Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30 juillet 2009

Mères et filles, ah là là...

jeudi 30 juillet 2009

Mères et filles, tout une histoire!


Ce recueil de nouvelles est comme une conversation à deux voix: celles de la mère et de la fille. Deux mondes tellement proches qu'ils en deviennent parfois un peu étranger l'un à l'autre. Au cours de ces dix-neuf nouvelles, des moments tendres et des vérités difficiles à accepter s'egrennent et offrent au lecteur une partie de palette plus sombre qu'arc-en-ciel de l'âme humaine et notamment de l'âme féminine. Des récits qui émeuvent et qui souvent dérangent, laissant un drôle de goût, comme une amertume délétère.
Ce recueil, je l'ai lu il y a quelques mois et lorsque j'eus terminé l'ultime nouvelle, j'éprouvai un certain effroi et un grand malaise. Les situations dramatiques, comme celle de la mère qui reste spectatrice, consentante?, du trop plein de tendresse paternelle déversé sur la petite fille du couple ("insecte"). Des vérités tues qui tuent à petit feu. La chute abandonne le lecteur en pleine perplexité: la frontière entre réalité et imagination reste délibéremment floue, une opacité voulue par l'auteure afin que le lecteur soit libre de son interprétation...enfin une liberté bien encombrante et très déstabilisante mais d'une grande richesse émotionnelle orchestrée de main de maître!
Les relations mère/fille sont et seront toujours d'une extrême complexité: entre désir d'identification et jalousie inavouée (dans un sens comme dans l'autre); c'est ce que décortique, avec une minutie digne d'un naturaliste ou d'un entomologiste, Claire Castillon. Sans relâche, elle nous renvoie à nos hontes comme à nos instants intenses de complicité et de bonheur; sans cesse, elle remue le couteau dans la plaie et très vite panse les plaies mises à vif...l'absolution prend des détours inattendus plus souvent qu'on ne le pense. Claire Castillon balade son lecteur dans les méandres d'un cordon ombilical toujours difficile à couper - d'ailleurs le coupe-t-on vraiment un jour? - surtout lorsque le deuil, la dépendance affective ou l'adolescence s'invitent au cours de ces introspections. Une balade en rien reposante car elle titille, là où cela fait le plus mal, les émotions scellées au plus profond de notre moi.
En peu de mots, en quelques images, Claire Castillon met en scène de multiples mondes, celui de l'intime, celui du quotidien, celui de l'imaginaire, celui des peurs, mondes qui embrasent la lecture, mondes qui virevoltent telles les phalènes, le soir, autour d'une lumière tremblotante et incertaine, et qui prennent corps grâce à la force évocatrice de son écriture, toujours juste, toujours percutante.
"Insecte" fut une lecture poignante, émouvante et déroutante qui non seulement m'a perturbée au point de mettre tout ce temps à écrire mes ressentis mais encore et surtout m'a transportée avec bonheur dans l'univers de cette auteure que je découvrais! Un recueil que l'on garde à portée de main pour relire une ou deux nouvelles avec un plaisir renouvelé malgré le contexte violent de l'éventail de sentiments: oui, parfois une fille peut avoir honte de sa mère; oui, elle peut être énervée au plus haut point par cette dernière, qui ne la laisse jamais respirer comme elle le souhaiterait; oui, elle peut la détester d'être malade car elle a une peur viscérale de la perdre irrémédiablement (cette nouvelle "Un anorak et des bottes fourrées" m'a bouleversée); oui, une fille peut ressentir tout cela à la fois et aimer éperdument celle à qui elle restera toujours attachée, quoiqu'il arrive.... ce sont toutes ces contradictions qui tissent, en mailles serrées, les relations terriblement fascinantes mère/fille!




Le site de l'auteure ICI
 

 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

29 juillet 2009

Polémik !

La tempête fait rage sur la Micronésie Poétique ! J'ai donc ouvert une rubrique spécialisée sur "Arts, Poésie, Mouvement". Pour les fidèles lecteurs et lectrices de Poèmik, voici la première rafale polémique - et qu'on ne se gêne pas si on a envie d'y participer ! C'est une façon de faire avancer les idées,c'est aussi un jeu...

 

Et voilà, c'est parti. La polémique est un art , et a donc pleinement sa place sur ce groupe musclé !
Telle que je l'entends ( mais chacun, chacune peut l'illustrer comme il veut) elle est proche du pamphlet, de l'épigramme, elle doit être spirituelle ou même bouffonne , agressive sans concession ,mais doit rester digne ,fuir la vulgarité comme la peste et, surtout , faire avancer les idées.
Voici donc que notre Prince en Toc , sur Arsenic et Vieilles Dentelles, s'en prend à Poèmik (et non "Poémix", gros lourdaud !)et à certains de ses contenus : le Tour de France, selon lui, n'aurait rien à faire sur un blog qui prétend se consacrer à la poésie.
C'est vrai, j'ai hésité avant d'envoyer l'article sur la victoire de Contador. Et puis j'ai sauté le pas. Dans l'esprit de Lamartine ou de Verlaine, certes, c'est incongru. Mais l'évolution de la pensée poétique jusqu'à nos jours ( qui échappe complètement aux Vieilles Dentelles... ) nous mène inexorablement vers une conception élargie de la poésie : sous la forme écrite, le roman, le journal intime s'y frayent une place, le théâtre y retrouve celle qu'il n'aurait jamais dû perdre (au XVIIème siècle, des auteurs dramatiques ou comiques, Racine, Molière , étaient sans restriction appelés des "poètes").
Mais il y a plus. Aujourd'hui, on parle volontiers de la poésie d'un film, d'une musique, voire d'une création gastronomique, d'une oeuvre de haute couture ou même d'un spot publicitaire. Poésie qui évidemment n'est plus celle des rimes, rythmes et images, mais plutôt sentiment poétique qui émane subtilement d'un fait culturel.
C'est à ce titre que j'ai ouvert, sur ce groupe et sur le blog Poèmik, une rubrique "Art Politique",une autre , "Société" . Ce que j'essaye de dire, c'est que l'action des politiques, des artistes, des sportifs, des organisateurs de manifestations dans tous les domaines a toujours un aspect esthétique, sentimental, culturel , qui en fait une manifestation poétique, un poème en acte , lequel peut ressurgir sous la forme de texte, et particulièrement de poème !
Voilà qui peut être discuté, n'est-ce pas ? Plutôt que de trancher et jeter, péremptoirement. Ainsi font les Ânes Savants, qui croient savoir ce qu'est la poésie.Mais on voit bien ce qui a provoqué leur ire : c'est que je me moque de la "méditation mondiale". En effet, disent-ils, pourquoi la politique, le Tour de France ou la Haute Couture seraient-ils à leur place sur un blog de poésie, et pas la méditation mondiale ?
C'est que votre engagement dans cette action fumeuse comporte un choix idéologique, une prise de position, peut-être de parti, qui est loin de l'attitude objective adoptée sur ce groupe et ce blog par rapport aux faits culturels.Pré senter un obscurantisme comme une voie à suivre et engager nos amis à la suivre, voilà quelque chose de suspect, qui ne sent pas bon et que je m'empresse de dénoncer. Cela dit, on peut considérer la "méditation mondiale", ou l'Eglise de Scientologie ou les Témoins de Jéhovah, comme un fait culturel, et donc l'apprécier et la discuter librement, ce que j'ai fait chez les Vieilles Dentelles. Mais la discussion, l'ironie, l'incrédulité n'y sont pas admises, la fée Carabosse y veille !
A la marmite les Concombres !O.

 

 

19:35 Publié dans Micronews | Lien permanent | Commentaires (1)

Courage, fuyons !

La Fée Carabosse et Prince en Toc m'éreintent sur leur forum, Arsenic et Vieilles Dentelles, après m'avoir réduit au silence . Quel courage ! Mais, patience... Je vais créer une rubrique spéciale, sur "Arts, Poésie, Mouvement", où nous pourrons polémiquer à armes égales. A la marmite les Concombres ! O.

12:58 Publié dans Micronews | Lien permanent | Commentaires (0)

Madeleine Vionnet, puriste de la mode, une expo et un livre.


Couture mercredi29 juillet 2009

Madeleine Vionnet, une bio en biais

(Les Arts décoratifs)

(Les Arts décoratifs)

Paris expose les robes de celle qui fut l’une des pionnières de la mode. Voiles, drapés et crêpes purs

Gabrielle n’était pas encore Coco Chanel. Mais Paul Poiret, le fastueux et si décoratif Paul Poiret pâlissait déjà. Les corps n’étaient pas encore dénudés. Mais les corsets finissaient de brûler. Les couturiers ne se prenaient pas encore pour des artistes. Mais des ponts étaient tendus entre le monde des faiseurs de robe et celui d’un Le Corbusier ou d’un Picasso. La mode n’était pas la machine gouvernée par le marketing qu’elle est aujourd’hui. Mais les couturiers – les couturières surtout – apprenaient à se sculpter une image.

