa Waldberta-Feldafing, Allemagne, Photographie D.R.

 

http://www.unnecessairemalentendu.com/

Willy Ronis nous regarde de là-haut...

Nouvelobs.com > Arts & Spectacles > Je me souviens de Willy Ronis

La mort d'un grand photographe

Je me souviens de Willy Ronis

 

Génie de la photographie humaniste, il avait reçu Bernard Géniès chez lui, l'hiver dernier, pour parler de ses premières photos, du regard émerveillé d'un enfant, de ses engagements

 

Sur le palier du sixième étage, la porte de Fappartement était entre- bâillée. Lors d'une précédente rencontre, deux ans auparavant, Willy Ronis était venu m'ouvrir. Mais en ce jour de Fhiver dernier, j'avais dû entrer seul dans Fappartement et, guidé par le tic-tac d'une vieille horloge, me dinger vers la pièce de droite où je savais qu'il se tenait. Assis derrière un bureau encombré de livres et de dossiers, il m'avait salué, s'excusant de ne pouvoir se déplacer. Pas un mot sur la maladie ni les séances de dialyse qui l'epui- saient. J'étais venu Finter- viewer à Foccasion de la publication d'un livre de ses photos de nus préfacé par Philippe Sollers. Comment un vieil homme de 98 ans al- lait-il pouvoir parler de ces images de belles femmes ? II s'était exprimé comme à son habitude, avec des mots simples, précisant que le nu n'avait pas été son métier, et qu'il ne Favait pratiqué que de temps à autre, au hasard des rencontres, des occasions. Des rencontres ? C'etait celle d'Isabelle, employée de Fambassade de France qui, lors du vernissage d'une exposition à New York, lui avait demandé de la photographier nue. Le hasard ? C'était celui qui Favait conduit à prendre ce «Nu provengal» qui allait faire le tour du monde : un matin de soleil dans la maison familiale de Gordes, Ronis voit sa femme en train de faire sa toilette. «Je suis allé chercher mon RoEeiflex qui était sur le buffet. f'ai pris, quatre photos. Pas une de plus.» Willy Ronis aimait raconter ses photographies. Cha- cune était liee à une mstoire, un épisode, vision d'un couple d'amoureux, d'un enfant au regard illuminé ou de piétons de Paris. Fils d'immigrés juifs (son père était origi- naire d'Odessa, sa mère de Lituanie), né à Paris le 14 août 1910, il rêvait de devenir compositeur. La mort prématurée de son père Favait contraint à prendre la suite de son affaire, un studio de photographie. Malicieux, il m'avait glissé : «Qa ne m'intéressait pas de rester dans une boutique.» Alors il avait raconté ses premiers enthousiasmes, les défilés du Front popu, Fengagement politique à gauche, ses longues marches dans les quartiers de Paris - «sauf le 16e, je m'ennuie dans les quartiers chics !»
Quand je lui avais demandé si l'expression de «photographie humaniste» caractérisait son travail, il m'avait répondu oui parce que «j'ai toujours voulu photographier des êtres humains». En 2002 , il avait renoncé à la photographie : son dernier cliché, nous avait-il dit, était un nu féminin. En éprouvait-il des regrets ? Non : «Après bossé pendant soixante-quinze ans et fait des milliers de photos, je peux m'arrêter !» Membre de l'agence Rapho, il avait fait don de ses photos à l'Etat frangais en 1983. Ces dernières années, il avait exposé à la Bibliothèque nationale de France, à la Mairie de Paris, au Jeu de Paume et, cet été, aux Rencontres d'Arles. Modeste, toujours prêt à répondre aux nombreuses sollicitations dont il était désormais l'objet, Willy Ronis, grand visi- teur du Louvre dans sa jeunesse, appréciait la peinture : «Une photo réussie, c'est une photo qui ressemble à un tableau.» II m'avait dit avoir pleuré devant un tableau de Bruegel, «tellement il était beau, avec son lac gelé et ses patineurs». Son regard s'était tourné vers la fenêtre. Dehors, on apercevait des arbres et ran- gée d'immeubles. «fe regrette de ne plus pouvoir marcher dans les rues. fe me console à ma façon. La vue depuis ma fenetre est superbe, j'ai beaucoup d'air et de lumière. Quand le soleil éclaire les façades des immeubles en face, c'est magni- fique», avait-il murmuré. Là, peut-être, était le secret du photographe Willy Ronis : il aimait s'emerveiller de la vie.


Bernard Géniès

Le Nouvel Observateur - 2341 - 17/09/2009

20 septembre 2009

Un 11 septembre qui a fait basculer l'Histoire...

Joseph O'Neill, Netherland, renaissance d'une nation

Récompensé par le PEN/Faulkner Award 2009, et félicité par Barack Obama à la BBC, le roman de Joseph O’Neill montre comme il est difficile de remonter la pente pour les Américains de l’après 11 Septembre.

Au mois de juin dernier, soit un an après sa sortie aux États-Unis, Netherland a bénéficié d’une publicité exceptionnelle, de celles dont rêvent tous les auteurs et éditeurs américains : interrogé sur ses lectures par la BBC, Barack Obama a répondu qu’il était en train de le lire, et qu’il le trouvait « excellent ». Pour autant, Joseph O’Neill n’avait pas attendu cette onction présidentielle pour être plébiscité : récompensé par le PEN/Faulkner Award 2009, ce roman avait déjà remporté tous les suffrages de la presse américaine lors de sa parution. Dans la prestigieuse New York Times Review of Books, qui lui avait consacré sa couverture, le journaliste Dwight Garner avait bien résumé les choses en écrivant que c’était la meilleure oeuvre de fiction sur la vie à New York et à Londres depuis la chute du World Trade Center.

