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01 septembre 2009

En Alsace...

Beaux-arts mardi1 septembre 2009

«Charles Lapicque? Féroce mais exaltant!»

(DR)

(DR)

Le Musée d´Unterlinden, à Colmar (Alsace), propose une rétrospective du peintre le plus dérangeant du XXe siècle. Visite par procuration, à travers les commentaires d´un connaisseur, l´artiste neuchâtelois Aloys Perregaux

«Vous avez d´abord quelques oeuvres de ses débuts, peu connues, un peu ternes mais surprenantes. Vient ensuite son célèbre Hommage à Palestrina, car le peintre Charles Lapicque était un musicien émérite. Initié au piano dès son plus jeune âge. Plus tard, vers 1925, il sera ténor dans une chorale. Il a aussi pratiqué divers instruments, clarinette, basson, trombone, cor... Puis tout d´un coup, dans cette exposition, vous vous retrouvez devant des toiles comme le Poste de transformation. Une vraie révolution. Jusqu´ici, il était admis que les couleurs chaudes, consacrées à la terre, faisaient vivre le premier plan et que les bleus signifiaient le lointain. Ingénieur de formation, fasciné par l´optique, Charles Lapicque, après divers travaux sur la photométrique des pigments colorés, renverse la loi d´échelonnement des couleurs dans l´espace et se met à utiliser les bleus pour les plans proches, repoussant les orangés dans le lointain.

» La visite continue en enchaînant des marines. Lapicque possédait son propre bateau à voiles, naviguant au large des côtes bretonnes, et sera adoubé peintre officiel de la Marine nationale. Dans la salle centrale, pour poursuivre, vous débarquez face à un superbe Venise, brillant de toutes ses illuminations. Une frénésie. Un tableau réalisé en une journée. A l´exception d´un coin, complété le lendemain, et «ça se sent» s´agaçait le peintre d´avoir eu l´élan brisé. Le parcours se termine par une quarantaine de toiles, regroupées de manière plus thématique. Charles Lapicque s´était fait une règle d´aborder un thème différent chaque année, Tigres, Lions, Tennis - c´est un sportif émérite -, Bourgogne, Châteaux de la Loire, Scènes de chasse, Embarquement pour Cythère d´après Watteau, etc. L´ensemble présenté est de grande qualité. Même si une toile comme Le Chemin de fer de Paimpol peut paraître bousculée, mal foutue. Et elle l´est. Mais, comme disait Lapicque, «le virage que j´ai négocié n´était peut-être pas terrible, mais j´ai gagné». «Et allez vous faire foutre si ça ne vous plaît pas», entendait-on en sur­ajout de cette déclaration fanfaronne.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ad312648-966e-11de-977e-299fc83a3f99/Charles_Lapicque_Féroce_mais_exaltant

19:08 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

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