Puriste de la mode

C’est dans ce moment charnière, dans ce pli du grand tissu de la mode qu’a œuvré, créé et innové Madeleine Vionnet. A Paris, Les Arts décoratifs lui consacrent une exposition intitulée Madeleine Vionnet, puriste de la mode. La visite est assez belle, notamment parce que la scénographie d’Andrée Putman a su équilibrer le faste de certaines tenues hélas immobilisées et leur valeur documentaire.

Aujourd’hui, la crème de la mode, d’Alaïa à Galliano, de Yamamoto à Chalayan ou Andrée Putman, se réclame de Madeleine Vionnet. Pour savoir pourquoi, arrêtons-nous devant une petite robe grège née en 1920.

On dirait une paire de mouchoirs géants retenus par deux fois rien. Presque une étude abstraite. Un vêtement géométrique à la limite du concept, dans une époque où l’on ne sortait qu’en broderies et chamarrures. L’idée d’une robe, quoi! Et, par là, une vision du corps censé l’habiter. «Pour moi, dira la couturière, une robe est d’abord mentale. Je la conçois, je l’achève en rêvant, enfin, à force de la chercher, j’arrive à l’avoir dans la main.»

En 1888, nous n’en sommes pas encore là. En 1888, Madeleine Vionnet n’a que 12 ans. Et elle pleure – «comme une madeleine», c’est elle qui le dit. Jurassienne, brillante écolière, elle veut faire des études. Mais son père la place en apprentissage de couture. La jeune fille apprend vite et bien. De ces débuts, la grande Vionnet gardera sa méthode du travail à même ce tissu qu’elle malaxe, façonne et sculpte, jusqu’à la fin, sur une petite poupée de bois de 80 cm de haut, sans passer par le dessin.

En 1896, Madeleine part pour Londres. Elle travaille dans un établissement pilote – plus tard, peut-être s’en souviendra-t-elle quand elle construira son propre atelier pour ses 1200 couturières rue Montaigne, quand elle y veillera aux notions d’hygiène et de formation continue, installant le téléphone, une crèche, des cours du soir, des tables ergonomiques et même un dentiste. L’Angleterre, c’est aussi une clientèle plus riche et plus instruite.

De retour à Paris, se sentant limitée par la maison Doucet qui lui a pourtant fait un pont d’or, Madeleine V. se lance. Au lendemain de la Première Guerre, son succès sera fulgurant. Proche des théories artistiques qui cherchent la formule du beau dans l’Antiquité, elle développe notamment la technique du biais (lire ci-dessus). Soit une manière de rendre flou, fluide et flexible le corps féminin, de ressusciter sa liberté – de même, Madeleine, aura constitué un modèle d’entrepreneur au féminin et d’indépendance, jusqu’à la fermeture de sa maison, en 1939.

S’il ne fallait garder qu’une image de robe, on tenterait de fixer, une seconde, celle d’un crêpe de Chine soufflé plutôt que drapé sur un corps frais – le corps sportif, le corps sec et énergique, ce sera plus tard, avec Chanel.

S’il fallait ne garder qu’une poignée de qualités, ce serait son obstination. La singularité d’un talent entre confection et création, réalisme et laboratoire formel. La légèreté de ses habits, le sérieux d’une cheffe d’entreprise.

Et s’il fallait ne garder que quelques phrases, en voici, coupé-collé à la diable: «Je suis plus sculpteur que peintre. Je m’attache avant tout à la pureté des teintes unies. Le noir, le blanc et puis de beaux tons francs, sincères. Des bleus et des verts qui parent les yeux. Des rouges qui rappellent les lèvres.»

Madeleine Vionnet, puriste de la mode, une expo et un livre. L’expo: Paris, Les Arts décoratifs, jusqu’au 31 janvier. Le livre: Sous la dir. de Pamela Golbin, 308 p.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/081d7eac-7bb3-11de-94ab-a...

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

07:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

27 juillet 2009

le Géant de la Route

CYCLISME lundi27 juillet 2009

Alberto Contador, seul contre tous

Alberto Contador a sans doute davantage souffert dans la tête que dans son corps. (AFP)

Alberto Contador a sans doute davantage souffert dans la tête que dans son corps. (AFP)

L’Espagnol remporte à 26 ans son deuxième Tour de France, malgré la pression et les habituels soupçons

Le Tour de France est un conte de fées, Alberto Contador son prince charmant. Un bel hidalgo aux proportions idoines (1,75 m pour 62 kilos), un destin à faire sangloter sec ou bien rigoler beaucoup dans les chaumières, une cylindrée hors norme pour une épreuve qui ne l’est pas moins. L’Espagnol a remporté hier sur les Champs-Elysées – où l’inévitable fusée Mark Cavendish a claqué le sprint ultime – son deuxième Tour après celui de 2007.

A 26 ans seulement, il fait partie avec Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx et Bernard Hinault, du cercle restreint des cyclistes qui ont inscrit leur nom au palmarès des trois grands Tours – il s’est adjugé le Giro et la Vuelta l’année dernière. Tout indique que l’avenir lui appartient.

Celui-ci ne se dessinera ni aux côtés de Lance Armstrong, qui reviendra «plus fort» en 2010 au sein d’une nouvelle structure, ni sous le maillot d’Astana, qui s’apprête à fêter le retour de suspension d’Alexandre Vinokourov. «Il me reste un an de contrat avec l’équipe kazakhe», rappelait le maillot jaune, samedi, lors de sa conférence de presse finale à Vaison-la-Romaine. «Mais l’expérience de cette année me fait dire qu’il faudra que j’évolue au sein d’une formation qui me soit dévouée.»

Soumis aux pressions domestiques de son encombrant coéquipier texan, pas franchement soutenu par son directeur sportif Johan Bruyneel, Alberto Contador a gagné le Tour tout seul, comme un grand. C’est le premier à réaliser un tel exploit depuis l’Américain Greg LeMond en 1989. «Ce Tour a été vraiment très dur, mais j’étais préparé à cette éventualité. Je savais que les trois semaines allaient être éprouvantes, tant sur le plan physique que psychologique.» Notre petit doigt nous dit que la tête du Madrilène a plus souffert que ses jambes.

Ces dernières, phénoménales en montagne et pour le moins efficaces dans les chronos, sont inégalables à l’heure actuelle. A tel point que chercheurs de France et de Navarre se massent les tempes, à genou sur leurs règles à calcul. L’ascension d’Alberto Contador vers Verbier par exemple, en termes de développement de puissance, c’est encore mieux que les exploits les plus stupéfiants de Lance Armstrong ou Marco Pantani par le passé. «Il défie les lois physiologiques», grince Frédéric Grappe, spécialiste en biomécanique et entraîneur de la Française des Jeux. «Monstrueux», juge de façon plus péremptoire Antoine Vayer, ancien soigneur de l’équipe Festina, désormais membre d’une cellule de recherche sur la performance.
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

08:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

17 juillet 2009

Vacances...

Relâche pendant une semaine ... Bonnes vacances et à bientôt...Orlando

11:29 Publié dans Micronews | Lien permanent | Commentaires (0)

16 juillet 2009

Ce Nain est un Géant...




jeudi16 juillet 2009

Comment faire venir Prince à Montreux

Prince, au Montreux Jazz, le 17 juillet 2007. (FABRICE COFFRINI /AFP)

Prince, au Montreux Jazz, le 17 juillet 2007. (FABRICE COFFRINI /AFP)

Le 18 juillet, le chanteur de Minneapolis donnera deux concerts au Montreux Jazz Festival. Récit des coulisses d´un événement dont les enjeux s´étendent du prix du cachet à la marque de l´eau dans sa loge

Petite loge pleine de technologie, à dix mètres de la scène de l´Auditorium Stravinski. C´est de là que le patron envoie des mails douze heures par nuit pendant le festival. D´un dossier dont il est très fier, Claude Nobs extrait les 80 courriers échangés avec l´entourage de Prince. Depuis le 6 avril, depuis que le chanteur de Minneapolis s´est manifesté pour annexer la dernière nuit du Montreux Jazz, les informations circulent, changent, se précisent pour définir la seule prestation européenne de Prince en 2009. «It´s your lucky day», c´est votre jour de chance, annonce l´un des envois, au moment où la proposition faite depuis Los Angeles est enfin confirmée. Récit des coulisses d´un double concert qui apparaît déjà comme l´événement estival par excellence.

Prince est déjà venu en 2007 à Montreux, comme un échauffement avant sa vingtaine de concerts colossaux dans cette Arena de Londres où Michael Jackson avait prévu son retour. Le spectacle était déjà le fruit d´une relation longue entre Prince et Nobs. «Je l´ai connu en 1979, quand je travaillais pour Warner. Je l´ai conduit dans une petite tournée européenne, notamment au Palace de Paris. Beaucoup de gens se méfiaient de ce nain habillé comme un clown. Mais il était déjà phénoménal sur scène.»

Trente ans plus tard, rien n´a changé. Prince est toujours petit, surmonté de talonnettes, et il vous met la chair de poule quand il prend sa guitare. Il était prévu que Prince donne trois concerts la même nuit, puis un seul, puis enfin deux. Aléas d´une organisation millimétrée où les exigences d´un artiste qui contrôle tout prennent le pas sur les questions financières.