Après le 11 Septembre, un débat s’était fait jour, parmi les intellectuels américains, sur le rôle de l’écrivain face à l’événement : la fiction avait-elle sa place sur les ruines des tours, ou devait-elle s’effacer devant les témoignages et le récit documentaire ? En quelques mois, le 11 Septembre est ainsi devenu une sorte de mythe littéraire moderne, un sujet sensible où les enjeux esthétiques rencontrent les questions éthiques, plus encore que la tuerie de Columbine qui, deux ans plus tôt, avait déjà inspiré de nombreux artistes. Tandis que certains, comme Norman Mailer et Paul Auster, choisissaient de renoncer à traiter le sujet, d’autres s’en sont immédiatement emparés, faisant du « roman sur le 11 Septembre » un genre en soi, partagé entre les textes sur l’attentat proprement dit ( Terroriste, de John Updike, Le Troisième Frère, de Nick McDonnell, The Last Days of Muhammad Atta, de Martin Amis, encore inédit en français) et ceux qui analysent le traumatisme des New-Yorkais (Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer, L’Homme qui tombe, de Don DeLillo) ou la manière dont la catastrophe a marqué un changement d’ère dans l’imaginaire américain (La Belle Vie, de Jay McInerney).

Netherland reprend toutes ces problématiques
dans une perspective plus large : plus que le 11 Septembre lui-même, c’est l’atmosphère des années suivantes qui intéresse Joseph O’Neill, la manière dont les Américains ont vu leurs certitudes s’effriter et le retour massif des questions politiques dans leur vie. De ce point de vue, l’adoubement du livre par Obama est peut-être plus qu’une anecdote : d’une certaine manière, le cheminement moral qui a débouché sur son élection en 2008 est précisément le sujet du roman. Le héros, Hans Van den Broek, est un analyste financier d’origine néerlandaise qui vit dans un loft du quartier de TriBeCa en compagnie de sa femme Rachel et de leur fils Jake. Forcés de quitter leur logement après le 11 Septembre, ils s’installent temporairement dans un hôtel, où leurs problèmes vont commencer : Rachel, perturbée et inquiète, veut emmener leur fils en Angleterre, son pays natal, loin des États-Unis et du président Bush, qu’elle juge belliciste et dangereux. Le mariage du couple bat de l’aile ; après quelques mois de naufrage, Rachel rentre finalement à Londres, laissant Hans seul à New York. Désoeuvré et dépressif, ce dernier occupe ses dimanches sur les terrains de cricket, sport qu’il a pratiqué durant son enfance aux Pays-Bas. Là, parmi la faune bigarrée des immigrés indiens ou caribéens, il fait la connaissance de Chuck Ramkissoon, un sympathique selfmade man originaire de Trinidad qui, entre deux affaires louches, nourrit un projet pharaonique : créer le « New York Cricket Club », une organisation de prestige qu’il présiderait, installée dans un stade grandiose dont il a dessiné les plans et qui rendrait au cricket sa place parmi les sports historiques de l’Amérique…

À travers la culture alternative du cricket, Hans découvre une face cachée de New York, excentrique, colorée, interlope, loin des tours de bureaux, de leurs financiers en costume et de la classe moyenne traumatisée. Tout en conférant au texte une sorte de charme désuet, le cricket, sport aux règles ésotériques («Je ne peux compter le nombre de fois où j’ai essayé en vain, à New York, d’expliquer à un passant ébahi les bases du jeu se déroulant devant lui»), prend dans Netherland la portée symbolique d’une issue, d’une autre manière de regarder le monde, et finalement d’une métaphore de la reconstruction du rêve américain. Comme l’explique l’infatigable Chuck dans l’une de ses tirades, «les gens, tous les gens, les Américains comme les autres, c’est quand ils jouent au cricket qu’ils sont le plus civilisés. Quelle sera la première chose qui se passera quand l’Inde et le Pakistan feront la paix ? Ils joueront un match de cricket. Le cricket a une dimension morale. Avec le New York Cricket Club, on pourrait ouvrir un tout nouveau chapitre dans l’histoire des USA. Pourquoi pas ? Je vais nous ouvrir les yeux ».

Entre son mariage en déroute avec Rachel et les rêves délirants de Chuck, Hans traverse le roman dans un entredeux à travers lequel Joseph O’Neill restitue finement l’ambiance des années Bush et le vacillement des mentalités américaines, l’ébranlement du pays se reflétant dans celui de Hans. Perplexe et désorienté, ce dernier avoue d’ailleurs ne rien comprendre au monde dans lequel il vit : « Est-ce que je savais si la mort et la douleur causées par une guerre en Irak excéderaient ou pas les malheurs qui pourraient découler du fait de laisser Saddam Hussein au pouvoir ? Non. L’Irak possédait-il des armes de destruction massive représentant une menace réelle ? Je n’en avais aucune idée ; et, pour dire vrai, cela m’intéressait peu. J’étais un idiot politico-éthique. » Dense, intelligemment construit par associations d’idées, souvent drôle (le passage sur la validation du permis de conduire devant un bureaucrate kafkaïen est désopilant), Netherland n’est finalement pas tant un « roman sur le 11 Septembre » à proprement parler qu’un roman sur la période charnière que viennent de vivre les États-Unis. En traitant l’universel à travers le particulier, O’Neill donne un texte profond et captivant, soutenu par un suspense discret (on apprend dès les premières pages que Chuck a été retrouvé menotté au fond d’un canal, ce qui rend d’autant plus intrigants les souvenirs de Hans à son sujet). Qu’on aime ou pas Barack Obama, il faudra décidément lui reconnaître ceci à l’heure du bilan : toutes choses égales par ailleurs, il aura donné d’excellents conseils de lecture.

 

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