30 juillet 2009

Mères et filles, ah là là...

jeudi 30 juillet 2009

Mères et filles, tout une histoire!


Ce recueil de nouvelles est comme une conversation à deux voix: celles de la mère et de la fille. Deux mondes tellement proches qu'ils en deviennent parfois un peu étranger l'un à l'autre. Au cours de ces dix-neuf nouvelles, des moments tendres et des vérités difficiles à accepter s'egrennent et offrent au lecteur une partie de palette plus sombre qu'arc-en-ciel de l'âme humaine et notamment de l'âme féminine. Des récits qui émeuvent et qui souvent dérangent, laissant un drôle de goût, comme une amertume délétère.
Ce recueil, je l'ai lu il y a quelques mois et lorsque j'eus terminé l'ultime nouvelle, j'éprouvai un certain effroi et un grand malaise. Les situations dramatiques, comme celle de la mère qui reste spectatrice, consentante?, du trop plein de tendresse paternelle déversé sur la petite fille du couple ("insecte"). Des vérités tues qui tuent à petit feu. La chute abandonne le lecteur en pleine perplexité: la frontière entre réalité et imagination reste délibéremment floue, une opacité voulue par l'auteure afin que le lecteur soit libre de son interprétation...enfin une liberté bien encombrante et très déstabilisante mais d'une grande richesse émotionnelle orchestrée de main de maître!
Les relations mère/fille sont et seront toujours d'une extrême complexité: entre désir d'identification et jalousie inavouée (dans un sens comme dans l'autre); c'est ce que décortique, avec une minutie digne d'un naturaliste ou d'un entomologiste, Claire Castillon. Sans relâche, elle nous renvoie à nos hontes comme à nos instants intenses de complicité et de bonheur; sans cesse, elle remue le couteau dans la plaie et très vite panse les plaies mises à vif...l'absolution prend des détours inattendus plus souvent qu'on ne le pense. Claire Castillon balade son lecteur dans les méandres d'un cordon ombilical toujours difficile à couper - d'ailleurs le coupe-t-on vraiment un jour? - surtout lorsque le deuil, la dépendance affective ou l'adolescence s'invitent au cours de ces introspections. Une balade en rien reposante car elle titille, là où cela fait le plus mal, les émotions scellées au plus profond de notre moi.
En peu de mots, en quelques images, Claire Castillon met en scène de multiples mondes, celui de l'intime, celui du quotidien, celui de l'imaginaire, celui des peurs, mondes qui embrasent la lecture, mondes qui virevoltent telles les phalènes, le soir, autour d'une lumière tremblotante et incertaine, et qui prennent corps grâce à la force évocatrice de son écriture, toujours juste, toujours percutante.
"Insecte" fut une lecture poignante, émouvante et déroutante qui non seulement m'a perturbée au point de mettre tout ce temps à écrire mes ressentis mais encore et surtout m'a transportée avec bonheur dans l'univers de cette auteure que je découvrais! Un recueil que l'on garde à portée de main pour relire une ou deux nouvelles avec un plaisir renouvelé malgré le contexte violent de l'éventail de sentiments: oui, parfois une fille peut avoir honte de sa mère; oui, elle peut être énervée au plus haut point par cette dernière, qui ne la laisse jamais respirer comme elle le souhaiterait; oui, elle peut la détester d'être malade car elle a une peur viscérale de la perdre irrémédiablement (cette nouvelle "Un anorak et des bottes fourrées" m'a bouleversée); oui, une fille peut ressentir tout cela à la fois et aimer éperdument celle à qui elle restera toujours attachée, quoiqu'il arrive.... ce sont toutes ces contradictions qui tissent, en mailles serrées, les relations terriblement fascinantes mère/fille!




Le site de l'auteure ICI
 

 
Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

29 juillet 2009

Polémik !

La tempête fait rage sur la Micronésie Poétique ! J'ai donc ouvert une rubrique spécialisée sur "Arts, Poésie, Mouvement". Pour les fidèles lecteurs et lectrices de Poèmik, voici la première rafale polémique - et qu'on ne se gêne pas si on a envie d'y participer ! C'est une façon de faire avancer les idées,c'est aussi un jeu...