Même si l´aventure est bien entendu dispendieuse. En additionnant le cachet et les frais pour ces deux concerts, la nuit coûte à Montreux la bagatelle de 1,5 million de francs. Une somme que la billetterie couvre tout juste. «Il ne s´agit pas de gagner de l´argent sur cette soirée. Mais de vivre une des plus passionnantes aventures du Montreux Jazz», s´enthousiasme Mathieu Jaton, le secrétaire général du festival. Il était là déjà en 2007, dans les jours qui précédaient le concert de Prince, avec son agent. A parcourir le trajet exact que la star allait emprunter pour rajouter ici une barrière, là une sécurité. Le plus infime détail est soumis à la bonne volonté des estafettes américaines.

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Attention ! monstre sacré !
Mickael Jackson était LA danse, Prince est LA musique !

Prince offre une chanson à Montreux Jazz...
L'écouter : ici
http://www.montreuxjazz.com/?lang=fr&cat=news&sub...

O.

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

05:51 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0)

15 juillet 2009

Pessoa, géant poétique

Pessoa, un des plus importants poètes du XXème siècle !

Cultures - Article paru
le 13 juillet 2009

culture. Festival d’Avignon 2009

L’imaginaire fou dans le sillage d’un navire

MONTFAVET. Jean-Quentin Châtelain, guidé par Claude Régy, chauffe jusqu’à l’incandescence l’Ode maritime, rêverie du poète portugais Pessoa.

Avignon (Vaucluse),

envoyé spécial.

Seul en scène, Jean-Quentin Châtelain dit l’Ode maritime, de Fernando Pessoa, dans le texte français de Dominique Touati que Claude Régy, qui met en scène, a revu pour le spectacle avec l’aide du jeune écrivain portugais Parcidio Gonçalves (1). Dès l’énoncé du nom de Régy, on sait qu’on quitte la foire aux vanités pour s’avancer dans une zone de fin silence où chaque mot est sculpté différemment. Avec l’Ode maritime advient de surcroît un lent effet de surprise, dans la mesure où, cette fois, le texte mis en demeure d’écoute va relever d’une profusion sémantique inouïe, d’une splendeur lyrique, à l’opposé de l’économie verbale rase que Régy privilégie dans les textes proprement dramatiques. L’oeuvre, fruit d’une rêverie en bord de mer au vu d’un lointain paquebot en route vers le port de Lisbonne, tient du prodige en prose poétique. À la nomenclature précise des termes de marine, à vapeur comme à voile, à la baudelairienne invitation au voyage et au soupir adressé aux rivages inconnus (du type « fuir, là-bas, fuir ») va succéder la plus cruelle identification aux pirates coupeurs de mains, assassins et violeurs, jeteurs d’enfants aux requins, avant que le poète entende se faire femme et victime offerte aux coups puis, en un retournement ultime, resurgit le territoire puéril, avec ses tendres réminiscences, ses contes de nourrice, ses chansons touchantes et le petit employé lisboète, enfin apaisé au terme de ce sublime délire sadomasochiste soudain hissé jusqu’à la démence d’un cri, redevient apte à la miséricorde et à l’apitoiement, sur soi aussi bien. Cela tiendrait en même temps du Bateau ivre de Rimbaud, du Coeur des ténèbres de Conrad, de l’Île au trésor de Stevenson et du Dit du vieux marin, de Coleridge, mais, cela incombe au génie unique de Pessoa, dont le « je » fut une foule d’autres. L’inconscient s’est ainsi exprimé en toute violence crue, celui de Pessoa aux identités multiples et celui aussi, sans doute, de l’âme nationale portugaise, historiquement comptable de tant de féroces aventures coloniales. Au sein d’une scénographie (Sallahdyn Khatir) quasi abstraite, allusive en tout cas, faite d’un arrière-plan courbe de tonalité métallique, le rêveur-parleur éveillé, Jean-Quentin Châtelain, presque sans geste, posé au premier plan dans une pénombre à tonalité variable, juché sur une silhouette d’embarcadère, semble inventer sous nos yeux le protocole verbal d’un imaginaire chauffé à blanc. La respiration, les césures, la singularité du timbre unie à celle de l’accent, la profération tantôt gutturale, tantôt nasale, tout fait fête noire à cette partition de chair à vif et d’entrailles pantelantes, suivant l’aveu même de Pessoa. L’acte théâtral atteint ici à l’essence même du tragique, dans la viande et les nerfs de l’être qui s’y consacre.

(1) Salle polyvalente de Montfavet, jusqu’au 25 juillet (22 heures).

Jean-Pierre Léonardini

 

http://www.humanite.fr/recherche.html?motcles=Pessoa&date=7jours&ok=Ok

 


Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

14 juillet 2009

Jazz (?) à Montreux

montreux mardi14 juillet 2009

Antony, parfum de nuit chagrine

(LDD)

(LDD)

Au Montreux Jazz mercredi, l’Anglais aux vocalises androgynes promet des ballades tire-larmes en compagnie de son groupe The Johnsons et du Montreux Orchestra

En matière de décoration intérieure, il aime le dépouillement. C’est en tous les cas ce qu’assurait Antony Hegarty en avril au Monde.

Au Miles Davis Hall mercredi, c’est toutefois un orchestre symphonique qui va habiller les chansons d’une divine mélancolie de l’auteur de Blue Angel il y neuf ans que personne ne se lasse de qualifier d’ange pop. Une perspective scénique aussi réjouissante que logique dans la mesure où The Crying Light, troisième album de ballades tire-larmes d’Antony & The Johnsons paru en janvier, convoquait notamment à son lyrisme esthétique des archets bouleversants. Mais jamais clinquants. Là aussi, l’Anglais établi à New York après une adolescence californienne préfère l’épure aux enluminures.

Depuis lundi après-midi, première répétition à huis clos, c’est au Petit Palais, annexe du Palace montreusien, qu’Antony et ses troupes peaufinent une quinzaine de morceaux en compagnie d’un Montreux Orchestra formé pour l’occasion. Ainsi que des musiciens de son groupe habituel baptisé The ­Johnsons. Les instrumentistes additionnels, recrutés à chaque étape de cette tournée, seront dirigés par Rob Moose, guitariste et violoniste membre à part entière des Johnsons qui accompagne aussi Sufjan Stevans et My Brightest Diamond.

Moose est désormais un fidèle du chanteur gauche au visage enfantin qui avait subjugué le Montreux Jazz un soir de juillet 2005. Dans le sillage du surprenant I Am a Bird Now, disque où s’invitaient au fil de son vibrato équilibriste Lou Reed, Boy George ou Devendra Banhart. Pleureuse pour ses détracteurs, diva des dentelles vocales pour ses zélateurs, Antony et son timbre androgyne réservent sans doute à Montreux une prestation qui divisera encore. Aux airs moins soul-pop sans doute que musique de chambre.

Après Zurich, Paris, le Blue Balls Festival de Lucerne le 17 juillet ou les Nuits de Fourvière de Lyon le 21, Antony & The Johnsons devraient donc relustrer le répertoire issu de Antony & The Johnsons, I Am a Bird Now et The Crying Light. Soit un triplé discographique au parfum d’éternité, aux temps suspendus. «For Today I am a Boy», chantait-il jadis tout en souhaitant un jour, en grandissant, «devenir femme». Le mystère entoure encore sa prestation de mercredi. A Amsterdam il y a quelques jours, Antony et l’orchestre du cru ont revisité «Crazy in Love» de Beyoncé. Cuivres, cordes et vents donnaient soudain des allures d’odyssée mélodramatiques à l’innocente bombinette R & B qui chante aussi «If I Where a Boy». Avec un Antony en front de scène vêtu d’une tunique immaculée.

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Si vous allez faire un plongeon dans le Léman, faites donc un crochet par Montreux...O.
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

10:47 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (1)

Suisse, terre d'asile...


 
Série d’été mardi14 juillet 2009

Les discrets espions de la ville de Berne

(Kunstdenkmäler des Kantons Bern)

(Kunstdenkmäler des Kantons Bern)

Si, récemment encore, la CIA a été soupçonnée d’œuvrer discrètement en Suisse, l’espionnage américain avait déjà établi son siège européen dans la capitale de la Confédération durant la Seconde Guerre mondiale

Une belle demeure patricienne en surplomb de l’Aar, à deux pas de la cathédrale et du Palais fédéral. Le numéro 23 de la Herrengasse fait toujours excellente figure au cœur de la vieille ville de Berne. Mais il n’y reste plus trace de l’un de ses occupants historiques les plus prestigieux, l’Office of Strategic Services (OSS), le service de renseignement américain, qui y avait établi son quartier général pour l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

L’OSS était d’une nouveauté radicale, à l’époque, pour les Etats-Unis. Il représentait la première ébauche d’un service secret centralisé dans un pays où la récolte du renseignement avait jusqu’alors été pratiquée de manière diffuse par l’armée de terre, la marine, les affaires étrangères (le Département d’Etat) et la police fédérale (le FBI). Vu d’un mauvais œil par beaucoup, par ses rivaux comme par nombre de «bonnes âmes», il avait été finalement imposé par le président Roosevelt le 13 juin 1942 au nom de la nécessité. Aux grands maux les grands remèdes, aux grandes guerres les grands services secrets!

