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07 septembre 2009

Quentin Tarantino

cinéma mercredi19 août 2009

Il était une fois en France occupée

Le lieutenant américain Aldo Raine (Brad Pitt) et ses «bâtards», groupe de soldats juifs infiltrés perpétrant des actions punitives contre les nazis. (Universal Studios)

Le lieutenant américain Aldo Raine (Brad Pitt) et ses «bâtards», groupe de soldats juifs infiltrés perpétrant des actions punitives contre les nazis. (Universal Studios)

Après avoir pris Cannes d’assaut, «Inglourious Basterds» de Quentin Tarantino débarque sur nos écrans. A-t-on encore le droit de s’avouer mitigé?

Au sortir de son navrant Grindhouse: Death Proof, on pouvait se demander si Quentin Tarantino n’était pas un cinéaste fini. Au sens où, réfugié dans sa chère vidéothèque de séries Z, il ne serait plus jamais en mesure d’offrir autre chose que des films déconnectés du réel, ressassant sa guerre des sexes de manière de plus en plus fétichiste, bavarde et sadique. Alors oui, il y a encore de ça dans Inglourious Basterds, mais heureusement pas que ça. Car le «sale gosse» (de 46 ans) possède aussi un sacré talent, que nul ne saurait lui nier. Pas étonnant qu’en frottant pour la première fois ses obsessions à la grande Histoire, le résultat produise des étincelles!

On a déjà tout entendu sur l’objet en question, à la fois film de guerre (la Seconde) et hommage au western spaghetti, festival de dialogues multilingue, jeu de massacre et uchronie (en inventant une issue alternative). Le tout en deux heures et demie, à peine retouchées depuis Cannes malgré les rumeurs. D’un simple délire irresponsable et complaisant à une sorte de méta-film postmoderne pour en finir avec la guerre, toutes les interprétations ont circulé. Les aficionados n’y verront que du feu, ou plutôt que du «fun». C’est voulu. Les spectateurs plus sophistiqués s’amuseront à se triturer les méninges. C’est aussi voulu.

Au départ était donc l’inspiration d’une obscure série B italienne, Une poignée de salopards/Quel maledetto treno blindato/The Inglorious Bastards d’Enzo G. Castellari (1978), mais jamais l’idée d’un simple remake, d’où le titre à l’orthographe fautive délibérée. Dans le même ordre d’idées, on trouvera quantité de clins d’œils codés dans les noms des personnages. Sauf que Tarantino a parfaitement conscience que son cinéma vaut cent fois mieux que ces obscures références . Dès lors, autant se mesurer au grand relecteur du cinéma de genres lui-même: Sergio Leone. De même que Leone s’était inventé une Amérique mythique à partir de sa cinéphilie avant d’aller tourner aux Etats-Unis Il était une fois dans l’Ouest, Tarantino s’inventerait donc son Europe à lui avant d’aller tourner son film en Allemagne. Un film réflexif en diable, nourri de toute l’histoire du genre.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ad2e9700-8c34-11de-bd75-8df0e25a85d9/Il_%C3%A9tait_une_fois_en_France_occup%C3%A9e

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour


06:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

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