 

Et voilà, c'est parti. La polémique est un art , et a donc pleinement sa place sur ce groupe musclé !
Telle que je l'entends ( mais chacun, chacune peut l'illustrer comme il veut) elle est proche du pamphlet, de l'épigramme, elle doit être spirituelle ou même bouffonne , agressive sans concession ,mais doit rester digne ,fuir la vulgarité comme la peste et, surtout , faire avancer les idées.
Voici donc que notre Prince en Toc , sur Arsenic et Vieilles Dentelles, s'en prend à Poèmik (et non "Poémix", gros lourdaud !)et à certains de ses contenus : le Tour de France, selon lui, n'aurait rien à faire sur un blog qui prétend se consacrer à la poésie.
C'est vrai, j'ai hésité avant d'envoyer l'article sur la victoire de Contador. Et puis j'ai sauté le pas. Dans l'esprit de Lamartine ou de Verlaine, certes, c'est incongru. Mais l'évolution de la pensée poétique jusqu'à nos jours ( qui échappe complètement aux Vieilles Dentelles... ) nous mène inexorablement vers une conception élargie de la poésie : sous la forme écrite, le roman, le journal intime s'y frayent une place, le théâtre y retrouve celle qu'il n'aurait jamais dû perdre (au XVIIème siècle, des auteurs dramatiques ou comiques, Racine, Molière , étaient sans restriction appelés des "poètes").
Mais il y a plus. Aujourd'hui, on parle volontiers de la poésie d'un film, d'une musique, voire d'une création gastronomique, d'une oeuvre de haute couture ou même d'un spot publicitaire. Poésie qui évidemment n'est plus celle des rimes, rythmes et images, mais plutôt sentiment poétique qui émane subtilement d'un fait culturel.
C'est à ce titre que j'ai ouvert, sur ce groupe et sur le blog Poèmik, une rubrique "Art Politique",une autre , "Société" . Ce que j'essaye de dire, c'est que l'action des politiques, des artistes, des sportifs, des organisateurs de manifestations dans tous les domaines a toujours un aspect esthétique, sentimental, culturel , qui en fait une manifestation poétique, un poème en acte , lequel peut ressurgir sous la forme de texte, et particulièrement de poème !
Voilà qui peut être discuté, n'est-ce pas ? Plutôt que de trancher et jeter, péremptoirement. Ainsi font les Ânes Savants, qui croient savoir ce qu'est la poésie.Mais on voit bien ce qui a provoqué leur ire : c'est que je me moque de la "méditation mondiale". En effet, disent-ils, pourquoi la politique, le Tour de France ou la Haute Couture seraient-ils à leur place sur un blog de poésie, et pas la méditation mondiale ?
C'est que votre engagement dans cette action fumeuse comporte un choix idéologique, une prise de position, peut-être de parti, qui est loin de l'attitude objective adoptée sur ce groupe et ce blog par rapport aux faits culturels.Pré senter un obscurantisme comme une voie à suivre et engager nos amis à la suivre, voilà quelque chose de suspect, qui ne sent pas bon et que je m'empresse de dénoncer. Cela dit, on peut considérer la "méditation mondiale", ou l'Eglise de Scientologie ou les Témoins de Jéhovah, comme un fait culturel, et donc l'apprécier et la discuter librement, ce que j'ai fait chez les Vieilles Dentelles. Mais la discussion, l'ironie, l'incrédulité n'y sont pas admises, la fée Carabosse y veille !
A la marmite les Concombres !O.

 

 

Courage, fuyons !

La Fée Carabosse et Prince en Toc m'éreintent sur leur forum, Arsenic et Vieilles Dentelles, après m'avoir réduit au silence . Quel courage ! Mais, patience... Je vais créer une rubrique spéciale, sur "Arts, Poésie, Mouvement", où nous pourrons polémiquer à armes égales. A la marmite les Concombres ! O.

Madeleine Vionnet, puriste de la mode, une expo et un livre.


