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11 juillet 2009

Surréalisme

Surréalisme : crimes exquis

Virginie Pouzet-Duzer

Jonathan P. Eburne, Surrealism and the Art of Crime, Ithaca : Cornell University Press, 2008, 344 p. ISBN 978-0-8014-4674-0.

« Voilà ce que tout le monde lit, aujourd’hui, dans le métro, sans protester. Détective remplace l’Intrépide. On nous prépare une belle génération de petits salops. Quelques-uns, en lisant les récits de crime apprendront à tuer, à bien tuer. Détective est un agent provocateur et les meurtres qu’il fera commettre serviront à rendre la police plus riche, plus forte.»i

Publié en 2008 par les Presses Universitaires de Cornell, l’ouvrage de Jonathan P. Eburne annonce dès sa couverture son caractère volontairement sanglant.  En effet, y est reproduite, en arrière plan, une carte du jeu de tarot d’André Breton datant de 1940-41 que l’on doit à Jacqueline Lamba « As de la Révolution ; la roue (et sang) ». Le titre de l’étude ainsi que le nom de son auteur apparaissent alors comme aussi violemment inscrits d’encre que cette solitaire roue qui projette sang et vitesse – et donc  Révolution  – dans les pensées du joueur de Tarot, voire dans celles du lecteur.  Lorsque l’on ouvre ce Surrealism and the Art of Crime  la page de titre, volontairement ponctuée de taches, laisse de nouveau planer le doute. Serait-ce ce sang que suggère le titre, ou quelques gouttes d’encre inhérentes à la rédaction de cette étude comme à celle des textes surréalistes ?  Et c’est sous les auspices de cette hésitation entre la violence de l’encre et la cruauté du sang que s’inscrit le travail critique d’Eburne.       

Les huit chapitres (qu’accompagnent quelques illustrations choisies avec soin)  sont thématiques mais s’accordent également avec la chronologie du surréalisme ; d’où une constante mise en contexte, une mise en situation historique qui permet à Eburne de ne jamais perdre de vue l’évolution du mouvement surréaliste de son début Dada à l’après seconde guerre mondiale, et d’offrir ultimement au lecteur une sorte de panorama. La bibliographie de l’ouvrage est riche, l’index final efficace et utile – on regrette juste, parfois, le système de renvoi des notes à la toute fin de l’ouvrage ainsi que le recours aux citations exclusivement en langue anglaise ; mais telles sont les rigoureuses habitudes de nombre d’ouvrages universitaires outre-Atlantique. 

 

Lire tout l'article :http://www.fabula.org/revue/document5095.php
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

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