Un Allemand agent double

Bâtie sur le modèle de son équivalent britannique le SOE (Special Operations Executive), l’OSS n’a pas démérité, malgré son jeune âge, contre l’Allemagne nazie. Et son antenne bernoise a joué un rôle éminent dans la bataille. «Elle n’était pas qu’un centre administratif, confie le Suisse Jacques Baud, auteur de plusieurs livres sur le renseignement. Elle a organisé toutes sortes d’opérations en territoire ennemi et glané de nombreuses informations d’importance. Les renseignements acquis sur les V2 qui bombardaient Londres venaient, par exemple, de ses agents.»

L’espion le plus prolifique du bureau bernois était un fonctionnaire du Ministère allemand des affaires étrangères, Fritz Kolbe, alias George Wood. Pendant ses années d’activité, l’homme a transmis à l’OSS quelque 1200 documents, dont aucun ne datait de plus de deux semaines. Parmi ses révélations, un rapport établissant que le valet de l’ambassadeur britannique à Ankara était un espion allemand. Une affaire fameuse à l’origine d’un film, L’Affaire Cicéron.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2a341ef0-6fed-11de-813a-c...

---------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Tant qu'ils ne viennent pas regarder dans nos coffres, on veut bien fermer les yeux...O.

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

13 juillet 2009

Sur mes cahiers d'écolier, j'écris ton nom...


Aux Francofolies, la déprogrammation d'Orelsan n'en finit pas de faire débat



La déprogrammation du rappeur Orelsan des Francofolies de La Rochelle suscite la colère de nombreux artistes, qui y voient un danger pour la liberté d'expression. Olivia Ruiz, vedette de la deuxième soirée du festival, samedi 11 juillet, a ouvert son concert sur la grande scène en le dédiant à "celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan".

L'UMP a jugé dimanche "intolérable" la déprogrammation du rappeur controversé Orelsan du festival des Francofolies de La Rochelle, accusant la présidente (PS) de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal d'en être l'instigatrice, via "un chantage à la subvention". "Qu'on l'interdise par principe de festival est tout simplement inacceptable. Que ce boycott d'un artiste intervienne suite à un chantage à la subvention est doublement intolérable!", écrivent dans un communiqué le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et son adjoint Dominique Paillé. – (avec AFP)

Le rappeur fait l'objet depuis fin mars d'une polémique née du clip d'une ancienne chanson, "Sale pute", qu'il ne joue plus sur scène et qui n'est pas dans son album. Des associations ont vu dans ses textes une apologie de la violence envers les femmes, ce dont il s'est défendu. Début juillet, son entourage a annoncé qu'il avait été déprogrammé des Francofolies, où il aurait dû se produire mardi. Le festival a nié avoir fait l'objet de pressions d'associations ou de politiques.

"IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS ORELSAN"

Dans une lettre virulente rendue publique samedi par la maison de disques du rappeur, le chanteur Cali, qui n'est pas présent au festival cette année mais y avait été révélé en 2002, dénonce un "acharnement insupportable sur Orelsan". Selon lui, la manifestation "se discrédite totalement" en déprogrammant le jeune rappeur, ce qui "risque de provoquer (...) des autocensures très peu propavices à la création". "Il y aura un avant et un après Orelsan. Pour ma part, je boycotterai, avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés".

Invité à réagir par des journalistes, dimanche à La Rochelle, le chanteur de Tryo, Christophe Mali, s'est dit "complètement contre l'annulation" du concert du rappeur. "Je suis pour la liberté d'expression, ce n'est pas une poignée d'associations qui va faire la pluie et le beau temps sur les festivals", a-t-il déclaré, en soulignant qu'il ne "soutient absolument pas la chanson" "Sale pute" mais qu'il s'agit "d'une question de principe". "Je pense que le patron des Francofolies a fait une grave erreur, qu'il regrette lui-même", a-t-il ajouté.

"SÉGOLÈNE ROYAL S'EST POSITIONNÉE EN MAÎTRE-CHANTEUSE"

Le jeune chanteur Joseph d'Anvers a lui aussi estimé que "la liberté d'expression est un droit inaliénable". "Que les choses soient bien ou mal dites, c'est un autre problème, a-t-il poursuivi. Avec cette chanson, Orelsan a peut-être été maladroit, et encore: c'était une connerie de jeunesse. Je ne serais pas très fier si on ressortait certains textes de mon ancien groupe de rock". Un autre chanteur, Dominique A, a jugé "lamentable" la déprogrammation d'Orelsan. "C'est de la censure déguisée", a-t-il dit, sans souhaiter s'étendre davantage.La chanteuse Emily Loizeau a adopté un point de vue plus nuancé et jugé "excessives" les accusations de censure: "à la décharge des dirigeants des Francofolies, je pense qu'ils ont eu peur que le concert dégénère et qu'il y ait des bagarres, ce que je peux comprendre quand on est à la tête d'un festival".

Le fondateur des Francos, Jean-Louis Foulquier, qui en a cédé les rênes en 2004 à la nouvelle équipe dirigeante, a déclaré sur RTL que Cali "aurait dû réfléchir" avant de s'en prendre aux organisateurs car "c'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça". Gérard Pont, le directeur du festival, avait programmé Orelsan mais "Ségolène Royal s'est positionnée en maître-chanteuse: ou il arrêtait la programmation ou il n'avait plus de subventions", a affirmé M. Foulquier. Début juillet, la présidente PS de la région Poitou-Charentes s'était réjouie de la déprogrammation d'Orelsan. Elle avait expliqué au journal Sud Ouest avoir demandé des "clarifications" au festival sur la présence de l'artiste.

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

05:50 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0)

12 juillet 2009

Paul Celan

20 juin 2009

                                                         Pepar103079.1245504980.jpgut-on apprendre à lire un poète ? Ce qui s’appelle lire. Doit-on même s’y laisser entraîner ? J’avoue que la question ne m’avait jamais effleuré jusqu’à ce que j’ouvre un petit livre composé justement à cet effet, consacré à la personne et l’oeuvre d’un homme que je croyais connaître pour les fréquenter depuis des années. C’est peu dire que le commentaire que fait Jean-Michel Maulpoix de ce Choix de poèmes (220 pages, Foliothèque) de Paul Celan m’a emballé. Il s’agit bien de “commentaires”, c’est le principe même de cette collection qui s’adresse en priorité aux étudiants. Quand bien même s’adresserait-elle exclusivement aux collégiens, je n’aurais pas eu de scrupule à m’en emparer. Les poèmes en question sont assez peu nombreux, comme il sied aux anthologies ; pour la plupart, ils ont été traduits par Jean-Pierre Lefebvre, Martine Broda, Valérie Briet, Jean Launay. Ils sont utilement complétés par des extraits de correspondance avec sa femme, ou avec son âme soeur, Nelly Sachs. De toute façon, qui dit anthologie dit choix, sélection, exclusion et ne peut offrir d’une oeuvre qu’une lecture parmi d’autres. Que n’a-t-on dit du coeur obscur de cette oeuvre précédée par une réputation bien établie d’hermétisme, d’incompréhension, de cryptage, d’inéclaircissable. Ce n’est pas une raison pour la simplifier ou la déplier totalement. Même si le poète lui-même, qui définissait la poésie comme “l’envoi de son destin à la langue“, s’avance en qualité deflorence1933.1245505195.jpg témoin. Tout en fournissant des repères et en rapportant des échos, Maulpoix invite son lecteur à établir “une relation humble avec le poème”, à s’imprégner de cet univers dont le meurtre de masse, perpétré par un Etat moderne au centre de l’Europe entre 1939 et 1945, est le noyau sombre. Il reprend tout : la dimension pneumatique de ces poèmes où tout est souffle et respiration ; le sentiment de l’exil intérieur qui n’a jamais quitté Celan ; l’impossible biographie d’un homme dont toute trace écrite était pourtant de son propre aveu autobiographique; la sale rumeur de plagiat qui le rongea ; les dates considérées comme autant de signatures ; la rupture de 1959 (Grille de parole) marquant le début d’un travail d’obscurcissement délibéré révélé par les manuscrits; la définition des mains comme organes de la lecture et du métier (Handwerk) de poète ; l’impératif d’une poésie non métaphorique qui se veut absolument dénuée de toute image; une “poéthique” qui intégrerait la fidélité, le devoir de vérité, la nécessité de se tenir debout (Stehen), la responsabilité vis à vis du langage ; les rendez-vous manqués avec Adorno et Heidegger ; la folie en lui et la mort volontaire au bout… Toutes choses qui disent la tension d’une oeuvre qui est la modernité même. brooklyn1947.1245505073.jpgLa clarté, cette fameuse clarté que l’on n’ose même plus dire française, est un exploit en l’espèce. Elle est d’autant bienvenue que l’auteur nous épargne toute explication positiviste des intentions du sous-texte, travers qui est un cauchemar en littérature et une horreur en poésie. Voilà pourquoi à ceux qui hésitent à s’engager pour la première fois dans l’oeuvre de Paul Celan, et qui ne savent pas par où commencer, on ne saurait trop recommander d’ouvrir cette lumineuse synthèse. De toute façon, tant que nous sommes lecteurs, nous sommes tous des étudiants. Et puis ce n’est pas parce qu’on ne possède pas le schibboleth, l’autorisation, le mot de passe, la clé, qu’il faut renoncer à entrer. Au contraire, rien n’est plus vertigineux.