Couture mercredi29 juillet 2009

Madeleine Vionnet, une bio en biais

(Les Arts décoratifs)

(Les Arts décoratifs)

Paris expose les robes de celle qui fut l’une des pionnières de la mode. Voiles, drapés et crêpes purs

Gabrielle n’était pas encore Coco Chanel. Mais Paul Poiret, le fastueux et si décoratif Paul Poiret pâlissait déjà. Les corps n’étaient pas encore dénudés. Mais les corsets finissaient de brûler. Les couturiers ne se prenaient pas encore pour des artistes. Mais des ponts étaient tendus entre le monde des faiseurs de robe et celui d’un Le Corbusier ou d’un Picasso. La mode n’était pas la machine gouvernée par le marketing qu’elle est aujourd’hui. Mais les couturiers – les couturières surtout – apprenaient à se sculpter une image.

Puriste de la mode

C’est dans ce moment charnière, dans ce pli du grand tissu de la mode qu’a œuvré, créé et innové Madeleine Vionnet. A Paris, Les Arts décoratifs lui consacrent une exposition intitulée Madeleine Vionnet, puriste de la mode. La visite est assez belle, notamment parce que la scénographie d’Andrée Putman a su équilibrer le faste de certaines tenues hélas immobilisées et leur valeur documentaire.

Aujourd’hui, la crème de la mode, d’Alaïa à Galliano, de Yamamoto à Chalayan ou Andrée Putman, se réclame de Madeleine Vionnet. Pour savoir pourquoi, arrêtons-nous devant une petite robe grège née en 1920.

On dirait une paire de mouchoirs géants retenus par deux fois rien. Presque une étude abstraite. Un vêtement géométrique à la limite du concept, dans une époque où l’on ne sortait qu’en broderies et chamarrures. L’idée d’une robe, quoi! Et, par là, une vision du corps censé l’habiter. «Pour moi, dira la couturière, une robe est d’abord mentale. Je la conçois, je l’achève en rêvant, enfin, à force de la chercher, j’arrive à l’avoir dans la main.»

En 1888, nous n’en sommes pas encore là. En 1888, Madeleine Vionnet n’a que 12 ans. Et elle pleure – «comme une madeleine», c’est elle qui le dit. Jurassienne, brillante écolière, elle veut faire des études. Mais son père la place en apprentissage de couture. La jeune fille apprend vite et bien. De ces débuts, la grande Vionnet gardera sa méthode du travail à même ce tissu qu’elle malaxe, façonne et sculpte, jusqu’à la fin, sur une petite poupée de bois de 80 cm de haut, sans passer par le dessin.

En 1896, Madeleine part pour Londres. Elle travaille dans un établissement pilote – plus tard, peut-être s’en souviendra-t-elle quand elle construira son propre atelier pour ses 1200 couturières rue Montaigne, quand elle y veillera aux notions d’hygiène et de formation continue, installant le téléphone, une crèche, des cours du soir, des tables ergonomiques et même un dentiste. L’Angleterre, c’est aussi une clientèle plus riche et plus instruite.

De retour à Paris, se sentant limitée par la maison Doucet qui lui a pourtant fait un pont d’or, Madeleine V. se lance. Au lendemain de la Première Guerre, son succès sera fulgurant. Proche des théories artistiques qui cherchent la formule du beau dans l’Antiquité, elle développe notamment la technique du biais (lire ci-dessus). Soit une manière de rendre flou, fluide et flexible le corps féminin, de ressusciter sa liberté – de même, Madeleine, aura constitué un modèle d’entrepreneur au féminin et d’indépendance, jusqu’à la fermeture de sa maison, en 1939.

S’il ne fallait garder qu’une image de robe, on tenterait de fixer, une seconde, celle d’un crêpe de Chine soufflé plutôt que drapé sur un corps frais – le corps sportif, le corps sec et énergique, ce sera plus tard, avec Chanel.

S’il fallait ne garder qu’une poignée de qualités, ce serait son obstination. La singularité d’un talent entre confection et création, réalisme et laboratoire formel. La légèreté de ses habits, le sérieux d’une cheffe d’entreprise.

Et s’il fallait ne garder que quelques phrases, en voici, coupé-collé à la diable: «Je suis plus sculpteur que peintre. Je m’attache avant tout à la pureté des teintes unies. Le noir, le blanc et puis de beaux tons francs, sincères. Des bleus et des verts qui parent les yeux. Des rouges qui rappellent les lèvres.»

