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08 septembre 2009

Pascal Quignard

Rencontre mardi8 septembre 2009

«Il faut être en quête de quelque chose»

Raphaëlle Rérolle

Pascal Quignard: «J’ai toujours voulu témoigner d’autre chose que de la langue. Evoquer ce qui est plus en amont. (AFP)

Pascal Quignard: «J’ai toujours voulu témoigner d’autre chose que de la langue. Evoquer ce qui est plus en amont. (AFP)

«La Barque silencieuse» est le nouveau chapitre mystérieux et captivant de la suite baroque du «Dernier royaume», défi que s’est lancé l’écrivain Pascal Quignard à lui-même

On a beau avoir interviewé des dizaines d’écrivains, l’idée de rencontrer Pascal Quignard suscite une vague appréhension. Pas à cause de sa personne, loin de là, Quignard fait même partie des auteurs au caractère affable, mais en raison de son œuvre: tellement diverse, énigmatique et somme toute difficile à embrasser qu’il est bien épineux de savoir par quel bout l’attraper. L’ensemble est tentaculaire (plus de cinquante livres), vertigineusement érudit et le plus souvent aux frontières entre les genres, ainsi de son dernier livre La Barque silencieuse (SC du 05.09.2009). Essais, romans, contes, paraboles ou, pire, tout à la fois – par où commencer?

Mais comme souvent, les angoisses ne parlent que des angoisses, pas de la réalité. Quelques minutes après avoir ouvert la porte sur son appartement passé au blanc (les murs, le plancher, les fenêtres ouvertes sur un petit jardin coincé entre des immeubles), Pascal Quignard dissipe très simplement le malaise. Mince, vêtu de noir, et la tête légèrement penchée en avant, il vous installe derrière une table à moitié cassée, qui grince de manière alarmante – «pas de danger, elle ne s’effondre jamais». Et voilà qu’il avoue en souriant avoir lui-même un peu de mal à parler de son travail: «Ce ne sont pas des livres extérieurs à moi, explique-t-il. Je ne suis que ça.»

N’être que ses livres. Pas plus, pas moins. Avant, Pascal Quignard fut un petit enfant né en 1948, dans une famille de musiciens (derrière lui, une longue lignée d’organistes) et d’intellectuels (son grand-père maternel était le grand grammairien Charles Bruneau). Un garçonnet mutique, anorexique et, dit-il, enfermé dans une sorte d’autisme. A tel point que ses parents le confièrent, plusieurs années durant, à leurs propres parents, dans l’espoir de le faire revivre. C’est en suçant les bâtons de réglisse donnés par l’un de ses oncles que le garçon reprit le chemin de la nourriture, puis celui du langage, mais jamais celui du «plaisir de la langue». Curieusement, Pascal Quignard ne se sent même pas écrivain, enfin, «pas un écrivain-souche», affirme-t-il.

 

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Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

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