(”Dans un shtettl polonais, années 30″, “Florence, 1933″, Brooklyn, 1947″, photos Henri Cartier-Bresson) 

 

http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/06/20/en-decryptan...
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

11 juillet 2009

Agonie ?

Le début d'un passionnant article, qu'il faut lire en entier et méditer
 
Olivier Bessard-Banquy

Du déclin des lettres aujourd’hui



1Depuis que le président de la République a décidé de s’en prendre à la princesse de Clèves, la question de la place des lettres dans la société est en quelque sorte devenue d’une actualité brûlante. Ceux qui, comme Antoine Compagnon, comme Tzvetan Todorov, comme Richard Millet, comme beaucoup d’autres, avaient, bien avant l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État, l’impression que les humanités étaient menacées, sont aujourd’hui convaincus que la menace la plus directe vient désormais du pouvoir politique lui-même. Cette aigreur face à ce qui ressemble à un mépris des sciences humaines et de la spéculation intellectuelle explique pour beaucoup la vivacité avec laquelle les membres de la communauté académique réagissent contre les projets de réforme du gouvernement dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement.

2Ce n’est pas là notre sujet. Et pourtant la question du déclin des lettres et celle de la refonte des enseignements généraux de l’autre, on le devine, ont partie liée. Depuis quelques années, de nombreux prophètes de la fin des humanités unissent leurs voix pour déclarer impossible toute écriture de recherche ou de création dans une démocratie gagnée par l’horizontalité. L’idée depuis quelque temps fait son chemin que la littérature ne peut plus avoir de place dans un monde libéral hanté par le culte de la performance. Certains font le constat de l’essoufflement du roman français qui, depuis Perec, ne semble plus en mesure d’accoucher d’œuvres d’importance, capables comme Voyage au bout de la nuit de dire le monde, d’offrir une traversée du siècle en modèle réduit (c’est, pour aller vite, ce que l’on peut appeler « la tendance Jourde et Naulleau »). D’autres avec morgue nient que la littérature puisse dire quoi que ce soit de l’univers « hypermoderne » et qu’elle puisse y avoir une fonction (c’est « la tendance Richard Millet »). Les derniers écrits sur ces questions, ceux d’Antoine Compagnon, de Tzvetan Todorov, parmi d’autres, obligent peut-être à prendre au sérieux les évolutions de cette ancienne pensée1. D’où viennent les discours sur la fin des lettres depuis les années 1980 ? Que nous disent-ils sur l’état de la littérature dans le monde d’aujourd’hui ? Sur sa production économique et culturelle ? Sur ses forces et ses faiblesses ? C’est à ces quelques questions que l’on propose d’apporter de modestes éléments de réponse.

 

  Réagissez ! O.
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

Surréalisme

Surréalisme : crimes exquis

Virginie Pouzet-Duzer

Jonathan P. Eburne, Surrealism and the Art of Crime, Ithaca : Cornell University Press, 2008, 344 p. ISBN 978-0-8014-4674-0.

« Voilà ce que tout le monde lit, aujourd’hui, dans le métro, sans protester. Détective remplace l’Intrépide. On nous prépare une belle génération de petits salops. Quelques-uns, en lisant les récits de crime apprendront à tuer, à bien tuer. Détective est un agent provocateur et les meurtres qu’il fera commettre serviront à rendre la police plus riche, plus forte.»i

Publié en 2008 par les Presses Universitaires de Cornell, l’ouvrage de Jonathan P. Eburne annonce dès sa couverture son caractère volontairement sanglant.  En effet, y est reproduite, en arrière plan, une carte du jeu de tarot d’André Breton datant de 1940-41 que l’on doit à Jacqueline Lamba « As de la Révolution ; la roue (et sang) ». Le titre de l’étude ainsi que le nom de son auteur apparaissent alors comme aussi violemment inscrits d’encre que cette solitaire roue qui projette sang et vitesse – et donc  Révolution  – dans les pensées du joueur de Tarot, voire dans celles du lecteur.  Lorsque l’on ouvre ce Surrealism and the Art of Crime  la page de titre, volontairement ponctuée de taches, laisse de nouveau planer le doute. Serait-ce ce sang que suggère le titre, ou quelques gouttes d’encre inhérentes à la rédaction de cette étude comme à celle des textes surréalistes ?  Et c’est sous les auspices de cette hésitation entre la violence de l’encre et la cruauté du sang que s’inscrit le travail critique d’Eburne.       

Les huit chapitres (qu’accompagnent quelques illustrations choisies avec soin)  sont thématiques mais s’accordent également avec la chronologie du surréalisme ; d’où une constante mise en contexte, une mise en situation historique qui permet à Eburne de ne jamais perdre de vue l’évolution du mouvement surréaliste de son début Dada à l’après seconde guerre mondiale, et d’offrir ultimement au lecteur une sorte de panorama. La bibliographie de l’ouvrage est riche, l’index final efficace et utile – on regrette juste, parfois, le système de renvoi des notes à la toute fin de l’ouvrage ainsi que le recours aux citations exclusivement en langue anglaise ; mais telles sont les rigoureuses habitudes de nombre d’ouvrages universitaires outre-Atlantique. 

 

Lire tout l'article :http://www.fabula.org/revue/document5095.php
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

09 juillet 2009

Un peintre : Bernard Collin

EXPOSITIONS

Bernard Collin


Peindre le dimanche
Imprimer cette page


du vendredi 3 juillet au samedi 26 septembre 2009

une exposition consacrée au travail de
Bernard Collin


Dom Calmet
On discute si les oiseaux sont sortis de la terre ou des eaux, et si on peut les mettre dans la catégorie des poissons, prescrits les jours de jeûne, auxquels l’Église défend l’usage de la viande, ou s’ils sont réellement viande comme les animaux à quatre pieds. Moïse parlant de la création des oiseaux, dit, Gen. 1, 20 : « Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel ». Le sentiment que les oiseaux sont sortis des eaux, de même que les poissons, paraît bien fondé dans l’Écriture et dans les Pères. Le texte de Moïse lui est très favorable, il rapporte au même lieu la création des poissons et des oiseaux, il ne dit pas un mot des oiseaux au sixième jour, où il parle de la production des animaux terrestres. Quelques interprètes ont prétendu que les oiseaux étaient tirés de la terre, de même que les animaux à quatre pieds. D’autres ont soutenu qu’ils étaient plutôt tirés de l’air, parce que l’air a quelque rapport avec l’eau, et qu’il est naturel que les animaux vivent dans l’élément d’où ils sont tirés : comme nous voyons que les animaux produits de la terre, vivent sur la terre, les poissons tirés de l’eau, vivent dans l’eau. Ainsi, disent-ils, un grand préjugé que les oiseaux sont tirés de l’air, c’est qu’ils vivent dans l’air.

L’Encyclopédie
La plupart des oiseaux ont à chaque pied quatre doigts, trois en avant, un en arrière. Il y en a quelques-uns qui n’ont que trois doigts, tous en avant. L’autruche est le seul oiseau qui n’a que deux doigts à chaque pied.

Berakhot
C’est bon signe de voir en songe toutes sortes d’oiseaux, excepté le hibou, la chouette et la taupe.

Bernard Collin, Des animaux rien à craindre, in le ' ' ' Cahier du Refuge ' ' ' 182, juillet 2009







à consulter
Bernard Collin à la Bibliothèque du cipM



voir aussi :
Bernard Collin - Peindre le dimanche (Manifestations)


lire aussi :
182

03:52 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

08 juillet 2009

Le slam en Rhône-Alpes

 

Tout ou presque sur le SLAM :

 

Les dix mots 2010

Les 10 mots 2010 sur le thème "Dits moi 10 mots dans tous les sens" sont :
- balladeur, crescendo, escagasser, cheval de troie, galère, mentor, mobile, remue-méninges, variante, zapper
Vous avez jusqu'à mi février pour écrire un ou plusieurs textes comprennant au moins un de ces dix mots.

Pour plus de renseignements : cliquez ici


 

Au coeur du slam : Grand Corps Malade

Grand Corps Malade est devenu, en quelques années, le représentant du slam français.
Plus qu'une mode, un véritable mouvement où les mots retrouvent un sens et un attrait pour le public. Désireuse de " raconter le " slam de l'intérieur" l'auteur est partie à la recherche de Grand Corps Malade, avec pour ambition de comprendre ce phénomène fédérateur qui unit les êtres, et nous offre ici chaque moment de cette immersion. L'authenticité de son témoignage n'a d'égal que sa soif de rencontre et de compréhension des slameurs les plus incontournables, tels que Souleymane Diamanka, John Pucc' Chocolat, Rouda ou Ami Karim et, bien entendu, Grand Corps Malade, qui se sont trouvés sur son chemin d'écrivain.
Cet ouvrage évoque donc le slam et son représentant le plus emblématique avec une sincérité bouleversante, sans aucune concession et avec un souci permanent de comprendre et ne jamais trahir les acteurs de ce premier " récit slam ".