Madeleine Vionnet, puriste de la mode, une expo et un livre. L’expo: Paris, Les Arts décoratifs, jusqu’au 31 janvier. Le livre: Sous la dir. de Pamela Golbin, 308 p.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/081d7eac-7bb3-11de-94ab-a...

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

27 juillet 2009

le Géant de la Route

CYCLISME lundi27 juillet 2009

Alberto Contador, seul contre tous

Alberto Contador a sans doute davantage souffert dans la tête que dans son corps. (AFP)

Alberto Contador a sans doute davantage souffert dans la tête que dans son corps. (AFP)

L’Espagnol remporte à 26 ans son deuxième Tour de France, malgré la pression et les habituels soupçons

Le Tour de France est un conte de fées, Alberto Contador son prince charmant. Un bel hidalgo aux proportions idoines (1,75 m pour 62 kilos), un destin à faire sangloter sec ou bien rigoler beaucoup dans les chaumières, une cylindrée hors norme pour une épreuve qui ne l’est pas moins. L’Espagnol a remporté hier sur les Champs-Elysées – où l’inévitable fusée Mark Cavendish a claqué le sprint ultime – son deuxième Tour après celui de 2007.

A 26 ans seulement, il fait partie avec Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx et Bernard Hinault, du cercle restreint des cyclistes qui ont inscrit leur nom au palmarès des trois grands Tours – il s’est adjugé le Giro et la Vuelta l’année dernière. Tout indique que l’avenir lui appartient.

Celui-ci ne se dessinera ni aux côtés de Lance Armstrong, qui reviendra «plus fort» en 2010 au sein d’une nouvelle structure, ni sous le maillot d’Astana, qui s’apprête à fêter le retour de suspension d’Alexandre Vinokourov. «Il me reste un an de contrat avec l’équipe kazakhe», rappelait le maillot jaune, samedi, lors de sa conférence de presse finale à Vaison-la-Romaine. «Mais l’expérience de cette année me fait dire qu’il faudra que j’évolue au sein d’une formation qui me soit dévouée.»

Soumis aux pressions domestiques de son encombrant coéquipier texan, pas franchement soutenu par son directeur sportif Johan Bruyneel, Alberto Contador a gagné le Tour tout seul, comme un grand. C’est le premier à réaliser un tel exploit depuis l’Américain Greg LeMond en 1989. «Ce Tour a été vraiment très dur, mais j’étais préparé à cette éventualité. Je savais que les trois semaines allaient être éprouvantes, tant sur le plan physique que psychologique.» Notre petit doigt nous dit que la tête du Madrilène a plus souffert que ses jambes.

Ces dernières, phénoménales en montagne et pour le moins efficaces dans les chronos, sont inégalables à l’heure actuelle. A tel point que chercheurs de France et de Navarre se massent les tempes, à genou sur leurs règles à calcul. L’ascension d’Alberto Contador vers Verbier par exemple, en termes de développement de puissance, c’est encore mieux que les exploits les plus stupéfiants de Lance Armstrong ou Marco Pantani par le passé. «Il défie les lois physiologiques», grince Frédéric Grappe, spécialiste en biomécanique et entraîneur de la Française des Jeux. «Monstrueux», juge de façon plus péremptoire Antoine Vayer, ancien soigneur de l’équipe Festina, désormais membre d’une cellule de recherche sur la performance.
 

Chantars no pot gaïre valer
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Bernard de Ventadour

17 juillet 2009

Vacances...