 

Nouvelle scène slam sur Valence (26)


Suite à la "première" qui s'était déroulée le 24 avril 2009, la nouvelle scène slam à valence, animée par Kriss et le collectif "Mots et chants jet" sera dorénavant régulière, tous les derniers lundi du mois à partir de 20h. Il est à noter qu'elle aura également lieu en juillet et en aout.
"Ô Génie Association" (bar à chicha associatif) 11 rue sabaterie 26000 Valence
Entrée libre, adhésion gratuite à l'association obligatoire
Un texte dit un verre offert
musique intimiste acceptée
Renseignements : KRISS 06.80.45.01.73

Posté le 11 juin 2009


 

SLAM D'OC

Pour Tactikollectif, soutenir la scène SLAM à Toulouse, c’est soutenir des lieux de vie, et d’expressions populaires, riches et diverses. Le style théâtral peut y côtoyer le « flow » du rap, la revendication politique succéder à une parole individuelle. Carrefour de rencontres entre différents univers sociaux et culturels, il n’est pas étonnant qu’on les retrouve dans les bars, les festivals, les écoles, les quartiers...Les slameurs déclament leurs mots et se font les relais des préoccupations de toutes et tous, ils chroniquent la société et nous informent de son état. Mais les slameurs sont bien sur des poêtes, affranchis, libres de faire rimer ou pas, libre de dire. Celle d’hier l’est pour raconter l’histoire, le slam est une oralité d’aujourd’hui pour raconter le présent. Nous en avons besoin. C’est pourquoi Tactikollectif, avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées, a réuni les principaux slammeurs toulousains sur l’album Slam d’Oc. L'album n'étant pas mis à la vente, nous vous invitons à le découvrir à travers le site www.tactikollectif.org sur lequel des titres sont à l'écoute....


 

Arte innove et lance le Webslam sur Internet.

La chaine franco-allemande propose aux fans et adeptes de la poésie orale d’enregistrer leur performance slam sur vidéo et de l’envoyer jusqu’au 15 septembre 2008. Les internautes choisiront ensuite le meilleur slameur qui recevra en guise de prix le T-shirt « ARTE WebSlam » et pourra être sélectionné par le jury de l'Internationale SLAM!Revue pour participer au concours de Berlin en octobre 2008.

Afin de faire connaître ce concours au plus grand nombre Arte vous propose de vous faire parvenir des flyers.  Si cela vous intéresse, merci de bien vouloir leur faire parvenir vos coordonnées ainsi que la quantité souhaitée.


Ce WebSlam aura lieu tous les trois mois.  Toutes les conditions de participation sur :
www.arte.tv/webslam.

Posté le 5 juillet 2008



Protéger ses textes :

Dans le cadre des réflexions portées sur les droits d’auteur au sein des slameurs, vous trouverez ici plusieurs éléments pouvant vous aidez à y voir plus clair et à choisir le système qui vous semble le plus adéquat pour vous assurer la reconnaissance de vos textes.
La formule la plus connue pour règlementer la propriété intellectuelle et ainsi l’usage et la diffusion des créations est le « Copy Right - © ». Ce dernier, mal mené, trouve ses limites face à son détournement et, au final, est peu profitable à la circulation et à la production.
De ce constat, il a été envisagé un autre système légal régissant les droits d’auteur : le « Creative Common - (cc) ». « Creative Commons propose gratuitement des contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser vos créations. Inspirées par les licences libres et le mouvement pour l'accès ouvert, ces contrats facilitent la diffusion, la réutilisation et la modification d’œuvres (textes, photos, musique, vidéos, sites web…). Les contrats Creative Commons permettent d’autoriser à l’avance le public à effectuer certaines utilisations selon les conditions exprimées par l’auteur. »

La suite ci-après : http://fr.creativecommons.org/
Mis à part ce système, il existe deux autres moyens de protéger ses œuvres : Le dépôt par lettre recommandée : il s’agit de s’envoyer par courrier sous enveloppe cachetée les textes. L’intérêt est de conserver l’antériorité de ces derniers.
Le dépôt au Syndicat National des Auteurs Compositeurs (SNAC) : le dépôt se fait auprès de cet organisme. Il vous pe
rmet de conserver vos droits pendant 5 ans pour la somme de 34€. http://www.snac.fr/accueilsnac.htm



06 juillet 2009

Philippe Becq met le doigt où ça fait mal

Entretien avec Philippe Becq

(extrait ; lire tout l'entretien : http://www.doublechange.com/issue3/beckint-fr.htm )



P.B. : Cela, peut-être qu’il faudrait regarder un poème en particulier pour répondre. Il y a un poème qui me semble dire ces choses, les dire aussi discrètement que nettement, les deux à la fois, netteté et discrétion en même temps. Ce poème, c’est le poème XXIX de Chambre à roman fusible, il a pour titre David Olère. David Olère est un dessinateur, quelqu’un qui a dessiné des scènes vues dans la salle où on tirait des corps vers les fours ; il a dessiné ces scènes insupportables. Voilà. Je peux vous lire le poème, mais je me demande s’il n’y a pas erreur à préciser d’emblée de quoi il s’agit, alors que le poème dit ce qu’il dit :

Le dessin d’emportés,
de petits emportés par des intermédiaires majeurs ;
de grands emportés par des aussi grands ;
le dessin des anciens petits et grands
dessin pleuré, sans regret,
puisqu’il n’y a pas de regret dans ce dessin
de respiration ancienne
et de cuisson future.

Ce poème dit aussi l’avenir de toute cuisson, il est lui-même cuit. Bon. Si, aux premiers vers de ce poème, j’avais dit : «le dessin de déportés / de petits déportés par des intermédiaires majeurs…», des nazis, par exemple, la netteté aurait dominé et la discrétion disparu. Donc, le défi, c’est la netteté et la discrétion, en même temps. Bon. Il me semble que le poème se comprend, si on n’a pas des figues fraîches sur les yeux, à la lecture, à la simple lecture s’entend. Il me semble. Il doit jeter les bases d’une « barbarie ingénue » (selon l’idée de Baudelaire au chapitre 5 du « Peintre de la vie moderne »).

D.C. : On pourrait peut-être faire le même travail avec le poème XXXIII «Ardeur et fraîcheur», qui est très court : «L’épreuve à travers nos genoux, à travers le par-cœur, cherche ce qui convient. Elle doit, pour nier les pompes soufflantes, pour ne pas brûler, avoir de la fraîcheur fine. L’ardeur liée empêche l’ancien quidam de passer aux morts.»

P.B. : Il faut donc au poème ardeur liée et fraîcheur fine, il faut qu’il y ait de la fraîcheur, du plaisir en poésie, pour que la netteté ne soit pas qu’une fantaisie du poète, pour que le poème soit réellement net, et qu’il dise ce qu’il dit avec une véritable netteté. Le poème doit plaire, être une continuité de plaisir et une continuité de mots exacts, de mots frais. D’où un phrasé, mais le phrasé d’une épreuve, car le poème est à nouveau épreuve, l’épreuve de l’infigurable, « traduction d’une traduction » (Baudelaire). Himmler a assigné l’infigurable à une Allée des Bouleaux inventée de toutes pièces, bâties par des mains. Du poème fait épreuve d’impossibilité nécessaire, et il impose l’épreuve de l’impossible au lecteur qui a du plaisir. L’épreuve de la lecture fait plaisir. L’aptitude à absorber le poème, c’est l’aptitude à en vivre le phrasé – ce qui s’appelle lecture fait plaisir. L’ardeur est le nom du plaisir de la contention. Et jamais poème ne signifie chambre à gaz, antichambre du four.

D.C. : Essentiellement, ça veut dire qu’elle l’est de toute façon, dans la mesure où elle importe.

P.B. : Il ne faut pas, à mon sens, que le rythme disparaisse du poème car la vérité que le poème dit est non seulement une vérité en rythme, mais une vérité essentiellement rythmique. La vérité ne se dit pas, ne vit pas sans rythme. La vérité a un rythme et le poème a le rythme de la vérité, s’il a un rythme. Rythme, tourbillon dans le cours, et plaisir vont ensemble.

D.C. : De même, vous vous permettez des jeux signifiants. Dans le dernier poème : «Les fumées cheminent usées. (Des chemins fument usinés.)».

P.B. : Oui. Mais c’est un jeu sensé, un jeu terrible puisque :

Les fumées cheminent usées. (Des chemins fument usinés.)
Des fatigues s'usent neuves.
Et un cœur n'irrite pas déjà.
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

05 juillet 2009

La poésie lettriste

« Il importait pour cela de les (les mots) soustraire à leur usage de plus en plus strictement utilitaire, ce qui était le moyen de les émanciper et de leur rendre tout leur pouvoir. Ce besoin de réagir de façon draconienne contre la dépréciation du langage, qui s'est affirmé ici avec Lautréamont, Rimbaud, Mallarmé – en même temps qu'en Angleterre avec Lewis Carroll -, n'a pas laissé de se manifester impérieusement depuis lors. On en a pour preuves les tentatives d'intérêt très inégal, qui correspondent aux "mots en liberté" du futurisme, à la très relative spontanéité "Dada", en passant par l'exubérance d'une activité de "jeux de mots" se reliant tant bien que mal à la "cabale phonétique" ou "langage des oiseaux" (Jean-Pierre Brisset, Raymond Roussel, Marcel Duchamp, Robert Desnos) et par le déchaînement d'une "révolution du mot" (James Joyce, E.E. Cummings, Henri Michaux) qui ne pouvait faire qu'aboutir au "lettrisme". »
André Breton, Du surréalisme en ses œuvres vives, 1953

De Homère à Hugo : « la phase amplique »

Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique (1947) d'Isidore Isou distingue deux périodes dans l'évolution de la poésie. La phase amplique et la phase ciselante. Historiquement, le phase amplique prend sa source aux origines de la poésie en Grèce pour s'achever avec Victor Hugo.

L'amplique désigne l'amplification, la construction, le perfectionnement des procédés de versification et des thèmes du lyrisme poétique depuis Homère jusqu'aux œuvres romantiques : « La poésie amplique, parce qu'elle disposa de tous les éléments qui furent nécessaires, réussit à créer des œuvres immenses traitant de sujets larges et divers ».

Les grandes œuvres ampliques sont : L'Odyssée, l'Enéide, La chanson de Roland, La Divine comédie, les Sonnets pour Hélène jusqu'à La légende des siècles.

De Baudelaire à Tzara : « la phase ciselante »

A partir de Charles Baudelaire, la poésie s'engage dans une mutation profonde. Cette phase, dite ciselante, s'oppose à l'amplique pour se concentrer sur l'essence de la poésie qui procède par destruction, réduction, purification.

L'évolution spirituelle de la poésie
Fig. 1 - L'évolution spirituelle de la poésie.

Les sujets ou anecdotes sont éliminés progressivement au profit d'une recherche hermétique sur l'équilibre des vers et l'arrangement des beautés de la langue. Sous les métaphores, les images, les mots précieux et rares, se dégagent les lois d'une poésie qui se déconstruit.

L'évolution du matériel poétique
Fig. 2 - L'évolution du matériel poétique.

Pour cela, Isou trace une généalogie d'or. Baudelaire détruit l'anecdote pour la forme du poème. Verlaine détruit le poème pour le vers, Rimbaud détruit le vers pour le mot, Mallarmé perfectionne l'agencement du mot, Tzara et Breton finissent par en détruire la signification par le rien.

L'évolution de la sensibilité technique dans la poésie
Fig. 3 - L'évolution de la sensibilité technique dans la poésie.

Les grandes œuvres ciselantes sont : Les fleurs du mal, Les romances sans paroles, Les Illuminations, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, Les Lampisteries, Les champs magnétiques.

1946 La poésie lettriste, forme sonore

La dictature lettriste (1946) annonce la création d'une poésie qui brise le mot pour la lettre. Avec son Manifeste de la poésie lettriste (1942) publié plus tard dans l'Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique (1947), Isou lance la poésie alphabétique, débarrassée de son contenu signifiant.

De l'organisation savante des voyelles et des consonnes doit naître une autre manière de concevoir et de distribuer l'alphabet. Précisons qu'il ne faut pas confondre les poèmes lettristes avec ceux des futuristes et dadaïstes qui s'orientent uniquement vers une destruction du langage annonçant la fin du ciselant.

A l'inverse, Isou, lui, construit un nouvel amplique de plus en plus proliférant. La poésie alphabétique élargit son univers sonore pour intégrer tous les bruits que peut produire le corps humain (aspiration, expiration, soupir, applaudissements…). L'autre caractéristique de cette poésie, c'est qu'elle évolue selon les lois organiques de l'amplique et du ciselant. Enfin la poésie sonore entretient des liens très étroits avec la musique, développée parallèlement par le groupe lettriste.

1956 La poésie infinitésimale, forme virtuelle

Introduction à l'esthétique imaginaire (1956) révèle les possibilités d'une poésie infinitésimale ou imaginaire composée de phonèmes virtuels. Isou, en se fondant sur les théories infinitésimales de Leibniz et Newton, dépasse dans ses recherches, les données concrètes des lettres sonores pour embrasser l'infini : l'infiniment grand ou les multiplications infinies de la lettre (avec des puissances mathématiques du type a²) et l'infiniment petit ou les divisions infinies de la lettre (du type a/2 ou des racines comme √a). Par conséquent, cette poésie s'actualise par le biais d'une notation de signes concrets qui fonctionne comme une versification de virtualités.

Ces œuvres sont donc des partitions pour imaginer des éléments possibles voir mêmes inexistants. Le problème de la perception au-delà du concret pose la question des autres facultés perceptives, de leur mutation et même de la création de nouveaux sens au-delà des cinq déjà connus.

Cette poésie centrée sur la communication sensorielle forme une constellation d'élaborations mentales, purement conceptuelle ou imaginaire dans l'esprit du lecteur.

1959 La poésie aphoniste, forme silencieuse

En 1959, Isou codifie les principes d'une poésie aphoniste qui « consiste dans une récitation sans émission de son, muette. Le récitant ouvre et ferme la bouche, sans rien dire ». Contemporain de la poésie infinitésimale qui invente des particules imaginaires, l'aphonisme forme un secteur autonome, véritable négation du lettrisme sonore.

Concrètement, le poème se présente sous la forme d'une notation de signes ou d'un texte avec des consignes renvoyant à des mimiques buccales, faciales ou encore à des gestes à exécuter silencieusement. Le lecteur peut être également invité à réciter de mémoire un texte sans émettre de son. Dans ce cas, la récitation devient inaudible ou silencieuse bien que les éléments à prononcer puissent être d'origine mélodique : articuler les syllabes avec sa bouche et sa langue sans vibration sonore. Le poème devient dès lors une succession de postures de la bouche, du visage et du corps. Pure silence articulé et rythmé.

1960 Le cadre supertemporel, la poésie éternellement réalisée par tous

Dans ses Poésies II, Isidore Ducasse dit le Comte de Lautréamont, déclarait que « la poésie doit être faite par tous. Non par un ». En 1960, Isou invente le cadre supertemporel qui, pour la première fois dans l'histoire de la poésie, bouleverse, à la fois, le support matériel et l'intervention du lecteur dans le processus poétique.

Au-delà de la page du livre, le lyrisme infinitésimal ou à venir se déploie sur une infinité de supports vierges (objets, corps, nature…) sur lesquels le lecteur lui-même peut intervenir à son tour. Ces pages vierges ou ses surfaces vides fonctionnent comme des supports pour « works in progress » infinis.

Le cadre supertemporel accueille donc sur son plan tous les poèmes passés, présents et futurs écrits par des générations de lecteurs-poètes. Isou parle de « la dimension supertemporelle qui apporte la véritable éternité à l'esthétique, car sa jeunesse n'imite pas le passé, mais résulte d'un jet frais, perpétuellement rénové, d'éléments, d'auteurs et de styles constructifs ou destructifs ».

1991 La poésie excoordiste, forme coordonnable

Dans son Manifeste de l'Excoordisme ou du Téïsynisme mathématique et artistique (1991), Isou élargit l'art infinitésimal pour systématiser les extensions et coordinations concrètes et vastes des infiniment grands et des infiniment petits. L'infinitésimal s'occupait de l'imaginaire, l'Excoordisme considère l'au-delà de l'imaginaire, c'est-à-dire « l'inimaginable comme étant divers et varié, dans les expressions de ses contenants et de ses contenus ».

L'Excoordisme recherche donc l'infini des données coordonnables connus (de l'origine de la poésie à l'infinitésimal) et inimaginables. Encore jeune, cet art mystérieux est toujours en court de développement. Par conséquent, le corpus poétique excoordiste reste donc à la fois réduit mais toujours ouvert.

E. Monsinjon

Sélection bibliographique :

  • La Dictature Lettriste, n°1, Isidore Isou et collectif, 1946 (rééditée en 2000 par les Cahiers de l'Externité).
  • Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique, Isidore Isou, Gallimard, 1947, (ouvrage de bibliophilie).
  • Précisions sur ma poésie et moi, Isidore Isou, Escaliers de Lausanne, 1950 (réédité en 2003 par Exils avec un entretien inédit de l'auteur avec Roland Sabatier).
  • La poésie Lettriste, Jean-Paul Curtay, Seghers, 1974, (ouvrage de bibliophilie).
  • Poèmes lettristes, aphonistes et infinitésimaux, 1981-1984, Isidore Isou, Publications Psi, 1984, (ouvrage de bibliophilie).

Le fascisme ne passera pas !

Le FN n'aura pas Hénin-Beaumont ! Le Nord est beau, vive le Nord !

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20090705.OBS3083/lsreactions00e5.html?l=0

04 juillet 2009

Traduire la poésie chinoise...

L’impossible tâche

« Traduire c’est trahir », on le sait, mais on continue de le faire avec plus ou moins de bonheur. Comme une langue reproduit un schème de pensée, une culture, une manière de voir le monde, comment passer d’une langue à l’autre avec tout ce bagage et le transporter sans rien casser? Surtout en poésie, et surtout entre une langue latine et une langue orientale, le pont est infini et, de fait, infranchissable.