Relâche pendant une semaine ... Bonnes vacances et à bientôt...Orlando

16 juillet 2009

Ce Nain est un Géant...




jeudi16 juillet 2009

Comment faire venir Prince à Montreux

Prince, au Montreux Jazz, le 17 juillet 2007. (FABRICE COFFRINI /AFP)

Prince, au Montreux Jazz, le 17 juillet 2007. (FABRICE COFFRINI /AFP)

Le 18 juillet, le chanteur de Minneapolis donnera deux concerts au Montreux Jazz Festival. Récit des coulisses d´un événement dont les enjeux s´étendent du prix du cachet à la marque de l´eau dans sa loge

Petite loge pleine de technologie, à dix mètres de la scène de l´Auditorium Stravinski. C´est de là que le patron envoie des mails douze heures par nuit pendant le festival. D´un dossier dont il est très fier, Claude Nobs extrait les 80 courriers échangés avec l´entourage de Prince. Depuis le 6 avril, depuis que le chanteur de Minneapolis s´est manifesté pour annexer la dernière nuit du Montreux Jazz, les informations circulent, changent, se précisent pour définir la seule prestation européenne de Prince en 2009. «It´s your lucky day», c´est votre jour de chance, annonce l´un des envois, au moment où la proposition faite depuis Los Angeles est enfin confirmée. Récit des coulisses d´un double concert qui apparaît déjà comme l´événement estival par excellence.

Prince est déjà venu en 2007 à Montreux, comme un échauffement avant sa vingtaine de concerts colossaux dans cette Arena de Londres où Michael Jackson avait prévu son retour. Le spectacle était déjà le fruit d´une relation longue entre Prince et Nobs. «Je l´ai connu en 1979, quand je travaillais pour Warner. Je l´ai conduit dans une petite tournée européenne, notamment au Palace de Paris. Beaucoup de gens se méfiaient de ce nain habillé comme un clown. Mais il était déjà phénoménal sur scène.»

Trente ans plus tard, rien n´a changé. Prince est toujours petit, surmonté de talonnettes, et il vous met la chair de poule quand il prend sa guitare. Il était prévu que Prince donne trois concerts la même nuit, puis un seul, puis enfin deux. Aléas d´une organisation millimétrée où les exigences d´un artiste qui contrôle tout prennent le pas sur les questions financières.

Même si l´aventure est bien entendu dispendieuse. En additionnant le cachet et les frais pour ces deux concerts, la nuit coûte à Montreux la bagatelle de 1,5 million de francs. Une somme que la billetterie couvre tout juste. «Il ne s´agit pas de gagner de l´argent sur cette soirée. Mais de vivre une des plus passionnantes aventures du Montreux Jazz», s´enthousiasme Mathieu Jaton, le secrétaire général du festival. Il était là déjà en 2007, dans les jours qui précédaient le concert de Prince, avec son agent. A parcourir le trajet exact que la star allait emprunter pour rajouter ici une barrière, là une sécurité. Le plus infime détail est soumis à la bonne volonté des estafettes américaines.

 

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Attention ! monstre sacré !
Mickael Jackson était LA danse, Prince est LA musique !

Prince offre une chanson à Montreux Jazz...
L'écouter : ici
http://www.montreuxjazz.com/?lang=fr&cat=news&sub...

O.

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Bernard de Ventadour

15 juillet 2009

Pessoa, géant poétique

Pessoa, un des plus importants poètes du XXème siècle !

Cultures - Article paru
le 13 juillet 2009

culture. Festival d’Avignon 2009

L’imaginaire fou dans le sillage d’un navire

MONTFAVET. Jean-Quentin Châtelain, guidé par Claude Régy, chauffe jusqu’à l’incandescence l’Ode maritime, rêverie du poète portugais Pessoa.

Avignon (Vaucluse),

envoyé spécial.

Seul en scène, Jean-Quentin Châtelain dit l’Ode maritime, de Fernando Pessoa, dans le texte français de Dominique Touati que Claude Régy, qui met en scène, a revu pour le spectacle avec l’aide du jeune écrivain portugais Parcidio Gonçalves (1). Dès l’énoncé du nom de Régy, on sait qu’on quitte la foire aux vanités pour s’avancer dans une zone de fin silence où chaque mot est sculpté différemment. Avec l’Ode maritime advient de surcroît un lent effet de surprise, dans la mesure où, cette fois, le texte mis en demeure d’écoute va relever d’une profusion sémantique inouïe, d’une splendeur lyrique, à l’opposé de l’économie verbale rase que Régy privilégie dans les textes proprement dramatiques. L’oeuvre, fruit d’une rêverie en bord de mer au vu d’un lointain paquebot en route vers le port de Lisbonne, tient du prodige en prose poétique. À la nomenclature précise des termes de marine, à vapeur comme à voile, à la baudelairienne invitation au voyage et au soupir adressé aux rivages inconnus (du type « fuir, là-bas, fuir ») va succéder la plus cruelle identification aux pirates coupeurs de mains, assassins et violeurs, jeteurs d’enfants aux requins, avant que le poète entende se faire femme et victime offerte aux coups puis, en un retournement ultime, resurgit le territoire puéril, avec ses tendres réminiscences, ses contes de nourrice, ses chansons touchantes et le petit employé lisboète, enfin apaisé au terme de ce sublime délire sadomasochiste soudain hissé jusqu’à la démence d’un cri, redevient apte à la miséricorde et à l’apitoiement, sur soi aussi bien. Cela tiendrait en même temps du Bateau ivre de Rimbaud, du Coeur des ténèbres de Conrad, de l’Île au trésor de Stevenson et du Dit du vieux marin, de Coleridge, mais, cela incombe au génie unique de Pessoa, dont le « je » fut une foule d’autres. L’inconscient s’est ainsi exprimé en toute violence crue, celui de Pessoa aux identités multiples et celui aussi, sans doute, de l’âme nationale portugaise, historiquement comptable de tant de féroces aventures coloniales. Au sein d’une scénographie (Sallahdyn Khatir) quasi abstraite, allusive en tout cas, faite d’un arrière-plan courbe de tonalité métallique, le rêveur-parleur éveillé, Jean-Quentin Châtelain, presque sans geste, posé au premier plan dans une pénombre à tonalité variable, juché sur une silhouette d’embarcadère, semble inventer sous nos yeux le protocole verbal d’un imaginaire chauffé à blanc. La respiration, les césures, la singularité du timbre unie à celle de l’accent, la profération tantôt gutturale, tantôt nasale, tout fait fête noire à cette partition de chair à vif et d’entrailles pantelantes, suivant l’aveu même de Pessoa. L’acte théâtral atteint ici à l’essence même du tragique, dans la viande et les nerfs de l’être qui s’y consacre.

(1) Salle polyvalente de Montfavet, jusqu’au 25 juillet (22 heures).

Jean-Pierre Léonardini

 

http://www.humanite.fr/recherche.html?motcles=Pessoa&date=7jours&ok=Ok

 


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Bernard de Ventadour

14 juillet 2009

Jazz (?) à Montreux

montreux mardi14 juillet 2009

Antony, parfum de nuit chagrine

(LDD)

(LDD)

Au Montreux Jazz mercredi, l’Anglais aux vocalises androgynes promet des ballades tire-larmes en compagnie de son groupe The Johnsons et du Montreux Orchestra

En matière de décoration intérieure, il aime le dépouillement. C’est en tous les cas ce qu’assurait Antony Hegarty en avril au Monde.

Au Miles Davis Hall mercredi, c’est toutefois un orchestre symphonique qui va habiller les chansons d’une divine mélancolie de l’auteur de Blue Angel il y neuf ans que personne ne se lasse de qualifier d’ange pop. Une perspective scénique aussi réjouissante que logique dans la mesure où The Crying Light, troisième album de ballades tire-larmes d’Antony & The Johnsons paru en janvier, convoquait notamment à son lyrisme esthétique des archets bouleversants. Mais jamais clinquants. Là aussi, l’Anglais établi à New York après une adolescence californienne préfère l’épure aux enluminures.

Depuis lundi après-midi, première répétition à huis clos, c’est au Petit Palais, annexe du Palace montreusien, qu’Antony et ses troupes peaufinent une quinzaine de morceaux en compagnie d’un Montreux Orchestra formé pour l’occasion. Ainsi que des musiciens de son groupe habituel baptisé The ­Johnsons. Les instrumentistes additionnels, recrutés à chaque étape de cette tournée, seront dirigés par Rob Moose, guitariste et violoniste membre à part entière des Johnsons qui accompagne aussi Sufjan Stevans et My Brightest Diamond.

Moose est désormais un fidèle du chanteur gauche au visage enfantin qui avait subjugué le Montreux Jazz un soir de juillet 2005. Dans le sillage du surprenant I Am a Bird Now, disque où s’invitaient au fil de son vibrato équilibriste Lou Reed, Boy George ou Devendra Banhart. Pleureuse pour ses détracteurs, diva des dentelles vocales pour ses zélateurs, Antony et son timbre androgyne réservent sans doute à Montreux une prestation qui divisera encore. Aux airs moins soul-pop sans doute que musique de chambre.

Après Zurich, Paris, le Blue Balls Festival de Lucerne le 17 juillet ou les Nuits de Fourvière de Lyon le 21, Antony & The Johnsons devraient donc relustrer le répertoire issu de Antony & The Johnsons, I Am a Bird Now et The Crying Light. Soit un triplé discographique au parfum d’éternité, aux temps suspendus. «For Today I am a Boy», chantait-il jadis tout en souhaitant un jour, en grandissant, «devenir femme». Le mystère entoure encore sa prestation de mercredi. A Amsterdam il y a quelques jours, Antony et l’orchestre du cru ont revisité «Crazy in Love» de Beyoncé. Cuivres, cordes et vents donnaient soudain des allures d’odyssée mélodramatiques à l’innocente bombinette R & B qui chante aussi «If I Where a Boy». Avec un Antony en front de scène vêtu d’une tunique immaculée.

 

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Si vous allez faire un plongeon dans le Léman, faites donc un crochet par Montreux...O.
 

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Suisse, terre d'asile...


 
Série d’été mardi14 juillet 2009

Les discrets espions de la ville de Berne

(Kunstdenkmäler des Kantons Bern)

(Kunstdenkmäler des Kantons Bern)

Si, récemment encore, la CIA a été soupçonnée d’œuvrer discrètement en Suisse, l’espionnage américain avait déjà établi son siège européen dans la capitale de la Confédération durant la Seconde Guerre mondiale

Une belle demeure patricienne en surplomb de l’Aar, à deux pas de la cathédrale et du Palais fédéral. Le numéro 23 de la Herrengasse fait toujours excellente figure au cœur de la vieille ville de Berne. Mais il n’y reste plus trace de l’un de ses occupants historiques les plus prestigieux, l’Office of Strategic Services (OSS), le service de renseignement américain, qui y avait établi son quartier général pour l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

L’OSS était d’une nouveauté radicale, à l’époque, pour les Etats-Unis. Il représentait la première ébauche d’un service secret centralisé dans un pays où la récolte du renseignement avait jusqu’alors été pratiquée de manière diffuse par l’armée de terre, la marine, les affaires étrangères (le Département d’Etat) et la police fédérale (le FBI). Vu d’un mauvais œil par beaucoup, par ses rivaux comme par nombre de «bonnes âmes», il avait été finalement imposé par le président Roosevelt le 13 juin 1942 au nom de la nécessité. Aux grands maux les grands remèdes, aux grandes guerres les grands services secrets!

Un Allemand agent double

Bâtie sur le modèle de son équivalent britannique le SOE (Special Operations Executive), l’OSS n’a pas démérité, malgré son jeune âge, contre l’Allemagne nazie. Et son antenne bernoise a joué un rôle éminent dans la bataille. «Elle n’était pas qu’un centre administratif, confie le Suisse Jacques Baud, auteur de plusieurs livres sur le renseignement. Elle a organisé toutes sortes d’opérations en territoire ennemi et glané de nombreuses informations d’importance. Les renseignements acquis sur les V2 qui bombardaient Londres venaient, par exemple, de ses agents.»

L’espion le plus prolifique du bureau bernois était un fonctionnaire du Ministère allemand des affaires étrangères, Fritz Kolbe, alias George Wood. Pendant ses années d’activité, l’homme a transmis à l’OSS quelque 1200 documents, dont aucun ne datait de plus de deux semaines. Parmi ses révélations, un rapport établissant que le valet de l’ambassadeur britannique à Ankara était un espion allemand. Une affaire fameuse à l’origine d’un film, L’Affaire Cicéron.

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2a341ef0-6fed-11de-813a-c...

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Tant qu'ils ne viennent pas regarder dans nos coffres, on veut bien fermer les yeux...O.

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Bernard de Ventadour

 

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