Quand je lisais autrefois les grandes œuvres de poésie chinoise, je pensais que les Chinois écrivaient comme des enfants et je ne trouvais rien de poétique dans leurs ouvrages. Bien des Chinois n’aiment pas la poésie française, la trouvent brute et directe. Pourquoi? Cela tient à la traduction qui, sans être « mal faite », ne peut jamais rendre toutes les beautés de l’art français, ou on les connaît mal ou on cherche en vain les qualités qu’on s’attendrait à retrouver dans un poème chinois (ou français pour le lecteur français). L’idéal serait d’accoler plusieurs versions du même poème, qui présenteraient les diverses facettes de la beauté, ou d’accompagner la traduction d’explications sur tout ce qu’on a pu y faire entrer mais qui n’en existe pas moins, pour autant, dans l’original.

Jetons un rapide coup d’œil sur un poème classique bien réussi. Wang Wei (699-761) rassemble dans son Wangchuan ji vingt poèmes de vingt caractères (mots) chacun, soit en quatre vers de cinq caractères. Le texte est fortement imprégné de la théorie religieuse du dao (taoïsme). Or, le dao est basé sur le yin et le yang, principes indivisibles qui se complètent mutuellement (ombre-lumière, passivité-activité, contraction-expansion) et n’ont plus de sens s’ils sont pris individuellement. Mathématiquement parfait, chaque poème de Wang Wei « est » le dao.

Le bouddhisme chan (zen) sous-tend également la poésie de Wang Wei. Dans le bouddhisme, tout est souffrance et l’origine de la douleur est le désir. Il faut donc éteindre le désir pour se libérer de la souffrance et avancer vers l’illumination. De cette philosophie, la plupart des traducteurs n'en tiennent pas compte vu l’impossibilité de la tâche; par conséquent, ils « trahissent » le poème.

La forme a aussi ses lois. La langue chinoise comporte quatre tons. En poésie, on parle de tons plats (ping, 1er ton, représenté ici par le trait horizontal) et de tons accentués, (ze, soit shang 2e, qu 4e et ru 3e, trait oblique), dont les règles d’alternance confèrent au texte sa musicalité et son rythme. Le . (point) dans les vers représente la césure interne ou pause rythmique.

Voyons ce que cela donne dans Auberge de l’abricotier veiné.

2 4 . 2 2 2 et / / / / /

1 2 . 1 2 3 – / – / /

4 1 . 4 3 2 / – / / /

4 4 . 2 1 3 / / / – /

Il faut encore tenir compte de la rime. Dans ce poème, les vers 2 et 4 se terminent par le mot yu (3e ton), des homophones non homographes, soit (espace, univers, monde) et (pluie). La rime peut se trouver à la fin des vers ou à l’intérieur. Il faut cependant éviter de répéter un mot; la prononciation, oui, mais le caractère et la signification doivent différer.

Ainsi, dans L’allée des sophoras, les vers se terminent dans l’ordre par huai2, tai2, sao3 et lai2. Mais on trouve dans les vers 1 et 2, comme 3e et 2e mot respectivement, (yin1) et (yin1), le premier signifiant dans le contexte « ombragé » et le second, « obscur ». Les vers 2 et 4 contiennent la rime (you1) et (you3), comme premier et deuxième mots, « retiré » et « avoir »), tandis que le troisième vers à lui seul nous offre une autre rime interne : ying4 men2 dan4 ying2 sao3 ( ), le premier signifiant « devoir/ falloir », l’autre « bienvenue ».

N’oublions pas qu’il s’agit de rendre ces particularités dans une langue de structure tout à fait diverse. D’abord le mot à mot, notre matière première :

Oblique sentier (et non « allée » comme dans le titre) / ombragent sophoras

Retiré obscur / beaucoup vert mousse

Devoir porte / mais bienvenue balayer

Craindre avoir / montagne moine venir

Après nombre d’étapes intermédiaires pour tenter d’intégrer le plus possible d’éléments culturels, nous obtenons :

Sentier oblique ombragé par les sophoras

Humide et caché sous les mousses généreuses

Cependant il faut dégager l’entrée

Pour faire honneur au bonze de la montagne

Quelle langue latine peut rendre toute cette richesse en vingt syllabes? Autant pour apprécier que pour rendre la beauté et la « profondeur » de ce poème, faut-il encore connaître l’époque de Wang Wei et ses secrets.

Afin de rendre possible l’impossible tâche de « traduire un poète chinois », je me suis rabattue sur des poèmes « modernes », en vers libres, sans forme fixe, et qui ne présentent pas de difficulté linguistique particulière, car en Chine comme ailleurs, il existe une forme de poésie libre souvent très près de la simple prose élégante. Dans cette coulée, j’ai découvert Liu Jian, mi-quarantaine, qui vit « au bout du monde », comme on surnomme sa province insulaire de Hainan, la plus au sud de la Chine.

Pourtant, Liu Jian « s’impose » parfois une forme régulière comme on le voit dans Aime-moi fort (hao hao ai wo). Le poème se compose de trois sizains; les vers ont respectivement 4, 13, 7, 5, 8 et 4 pieds, une métrique bien peu classique. Les premiers et sixième vers de chaque strophe sont identiques (hao hao ai wo); le deuxième vers commence par « Dans ce »; le troisième, par « Utilise ton/ta/tes »; le quatrième par « Et », le cinquième par « Offre-moi ». Quant aux sonorités récurrentes (qing, trois fois, et chun, wen, ye, ling, deux fois chacune), elles sont, me confirme l’auteure, le fruit du hasard plus qu’une recherche d’effet, et pourtant cela confère au texte une musicalité.

Ici commence mon travail : dois-je respecter la forme ou le contenu? L’art ou le sens? En me tenant le plus près possible de la forme et du sens à la fois, j’obtiens :

Aime-moi fort 4

Dans ce pur jour de mai où flotte un parfum de rose 13

Avec ton regard de jeunesse (8)

Lèvres d’arc-en-ciel 5

Caresses inoubliables 8

Aime-moi fort 4

Aime-moi fort

Dans la parfaite harmonie des longs réverbères (12)

Avec tes pleurs épuisés 7

L’aiguille des secondes (6)

Offre-moi la solitude 8

Aime-moi fort 4

Aime-moi fort 4

Dans ces rides augmentées et cheveux décroissants 13

Avec ton âge fané 7

Le feu de ton âme 5

Offre-moi un ciel en feu 8

Aime-moi fort 4

En oubliant la forme et m’en tenant presque au mot à mot, j’obtiens :

Aime-moi fort

Dans ce pur jour de mai où flotte un parfum de rose

Utilise ton regard de jeunesse

Et tes lèvres parfumées d’arc-en-ciel

Offre-moi une inoubliable tendresse

Aime-moi fort

Aime-moi fort

Dans la parfaite harmonie* de la rivière nocturne de longue lumière des lampes

Utilise tes larmes fatiguées

Et l’aiguille des secondes du temps

Offre-moi la plus riche solitude

Aime-moi fort

Aime-moi fort

Dans ce réseau de rides et ces cheveux blancs flétris de fin d’automne

Utilise les feuilles fanées de ton âge

Et ton âme brûlante

Offre-moi le grand feu plein de ciel

Aime-moi fort

*Shui ru jiao rong : « se mêler comme eau et lait », donc harmonie parfaite.

Liu Jian se dit « à la recherche perpétuelle de l’introuvable amour ». Son recueil Ai yu (Langage d’amour) rassemble une centaine de poèmes mélancoliques et élégants qui nous parlent de la vie avec ses grandeurs et merveilles. La solitude est un thème dominant de son œuvre.

Dès l’âge de huit mois, Liu Jian a été confiée à ses grands-parents maternels. Originaire de la ville maritime de Qingdao au Shandong, elle a grandi à la campagne, et exprime dans ses vers à saveur bucolique sa reconnaissance au vieux couple qui l’a élevée malgré ses propres difficultés. Son seul regret est qu’ils aient quitté ce monde avant qu’elle soit en mesure de leur offrir une vie plus facile. Liu a aussi vécu à Shenzhen, et est maintenant installée à Haikou. « Partout je cherche la mer, dit-elle. Sans la mer, je ne peux vivre. »

Liu Jian est membre de la « Société Jiusan », un des huit partis démocratiques de Chine. Elle partage son temps entre le journalisme et la poésie; elle est reporter principale du Journal de l’éducation de Chine pour la région de Hainan, et a publié dans des revues de poésie du pays. Elle a signé quatorze livres dont quatre recueils de poésie. Des séries de reportages ont aussi paru sous forme de livre. Récipiendaire de nombreux prix, Liu Jian a adhéré à l’Association des écrivains de Chine en 1989. Ses œuvres et elle-même ont fait l’objet de reportages et d’interviews dans divers journaux, périodiques et émissions de télévision.

« Peu importe ce monde ou le monde d’après, peu importe comment les étoiles bougent dans le ciel et comment évoluent la terre et la mer, il existe un langage qui ne vieillira jamais, et c’est le langage de l’amour », déclare-t-elle.

Lisa CARDUCCI

Beijing, avril 2006

http://lire.ca/mouvances/autrestextes/003/carducci/lisa.htm
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour